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dimanche 17 décembre 2017

Décès de Hubert Damisch (1928-2017)

Le philosophe des images, directeur d'études à l'École pratique des hautes études, Hubert Damisch, connu pour ses écrits sur la perspective, sur les nuages et la peinture en particulier avait eu un grand projet avec Beaubourg " la dispute de l'abstraction" en 2004 qui fut peu après abandonné par l'institution parisienne. Pour Damisch, l'abstraction n'était ni un style, ni un mouvement avec des débuts et des fins, mais plutôt une série de rapports à la pensée abstraite, aux mathématiques, à la crise de la représentation comme autant de questions irrésolues.

mardi 12 décembre 2017

Fête de fin d'années à Abstract Project

#56 -    format de poche

La galerie Abstract Project fête ses trois ans !

Depuis le 5 décembre 2014, jour du premier vernissage à la galerie Abstract Project, nous avons eu pour projet de promouvoir des artistes, de créer des rencontres et des échanges fraternels entre les artistes, mais aussi des rencontres avec les collectionneurs et le public d'amateurs.

L'exposition « Format de poche » que propose la galerie Abstract Project pour cette fin d'année n'est pas dédiée à la littérature et sa diffusion, ni à la bande dessinée et à son histoire, mais à la réunion d'artistes plasticiens autour de l'exposition d'œuvres de petits formats n'excédant pas la dimension de 30 cm x 30 cm. Les artistes à qui nous avons proposé cette rencontre ont tous déjà exposé à la galerie ou y exposeront bientôt.

Les expositions collectives de cette ampleur, avec un accrochage plus dense qu'à l'accoutumée, participent pleinement à cette dynamique. Outre la proposition purement artistique, elles favorisent évidemment les rencontres et les collaborations futures. Pour l'amateur éclairé ou le collectionneur, c'est aussi comme cela que commence ou se constitue une collection, en acquérant des œuvres à des prix très abordables et en faisant la rencontre d'un travail et d'une ou d'un artiste.


Vernissage mercredi 20 décembre de 18h à 21h
Exposition du 21 décembre 2017 au 6 janvier 2018
ouvert du mercredi au samedi de 14h à 19h


5 rue des Immeubles-Industriels
75011 PARIS

Avec

David Apikian
Gilles Armand
Joanick Becourt
Roger Bensasson
Joël Besse
Christine Boiry
Guillaume Brinas
Frédérique Bussillet
Susan Cantrick
Pola Carmen
Marilyn Chapin Massey
Jeanne Charton
Isabelle De Gouyon Matignon
Delnau
Olivier Di Pizio
Gaëtan Di Pizio
Philippe Henri Doucet
Michel-Jean Dupierris
Hélène Durdilly
Marion Harduin
Sylvie Jorajuria
Danielle Lescot
Sylvie Mary
Mitsouko Mori
Ana Pérez Ventura
Alexandra Renne
Philippe Rips
Claudine Sallenave
Madeleine Sins
Bogumila Strojna
Richard Van der Aa
Jacques Weyer









jeudi 7 décembre 2017

Intelligence Artificielle - L'abstraction en reconnaissance automatique

Une équipe de chercheurs du Lamsade (Laboratoire d'analyse et modélisation de systèmes pour l'aide à la cision, Université Paris-Dauphine/CNRS), composée des chercheurs-enseignants, maître de conférences, Florian Yger et Benjamin Negrevergne de Paris-Dauphine, et Adrian Lecoutre, étudiant à l'INSA de Rouen, travaillent à mettre au point une Intelligence Artificielle: Le "Rasta Project"
pour Recognising Artistic Style Automatically
capable de reconnaître le style d'une peinture à partir de 25 styles prédéterminés: Abstract Art, Abstract Expressionism, Art Informel, Art Nouveau (Modern), Baroque, Color Field Painting, Cubism, Early Renaissance, Expressionism, High Renaissance, Impressionism, Magic Realism, Mannerism (Late Renaissance), Minimalism, Naïve Art (Primitivism), Neoclassicism, Northern Renaissance, Pop Art, Post-Impressionism, Realism, Rococo, Romanticism, Surrealism, Symbolism et Ukiyo-e suivant la nomenclature proposée par le le site WikiArt (ou Wikipeinture) plateforme collaborative dédiée à la peinture.

Le Rasta project donne une probabilité de reconnaissance des styles des peintures à partir de ceux intégrés dans le logiciel par techniques d'apprentissage automatique sans avoir recours ni aux métadonnées, ni au différentiel colorimétrique.



