Follow by Email

mercredi 11 juillet 2018

Zeitgeist ... Air du temps

ZeitGeist

La sculpture “Tulipes” de Jeff Koons, qui devait être installée entre le Palais de New York et le Palais de Tokyo, est produite par la galerie Jerôme de Noirmont par le jeu de défiscalisation légale de la loi Aillagon.

Initiée par Françoise Monnin et Artension en 2016 sur Facebook, la première pétition qui lui est opposée, défend la sculpture “majestueuse” d’Ousmane Sow contre celle “banale” de Koons et recueille 3000 signatures, elle est suivie par l’appel de “l’Espace 35” du peintre André Bouzereau avec 8000 signatures sur change.org, rejetant le cynisme de Koons qui d’un “cadeau”, fait sa pub et sa cote sur le dos des victimes des attentats.

Quand le 21 janvier 2018 dans Libération, l’appel “Non au “cadeau” de JK” de l’organisateur de foires et ex du salon de Montrouge, ancien galeriste Stéphane Corréard (époux de madame Sylvie Perras Corréard, actuellement conseillère technique culture et communication du premier ministre Édouard Philippe ) était publié et signé par des conservateurs et conservatrices de musées ou appartenant à leurs conseils d’administration comme Marie-Claude Beaud (UCAD, Monaco), Marie-Laure Bernadac (Picasso/Louvre), Nicolas Bourriaud (ex Palais de Tokyo), Christian Bernard (villa Arson, Mamco), Alexia Fabre (Mac/Val)... Un seul artiste de la même génération que ces conservateurs avait signé l’appel Boltanski (73 ans)... mais par ordre alphabétique c’était le cinéaste Olivier Assayas (!) qui apparaissait en premier accompagné du producteur et collectionneur Marin Karmitz. Et puis un nom inconnu Emilie Cariou, députée LREM spécialiste de la fiscalité… L’initiative privée de Jeff Koons repose sur l’utilisation de la loi sur le mécénat ce que ces opposants administratifs contestent puisque l’œuvre de Koons est fabriqué en Allemagne ! La défiscalisation ne serait pas française, nous y voilà. D’autres artistes en renom notent qu’avec 3,5 millions d’euros on pourrait commander à 35 artistes français des œuvres pour le Grand Paris.

Si, comme le rappelle Harry Bellet du Monde, ces signataires ont pour beaucoup d’entre eux : « usé ou sont appelés à profiter eux-mêmes [du mécénat] », on ne saurait vraiment croire qu’ils mettent en cause la loi sur le mécénat culturel ? Le Comité professionnel des galeries d'art fait connaître son opposition à toute l'opération, le 14 février 2018. La Maison des Artistes organisait alors un sondage auprès de ses adhérents qui se déclaraient à 73% opposés au projet. Pour Corréard, la question devenait à partir du 26 janvier sur France Culture une question relevant de “l’exception culturelle”…


Cependant un collectif mené par Fabrice Hyber, Fleur Pellerin et Jacques-Antoine Granjon appelle à accepter le cadeau dans la Monde du 22 février. Seule Sylvie Blocher dans les Inrocks 27 avril 2018… a des états d’âme sur ce qu’elle appelle la censure en cours : “Mais aussi une bombe, une puérilité ridicule, une imposture outrageante et une nécessité morale pour la France de refuser d’être avilie. Des artistes qui signent publiquement contre un autre artiste, c’est angoissant. Cela arrive à des moments difficiles de l’histoire. Des intellectuels aimés qui signent contre une œuvre en forme de bouquet de tulipes, sous prétexte qu’elle nous avilit, c’est un uppercut dans l’estomac.” écrit-elle.

En effet tout d’un coup se trouve associé dans un même élan de protestation avant-garde étatique et schtroumpf émergent …. autant dire le mariage de la carpe et du lapin (en même temps)... Quelque chose a explosé… laissant sur la route une Anne Hidalgo tout carbonisée avec son bouquet à planter … genre personnage de dessin animé type “Gros Minet” !

La question devenait alors où placer la sculpture … (réponse ? : à la Villette ?)


On le sait tous, nous l’avons déjà dit et démontré, le cinéma français se moque ouvertement des arts contemporains et de la peinture, sorte de punching-ball comique à l’image de l’élite sociale… que ce soit dans les films populaires type  Intouchables, Chti’s ou dans d’innombrables films d’auteurs. Poncif toujours présent d’un rapport de classe où art plébéen = cinéma, art d’élite = peinture, art contemporain…

En effet au nom du refus, que l’on peut juger légitime par ailleurs de la réception d’une sculpture, lourde et onéreuse, se met en place un discours assez étrange sur la défense des artistes et d’une identité française au sein du ministère de la Culture.

