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lundi 30 janvier 2012

Héloïse GUYARD, Sandrine MATHIEU, Christian MARTINACHE, Manu RICH et Erik LEVESQUE

Héloïse Guyard présente ses oeuvres dans le cadre de l'exposition "JEUNES CREATEURS VOYAGEURS OBSTINES" avec Lan Hungh, Baptiste Gilloz et Tiéri Rivière du 31 janvier au 17 mars 2012, au lieu Les Passerelles 17, rue Saint-Clair / Pontault-Combault.77000. Vernissage samedi 4 février à 12h.
renseignements au 01 70 05 47 18  et sur www.pontault-combault.fr




Sandrine Mathieu, Christian Martinache et Manu Rich vous convient à l'exposition " UNE RAISON EN ENFER " à l'Amarage 88 rue des Rosiers 93 400 Saint Ouen du 4 février au 20 février 2012. Exposition ouverte les samedis, dimanches et lundis de 14 h à 19 h. Vernissage samedi 4 février de 14h à 19h.


Enfin pour les hispanophones Erik Levesque répond à Julia Saez-Angulo dans un long interview  intitulé "Erik Levesque, la Abstraccion como libertad del color en el Arte" (L'Abstraction comme liberté de la couleur) sur les sites espagnols d'informations culturelles  La Mirada Actual et de Arteshoy . Il y est question de peinture, de couleurs, de temps intérieur, du Salon des Réalités Nouvelles et de son association.







mardi 24 janvier 2012

Jean-Pierre Bertozzi, peintre

Très tôt s'amplifiait le sourire, Acrylique sur toile 50 x 50 cm, 2010


Surface inédite,
Acrylique sur toile
20 x 20 cm, 2010
Pouvez- vous décrire brièvement votre travail ?

La question m’arrange dans sa formulation. Mais que l’adverbe brièvement soit présent ou pas, je réponds non.

Qu'est-ce qui vous motive pour créer ?

L’occupation neuronale de faible intensité que cela nécessite ou tout du moins son impression.
Moins sérieusement, il faut me sentir exister par mes actes, transmettre manuellement des mots, des phrases, des pensées, des idées, des visions, des théories, pourquoi pas, relatives à ce que je suis.

Pouvez-vous nous parler de votre pratique au jour le jour ?

Par fainéantise ou par macération, je ne pratique pas au jour le jour. L’acte de peindre me demande de consulter un agenda en parfaite synchronisation avec un état d’âme. Le calendrier peut être fécond ou silencieux. Pour le dessin et les aventures à caractère religieux, je n’ai pas besoin d’alarme.

Depuis quand travaillez vous de cette manière ?

Dernièrement, dans une période active de dessin, le papier m’a mis en garde en ne réagissant jamais, d’une feuille à l’autre, de la même manière à mon trait. Je remercie tous ces matériaux qui m’absous d’une quelconque habitude.

Quels sont les artistes qui vous ont le plus influencé ?

Wojtek Siudmak, ce fut le premier. Et le seul aussi qui dépassa son quinquennat.

Qu'est-ce qui en dehors des arts visuels fait évoluer votre travail ?

Aligner mon pied, chaussé ou pas, sur les lignes que trace un carrelage, quel qu’il soit de préférence. C’est une impression confortable d’être proche de la rupture.

D'une graine: l'arbre, la fleur, l'herbe tendre
Acrylique sur toile,
triptyque, 38 x 46 cm x 3, 2010

Comment souhaitez-vous que le public reçoive votre travail ?

Par colis postal ou par un transporteur de renom, entouré de papier bulle et d’une caisse en bois fabriquée spécialement, j’aurai indiqué au dos, sur le châssis, le sens de l’accrochage, marqué là où le piton sera le plus efficace pour un équilibre parfait. En retour, j’aimerai recevoir de ce public, un chèque conséquent, pas forcément certifié, m’envisageant de rééditer l’expérience en toute sérénité. 

Qu'est-ce qui vous passionne actuellement ?

J’évite tout ce qui touche à la passion. Les gens passionnés sont, soient trop dangereux pour ma stabilité, soient trop ennuyeux. Je me suis même éloigné de la sphère footballistique.