La méthode de "reconnaissance des formes" repose sur le "deep-learning", c'est-à-dire l'apprentissage profond de la machine via la technique dite "des réseaux de neurones". La méthode n'est pas nouvelle, elle a été inventée dans les années 1950. Elle revient en force depuis les années 2000 et acquiert une célébrité médiatique avec la victoire d'Alpha-Go, programme de jeu de Go en 2015 et par la puissance démultipliée de calcul des machines. Le Rasta project fonctionne par couches successives, les premières sont dévolues à la reconnaissance visuelle. Chaque couche répond à une suite de protocoles différents. Le réseaux de neurones (nom métaphorique de la succession de couches) doit ainsi apprendre "par lui-même", pour classer de nouvelles images correctement, images qui lui seraient présentées et qui ne sont pas textuellement dans la data initiale. 





Pour l'instant L'IA bloque à un certain palier, en effet plus la reconnaissance est spécifique plus IA est performante, mais ayant atteint un apex ses performances décroissent ou confusent.



Ainsi si le "Rasta" reconnait Kandinsky (Fugue 1914) comme art abstrait à 100 %, ou un Mondrian figuratif (Arbre Rouge 1908-09) comme post-impressionniste,  il ne reconnait pas une Naissance de Vénus(1984) de Andy Warhol inspiré par la "Vénus de Botticelli" comme "Pop Art" mais comme "surréalisme à 94%, Informel à 2% et Naïf à 2 %" ... affichant sa généalogie stylistique ascendante, la machine reconnait l'inspiration de Warhol.



Mais pour une crucifixion d'Andrea del Castagno (v.1419-1457) qui est reconnue comme du Symbolisme à 26% et de la Renaissance Primitive à 26 % la machine propose sa généalogie descendante (son influence sur) avec comme bonne réponse "Romantisme" à 32%. Bien évidemment cet écueil provient en partie de la construction préalable et des choix discutables de WikiArt, dont nous devons admettre les présupposés (succinct) en art puisque cette data-base sert de support aux chercheurs de Lamsade. Ainsi la machine trouve la bonne réponse à 50% en moyenne, mais elle reconnait systématiquement les gravures japonaises au style caractéristique Ukiyo-e, mais se perd dans les catégories abstraites subtiles, entre minimalisme, Color field painting, Abstract art, Expressionisme abstrait... Le problème semble donc plutôt venir de la catégorisation des items initiaux de la base utilisée indépendante du Rasta project.

Un outil d'arbitrage ?

On peut s'interroger de l'intérêt relatif de cet outil en l'état et de sa classification de démonstration et de recherche,au-delà de la prouesse technique de programmation en Intelligence Artificielle. Il nous semble que développée cette technique (en en changeant la nomenclature de références) pourrait bien devenir un vrai "Shazam" (logiciel de reconnaissance musicale) des arts visuels, permettant de retrouver des œuvres analogues, au style similaire. On imagine l'utilité qu'un tel outil pourrait apporter pour les bases d'objets volés, qui malgré les maquillages et les changements d'attribution se retrouveraient reconnus puisque la reconnaissance se fait sans métadonnée, à la différence des Smartify,  Magnus ou google image qui eux utilisent de plus le différentiel de colorimétrie. On pense également à l'utilité qu'un tel outil pourrait avoir pour les bases de données d'artistes comme celle de l'ADAGP, permettant la reconnaissance les styles des artistes et pouvant devenir un outil remarquable pour la recherche des droits d'auteurs plastiques sur Internet.

Enfin, on imagine que ce type efficace d'outils logiciels  pourrait servir au classement des bases de données de peinture non classées, comme celles des Réalités Nouvelles, ouvrant même à de nouvelles définitions des pratiques de l'abstraction. On pourrait également envisager de créer un secrétariat virtuel des Réalités Nouvelles, automatisant ou aidant les choix du jury à accepter ou à refuser telle pratique ou telle œuvre, rejetant les œuvres figuratives en particulier, mais également  les sempiternelles n-ièmes citations, redites, rabâchages de style daté... Il faudra alors que le comité des Réalités Nouvelles - dans sa grande sagesse - définisse ce qui est acceptable ou pas dans une catégorisation des items de l'abstraction : grande question !

La question de la reconnaissance des images étant proche de celui de la génération automatique des images on peut également penser que cet outil - à terme - générera lui-même ses propres œuvres... et citations !