Dont le discours semble se calquer sur celui des cinéastes : "l’exception culturelle” puisqu’il s’agit de la mise en place d’un système de production des œuvres d’art.

Les cinéastes forment un lobby puissant et médiatique, et très écouté par les pouvoirs publiques, qui défend leurs intérêts légitimes face aux enjeux de la numérisation. Les cinéastes se proclamant artistes, et parlent au nom des artistes français en général. Nous n’allons pas reprocher aux cinéastes de se considérer comme des artistes, mais bien leur contester le droit de parler aux noms de tous les artistes français face aux pouvoirs publics.

Autre exemple farce : qu’un cinéaste en renom puisse considérer dans un interview radiophonique que “le problème” du cinéma français vient de la “disparition de la peinture française” (sic) après la seconde guerre mondiale… serait comique s’il ne laissait pantois à plus d’un titre. Il est libre de ne pas apprécier ni Soulages, ni Dubuffet, ni Eugène Leroy mais que par des mots grossiers qui arrangent son discours, sa rhétorique, il nie l’existence même de l’art de plusieurs centaines d’artistes qui ouvrent des voies différentes, poursuivent leurs chemins s’opposant à une fermeture mentale, apparaît comme le syndrome d’une époque. Pourtant de nombreux producteurs de cinéma Marin Karmitz, Jérôme Clément ou Claude Berri pour ne citer que quelques-uns des plus célèbres… sont ou ont été des collectionneurs d’art avertis de Giacometti, Soulages, Dubuffet, Alechinsky ou Leroy….

Et pourtant si chacune de ces remarques isolées les unes des autres ne seraient que billevesées et poudre de perlinpinpin, sans grande importance, hélas, mises bout à bout, elles forment une forme de continuum désastreux ou simplement désagréable de la météo d’un zeitgeist pluvieux ayant une influence délétère sur les représentants et conseillers spéciaux des ministères, en même temps.

En effet ces paroles globalisantes en miroir d’une esthétique hollywoodienne omniprésente, considèrent l’Art en un spectacle, un show, où l’exposition relève de la narration, on y entre comme dans un théâtre. Une exposition se produirait comme un film, avec spectateurs et TVA de caisse, s’inscrivant dans une rentablité de box-office pour un public donné.

Eh bien non, les expositions d’art abstrait ne sont pas réductibles à de simples théâtres d’images. Une exposition d’art est d’abord une présentation, une mise à jour et un dialogue. A faire le contresens de considérer l’exposition son évènement comme une mise en scène, (on en a vu des vertes et des pas mûres entre Orsay et Grand Palais…) on réduit celle-ci à un discours univoque où les œuvres se trouvent distribuer en premier rôle, second rôle et figurants dans une navrante histoire d’amour du cinéma français dit “du milieu” qui fait contresens. Sans parler des expositions (Cézanne, Klimt…) qui transforment toute peinture en sons et lumières pour Disneyland.

Si Duchamp affirmait que seul le spectateur fait œuvre par son regard, au XVIIIe siècle on disait justement que mot “le spéculateur” désigne l’amateur de peintures, dont c’est le sens premier, nuance !

La confusion se fait alors jour dans les remarques de nos honorables correspondants fiscalistes de l’art, et éclate tout d’un coup quand ils découvrent que nous organisons pas de spectacle, mais des datas. L’ancien président des RN Jacques Busse rédigeait le Bénézit… et nous nous continuons à produire des datas autrement.

Produire des datas c’est un des buts d’un Salon.

C’est donc bien d’un discours de caste entre artistes pour ne pas dire de classe, dont il nous faut bien parler, et il ne faut pas laisser le monopole de la parole à ces artistes.

Il est à nous de prendre la parole.

Notre association Réalités Nouvelles a trouvé son nom de l’expression allemande “Neuen Wirklichkeit” inventée par le peintre Otto Freundlich, assassiné pendant la seconde guerre mondiale et dont la mémoire hante notre histoire, nom qui se voulait le signe d’une nouvelle réalité sociale des artistes et d’une fraternité internationale.

Vlaminck dans ses pamphlets - aujourd’hui heureusement interdits de publication - durant la seconde guerre mondiale accusait Picasso, Degas, Braque, Matisse d’être responsable de la décadence de l’Art Français, aujourd’hui certains, dont des cinéastes, s’amusent à justifier leurs propres échecs ou difficultés en dénonçant l’art contemporain ou la peinture française auprès des autorités publiques. Qu’on n’attende pas de nous, le salon des Réalités Nouvelles, de rejouer Vichy, nous continuerons à exposer des artistes chinois, japonais ou australiens… que nous pensons intéressant.

