samedi 14 avril 2012

Les Prix de La Critique et les Prix de la Fondation Taylor pour le salon RN 2012

Prix artension :               Sophie VILLOUTREIX-BRAJEUX

Sophie VILLOUTREIX-BRAJEUX, Le Souffle 1, 2011, gravure, 65 x 76 cm © S. Villoutreix-Brajeux


Prix Arts Programme :        SEGAWA Go

SEGAWA Go, Goutte Rouge, 2011, impression jet d’encre sur polyester, 20 x 34 x 34 cm © Segawa Go


Prix de la revue ENTRE :        Sandrine MATHIEU

Sandrine MATHIEU, Quelque chose dans le vent me dit qu'il est temps, 2012, coton piqueté, 89 x 130 x 10 cm © Isabelle Gaulon


Prix lacritique.org :               PRATAP MOREY

PRATAP MOREY, Inverse Proportions, 2011, gravure, système d’archive et technique mixte sur bois © Pratap Morey


Prix Rosini :                      Jean-Michel KAARTUZ-ETIENNE

Jean-Michel KAARTUZ-ETIENNE, Pariah, 2011, calcaire marbrier de Chartreuse, 38 x 70 x 60 cm © J.M. Kaartuz-Etienne


Prix Marin :                      Anne COMMET

Anne COMMET, Traverses 1, 2012, texchnique mixte sur toile, 192 x 130 © Anne Commet


et le Prix arearevue)s( : à l’ensemble du Salon Réalités Nouvelles


Après avoir sous-ligné la variété, la qualité et l'invention de la sélection 2012 des Réalités Nouvelles qui offre de nombreuses surprises, la Fondation Taylor à attribuer ses prix aux artistes,

peintres :

Augusto PAVANEL
Christian FERRE
Patrick CORDEAU

et aux sculpteurs

Louis THOMAS-DOSTE
Ulrik VINTERSBORG






jeudi 12 avril 2012

INTERVIEW DE DON VOISINE PRESIDENT DE American Abstract Artists


Une interview croisée de Don Voisine, président de AAA et de Olivier Di Pizio président des RN, réflexion ouverte sur l'avenir des associations d'artistes abstraits d'un coté et de l'autre de l'Atlantique.
Deux modes de fonctionnement bien différents pour deux histoires parallèles... AAA est née à New York en 1936, Réalités Nouvelles est née en 1946 pour remplacer Abstraction-Création née en 1931 !

mercredi 11 avril 2012

Richard van der Aa, peintre et galièriste de ParisCONCRET

Easy Pieces 2007

Reasons to be cheerful - 2011


Pouvez-vous décrire brièvement votre travail ?
Can you briefly describe what you do ?


Je suis un artiste, avec une formation de peintre. Je fais aujourd’hui des peintures et des réalisations en trois dimensions. Mon travail est basé la prémisse que avant tout la peinture est un objet – non pas une fenêtre – et qu’elle a un sens dans son interaction avec d’autres objets. Mon travail est abstrait et minimaliste Je cherche à garder les choses aussi simple que possible.

I am an artist, trained as a painter. I now make paintings and three dimensional work. It is all based on the premise that before anything else, the painting is an object – not a window – and it has meaning in relationship with other objects. My work is abstract and reductive. I like to keep things as simple as possible.



Qu'est-ce qui vous motive pour créer ? 
What drives you to make work ?

J’aimerai pouvoir dire que je travaille pour apporter un peu de beauté dans ce monde mais c’est seulement une part de la vérité. Pour être vraiment honnête, je suis incité à travailler parce que je suis drogué au plaisir de retourner créer une nouvelle pièce.
 

I would like to say that I make work in order to bring some beauty into the world but that is only a part of the truth. To be completely honest, I am driven to make work because I am addicted to the thrill of sitting back at looking at a new piece.

Pouvez-vous nous parler de votre pratique au jour le jour ?
Can you tell us something of your day-to-day practices ?
 


Je n’ai pas de pratique régulière. Je dessine constamment des petits dessins d’idées que je peux utiliser quand j’arrive à l’atelier. Quand je suis à l’atelier plus rien ne compte. Une pièce nait d’une précédente. C’est une suite de raffinements.

My day to day practise is not very regular. I constantly make small drawings of ideas which I can use when I get to the studio. When I am in the studio nothing else matters. One work comes out of the other. It is an ongoing series of refinements.

Depuis quand travaillez-vous de cette manière?
How long have you been working in that way ?