Un outil qui va, peut-être, se révéler à un avenir glorieux !


Erik Levesque







lundi 4 décembre 2017

Frac Le Plateau

Affichant son désengagement, la ville de Paris a annoncé la suppression de sa subvention au FRAC Ile-de-France, selon le Journal des Arts. Finalement après la mobilisation des artistes, la ville a alloué une subvention de 95000 Euros pour 2018, pour 140000 E en 2017, donc en baisse de 45000 E, comme elle l'avait été en baisse de 40000 Euros en 2016... Le budget du Frac de 1,4 ME est à la charge de la Région et de l'Etat.

vendredi 1 décembre 2017

La bibliothèque Kandinsky - infos

BIBLIOTHÈQUE KANDINSKY &
L'INSTITUT NATIONAL D'HISTOIRE DE L'ART
15 Décembre 2017

"1959-1985, au prisme de la Biennale de Paris"

La Bibliothèque Kandinsky du Musée national d’art moderne/ Centre Pompidou est heureuse de vous accueillir pour la troisième séance du séminaire "1959-1985, au prisme de la Biennale de Paris" organisé par l'Institut national d’histoire de l’art dans le cadre du programme de recherche éponyme, en partenariat avec les Archives de la critique d'art, la Bibliothèque Kandinsky et l'Institut national de l'audiovisuel,

Vendredi 15 décembre 2017, Bibliothèque Kandinsky, de 17h30 à 20h30
Entrée libre sur réservation à l'adresse : reservation.bibliothequekandinsky@centrepompidou.fr
Centre Pompidou, Niveau 3

Sous l'intitulé "Biennale de Paris : scènes nationales, scènes internationales", le séminaire réunira Hélène Meisel (Centre Pompidou-Metz) et Annabela Tournon (EHESS/Ensa Bourges).
En présence de documents choisis, il s'agira d'évoquer la matérialité des archives de la Biennale de Paris dans leur diversité et d’interroger ce qu'elles dévoilent des réseaux artistiques d’alors. A titre d'étude de cas, il sera question de la Section de l'Amérique latine à la Biennale de 1977, de ses paradoxes et ambiguïtés. Si elle répondait au souhait des organisateurs que la participation internationale soit confiée à des spécialistes d'une région ou d'une scène artistique, certains des artistes exposés critiqueront ce fonctionnement, soulignant les enjeux politiques de ces ambitions internationales. Ces épisodes signalent aussi la place de la Biennale de Paris dans l’histoire de l’art de pays tels que le Mexique, le Brésil ou l’Argentine.
Pour en savoir plus sur le projet de recherche : https://www.inha.fr/fr/agenda/parcourir-par-annee/en-2017/decembre-2017/biennale-de-paris-scenes-nationales-scenes-internationales.html

Annabela Tournon est historienne de l’art. Elle finalise actuellement une thèse à l’EHESS-CEHTA (Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales – Centre d’Histoire et de Théorie des Arts) sur les Grupos, collectifs d’artistes actifs dans les années 1970 au Mexique. Elle a récemment organisé l’exposition « Grupo Mira. Una contrahistoria de los setenta en México » au musée Amparo au Mexique. Elle est membre des groupes de recherche « Global Art Prospective » du programme «Histoire de l’art mondialisée » de l’INHA (Institut National d’Histoire de l’Art, Paris) et de la Red Conceptualismos del Sur.
Sur le thème des groupes d’artistes au Mexique dans les années 1970 elle a notamment publié « L’art conceptuel sous influence : les Grupos (Mexique, 1970) », dans les Cahiers du Musée National d’Art Moderne (n°122, février 2013), « “Aunque al seco tronco lo sigan regando”. Reprises du muralisme chez les grupos (1968-1978)» dans Nuevo Mundo Mundos Nuevos, janvier 2015, « Une oasis d’horreur dans un désert d’ennui. Tlatelolco, 2 octobre 1968 » dans Le Temps suspendu. Art contemporain et temps de l’histoire, Lyon, Presses Universitaires de Lyon, novembre 2016, ainsi qu’édité le catalogue d’exposition « Grupo Mira. Una contrahistoria de los setenta en México », éditions Museo Amparo, Puebla, Mexique, 2017.