Que les “cinéastes” bien intentionnés de l’exception culturelle - parlent pour eux - qu’ils s’occupent de leurs affaires, les artistes abstraits français sont capables de s’exprimer par eux-mêmes.

Erik Levesque
administrateur du blog
membre du comité des Réalités Nouvelles

Droits de suite

La cour fédérale américaine annule le droit de suite californien dit California Resale Royalty Act (CRRA). La Californie est le seul état des USA à avoir eu une législation qui octroyait des royalties aux artistes dont les œuvres passaient en salle des ventes à partir de 1000 $ (850E.) à hauteur de 5% depuis 1978.

jeudi 5 juillet 2018

droits d'auteurs -réforme

La réforme et l'extension du droit d'auteur vis-à-vis des plateformes numériques, type GAFA essentiellement, a été rejetée par le parlement européen, dont le rôle législatif est nul - il n'a aucun pouvoir - mais il est consultatif. Défendu par les créateurs, le cinéma, les éditeurs de presse, les musiciens en particulier Paul Mc Cartney ou Jean-Jacques Goldman, le texte entend étendre le droit d'auteur européen (continental plus exactement) au web. Les opposants sont les GAFA (Google, Amazon, Facebook, Apple...) qui refusent de payer des royalties aux ayants-droits, mais aussi les défenseurs de la liberté du net (ce qui est plus surprenant) au nom de la liberté d'expression. En attendant, le texte reste donc dans les tuyaux administratifs européens dans l'attente d'une décision  inter-gouvernementale. Il est à noter que Wikipedia en Espagne et en Italie a été rendu inaccessible quelques heures en signe de protestation.

mercredi 4 juillet 2018

Du Rififi Aux Beaux-Arts de Paris

correctif du 9/07/2018.
Dans un communiqué publié le 6 juillet, la ministère explique que le  contrat de trois ans du directeur de l'Ecole Jean-Marc Bustamante se termine le 9 septembre 2018 (il a été nommé le 10 septembre 2015),   de plus sa mise en retraite interviendra en mars 2019. Face aux enjeux sociaux et tensions dans l'école, cristallisés autour des questions de harcèlement et des violences sexistes, le temps nécessaire pour la mise en place d'un nouveau projet fédérateur ne lui est donc pas suffisant, aussi un concours pour le recrutement du nouveau directeur est ouvert. Le ministère regrette la violence dont il a été victime.


Que se passe-t-il donc, à l'Ecole des Beaux-Arts de Paris ... ?

Que se trame-t-il autour des mails du directeur de l'Ecole Jean-Marc Bustamante, qui semble avoir jeté l’éponge ? "Rien n’est officiel, mais le mail que ce plasticien a envoyé, mardi soir, à certains acteurs du ministère de la culture et de l’Ecole nationale supérieure des beaux-arts de Paris, qu’il dirige, est sans équivoque." écrit le Monde. Pour Libération "Le directeur très chahuté de l’Académie des Beaux-Arts, dont le mandat devait être prolongé d'une année, ne serait pas reconduit". Le 4 juillet au soir Le Figaro annonce de la bouche de Bustamante qu'il a été révoqué.


L'annonce de la reconduction du mandat de directeur de l'école pour une année de Jean-Marc Bustamante atteint par la limite d'âge de 66 ans (pouvant être reconduit encore pour un an) devait être entérinée le 12 juillet par le conseil d'administration. Au commande depuis octobre 2015, Bustamante avait même annoncé sa reconduction !


Mais le soir du vernissage de l'exposition des diplômés 2017, jeudi 28 Juin, accusé d'une coupable mollesse de caractère cynique, dans sa réaction face au racisme et autres affaires de harcèlement entre professeurs et étudiantes qui minent l'école, d'une privatisation partielle de l'école pour sa remise d'une épée académique, à l'heure des diplômes de fin d'études, d'un manque de respect pour les travaux d'étudiants détruits par inadvertance, le directeur fut enfariné alors qu'un tract intitulé BYE et signé mystérieusement : "Tes étudiant.e.s - Ministère de la Culture" fut alors distribué.

Suivant Le Monde, le directeur choqué cherche alors du réconfort auprès du ministère, qui dit-il le bat froid. Françoise Nyssen ne le reçoit "ni hier ni jamais" car dit-il : "il agace" la ministre.

