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lundi 29 octobre 2018

Loi Aillagon

Alors que l'ombre de la mort des salons d'artistes planent sur Paris, Le Salon d'Automne dure 3 jours, Art en Capital 4 jours, Mac 2000 2 x 6 jours... Le philosophe  et critique d'art (ex directeur des Beaux-Arts de Paris) Yves Michaud commente la FIAC, (avant son décès annoncé) qui dure 3 jours, avec un humour désabusé sur son blog, qui fait écho à la critique comique de Libération qui notait les remarques des groopies haut-perchées "J'a-diorrrre", déambulant entre les quatre galeries parisiennes (Obadia, Templon, Lelong, Perrotin) qui seules peuvent tenir le coup dans un contexte international et financier alors que le reste des galeries parisiennes est "surclassées" et dont le poids n'impressionne personne, mais plus sérieusement il note dans un autre billet, le 21 octobre dernier,  les effets dévastateurs de la loi Aillagon  :

"Sur le mécénat privé"

La loi sur le mécénat et les fondations d'entreprise qu'a fait adopter le (...) 1er août 2003 Jean-Jacques Aillagon avait, en apparence, une ambition généreuse: inciter les grandes entreprises à financer la culture, via des déductions fiscales un peu plus généreuses que par le passé. (... sans avoir...) entrevu les conséquences perverses de cette loi. (...) La prétendue générosité privée est en réalité faite au détriment de l'argent public et donc des citoyens. D'autant que ces opérateurs privés, issus jusqu'ici surtout du monde du luxe, tirent en plus des bénéfices promotionnels considérables de leurs opérations et de leurs vaisseaux amiraux. On assistera bientôt à la même sorte d'opération (...) quand Pinault ouvrira sa Bourse du commerce-musée-centre d'art placée en symétrie avec le Centre Pompidou (...)

On peut envisager trois possibilités dans une telle situation:
- réviser la loi sur le mécénat pour contraindre les acteurs privés à consacrer une partie de leur "mécénat" (...)
- aller jusqu'au bout de la privatisation (...)  pourquoi ne pas privatiser le centre Pompidou comme Aéroport de Paris ou Air France?
- laisser les choses aller comme elles vont et juste inciter les institutions publiques à redevenir inventives et innovantes, au lieu d'être des fromages à trous où vivotent des souris apparatchiks sans la queue d'une idée originale.