Ma manière de travailler est resté globalement la même depuis que je suis sorti des Beaux-Arts en 1985. Bien sur les matériaux ou l’échelle des travaux n’ont pas toujours été les mêmes mais mon approche de la fabrication de l’art est resté identique. J’aime travailler avec un peu de spontanéité et faire des oeuvres qui me surprenne.


My work process has remained largely the same since I came out of art school in 1985. Of course the materials and the scale of the work have not always been the same but my approach to art making has. I like to work a little spontaneously and to make work which surprises me.



Quels sont les artistes qui vous ont le plus influencés ?
Which artists have had the greatest affect on your work ?


C”est une question difficile - il y a trop de noms à citer. Peut-être que mon premier héros était Matisse. Pour moi c’est le Maitre aujourd’hui encore. Son sens des rapports colorés, la conduite de la matière en à-plats, son processus de travail, sa recherche continuel de l’essence des choses. La joie de vivre qui est évidente dans son travail – la fraicheur de son travail. Tout cela m’impressionne encore quand je le vois. Après il y a l”Ecole de New York : Franz Kline, Motherwell, Rothko, Barnett Newman, et en fin les, ‘minimalistes’: Donald Judd, Carl André, John McCracken, ou encore Robert Ryman et Richard Tuttle.A difficult question – there are too many to say. Perhaps my first hero was Matisse. For me he is still the master. His sense for colour relationship, the drive towards flatness, his working process, his continual search for the essence of a thing. The ‘joie de vivre’ that is evident in his work – the freshness of his work. All those things still impress me when I see it. After him came the New York School painters: Franz Kline, Motherwell, Rothko, Barnett Newman, and finally the so called, ‘minimalists’: Donald Judd, Carl André, John McCracken, and others like Robert Ryman and Richard Tuttle







Soundings 1997



Mere Formalities 2011


Qu'est ce qui en dehors des arts visuels fait évoluer votre travail ? 
What outside of visual art informs your practice ?

Mon travail se nourrit de l’observation de la vie de tous les jours. C’est un tout qui fonde ma compréhension du monde. Fondamentalement, je crois que le sens est fondé sur la relation. Je veux dire par le sens matériel de la relation entre l’objet et l’espace mais aussi relation dans un sens personnel et spirituel . Nous nous définissons par nos relations et nous ne pouvons, nous connaitre dans la solitude.

My work is informed by my observation of things in everyday life. As a whole it comes out of my understanding of the world. Specifically, I believe that meaning is found in relationship. By that I refer in the material sense to the relationships between objects in space but also to relationship in a personal and spiritual sense. We are defined by our relationships and we cannot know ourselves in solitude.


Comment souhaitez-vous que le public recoive votre travail ?
How would you like people to engage with your work ?


J’aimerai qu’ils arrivent sans trop de jugements préconçus devant mes œuvres, qu’ils s’y arrêtent un peu de temps et s’autorisent à être surpris.

I would hope they are able to come to the work without too many preconceived expectations – to spend time with it – and allow themselves to be surprised.


Qu'est ce qui vous passionne actuellement ?
Have you seen anything recently that has made an impression ?


La série des expositions Monumenta au Grand Palais, Richard Serra et Anish Kapoor étaient superbes (et bien sur il y a le dernier show de ParisCONCRET !)

The Monumenta series at le Grand Palais: Both Richard Serra and Anish Kapoor were magnificent. (and then of course there is always the latest show at ParisCONCRET!)


Dans quel sens selon vous doit évoluer l'art abstrait ?
In your opinion, how should be the future abstract art evolution ?


Je ne pense pas réellement à l’évolution de l’art abstrait comme un tout. Je ne suis pas un politique. Je fais mon propre art. Je pense que comme artiste nous devons faire du bon boulot avec intégrité et authenticité. Si l’un d’entre nous est capable de faire ça – l’histoire fera le reste…

I don’t really think about the evolution of abstract art as a whole. I am not a political person. I just make my own work. I think that as artists we simply need to make good work with integrity and authenticity. If enough of us can do that - history will tell the story…











lundi 9 avril 2012

Salut à Louttre.B

Le peintre, graveur et sculpteur Louttre.B qui fut membre du Comité des Réalités Nouvelles est mort vendredi 6 Avril des suites d’une longue maladie. 

La galerie Bernard Ceysson, Paris du 05 Avril au 26 Mai 2012 présente une exposition Louttre B, 23 rue du Renard 75004 Paris.

J’ai toujours été frappé par la ressemblance physique de Louttre.B avec Corot et Braque tels que l’on peut les voir en photographies. On dirait trois frères ou trois cousins d’une même famille… Trois tignasses blanches, trois expressions similaires, lèvres pincées, la fossette marquée, la même mâchoire.