Selon toujours le journal, le soutien dont aurait bénéficié Bustamante de l' artiste italien et romain  Alberto Sorbelli (invité par Bustamante en Juin 2016), sur la page Facebook de l'école ne serait pas sans influence. Le provocateur ayant recommandé comme programme pour l'école un programme troufignolisé pour apprendre aux artistes (garçon) à se faire prendre et (fille) à ne pas avoir de gosses. Un 2 en 1 en quelque sorte. Saperlipopette !

Devine qui vient dîner ce soir ?

En même temps, le Figaro précise que (citation):  "Il ne fait guère mystère à Paris que Sylvie Corréard, conseillère Culture et Communication à Matignon auprès du Premier ministre Edouard Philippe, ne l'apprécie guère. Le nom de cette femme d'influence était apparu comme un maillon fort dans la polémique contre Jeff Koons, dans les colonnes de notre confrère Harry Bellet du journal Le Monde."



Sylvie Corréard a été membre du cabinet de la ministre de la Culture Catherine Trautmann de 1997 à 1999. Depuis 2015 chargée de mission auprès de la direction de la Fémis, l’école nationale supérieure des métiers de l’image et du son. Elle a été secrétaire générale du musée d’art moderne de la Ville de Paris, et administratrice au musée national d’art moderne/Centre Pompidou. À cela s’ajoutent plusieurs missions de conseil que Sylvie Corréard a effectuées notamment auprès de l’organisation du Salon de Montrouge qu'organisait son mari, le critique et ex-galeriste Stéphane Corréard, et auprès de l’association Arènes regroupant de grandes institutions tels que l’Opéra national de Paris. 




dimanche 1 juillet 2018

Commenter Damien Hirst, ins't he lovely ?*

Damien Hirst lance un grand concours aux internautes auquel Réalités Nouvelles entend participer et participe, ici et maintenant, en commentant comme il se doit la photo ci-jointe.

Le meilleur commentaire recevra une lithographie dédicacée de l'artiste en panti assorti à ses chaussettes roses et Crocs à son nom. 
Cher Damien, notre commentaire est le meilleur:   "you're so cute!" ou conformément à la loi Toubon, " t'es trop chou !"

* est-y pas mignon ?

Défiscalisation en blockchain

Depuis 2014 environ, on voit apparaître une série de tentatives de coupler le marché de l'art avec les monnaies virtuelles, Bitcoin, Ethereum, Litecoin et autres monnaies créées suivant la technologie des dites "blockchain",  à travers des galeries éphémères (Cointemporary), certification en ligne (P8Pass), enchères en ligne en cryptomonnaie (Maecenas) etc...
Toutes tentatives qui veulent annoncer que la monnaie de l'art serait une blockchain.

Dans le même temps, cependant les tentatives robotisées de faire s'effondrer les blockchains ou de les casser redoublent et semblent concluantes, le bitcoin perd régulièrement de sa valeur.
La monnaie de l'art serait-elle une monnaie de singe ou une chaine de Ponzi ?

La "défiscalisation"  est en marche !

samedi 30 juin 2018

Réforme du statut des artistes-auteurs

Correctif du 10/07/2018

Le dossier de la réforme de la protection sociale des auteurs et artistes a été retirée à Françoise Nyssen, pour conflit d'intérêts avec sa maison d'édition Actes Sud dans le cadre de la régulation économique du secteur. Le dossier devrait être suivi directement par Matignon.




Vous en avez, sans aucun doute, entendu parler à la radio, dans les journaux, à travers la figure du dessinateur-illustrateur-romancier-réalisateur Johann Sfarr, porte-drapeau des causes perdues face aux bouleversements annoncés de la protection sociale et fiscale des artistes de la Maison des Artistes ou de l'Agessa avec le hastag #auteursencolère. 


Hausse de la CSG pour tout le monde, qui passe de 7,5% à 9,2% au 1er janvier 2019, comme pour tous les Français.

Et suppression de la distinction entre "Affiliés" (qui gagnent essentiellement son revenu de son art) et "Assujettis" (qui a un autre métier et qui ne cotisent pas aux retraites complémentaires), ce qui pose un problème en particulier pour le calcul des cotisations des retraites complémentaires avec sans doute une baisse des revenus pour les retraités.

Ajoutons à cela le passage de l'automatisation des prélèvements à la source, qui semble n'avoir rien prévu.

La situation est particulièrement tendue pour les auteurs de bande-dessinée dont les conditions économiques se dégradent comme pour tous ceux de la chaîne graphique du livre, comme pour les 270000 artistes référencés en France dont 41% gagnent moins de 8 100 euros par an. Ainsi chez Actes Sud, maison d'éditions de Françoise Nyssen la ministre de la culture, une bande dessinée, un roman dessiné de 150 pages, est payée 3000 Euros en a-valoir sur les ventes pour 1 an de travail... selon l'auteur et dessinateur Loic Secheresse.