Hélène Meisel est historienne de l’art, critique et commissaire. Après des études d’histoire de l’art menées à la Sorbonne et achevées par un master professionnel consacré à « L’art contemporain et son exposition », elle entame sous la direction d’Arnauld Pierre une recherche doctorale sur la subsistance subjective dans l’art conceptuel. Elle assiste parallèlement Claire le Restif au Crédac d’Ivry-sur-Seine sur l’exposition « Le travail de rivière » (2009), puis Guillaume Désanges dans ses différents projets curatoriaux et performatifs (2010). En 2011, elle bénéficie d’une bourse d’études du Centre Pompidou-Paris et explore, dans ce cadre, les archives de la Biennale de Paris dont elle réactive certains dispositifs. En 2012, elle est résidente au sein du Pavillon, au Palais de Tokyo. Depuis 2013, elle est chargée de recherche et d’exposition au Centre Pompidou-Metz, et travaille aux côtés d’Hélène Guenin sur l’exposition «Sublime. Les tremblements du monde » (2016). En 2017, elle est commissaire avec Emma Lavigne de l’exposition « Jardin infini. De Giverny à l’Amazonie ». Pour le Frac Lorraine de Metz, elle réactive certains moments du Festival International de Science-fiction de Metz dans le cadre de l’exposition « Si ce monde vous déplaît » (2013). Ses articles sont parus dans différentes revues critiques telles que 20/27, Les Cahiers du musée national d’art moderne, Volume, Palais, 02, Semaines, etc.


https://www.centrepompidou.fr/
https://www.inha.fr/
http://carnetbk.hypotheses.org
 


 - Mercredi, 6 Décembre 2017, à partir de 18h30

« Alors que j’écoutais moi aussi la Bibliothèque Kandinsky » menée en partenariat avec La Criée centre d’art contemporain de Rennes

Dans le cadre des manifestations dédiées à la célébration des 40 Ans du Centre Pompidou, la Bibliothèque Kandinsky du Musée national d’art moderne/CCI est heureuse de vous convier à la rencontre publique autour du projet « Alors que j’écoutais moi aussi la Bibliothèque Kandinsky » menée en partenariat avec La Criée centre d’art contemporain de Rennes et ses artistes invités.


Mercredi, 6 Décembre 2017, à partir de 18h30
Bibliothèque Kandinsky, Centre Pompidou, Niveau 3

Entrée libre dans la limite des places disponibles.
Réservation obligatoire à l’adresse : reservation.bibliothequekandinsky@centrepompidou.fr

Alors que j’écoutais moi aussi la Bibliothèque Kandinsky répond à l’invitation des 40 ans du Centre Pompidou et convie différentes personnalités – un acrobate, un musicologue, deux chercheuses d’art et cinq artistes – à prendre pour objet d’études, d’aventures et de curiosités le fonds de la bibliothèque Kandinsky, centre de documentation et de recherche du Musée national d’art moderne.
Pendant un an Félicia Atkinson, Julien Bismuth et Yann Sérandour – artistes associés au cycle que mène La Criée centre d'art contemporain autour du récit -, ainsi que Sophie Kaplan, curatrice et directrice de La Criée, et leurs invités Jean-Baptiste André, François Bonnet, Virginie Yassef, Sophie Lapalu et Nico Dockx ont arpenté les rayonnages de la Bibliothèque du Musée national d'art moderne, rencontré et échangé avec l’équipe de la Bibliothèque. Certains la connaissait depuis longtemps et y avaient déjà travaillé, d'autres la découvrait. Certains y sont venus régulièrement, d'autres plus ponctuellement. Certains y ont fait des recherches sur des fonds d'archives précis, d'autres sont partis dans des directions plus incongrues.
La restitution de leurs recherches dessinera un portrait de la Bibliothèque Kandinsky par ses marges, ses cotes, ses bruissements secrets…
Pour l'occasion les tables et vitrines de la salle de lecture de la BK formeront plusieurs îlots, où l'on découvrira les productions des artistes nées de leurs arpentages.