Louttre.B  le regard à la fois ironique et inquiet,
 entre Corot à 
gauche et Braque à droite !



Donc un peintre peint un paysage. Pour Corot ce fut l’île de France, pour Braque Varengeville et ses falaises, pour Louttre.B Boissierette et le Lot. Corot était fasciné par des paysages en construction, recherchant la vérité du sentiment face à la nature, Braque par le passage de la mécanisation de l’ère industrielle avec les charrues manuelles abandonnées au coin des champs comme des sculptures mobiles immobiles. Loutre.B l’était par les paysages viticoles du Lot, abandonnés et retournés à l’état sauvages, couverts de chênes verts. Louttre.B cultivait un genre paysan parisien. La lippe pincée, mâchouillant une sempiternelle allumette ou roulant une cigarette entre ses doigts, le regard matois. Un renard argenté. Connu comme le loup blanc. À sa peinture, il faut adjoindre une œuvre gravée prolixe qui reprend les thèmes de ses toiles, ainsi que des tapisseries, des vitraux, des sculptures. Il prétendait n’avoir aucune théorie de la peinture si ce n’est celle sans doute de chercher l’image juste et juste l’image comme les « patrons », Corot qu’il admirait et Braque qu’il avait connu. Du métier de peintre en bâtiment qu’il avait pratiqué dans les périodes de vaches maigres, il conservait la conscience du travail bien accompli, recherchant à trouver l’effet, à développer ensemble les parties du tableau tout en introduisant du sable dans le liant acrylique.
            « Le Pré carré » acrylique sur toile, 2010.
                  Courtesy Galerie Bernard Ceysson



Chercher la forme, l’ensemble, la valeur des tons, qui conduit à la couleur, puis la cueillir sans reproche, sans crainte, sans peur du heurté. Louttre.B ne garde que l’écho, le souvenir lointain d’un paysage qui se désagrége. Louttre.B vivait la peinture.


En octobre 2009, je lui rendais visite déjà malade, ce jour-là il était en forme. 
La conversation roule, je pense alors à faire un petit document avec mon téléphone portable, il en est d’accord , on va dans son atelier.



Nota : Un document de 7'30 à regarder en petit écran, les décalages d'images et de son sont dus à la compression.



dimanche 8 avril 2012

7 Avril 2012 - RN - The Largest Abstract Show in Europe - Vernissage

Dans une salle oeuvres de Heloise Guyard  et de  Erik Levesque

Dans l'allée centrale devant les oeuvres des sculpteurs danois

Devant la  toile de Vincent Lemaitre 



Paola Palmero répond aux interviews

Devant le travail de Richard Van der Aa

Anna et Richard Van der Aa de ParisCONCRET

Huyn-Ju Ahn devant Restrained Supersaturation n°6


Dominique Tiger le vidéaste des RN

Devant "Méteore-Nuit" de Béatrice Bonnafous

Devant les quatre oeuvres des artistes de AAA
Dan Hill, Phillis Ideal, John Phillips et Don Voisine

Dan Hill arrivant au vernissage depuis New York

Olivier di Pizio (à gauche) avec Philippe Marin
annonçant le prix Marin pour la peintre Anne Commet

Don Voisine président de American Abstract Artists et
Olivier Di Pizio président des Réalités Nouvelles
 engagent des salutations diplomatiques
(selon des sources bien informées..;)

Le public les écoute attentif  !

mercredi 4 avril 2012

Jeunes Artistes ? Abstraction ? Création ? Question ?

Les jeunes artistes issus des écoles d'arts répondent au questionnaire des Réalités Nouvelles, lors du Salon 2011.  Une vidéo de Dominique Tiger.


mardi 3 avril 2012

4/4 - Une Wiki-histoire du Salon des Réalités Nouvelles - Esthétique du flux ou se transformer à l’âge d’Internet (depuis 2000)