A bon entendeur...!





jeudi 28 juin 2018

De la défense des artistes...

La question de la défense des artistes a toujours hanté les Réalités Nouvelles, ainsi dans son (second) projet de manifeste Herbin proposait déjà de dépasser les limites trop rigide de son premier manifeste des Réalités Nouvelles de 1948 par des interrogations sur le statut de l'artiste, les recherches d'atelier et de lieu de travail.

En 1984,  Jacques Busse, président de l'association Réalités Nouvelles, publie dans le catalogue du 38e salon, une longue préface où il revient sur les démêlés des Réalités Nouvelles et du Comité  de Liaison des Associations d'Artistes avec les pouvoirs publics. Intitulée "Presque le Bonheur" il s'y félicite alors de l'attention que porte les pouvoirs publics aux artistes,  et de considérer les salons comme des viviers  !




mercredi 27 juin 2018

Réforme en cours et à venir...

Emmanuel Macron a demandé à Thierry Tuot, président de Sorbonne Universités (Paris) et président du Conseil d'administration de la Villa Médicis (Rome) de proposer pour la rentrée 2018 une réforme des résidences d'artistes. L'Elysée entend « associer très étroitement » le haut-fonctionnaire énarque, connu pour son rapport sur l'immigration inclusive (2013) et le communautarisme, à « la construction d’une politique publique de soutien aux artistes par les résidences ». Le chef de l’Etat souhaite que la France « renforce sa capacité à attirer et à faire croiser les grands talents artistiques venant du monde entier ». Il rappelle que l’Etat soutient « plus de 500 résidences et allocations d’ateliers », pour plus de 7 millions d’euros – dans le secteur des arts plastiques, mais aussi dans le spectacle vivant : opéras, centres dramatiques nationaux, centres chorégraphiques….

On remarquera que le Ministère de la Culture de Françoise Nyssen semble être laissé de côté, l'Elysée semblant vouloir piloter directement la politique publique des arts plastiques.


mardi 26 juin 2018

Le catalogue des Réalités Nouvelles de 1939...





Hans Hartung n'est pas cité ... il y participait pourtant !

AP # 68 - Elke Wohlfahrt - Froissements indéterminés

# 68 - Indeterminately scrunched

Elke Wohlfahrt

Exposition « Indeterminately scrunched »


Vernissage mercredi 4 juillet 18h à 21h
Exposition du 5 au 21 juillet 2018
ouvert du mercredi au samedi de 14h à 19h

5 rue des Immeubles-Industriels 75011 PARIS

métro/RER  Nation

Elke Wohlfahrt peintre-sculptrice est titulaire d'un diplôme d'art plastique de l'Université de Sydney. Elle réside à Sydney, Australie, où elle a créé « Indeterminately Scrunched 1-8 » (Froissements indéterminés 1-8), une série de « peintures sculpturales performatives » sur papier de riz.
La fascination pour ces huit œuvres naît du nombre illimité de peintures ou de sculptures singulières qui peuvent être créées librement au mur comme au sol.


Elke Wohlfahrt is a painter and sculptor with a BVA (Honours) degree from Sydney University. She resides in Sydney/Australia where she has created « Indeterminately Scrunched 1-8 », a series of ‘performative sculptural paintings' on rice paper.
The fascination of the eight pieces is that unlimited numbers of unique wall or floor sculptural paintings can be freely created.

























mardi 19 juin 2018

Liquidation de la fondation Roy Lichtenstein.

La fondation Roy Lichtenstein (New York) crée pour gérer "l'Estate" (l'Atelier et sa succession) du peintre après son décès en 1998 à annoncer sa dissolution par la voix de son directeur. L'association, à but non lucratif, offre ses 500000 documents issus de l'atelier à la Smithsonian’s Archives of American Art à Washington, et les 400 œuvres de l'artiste au Whitney Museum of American Art de New York.
La fondation avait déjà offert quelques 10000 photographies au Centre Pompidou à Paris.

L'association, cependant,  devrait survivre sept ou huit ans le temps de terminer la numérisation et de publier le catalogue raisonné de l'artiste.

Par ces décisions, et ce comme pour la fondation Warhol précédemment,  l'association RL semble s'être totalement déchargée de la responsabilité financière des authentifications, tout en verrouillant "l'Estate "de l'artiste. 