Les sucs , Acrylique sur toile, diptyque 65 x 162 cm, 2011

Dans quel sens selon vous doit évoluer l'art abstrait ?

Vers une ambiguïté. Celle de l’être sans en avoir l’air tout en le restant. 



mardi 17 janvier 2012

1/4 - Wiki-Histoire des RN

Une Histoire du Salon des Réalités Nouvelles en quatre parties
1 - Des origines à Mai 1968 ...

En juillet 1946, a lieu le premier Salon des Réalités Nouvelles au Palais des Beaux-Arts de la Ville de Paris (aujourd’hui le Musée D’Art Moderne) avec pour objectif la promotion en France et à l'étranger d'expositions “ d'œuvres de l'art communément appelé: art concret, art non figuratif ou art abstrait, c’est-à- dire d'un art totalement dégagé de la vision directe de la nature "
Il est fondé par le marchand d’art et collectionneur Fredo-Sidès, (associé avant-guerre du marchand de tableaux René Gimpel (1881-1945) aux USA). Le salon de 1946 est le prolongement de l’exposition éponyme de 1939 à la galerie Charpentier dont il se veut la renaissance et la réplique. Ce millésime est dédié à la mémoire de Robert Delaunay,  Kandinsky, Mondrian … etc  qui avaient participé à l’exposition de 1939 et qui étaient disparus. Le salon est international ; on y expose venant du monde entier, d’Angleterre, d’Allemagne, Hollande, Argentine, etc… comme c’est toujours le cas aujourd’hui …. Internationalisation qui sera toujours la marque du salon. On y débat également, on y s’engueule également  comme cela continue aujourd’hui ! Réalités Nouvelles ne divergent pas dans son projet des associations d’artistes comme AAA - American Abstract Artist à New York qui depuis 1936 promeut et étudie l’art abstrait et non-objectif  avec souvent les mêmes artistes ! A cela près que le Salon des Réalités Nouvelles est alors organisé par un marchand et un conservateur Jean Leymarie du musée de Grenoble. 

Le questionnaire des RN de 1939 - archives RN
Dès 1947 une révision des statuts s’impose. La nouvelle association est animée par les artistes Auguste Herbin et Félix Del Marle avec pour comité Arp, Besançon, S. Delaunay, Dewasne, Gleizes, Gorin et Pevsner dont Fredo-Sidés reste le président-fondateur. Les conservateurs de musées critiques et amis sont associés à travers le comité d’honneur, mais ils ne sont plus directement présent dans l’association. L'arrivée d'Atlan, de Boumeester, de Bryen, de Hartung, de Matthieu ou de Poliakoff, et de tant d’autres va provoquer des débats houleux sur la (ou les) définition(s) de l'abstraction. A ces débats théoriques s‘ajoutent les désaccords d'ordre individuel, voir les affrontements idéologiques à ceux des enjeux esthétiques comme l’a démontré dans sa thèse  Domitille Le Barrois d'Orgeval – « Le Salon des Réalités Nouvelles
Les années décisives : de ses origines (1939) à son avènement (1946-1948) »  en histoire de l'art contemporain à la Sorbonne Paris-IV, sous la direction du professeur Serge Lemoine en 2007. Les débats polémiques, emportés seront la marque du Salon des Réalités Nouvelles comme lieu de débats démocratiques qui entraînent par exemple en 1948 les démissions de Sonia Delaunay et de Besançon, l'année suivante celles de Jean Arp et de Dewasne qui seront tour à tour remplacés par Fontené, Lempereur-Haut, Piaubert, Tamari et Valensi. Le Manifeste de Herbin en 1948 affirme l’art abstrait comme « non-figurative et non-objective » et il rompt aussi tout lien avec le parti communiste et le réalisme social. Selon George Coppel, le fils de Jeanne Coppel dans son Histoire Véridique du Salon des Réalités Nouvelles » ( p 42 à 44)  : « Tous les membres des Réalités Nouvelles n’avaient pas vécu la guerre de la même manière et cela apportait des tensions nouvelles et plus fortes… » 
archives RN