Le deuxième volet du projet aura lieu le mardi 6 février 2018 : événement à La Criée. Entrée libre sur réservation obligatoire à : 

Commissaires : Sophie Kaplan, directrice ainsi que Félicia Atkinson, Julien Bismuth et Yann Sérandour, artistes associé·e·s à la saison Alors que j’écoutais moi aussi […]
Artistes invités : Jean-Baptiste André, Félicia Atkinson, François Bonnet, Julien Bismuth et Virginie Yassef, Sophie Lapalu, Yann Sérandour et Nico Dockx.
Avec la participation de l’ensemble de l’équipe de la Bibliothèque Kandinsky.

jeudi 23 novembre 2017

Actualités Décembre 2017

#52 - Art Numérique




















Robert Delafosse à Troyes


vues de l'exposition : 


















- Rappel : Cycle Cnap/BK, Anael Lejeune. La théorie à l'oeuvre. L'art conceptuel américain, 24 novembre 2017

Le Centre national des arts plastiques (Cnap) et la Bibliothèque Kandinsky du Musée national d'art moderne/CCI, Centre Pompidou sont heureux de vous inviter à la rencontre avec Anaël Lejeune auteur de l’ouvrage : « La théorie à l’œuvre. L’art conceptuel américain » paru aux éditions (SIC).

Vendredi 24 novembre 2017 à 18h30
Bibliothèque Kandinsky
Centre Pompidou
Niveau 3
sur réservation


Anaël Lejeune présentera ce livre portant sur les rapports entre pratique et théorie artistiques dans le contexte de l’art conceptuel américain (ca. 1965-1975). Son analyse interroge notamment les outils théoriques mis en place par les artistes ou empruntés à d'autres champs de savoirs aux fins de la création artistique. L’ouvrage envisage ainsi l'influence exercée sur ces créateurs par divers textes européens – et particulièrement français – du champ des sciences humaines dans les années 1960 et 1970. Y sont étudiées des modalités, proposées par les artistes, d’interprétation et d’usage de ces outils et concepts théoriques ou philosophiques en fonction de leurs propres préoccupations. Or ces outils et concepts ont subi des inflexions, des transformations, voire d’inévitables malentendus en raison du contexte américain au sein duquel ils ont été reçus. D’où l’attention portée à la composition du paysage culturel et intellectuel américain afin d’identifier certains des traits qui, au niveau artistique, culturel, philosophique ou autres, ont pu contribuer à la réception de certains aspects de la théorie continentale et en infléchir ou en modifier la compréhension.

Anaël Lejeune reviendra sur cet aspect de ses recherches à partir de l’évocation de deux dessins de Mel Bochner et de Douglas Huebler.



Anaël Lejeune enseigne l’histoire de l’art et la théorie des arts à l’Académie des Beaux-Arts de Bruxelles (Belgique). Ses recherches portent principalement sur l’art américain d’après-Guerre. Son précédent ouvrage intitulé Perspective et géométral. Problématisation de la sculpture aux Etats-Unis (1966-1973) est paru aux Presses du réel en 2015.

Ce livre a été réalisé avec le soutien à l’édition du Cnap.

(SIC) éditions, collection Continental Rift
Conception graphique : Charles Mazé et Coline Sunier
ISBN : 978-2-93-066715-7

 




« Séquences » 


Ce mois-ci, l’exposition à la Fondation des Etats Unis conjugue le travail de deux plasticiennes, Carol-Ann Braun et Diane de Cicco. Toutes deux ont pour point de départ un texte, qu’il s’agisse d’un poème en combinatoire ou du langage génétique pris comme « prétexte » à une expression plastique.

Carol-Ann Braun interprète un poème de Blake Leland intitulé « Sonnet Sequence ». Le texte agence plusieurs mots simples : everything, nothing, happens, changes, how, since, when, where, but... et évoque, non sans ironie, le disque rayé de notre condition. A chaque strophe correspond un point de vue différent sur une sculpture en cours de construction. Carol-Ann Braun étale ainsi dans le temps, au fil des phrases du poème, la perception de différentes facettes d’un même objet.

Diane de Cicco associe différents éléments qui s’inspirent de formes biologiques pour mettre en lumière la plasticité de l’être. C’est une manière d’exprimer, voire d’élargir, la notion d’épigénétique qui comble la brèche entre l’inné et l’acquis. L’artiste puise dans son passé de biologiste moléculaire pour prendre position et faire écho à la phrase du chercheur Jacques Testart selon laquelle « L’analyse moléculaire de l’homme a montré que la science n’a rien à dire sur l’humain. » L’ADN n’est que le texte d’une pièce de théâtre qu’il nous faut interpréter.