Sous le signe de Beaubourg

25 Juin 2018

Bibliothèque Kandinsky

Centre Pompidou, Niveau 3

Manhattan Cable TV

La Bibliothèque Kandinsky du Musée national d’art moderne est heureuse de vous convier à la première séance du cycle de rencontres « Seedy Films » organisée par Sibylle de Laurens et Pascaline Morincôme.

Première séance : Manhattan Cable TV

Le lundi, 25 juin, à partir de 19h

Entrée libre sur réservation à l'adresse:


« Seedy Films » est une série d’interventions organisées au sein des collections de la Bibliothèque Kandinsky qui, suivant le protocole utilisé par Richard Prince dans l’écriture de son roman « Why I go to the movies alone », propose à chaque séance de « passer » un film - au sens de «passer un disque » - à travers les pages d’un livre ouvert, d’images ou de notes retrouvées dans un fonds d’archive. Pensées comme des séances de consultation collective les rencontres s’intéressent à des films issus de la production vidéo alternative comme à l’industrie du cinéma, à des vidéo clips, des émissions de télévision mais aussi à ces « seedy films », films « miteux » du morceau de Soft Cell : rushs, films pornographiques, compte-rendus de manifestations, extraits de caméra de surveillance etc.

Il s’agira ainsi d’expérimenter un dispositif d’analyse spécifique à cette catégorie d’images, qui agrège et tourne autour du film plutôt qu’il ne le fragmente ou le suspende.

Lors de cette première séance, une sélection de documents et d’archives (Storyboards, flyers, guides TV, coupures de presse, récits biographiques etc.) permettra d’évoquer l’histoire de la chaîne de télévision publique Manhattan Cable TV, emblématique des décennies quatre-vingt et quatre-vingt-dix aux Etats-Unis et qui à partir de 1976 et pendant une dizaine d’années, accompagne la production et la diffusion de programmes expérimentaux. Se réappropriant les principes de l’émission-plateau et du show télévisé, différentes générations et scènes issues de l’avant-garde new-yorkaise se rencontrent alors autour d’émissions telles que The Coca Crystal Show, TV Party de Glenn O'Brien, The Live Show de Jaime Davidovich ainsi que les projets de Collaborative Projects -The Potato Wolf et All Colors News - issus de la scène no-wave émergente. L’émission collaborative Paper Tiger TV à laquelle participent notamment les collectifs Testing the Limits et DIVA TV tous deux issus d’ACT UP/NY, contribue sur la chaîne à l’émergence d’une nouvelle forme d’activisme médiatique.

« Seedy Films » est un cycle d’interventions quadri-annuelles proposées par Sibylle de Laurens et Pascaline Morincôme dans le contexte d’une recherche dédiée aux archives des pratiques vidéo alternatives.

Sibylle de Laurens est programmeuse et chercheuse. Pascaline Morincôme participe à la programmation de l'espace d'exposition Treize (Paris, 11°) et entame un doctorat en histoire de l'art et cinéma.

Depuis 2014, elles travaillent ensemble sur un projet de recherche dédié à l'histoire des pratiques vidéos et médiatiques alternatives apparues aux États-Unis à la fin des années soixante. En janvier 2017, cette recherche a notamment donné lieu à l'organisation de l'exposition Data Report, dédiée aux archives du collectif Videofreex à Treize ainsi que plusieurs soirées de projection et de conférences en collaboration avec The Cheapest University.




&


27 JUIN: Cycle CNAP-BK: Lancement de l'ouvrage

Psychanalyse de l'aéroport international de Stéphane Degoutin et Gwenola Wagon

Mercredi 27 juin 2018 à 19h

Bibliothèque Kandinsky

Entrée libre sur réservation à:
reservation.bibliothequekandinsky@centrepompidou.fr

L’aéroport international est le lieu de toutes les contradictions : la promesse de liberté se heurte aux contrôles des corps, l’aspiration à la circulation illimitée achoppe sur la surveillance généralisée, les rêves d’un ailleurs s’évanouissent face à l’omniprésence de la menace terroriste, la soif de consommation rencontre des produits inaccessibles. Il combine les terreurs et les désirs contemporains. Il est un lieu laboratoire de la modernité. 