Au sein du Salon sont exposés au côté de l’art construit les argentins de Madi et Arte Concreto Invencion, Ellsworth Kelly, Jacobsen mais aussi Motherwell, Soulages, Barbara Hepworth, Hans Hofmann, Viera da Silva, Nallard, mais aussi de Clement Greenberg… mais aussi de Josef Albers, Cobra … etc
Le Salon est dédié exclusivement à l'abstraction, ce qui en constitue sa spécificité, et un de ces principaux mérites aura été de participer à imposer l’abstraction comme un courant artistique dominant dans la France de l’immédiat après-guerre. Mais en 1949, Fredo-Sides se plaint de ne plus être le seul à promouvoir l’abstraction, la Galerie Maeght a organisé « Les premiers maîtres de l’art abstrait » avec Michel Seuphor dont il se sentait trahi. Bref le succès du salon est rapide de 1946 à 1950, le nombre d'exposants passe de 89 à 248, mais l’art abstrait des années 50 a de nombreux défenseurs à travers différentes galeries Denise René, Colette Allendy, Arnaud,  ou des revues Art d'aujourd'hui, Cimaise démontrant la multiplicité des formes prisent par l’abstraction… Aussi le succès du salon n’est pas exempt de critique,  « académisme moderne » « abstraction datée de la 1er guerre mondiale », etc…. Nicolas de Stael refuse d’y participer malgré l’invitation formelle de Viera da Silva. « Le gang de l’abstraction avant » écrit-il avec ironie à Dorival. Au milieu des années 55, le monochrome orange Yves Klein y est refusé alors que (et parce que ?) sa mère Marie Raymond expose au salon. Godard voit au travers du salon, la mort de la peinture par le refus de la ressemblance. La mort de Fredo-Sidès autant que le succès de l’abstraction entraîne la nécessaire réorganisation du Salon, rebaptisé en 1956 « Réalités Nouvelles-Nouvelles Réalités » et présidé par Robert Fontené. Le Cahier des Réalités Nouvelles, un catalogue exceptionnel pour l’époque fait de reproductions noires et blanches accompagnées de textes, est arrêté au 9e numéro pour devenir le catalogue que l’on connaît. Ce faisant le salon devient celui de la présentation de la scène parisienne abstraite, tout le monde en est, rançon du succès, la liste des peintres y participant s’allonge de la fin des années 50 à 1970.  Depuis l’abstraction gestuelle américaine, Sam Francis, Joan Mitchell, se trouve présentée. Hans Haacke y participe .. etc.. . Shafik Abboud, Alechinsky, Genevieve Asse, Bissiere, Bitran, Cobra , Marcelle Kahn, Kallos, Kijno, Menton, Miotte, Music, Rustin, Bram Van Velde mais aussi bien Morellet, ou Rancillac, future figure du pop art français ! C’est une liste de plusieurs centaines de noms que vous trouverez sur Wikipedia ! Mais le plus curieux est que dans les catalogues de ces années les reproductions des œuvres tendent à disparaître au profit des portraits photographiques des artistes.
Jean Miotte de dos et Joan Mitchell en bas catalogue RN 1966

Mais les relations avec les conservateurs des Musée de la Ville de PARIS (et l’administration des Beaux-Arts en général) se tendent.  A partir de 1963, l’avant-propos de Fontené au catalogue est claire : « l’administration elle-même nous donna à choisir entre une acceptation « ne varietur » et le renoncement pur et simple à notre manifestation… ». En 1966 la longueur de la cimaise dédiée au salon a subi une diminution d’un tiers… en 1967 la préface du catalogue commence par « les salons de peinture sont attaqués de toutes parts, leur existence même est mise en jeu… » En 1966 Daniel Buren (RN 1965 sous le nom de Daniel Meyer de Buren) dans un manifeste envoyé au salon et soigneusement conservé dans les archives avait associé le salon « à la peinture », à ce qu’il y a de plus « archaïque et réactionnaire. » 
Cette "déclaration de guerre pré-soixante huitarde " marquera profondément le salon.
En 1970, les salons et les Réalités Nouvelles sont expulsés du Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris bien que le nombre d’exposants soit toujours aussi impressionnant… L’existence même du salon (et de son association) est en jeu !

publié le 17/01/2012

pour continuer à lire :









A suivre dans les semaines prochaines… en attendant un peu d'actualités...