Fondation des Etats-Unis
15 boulevard Jourdan, 75014
Lun-Ven 10h-12h30 et 14h30-18h ou sur RV

RER B / T3A : Cité Universitaire
Bus 21, 67 : Porte de Gentilly

mercredi 22 novembre 2017

Léonard à la loupe numérique

"Salvatore Mundi"
courtesy Christie's
Bien, tout le monde en parle... on a trouvé et ressuscité un nouveau Léonard de Vinci, un Salvatore Mundi, pourquoi pas, après tout... vendu 500 millions de dollars... pourquoi pas après tout... selon certaines sources, en temps partagé à deux musées sur une défiscalisation attribuée à deux fonds d'investissements... pourquoi pas, après tout. C'est la loi fiscale des œuvres d'art. Selon le New York Times (7/12/2017), le tableau est la propriété du groupe financier d'un prince saoudien, investisseur immobilier et non-collectionneur. Il sera présenté au Louvre Abu Dhabi. Fort bien. Tout le monde est au courant. Mais maintenant, si on regardait le tableau pour ce qu'il est. 





le tableau avant restauration
attribué à Bernardino Luini
C'est dire une œuvre sur bois, nettoyée et remise aux normes de nos connaissances historiques sur la peinture du XVe siècle et du génie  Léonard. L'histoire du tableau est connu, peinte sans doute pour Louis XII de France, elle traverse la Manche par le mariage de Mariette  Marie de France avec Charles Ier d'Angleterre, la peinture passe entre différentes collections, avant d'être vendu aux enchères en 1763. En 1900 elle réapparait étant attribué à Bernardino Luini (1480-1532), un suiveur de Léonard... couverte de repeints par une restauration de la fin du XIXe siècle. Au XXIe siècle, la restauration scientifique les retire entièrement revenant à la peinture détruite sous jacente et abimée par de longues balafres verticales,  le globe transparent a disparu...
en cours de restauration,
capture d'écran 
de la video diffusée par The Guardian
courtesy Christie's
Version de Marco D'Oggiana
Courtauld Londres
















Dans la version de Marco d'Oggiona (1475-1530) toujours d'après Leonard de Vinci, le globe terrestre n'est pas transparent mais bien opaque et porte la croix sur son pôle nord, suivant l'iconographie catholique. Evidemment la version ressuscitée ne peut en être que l'original affirment les défenseurs de l'authenticité de la peinture. D'autant que cela signe son identification: Leonard tellement versé dans les sciences était bien sur le seul à pouvoir en donner une version de pure optique : un globe de cristal. 

Mais alors pourquoi le globe ressemble-t-il à un effet "loupe", "zoomy" comme on trouve tant sur les applications d'images, qui se fait en glissant la souris sur l'image ?

Parce que le restaurateur autant que le faussaire travaille avec les informations de son temps, celui du XXIe siècle avec un savoir tout aussi daté que celui du restaurateur du début du XXe siècle, bien que différent. Et leur représentation de la couleur et des symboles d'une autre époque se fait autant à travers leurs sensibilités qu'au travers de leurs connaissances scientifiques différentes à 100 ans d'écart.
Effet loupe zoomy
Or l'information utilisée et ici redonnée est bien d'essence numérique. Elle contient, met sous capsule la conception numérique que nous avons de la couleur et non plus une conception analogique de celle-ci.

Le restaurateur doit se projeter dans le passé avec ses couleurs, ses représentations pour pouvoir travailler.  Comme le faussaire d'ailleurs ; quand on regarde les fameux faux Vermeer de Hans Van Meergeren, qui les vendit à Goering pendant la seconde guerre mondiale, on est saisit par leurs factures néo-classiques années 30, tant celle du dessin que celle de la couleur et on comprend (ou pas) comment les conservateurs et autres spécialistes de Vermeer on put se faire piéger... Parcequ'ils ne regardaient pas Vermeer... Ils regardaient leurs représentations de Vermeer, leurs fantasmes (datés) de sa peinture.
détail

faux Vermeer
faux Vermeer


Un Rembrandt numérique
composé en 2016
Ce "Salvatore Mundi" de Vinci est un pur fantasme du XXIe siècle, une projection.
Nous découvrons que sans que nous le voulions (ou sans que nous n'en soyons conscient) de nouvelles représentations de la couleur et du temps s'imposent à nous, par la technologie. Que cette œuvre de Vinci ait été (contre)faite à la main importe peu, elle est de même nature que celle totalement programmée d'un "pseudo-Rembrandt" en 2016. Leur colorisation est fondée sur la translucidité de l'écran, son rétro-éclairage et les calques successifs, par une colorimétrie spectrale.

Le temps est "couleur", ou de la question de l'abstraction.