Esthétique des flux
par Erik Levesque

Sous la présidence des peintres Michel Gemignani (2005-2007), puis Olivier di Pizio (2008- …), le salon se diversifie, s'ouvre à de nouveaux horizons, augmente le nombre de participants qui passent de 260 à 400, montrant s’il en était besoin l’actualité de l’abstraction suivant la « définition majeure du salon et fondamentale du salon, de la création et de l’identité du salon des RN, c’est à dire les expressions plastiques de l’abstraction ».
Le salon revenu au Parc Floral Vincennes devient gratuit pour le public. Le nombre d’entrée public passe ainsi de 3500 visiteurs à 10000 ! En 2006, le salon fête ses 60 ans avec Soulages, les anglais John Hoyland, Albert Irvin, et d’autres artistes venus du monde entier !
Hélas ! Les relations avec les grandes institutions sont toujours aussi mauvaises, le salon désirant rendre hommage à Aurélie Nemours décédée en 2005 et qui fut toujours partie prenante du salon, demande un prêt d’œuvres qui nous fut vertement rejetée…
Tournant avec 100 nouveaux noms chaque année le salon se renouvelle en permanence organisant une des plus grandes bases de données de noms et des catalogues accessible sur le web. Il suffit de comparer ce qu’était le salon en 1960, disons, et aujourd’hui pour en voir les évolutions, les transformations du goût et les différentes réceptions de l’abstraction. Le salon au XXIe siècle dialogue entre la section à la géométrie affine et la section peinture où dominent les structures anamorphosées, vortex et autres canevas de fractals. Ce dualisme hérité de l’histoire du salon est pondéré par la sculpture, la gravure et la photographie. Les esthétiques de l’abstraction qui traversent le salon sont nombreuses : concret, géométrique, numérique, constructal, expressionniste, décorative, hybride, musicalisme, figuration allusive, matiériste …
Si la génération historique des fondateurs et des disciples disparaît, le salon reste un lieu de débat profondément marqué par la place de la peinture et de l’abstraction dans la société. Tout autant que par l’économisme triomphant, les contre-coups de la décolonisation, les effets de mai 1968 ou par la crise économique, en fait par tous les désengagements successifs et les renoncements d’un Etat perdant ses triples A. La place de Paris, capitale internationale des Arts, appartenant maintenant à un passé doré révolu, il faut apporter de nouvelles stratégies. Le développement du marché de l’art par Internet au travers de galeries créatives ou décoratives permet aux artistes et aux œuvres de trouver leur place dans un marché globalisé, mais impose une réflexion sur l’esthétique des flux esthétiques et d’esthésies.

La nouvelle génération d’artistes qui prend les commandes du salon, le conçoit comme un collectif  d’artistes, selon le mot de Jacques Busse. Il n’est pas innocent que le président de l’association Olivier di Pizio soit habitué à se positionner dans le champ social, il est particulièrement attentif aux différentes problématiques de la monstration de l’art. Cet ami de Louise Bourgeois tente de renouveler le dialogue avec les écoles d’art, invitant des étudiants post-diplômés à exposer. Il est attentif à rejeter toute forme de communautarisme et de closure de l’association sur elle-même comme lieu de l’Abstraction, Olivier di Pizio souhaite confronter l’association et par là l’Abstraction à la société française dans toutes ses composantes. Aussi  il proposera de reprendre les expositions itinérantes RN  hors de Paris; plusieurs sélections d'artistes issus du Salon exposeront ainsi à Troyes, Pont de Claix ou encore Belgrade. Joel Trolliet est le secrétaire du Salon, peintre il y expose depuis 1973. Comme secrétaire il en est aussi un garant historique porteur de l’histoire mouvementée des années 70 et des combats théoriques ainsi que d’une forme d’identité de la peinture aux couleurs parisiennes. A partir de 2014, il devient responsable du Commissariat Général, alors que Chantal Mathieu prend en charge le secrétariat. Autour de Martin Bissière se retrouve un groupe de jeunes peintres fortement marqués par la gestuelle de l’expressionnisme abstrait que l’on retrouve aujourd’hui dans différentes galeries parisiennes. Concevant le salon et le temps de l’exposition  comme un lieu de rivalité et de violences assumées, Martin Bissière désirait faire du salon un lieu de compétition « sportive » annuelle. Il quitte le comité en 2010. Autour des peintres Françoise Delmas et Christian Martinache s’établit une réflexion bachelardienne sur la peinture et la réalité jouant de couleurs grisées et de textures travaillées. Béatrice Bonnafous propose elle une réflexion sur sa place de femme dans la société (donc dans le salon) tout offrant une méditation sur les liens Occident/Orient. Dont les écoles japonaises autour de la figure de Saturo Sato donnent un exemple, grâce en particulier, à son musée  d’Art Construit de Tomé au Japon où sont accrochés de nombreux peintres des Réalités Nouvelles. La section géométrique emmenée par les peintres Henri Prosi, Pascal Mahou et Roland Orepük, agit et réagit comme une cellule qui tenterait de résister aux flux des images avec une volonté affirmée d’être un amer. Les écoles allemandes, danoises et italiennes jalonnent le salon. La section sculpture est menée par Bernard Blaise et Thomas Lardeur qui tente d’apporter une attention particulière sur la commande publique et invite cette année dix sculpteurs danois. La section de la gravure et la lithographie est conduite par la graveuse Jeanne Charton. Erik Levesque voudrait interroger les flux esthétiques qui traversent le salon autant du point de vue de la création que dans leurs réceptions. L’artiste dans cette problématique n’existe pas comme individu mais existe au travers d’une communauté qui donne écho à son travail. Lors de deux colloques seront analysées comment transformer le réseau essentiellement francophone des RN et comment jouer avec une esthétique hollywoodienne de l’Art qui s’impose à nous tous les jours.   Mais parmi ses idées rejetées par le comité était celle de basculer entièrement le salon sur le web à travers le site, d’en faire un salon virtuel. Le comité refuse d'indexer le catalogue en ligne du site Réalités Nouvelles sur Artprice.