Raphaëlle Boutié et Jonathan Lasker





Jonathan Lasker - photographie Fabrice Kucharz 2012
Raphaëlle Boutié était invitée du plateau de "Thé ou Café" sur France 2, samedi 14 Janvier avec Benabar, l'émission peut être regardé sur le site de l'émission. Jonathan Lasker était lui présent au vernissage de son exposition à la galerie Thaddaeus Ropac à Paris ou  est présentée sa recherche formelle autour de la peinture, avec de lourds empätements architecturés auquels répondent des  enchevêtrements de ligne jusqu'au 2 février.

dimanche 8 janvier 2012

Carmen Herrera (1915) bon pied bon œil, John Chamberlain (1927-2011), Helen Frankenthaler (1928-2011) au paradis, et Nat Tate dans le virtuel…

Deux grands américains nous ont quittés en ce début d’hiver. Le sculpteur américain John Chamberlain est décédé le 21 décembre 2011. Ses sculptures faites de tôles froissées, de pare-chocs tordus évoquent les tensions d’un William de Kooning dont il fut un proche. Inclassable, Chamberlain est un de ses artistes abstraits qui transcendent les frontières de la critique, expressionniste-abstrait pour les uns, membre du pop art pour les autres, c’est ainsi qu’il était présenté d'ailleurs dans l’exposition sur le Pop-art à Beaubourg. La peintre Helen Frankentahler est décédée le 27 décembre 2011. Autre grande figure féminine de l’expressionnisme abstrait avec Joan Mitchell, sa peinture est faite de vaste dilution d’huile mélangée à la térébenthine dont la tache est déversée au sens propre sur la toile peu apprêtée : la tache fuse suivant la porosité du support et la densité du mélange déversé, puis l’essence de térébenthine s’évapore dégageant des terpènes puissants, laissant l’huile s’imbiber dans le canevas de la toile. Son influence dans ces dernières années fut remarquable au sein des RN ou de nombreuses toiles usaient de ses trouvailles formelles en en jouant, en les déformant. Ces deux artistes étaient membres de AAA.
John Chamberlain - Kore - Tate Gallery
Helen Frankenthaler - Mountains and Sea

Colloque(s) en Suède pendant l'année 2012 à Stockholm sur les devenirs de l’abstraction au Centre d’Etude de la Mode avec au programme entre autres les interventions de Doug Ashford, Claire Barclay, José León Cerrillo, Yto Barrada, Matias Faldbakken, Priscila Fernandes, Zachary Formwalt, Liam Gillick/Anton Vidokle, Goldin+Senneby, Wade Guyton, Iman Issa, Gunilla Klingberg, Dorit Margreiter, Åsa Norberg/Jennie Sundén, Mai-Thu Perret, Falke Pisano, Walid Raad, Emily Roysdon, Tommy Stöckel… À partir des approches formelles que sont la peinture, la sculpture, la video ou les installations, le colloque s’interroge sur la relation économique de l’art abstrait au marché, à l’internet, à la globalisation et à la commercialisation du monde de l’art, donc à la relation difficile qui s’établit entre perception et production de l’art.

Enfin Carmen Herrera (1915) poursuit son comeback époustouflant avec une exposition à Londres annoncé à la Lisson Gallery du 1 février au 3 Mars 2012 après sa présentation à la FIAC parisienne 2011. Cette sociétaire des Réalités Nouvelles dès 1953 y exposait alors n°377 éléments divers, n°378, morceaux de plaisir, n°379 composition claire. Elle y avait déjà exposé en 1951 n°248 conquête de l’Air, n°248 éléments divers n°250 éléments clairs. Carmen Herrera est généralement considérée comme l'une des figures à l’origine du minimalisme. Elle réside à New York depuis 1955.