L'essai Psychanalyse de l'aéroport international regroupe des réflexions, des spéculations et des histoires obtenues à partir de ce que l’aéroport international raconte. Il tire sa matière d’anecdotes, d’images, d’archives et de citations glanées sur Internet et ailleurs. Ces fragments sont agencés sous la forme d’un parcours spatial et critique qui explore les névroses, les fantasmes, les tabous et les désirs du lieu.

vendredi 15 juin 2018

Télérama rend visite à Jean Widmer



4 carrés - 2017 - Acier inox 65x30x25
 Sur sa page du catalogue en ligne des Réalités Nouvelles on peut lire que "Jean Widmer a eu la grande chance de suivre les cours de l’Ecole d’Arts Appliqués de Zurich, dirigé par Johannes ltten, éminent professeur, en 1919 au Bauhaus. Cette formation l’a amené tout naturellement vers un nouveau mode d’expression, le constructivisme. Ce mouvement est né en Russie dans les années 1915 ; ce nouveau langage artistique se caractérise par l’abstraction géométrique qui a abouti à l’Art Concret. Pendant toute sa carrière, soit auprès des musées, fondations publiques ou bien dans le cadre de son activité pérsonnelle, il est resté fidèle à ces principes esthétiques. En effet, il a acquis des points de convergence en termes de formes et sur le plan de l’idéologie qui l’ont amené sur la voie de l’Art Concret. En 1996, il se consacre à ses créations personnelles ce qui lui donne beaucoup de satisfaction.
L’abstraction géométrique est la source d’inspiration de mes peintures. La modernité s’exprime par les plans, les lignes,
les angles qui s’ordonnent dans une harmonie contrastée, rationnelle et équilibrée. Les tableaux sont structurés et organisés en carrés, en thèmes trilogiques conjuguées selon diverses combinaisons de recherche chromatique.
Ils sont répartis entre différentes tonalités : clair-obscure, le contraste complémentaire rouge et vert. Chaque tableau trouve son éclat par une répartition rationnelle et rythmée. Cette harmonisation des valeurs colorées change avec la source de luminosité.
Depuis 2003, il s’exprime aussi en volumes géométriques sous forme de sculptures ; leurs formes se réduisent petit
à petit ce qui leur confère une expression plutôt minimaliste. Elles sont en acier courbé inoxydable, travaillé de façon astucieuse. Cette dualité forme/matière confère à l’oeuvre tout son dynamisme et son rayonnement. Les sculptures
sont ensuite exécutées par un spécialiste dans la serrurerie et la forge. Il travaille comme un architecte à partir du plan précis de son projet.
Jean Widmer ne renie pas l’influence de ses prédécesseurs, maîtres du Bauhaus : ltten, Albers, ainsi que Max Bill, Lohse auxquels il a toujours rendu hommage."

Pictogramme Autoroute

Homme discret des Réalités Nouvelles, Télérama rend hommage l'artiste  avec un long article intitulé : “L’informatique a un peu tué le métier” ce mercredi qui commence par ces mots : "Le logo du Centre Pompidou, c’est lui. La signalétique des autoroutes, aussi… Héritier du Bauhaus, le Suisse Jean Widmer a réinventé le graphisme en France. Sa marque : la neutralité des formes, l’expressivité des couleurs et l’art de dessiner de belles lettres.
Ce Suisse modeste et discret est une institution culturelle à lui seul. Les logos du Centre Pompidou, du musée d’Orsay, de l’Institut du monde arabe, de la Bibliothèque nationale de France, du Jeu de paume, c’est lui. Héritier de l’enseignement du Bauhaus, Jean Widmer a quitté ses Alpes natales dans les années 1950 pour amener à Paris un souffle de modernité.

Car, on l’ignore souvent, l’esthétique de la seconde moitié du XXe siècle doit beaucoup à une poignée de Suisses, graphistes, typographes, photographes ou directeurs artistiques. Des affiches pour des expositions à la signalétique des autoroutes françaises, Jean Widmer a donc apporté à de multiples domaines le sens de la couleur, de la simplicité, du dynamisme, de l’utilité, qui caractérise l’école helvétique. A 89 ans, cet artiste-artisan du quotidien, qui est aussi peintre et sculpteur, reste un modèle pour les graphistes du monde entier...

A lire donc... 

Jean Widmer Beaubourg



Last exhibition before Brexit ...

Avant d'avoir besoin d'un passeport pour aller à Londres,  si vous avez l'occasion d'y aller avant le 28 juillet 2018, ne manquez pas l'exposition Howard Hodgkin (1932-2017) chez Gagosian: "L'Œuvre Ultime".

Ce peintre britannique figuratif, décide en 1972 d'utiliser des supports de bois récupérés sur lesquels il place une touche,  ou deux, une tache ou deux, après de longs mois d'attente, de réflexion et de réminiscence.

Peintre intimiste, son travail semble faire écho à celui de Fautrier avec un même sentiment informel. Il réalise sa première exposition en 1976. En 1984, il obtient le grand prix de la biennale de Venise qui marque le retour triomphale de Londres sur le devant de la scène artistique en Europe. Il s'éteint en mars 2017.