Il fut choisi par le comité d’une part de déposer l’histoire du salon et pour ce faire rendre les archives accessibles par leurs dépôts à L’IMEC, d’autre part de rechercher des interlocuteurs internationaux comme l’abstraction anglaise, pour mettre les Réalités Nouvelles face à leurs nouveaux horizons…
Si certains applaudissent à ses transformations d’autres affirment "ne plus reconnaitre leur salon" ou sont déçus de ces transformations. Ainsi André Rouillé, dans un éditorial de ParisArt du 14 Avril 2011, reproche au salon de vouloir être un lieu d’art contemporain, d’autres réactions sont plus polémiques comme celles de M.C « incroyablement mauvais, que du déjà vu, des œuvres dans la majorité primaire, aucune recherche, dignes d’élèves de CM2 qui sont les membres du comité de sélection ??? Critiques d’art ??? Artistes ??? On expose ses copains… En fait, il n’y a pas de mots pour décrire votre salon, Vous pensez vraiment attirer des amateurs d’art. Sans doute ceux qui se baignent dans leur fosse septique ».
Comme quoi on ne peut pas plaire à tout le monde ! Le Salon des Réalités Nouvelles n’est pas un lieu tranquille, c’est un lieu de débats passionnés, de polémiques, autour de l’abstraction et de sa place dans la société. On y vient pour confronter son travail à celui des autres artistes, on y vient pour rencontrer des peintres, des sculpteurs, sortir de l’atelier, c’est un lieu vivant, risqué ou une communauté se rassemble échange. 
L’aventure continue…

Texte publié le 03/04/2012 dernière modification le 29/05/2013.

NB : Erik Levesque fut l'administrateur du blog du 04/2011 à 31/12/2014.





mardi 27 mars 2012

Erik Levesque, peintre

L'oeil mystérieux - acrylique/toile- 2010
A l’occasion de l’exposition d’une quinzaine de peintures de Erik Levesque au siège d’ACMNVIE filiale du Groupe Crédit Mutuel du Nord Europe (CMNE), et à l’occasion de la publication d’un article de Erik Levesque « Rendre la peinture vivante, la technique de la couleur de Pacheco à Velasquez » consacré à la technique de Diego Velasquez, ses pigments et ses liants dans l'ouvrage collectif "Les Couleurs dans l’Espagne du siècle d’or," sous la direction de Yves Germain et Araceli Guillaume-Alonso, aux Presses Universitaires de Paris-Sorbonne,


Erik Levesque répond au questionnaire des Réalités Nouvelles.


Red Medusas - 2008 


Pouvez-vous décrire brièvement votre travail ?

Des taches de couleurs singulières, assemblées, mises en contradiction par une trace de pinceau, une dégoulinade, un caducée, … comme flottant dans la toile pour créer un suspens de la perception.

Qu'est-ce qui vous motive pour créer ?

La peinture est une expression si efficace. Il me faut trouver une forme surprenante, différente à chaque fois. Et puis il y a le plaisir, c’est incroyable ce que c’est agréable de peindre… C’est un bonheur absolu… la peinture vous réconcilie avec la vie. Les images naissent, grandissent, vivent, prennent leur autonomie. Quand on pense à la difficulté pour un cinéaste pour s’exprimer… C’est une chance de pouvoir contempler un bleu outremer qui se transforme en turquoise mais c’est aussi une interrogation… La peinture c’est une idée du monde dont l’imagination est la force.

Pouvez-vous nous parler de votre pratique au jour le jour ?

Eh bien c’est très simple, je travaille de 9h à 12h et de 13h 30 à 17h. Je dessine, je peins, j’essaie sur mon ordinateur, des images, des dessins, des textures, des formes, des couleurs, je compare des pigments nouveaux et des couleurs anciennes ou l’inverse !