Carmen Herrera - Rouge et Triangle Blanc- 1961
En 1998, l'écrivain anglais William Boyd publiait : "Nat Tate Un Artiste Américain 1928-1960" la biographie illustrée (photo et tableaux) d'un artiste méconnu et héroïque des années 50 New Yorkais, apparenté à l'expressionnisme abstrait. La biographie suit les préceptes de description de toutes les vies d'artistes que l'on connait dans les catalogues d'exposition.
La présentation de l'oeuvre et de la biographie a eu lieu dans l'atelier de Jeff Koons lors d'une soirée huppée. Mais la plaisanterie que voulait organiser William Boyd avec la complicité de la rock-star David Bowie et de conservateurs de musée tourna au vinaigre. En effet plusieurs personnes prétendirent l'avoir connu et commencèrent à proposer à la vente des oeuvres de Nat Tate... La supercherie fut découverte par un critique qui accusa William Boyd d'être un faussaire aigre-fin. William Boyd dût alors prouver sa bonne foi, qu'il avait voulu faire une plaisanterie, et qu'il était dépassé par son invention. Il expliqua qu'il avait fait les oeuvres de Nat Tate (pour NATional et TATE Gallery) reproduites dans le livre et que Nat Tate n'existait pas. Le 17 Novembre dernier, dans le cadre d'une vente de charité au profit de l'Association d'entr'aide des artistes déshérités fondé par William Turner, Sotheby’s a vendu pour 11 000 dollars une des oeuvres de Nat Tate avec le consentement et le désarroi de William Boyd !
Une oeuvre de Nat Tate alias William Boyd

lundi 2 janvier 2012

Béatrice Bonnafous, peintre

Méteore 162 x130 cm 2009
Méteore 162 x130 cm 2010


Pouvez- vous décrire brièvement votre travail ?

Tout d’abord c’est de la peinture à l’huile. Je suis dans le champs de la couleur, de la matière et du geste.  Le sentiment de la terre et l’appartenance au monde méditerranéen ne me quittent jamais. Ma peinture est abstraite mais jamais détachée . On peut dire que les  Verticales , Ascendantes, Météores et Circulations  sont plutôt une non- figuration où l’émergence de la nature est fondamentale  ;  forces telluriques et puissances cosmiques. L’objet  n‘y a pas sa place . Par contre les formes totémiques des femmes archaïques et des coupes qui, elles, sont figuratives s’inscrivent dans le même sentiment de la Terre. En cela, je revendique d’aller et de venir comme bon me semble de l’abstraction à la figuration.

Qu'est-ce qui vous motive pour créer ?

Je peins depuis  presque toujours.  Je peins et je dessine. Donc je regarde. Donc le rapport étroit entre la main, l’œil et le cerveau me passionne.




Circulation 162 x130


Pouvez-vous nous parler de votre pratique au jour le jour ?

Quand je suis à l’atelier, je mets assez longtemps avant de pouvoir agir. Bien entendu si la toile est vierge mais aussi  si la toile a déjà un début de sonorité. Comme je travaille la surface peinte ,sa profondeur et la montée de la couleur ,sa réfraction, il me faut être très concentrée et pour cela il faut attendre.
Aussi il m’a fallu trouver mon chemin technique. La connaissance du « comment peindre » est très importante pour moi . je fais attention au devenir de mes peintures et donc au comment et avec quoi je les peins .Mais en même temps je ne veux pas être prisonnière d ‘un savoir car je peux sans hésiter casser la surface si je le veux .En effet certains tableaux parmi les plus récents sont plus gestuels et plus agressifs parfois.       

Ma palette est souvent celle des terres et des rouges et celle de la nuit mais les couleurs acides, violentes  ou encore le travail des blancs  qui jouent un  rôle de plus en plus important. Le travail de la matière se poursuit jusqu’à la présence physique de la toile. De nombreuses couches se superposent jusqu’à une saturation chromatique . Parfois je travaille très longtemps une toile, parfois je la reprends des années après. Parfois elle vient vite et simplement.



Ascendante-Vaudou  2010

Depuis quand travaillez vous de cette manière ?