"Après, ils auront pris la fuite, ça va limiter encore un peu l'horizon,...  Brexit, les illusions..."



HOWARD HODGKIN
LAST PAINTINGS
JUNE 1 - JULY 28, 2018
20 Grosvenor Hill
London W1K 3QD

Et la foire de Bâle .... déclara la crise ouverte ...

Alors que la foire de Bâle s'ouvre en habit traditionnel de banquier, avec fanfare, yodel et culottes de peau, trois articles parfaitement identiques apparaissent dans l'Express, le Point et La Croix, ce qui est normal puisqu'il reprennent in-extenso un communiqué de l'AFP (14/06/2018 15:14:40 - Bâle (Suisse) (AFP) - © 2018 AFP) assez sévère .

En effet la foire de Bâle n'apporte rien de nouveau et tout le monde s'en aperçoit : même galeries, même artistes d'année en année. Et le rapport annuel commandé à UBS (Union des Banques Suisses) note bien que le marché mondial d'art et d'antiquités atteint 54 milliards d'euros... mais observe aussi que les "petits poissons" eux meurent.

Les chiffres sont clairs : le nombre de galeries dans le monde régressent.  En 2007, il y avait 5 nouvelles galeries pour une qui fermait, aujourd'hui c'est 2 qui ferment pour une qui ouvre.
Coût des loyers dans les beaux quartiers, vente en berne sont les raisons évoquées. La crise dont se plaignent les galeries atteint même les plus fameuses, qui voient fondre leurs marges entre coût de transport et prix de location des stands de foire où elle réalise 46% de leurs chiffres d'affaire.

Et last but not least, les prix records des salles de ventes font fuir les nouveaux collectionneurs... 
et c'est la foire de Bâle qui le dit !!!!!!

Selon Marc Spiegler, directeur Art Basel, peu des 209 galeries présentes sur la Foire sont en bonne santé. Quand à Clare McAndrew, spécialiste de l'économie de l'art et rédactrice du rapport d'UBS, elle avoue que sans solution - et elle n'en voit pas - , c'est toute l'infrastructure qui est menacée d'éboulement.

Sans nouveaux artistes, ni nouveaux collectionneurs, le système se contracte et s'auto-phage inexorablement, se consumant en prix astronomiques,  abandonnant les galeries de moyenne gamme et les nouveaux artistes au web.

mercredi 6 juin 2018

#67 - tondo-tondi































































#67 - TONDO TONDI
Vernissage mercredi 13 juin de 18h à 21h

Exposition du 14 au 23 juin 2018

ouvert du mercredi au samedi de 14h à 19h

5 rue des Immeubles-Industriels

75011 PARIS






Pam Aitken

Joanick Becourt

Jean-Pierre Bertozzi

Christine Boiry

Francesc Bordas

Carol-Anne Braun

Diane De Cicco

Isabelle de Gouyon Matignon

Olivier Di Pizio

Jacky Ferrand

Catherine Gaillard-Remontet

Fabienne Jousse

Darko Karadjitch

Anne Lou

Mitsouko Mori

Madeleine Sins


Tondo Tondi

« Le tondo (tondi au pluriel) est un profil, généralement sculpté en faible relief, mais qui peut aussi être peint, réalisé sur un support de format rond ou à l’intérieur d’un disque, et non en rectangle comme il est plus courant. Le terme provient de l’italien, c’est une aphérèse du mot rotondo (rond) ». 
Wikipédia

Que ce soit dans l’art égyptien, dans l’Antiquité grecque et romaine déjà familières du nombre d’or, ou à la Renaissance, la géométrie a toujours constitué l’un des fondements des inventions des artistes. La géométrie est aussi constitutive du format en peinture rectangle, carré ou cercle.

Le titre de cette exposition fait aussi allusion à une association d’artistes abstraits, Cercle et Carré, fondée en 1929, dont Kandinsky et Léger, étaient membres. D’une courte durée, l’association n’a existé qu’un an, le temps d’organiser une exposition et de publier quelques numéros d’une revue, elle a été relayée par une autre association, centrale dans l’histoire de l’abstraction : Abstraction-Création. Fondée par Herbin, rejoint notamment par Kandinsky et Kupka, elle a été active entre 1931 et 1936. La filiation perdure par la création dès 1939 de l’association Réalités Nouvelles.

Mais cette proposition Tondo-Tondi déborde largement le cadre historique de ces références en montrant des travaux d’artistes abstraits contemporains qui utilisent la géométrie particulière du cercle comme format, chacun à leur manière et dans des buts qui leur sont propres.