Depuis quand travaillez-vous de cette manière ?

J’ai toujours travaillé très régulièrement. J’ai une théorie invérifiable, pour les artistes c’est exactement comme pour les sportifs entre la meilleure performance et la plus basse il n’y a pas 3% d’écart. Mais ce petit décalage il faut arriver à le surmonter… et ce n’est pas si facile ! En fait je détruis beaucoup de choses… J’attends en général un an avant de sortir un tableau de l’atelier. Le revoir à froid… L’esprit reposé… pour savoir s’il tient encore la route !

Quels sont les artistes qui vous ont le plus influencés ?

Tous sauf trois … La peinture anglaise a été une révélation depuis le grand prix de la Biennale de Venise pour Howard Hodgkin 1984, j’ai alors découvert Frank Auerbach, puis Albert Irvin et John Hoyland avec qui il y a une rencontre magnifique… vraiment étonnante. Il avait une telle capacité à exprimer clairement ce qu’il faisait, à parler de peinture si simplement et de toute la peinture par seulement la contemporaine mais aussi la moderne, la classique… toujours attentif… râlant… d’une mauvaise fois merveilleuse…. Beaucoup d’humour… C’était vraiment impressionnant... La peinture anglaise à une légèreté, une assurance simple, elle est à l’aise, libre. Les artistes espagnols de la movida  quand je vivais en Espagne… ils étaient sombres, fiers et ombrageux… ils prenaient la vie à pleine dent ! Madrid m’a tué !

Qu'est ce qui en dehors des arts visuels fait évoluer votre travail ?

La musique a été importante mais elle l’est de moins en moins en partie parce que je deviens dur de la feuille. La poésie chinoise, des paroles de chansons, Baudelaire, « Cette vie est un hôpital ou chaque malade est posséder du désir de changer de lit. Celui-ci voudrait souffrir en face du poële, et celui-là croit qu'il guérirait à côté de la fenêtre » Et comme mes filles sont des cavalières de compétition, je passe des heures à dessiner des chevaux et des poneys en mouvement, je ne sais absolument pas comment cela m’influence mais  …. Blague à part je passe aussi beaucoup de temps à lire de la Théorie de l’Art et de l’Histoire de l’Art, classique et contemporaine. Je viens d’ailleurs de publier un article sur le matériel utilisé par Velasquez tel qu’il est décrit dans les résultats physico-chimiques de Jonathan Brown et Carmen Garrido du Prado en le comparant aux recettes décrites dans l’Arte de la Pintura de Francisco Pacheco, le maître de Vélasquez.
Sinon il y a le cinéma, cet art du XXe siècle qui vient de mourir sous nos yeux tué par le numérique, et en particulier Apocalypse Now (version longue avec la scène française… géniallissime)…

Comment souhaitez-vous que le public reçoive votre travail ?

Attraction - 2009


Plutôt bien que mal, qu’il s’en amuse, qu’il le goute, qu’il puisse s’établir une complicité ce serait parfait… Regardez un tableau, c’est comme prendre un verre avec quelqu’un, on passe un moment ensemble… c’est une rencontre ! 

Qu'est-ce qui vous passionne actuellement ?

L’évolution du matériel, l’arrivée de nouvelles couleurs, de nouveaux matériaux… On parle toujours des nouvelles technologies en parlant de la révolution numérique, mais l’évolution de la chimie des couleurs, c’est tout aussi étonnant. Je dois dire que je suis passionné par ce qui se passe avec et dans les Réalités Nouvelles. Ce salon, ce collectif va-t-il avoir la force de se sublimer, pour se transformer ou va-t-il mourir comme un taureau dans l’arène ?




Droséra - Acrylique sur toile - 2011
Dans quel sens, selon vous, doit évoluer l'art abstrait ?

A double sens … polysémique … C’est drôle, c’est la seule question que l’on peut garder du questionnaire de 1939 des Réalités Nouvelles, les autres questions du questionnaire étaient de pures formes de Curriculum Vitae artistique. Je trouve très surprenant d’ailleurs que Duchamp y ait répondu si sagement, date et lieu de naissance, première exposition, collection publique, bibliographie… etc… tout cela est charmant … bien qu’il propose le sens interdit ! Je suis très touché de la simplicité déconcertante avec laquelle  Mondrian, Kandinsky y répondent a 70 ans passés. Hélas les Delaunay eux n’y ont pas répondu… puisqu’ils posaient les questions !