Avec le temps mon travail est devenu très centré. Il me faut donc être en phase avec cette attente et en même temps avoir l’ impulsion nerveuse. Mon geste et ma position physique très centrée font que je ne dépasse pas ce que j’appelle ma propre envergure, plus ou moins deux mètres. Dans l’évolution de mon travail, ce qui est complexe à vivre, c’est la liberté du geste tout en gardant la concentration. 
C’est une donne et c’est passionnant.           

Quels sont les artistes qui vous ont le plus influencé ?

Les artistes qui m’influencent sont ceux qui gardent une part primitive.
Je voudrais prendre en eux ce pouvoir que bien sûr j’ai perd

Les œuvres de la « préhistoire »  animaux et signes. 
Représentation humaine .
Les mégalithes .
Les pierres sculptées et gravées .
Les venus archaïques.
Le moyen  orient  et les cultes solaires.
La sculpture gauloise
Les primitifs italiens  et en particulier Fra  Angelico et Sasseta
Rembrandt
Goya
Souter
Rothko
certains Fautrier
Bissière
Penone
Scully
Twombly
Kirkeby




Ascendante

Qu'est-ce qui en dehors des arts visuels fait évoluer votre travail ?


La musique et plus encore le concert est un moment d’inspiration et de concentration sur la peinture. La fusion avec la nature, peut-être presque rien… un peu de vent. Juste la présence et le silence.  La pratique du Yoga et le travail de la respiration et des circuits énergétiques. Je crois que l’évolution a lieu quand c’est le moment. Auparavant on reçoit sans pressentir une nouvelle logique interne . Mais tous les éléments accumulés  vont servir et c’est pour cela que la mémoire les a gardés .


Comment souhaitez-vous que le public reçoive votre travail ?

Alors que précédemment je ne sentais pas l’interêt des séries, celles-ci se sont imposées naturellement par l’exploration de la même forme. Celle-ci devient vecteur d’énergie , le geste de peindre accompagne et anticipe ce qui est peint.  Montagnes puis Ascendantes et Verticales déclinent cette tension. La terre est toujours présente, tout vient d’elle et tout y retourne. Dans la série des Circulations  le spectateur quand il s’agit d’une grande toile fait partie de l’expérience, face à l’énergie qui monte,va au plus haut et redescend à la terre et remonte et ….  Enfin, détachées de l’attraction terrestre, les Météores que je décline dans la même quête d’immensité sur de tous petits formats ou de très grands. L’immense peut être aussi l’intime. Il ne faut pas oublier la forme totémique de la  femme archaïque, première..  Longtemps seule , elle se multiplie et elles occupent la surface. Elles, on les a trouvées dans la terre. Les Papiers déchirés  et Généalogie restent figuratives, déclinant un signe du ventre et parfois un signe du phallus.
La peinture est aussi le vecteur de la sensualité et d’une séduction qu’elle exerce sur les sens par l’effet de certaines couleurs qui en même temps peuvent vous conduire à la  gravité.  C’est bien  cette alliance  que je cherche instinctivement.  C’est sans doute là que je peux trouver parfois  un aboutissement à ma peinture.


J’aimerai que celui qui regarde le tableau rentre dedans comme hypnotisé et que cela devienne très important pour lui. Mais déjà , si il s’arrête et ne regarde que lui, je suis contente.   

Qu'est-ce que vous avez vu récemment qui vous a marqué ?


La conjonction de trois œuvres : le dernier film de Nuri Ceylan, les photos de Diane Arbus et les tableaux de fra Angelico . . . C’est cela très récemment qui m’a marqué et  cette empathie me passionne. A l’exposition de Fra Angelico, chacun y allait de sa leçon en lisant chaque élément du tableau comme un rébus. Quel saint, quel miracle etc…. mais personne ne semblait voir le magnifique travail de la couleur. Je  me suis dit que j’étais contente d’être une peintre absraite. Il y a moins d’écrans  entre l’effet de la peinture et celui qui la regarde.


Dans quel sens selon vous doit évoluer l'art abstrait ?
Pas de réponse...

Si vous aussi vous participez au Salon des Réalités Nouvelles et souhaitez répondre à ce questionnaire envoyez vos contributions au Cahier des Réalités Nouvelles  : administrateur@realitesnouvelles.org