mardi 13 mars 2012

Van der Aa vont des RN aux AAA

La galerie ParisCONCRET  que dirige Anna et Richard van der Aa expose une sélection d’œuvres des artistes américains de AAA (American Abstract Artists International) pour le 75eme anniversaire de cette organisation dont le but affirmé dans le catalogue de la seconde exposition annuelle de 1938 est de réunir les artistes abstraits résidants aux USA. Les artistes qui, au départ; se réunissent de manière informelle se retrouvent en 1937 pour une première exposition à la galerie Squibb sur la 57e rue. Réalités Nouvelles à Paris était fondé en 1939 et se substituait à « Abstraction-Création » de Michel Seuphor qui avait associé en 1931 les deux groupes Cercles et Carrés  et Art Concret . AAA et RN sont deux associations de part et d’autre de l’Atlantique aux buts similaires auxquelles participeront souvent les mêmes artistes Mondrian, Albers, Arp , Ben Nicholson, Carl Holty,, Hélion, Byrone Browne… etc… la liste est trop longue pour être citée ici…  La diversité esthétique des artistes d’AAA qui va de Sol Lewitt à Louise Bourgeois en passant par Brice Marden (pour citer trois noms qui parlent à tout le monde) peut être attribuée à une appétence pour l’art abstrait dans toutes ses variations.
Bien sur les noms des peintres contemporains de AAA, ne parleront pas de suite à un public français, mais la visite de cette excellente exposition permettra à chacun de concevoir comment la notion d’art concret n’est pas toujours la même en deçà et au-delà de l’océan Atlantique ! Disjonction bien intéressante à observer même si les œuvres sont de petits formats et essentiellement sur papier (pour cause de transport aérien) … mais on  imagine aisément ses oeuvres dans le Salon. Les organisations divergent 80 membres cooptés pour AAA et 392 exposants pour les RN, deux approches différentes pour des résultats étonnament similaires !




3 vues de l'exposition Galerie ParisCONCRET - courtesy ParisCONCRET



Les exposants : Richard Anuszkiewicz, Martin Ball, Siri Berg, Emily Berger, Susan Bonfils, Sharon Brant, Henry Brown, James O. Clark, Mark Dagley, Matthew Deleget, Ruth Eckstein, Gabriele Evertz, Heidi Gluck, James Gross, Lynne Harlow, Mara Held, Daniel G. Hill, Gilbert Hsiao, Phillis Ideal, Julian Jackson, James Juszczyk, Cecily Kahn, Steve Karlik, Marthe Keller, Victor Kord, Irene Lawrence, Mon Levinson, Jane Logemann, Vincent Longo, David Mackenzie, Stephen Maine, Katinka Mann, Nancy Manter, Rossana Martínez, Creighton Michael, Manfred Mohr  (RN 1971), Judith Murray, John Phillips, Lucio Pozzi, Leo Rabkin, David Reed, Ce Roser, Irene Rousseau, David Row, Edward Shalala, Richard Timperio, Clover Vail, Don Voisine, Merrill Wagner, Stephen Westfall, Jeanne Wilkinson, Mark Williams, Thornton Willis, Kes Zapkus, and Nola Zirin.
Profitons donc de l’occasion qui nous est offerte pour souhaiter à notre tour bon anniversaire à AAA et une belle longévité  !
Bienvenue !
Nous aurons l’occasion d’en reparler au moment du salon, puisque  Don Voisine, Daniel G.Hill, John Philipps et Phillis Ideal, tous trois membres de AAA sont invités au Salon. Nous souhaitons pouvoir établir à cette occasion avec AAA des liens cordiaux, de réflexions sur la place de l’Abstraction aujourd’hui mais aussi sur les évolutions nécessaires à nos types d’association à l’heure d’Internet. Cette rencontre impromptue a été rendue possible par l’intermédiaire  de la Galerie ParisCONCRET que dirige Anna et Richard van der Aa (RN 2012) et de Roland Orépuk (RN2012) que nous tenons à remercier chaleureusement !
La Galerie ParisCONCRET ouvrira exceptionnellement le Lundi 9 Avril de 14h à 18h, ce qui permettra aux amateurs de voir un panorama transatlantique presque complet de l'abstraction contemporaine en allant visiter le Salon (8-15 Avril - Parc Floral de Vincennes).
Galerie ParisCONCRET, 5 rue des Immeubles Industriels, 75012 Paris de 14h à 18h du Mercredi au Samedi jusqu'au 31 Mars.


mercredi 7 mars 2012

Expositions à voir...

En même temps que la retrospective Matisse qui ne distinguait pas entre abstraction et figuration (cf Jazz)  que vous ne manquerez pas de voir, vous pouvez aussi voir à Beaubourg, Paris  "Josef Albers en Amérique oeuvres sur papier" du 8 février au 30 Avril 2012. Membre fondateur des Réalités Nouvelles et de AAA, Josef Albers (1888-1976) participa régulièrement au Salon ou il exposait régulièrement ses recherches empiriques issu de l’enseignement de Josef Itten et du Bauhaus sur la couleur (tout comme Hans Hofmann). La disjonction phénoménologique entre les équations physiques de la couleur RVB (x% R +x%V+x%B = 100% de n Blanc/Lux °K) et le ressenti, lui faisait affirmer que la couleur est en art le medium le plus subjectif. C’était avant l’invention des ordinateurs, des écrans plats et des restitutions en 16 millions de couleurs (Norme WUXGA, Norme QSXGA, Norme QUXGA) c’était au temps de la photographie argentique et du technicolor avant l’offset. La couleur est-elle toujours aussi subjective aujourd’hui alors que les progrès de la technique (ne serait-ce que par l’utilisation universelle de Photoshop ou Gimp) peuvent permettre un contrôle plus grand et non empirique de la couleur. Qu’aurait pensé Albers, le pédagogue de l’Université de Yale, le théoricien des "Interactions de Couleurs" des normalisations Pantone, HTML, ... du calibrage Pourpre ou du Colour Index ... qui en son temps étaient encore embryonnaires. On sait depuis que la couleur appartient à la géométrie topologique et riemannienne et que si on a le programme pour le faire la couleur se norme et alors comme la musique peut marcher au pas du marketing.

Fin de l'Exposition Gandur au musée Fabre de Montpellier  "Les sujets de l’abstraction, Peinture non figurative de la seconde école de Paris (1946-1962)". 
De Jean Fautrier à Nicolas de Stael ou Pierre Soulages, le musée Fabre de Montpellier présente depuis décembre jusqu'au 25 mars, 101 tableaux de la fondation suisse du grand collectionneur Gandur centré sur la seconde école de Paris abstraite des années 50 autour des figures de la peinture que sont Fautrier, Hartung, Mathieu, Schneider ou Soulages. L'exposition sera présentée ensuite à Oxford Grande Bretagne et dans une grande institution parisienne en 2013.
Expositions à Londres
John Loker
John Loker


 Arne Quinze

 Richard Smith

Cédric Christie
Oeuvre de Stephenson


Oeuvre de Stephenson à Londres
Nombreuses expositions en Angleterrre autour de l'abstraction, celle de John Cecil Stephenson (1890-1965) à la Durham Art Gallery (UK), rétrospective d’un pionnier de l’abstraction britannique, Exposition John Loker « Small is Beautiful » à la Flowers Gallery, de Londres dont  les œuvres du peintre sont inspirées par les icônes d’ordinateur. Exposition « maîtres de l’abstraction britannique » avec des œuvres de Richard Smith, John Hoyland ou Cédric Christie. Exposition Arne Quinze à la Vicky David Gallery, Exposition Lynda Benglis Thomas Dane Galery et enfin exposition Mary Hellman à la Galerie Hauser and Wirth.


Jean Gabriel Coignet - Galerie Lahumière - Paris
Exposition à Paris

Exposition  (image ci-dessus) à la galerie Galerie Lahumière des reliefs et sculptures sérielles de Jean Gabriel Coignet inspirées par l'architecture et les surfaces de couleurs lisses à voir du 15 mars au 28 avril 2012. 

"Tree " de Diane de Cicco
Exposition de Diane de Cicco (RN 2012) au Centre d'Art de l'Ancienne Synagogue, du 12 mars au 20 mai 2012, 28 bd Turenne - 77260 La-Ferté-sous-Jouarre intitulée : "Mais que disent les poètes ?" vernissage le 17 mars 2012 à 17 h. 

"Quand je peins, il faut qu’il y ait une mémoire, une émotion qui vienne s’inscrire dans l’inspiration qui est pour moi d’origine purement plastique…. Je m’inspire d’un paysage, d’un accord de couleurs glané au coin d’une rue. C’est un tremplin pour sauter dans l’inconnu. Ce qui m’intéresse, c’est chercher une certaine beauté, une signification, un nouvel accord, là où on ne les attend pas. J’aime me retrouver là où je n’imaginais même pas aller..." Diane de Cicco






samedi 3 mars 2012

LA BANDE-ANNONCE RN 2012


La bande-annonce du Salon des Réalités Nouvelles 2012, venez voir The Artists (AAA) et tous les gens du jardin au Parc Floral de Vincennes, vernissage le 7 Avril 2012 à 18h !