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dimanche 29 septembre 2013

Fête de Fin du Salon.

Comme dans les meilleurs albums de bande dessinée franco-belge, le salon  s'est terminé samedi 28 septembre par un banquet d'artistes autour de quelques sangliers et de quelques cervoises peu abstraites,  (le musicien baîllonné ayant été accroché à un arbre du parc floral de Paris, évidemment !) pour fêter un record de fréquentation où l'abstraction rencontre de nouveaux publics.  Le salon  réussissant cette année un étonnant cross-over de son public traditionnel avec le public de Tokyo  Crazy Kawaii Paris, celui du Salon du Mariage et celui de la Fête des Jardins....!!!! 
BANZAÏ !!!

mercredi 25 septembre 2013

Les Prix du Salon Réalités Nouvelles 2013

La remise des prix de la Critique des Réalités Nouvelles 2013.... cette année un podium entièrement féminin  à regarder sur Youtube !

Les lauréates à qui nous souhaitons de  beaux succés à venir !


Les prix de la critiques ont été décernés à :


PRIX ARTENSION : CAROLINE ZELNI

PRIX LA CRITIQUE.ORG : TANIA LEGOFF

PRIX ART ABSOLUMENT (exaequo)

            RAPHAELLE BOUTIE & SUSAN CANTRICK

PRIX GALERIES ET MUSEES  : JENNY HOLLOCOU

PRIX ENTREX : ANNE PAULUS

PRIX MARIN : ANNA SZPRYNGER






samedi 21 septembre 2013

Visite des Réalités Nouvelles 2013

UN PETIT GUIDE POUR MIEUX COMPRENDRE LE SALON DES REALITES NOUVELLES 2013


Le Salon des Réalités Nouvelles est le salon de l'abstraction animé par les artistes eux-même. C'est aujourd'hui la septième génération d'artistes qui le gère sous la présidence d'Olivier di Pizio. Le salon a été crée en 1939 de la réunion de deux associations Cercle et Carré et Abstraction-Création sous la férule de Robert et Sonia Delaunay. Comme un ADN de cette origine le salon est divisée en deux grandes entités qui le structurent, dans la partie gauche du Salon l'abstraction géométrique,  dans celle de droite l'abstraction plus gestuelle dite section peinture.

Au coeur du Salon dans chaque alvéole, dans des allées, la sculpture vient prendre toute sa place. Dans des espaces particuliers, on trouve les oeuvres sur papier, dessin, gravure et photographie, tentant de donner au mieux une vision de la scène abstraite contemporaine.

Tourné vers l'international, le salon accueille environ 40 % d'artistes venus du monde entier Japon, Europe, Australie, essentiellement. De plus chaque année le salon rend hommage à des artistes disparus l'année précédente et fait découvrir au delà des artistes du salon, des artistes avec qui le salon entretient des échanges, cette année la nouvelle abstraction chinoise et l'abstraction serbe.

1 - La Nouvelle Abstraction Chinoise (18)

Jiang Shanqing - encre de chine sur papier
Les 7 artistes chinois, que nous sommes heureux d’accueillir, Yu Runde, Zhang Yangen, Ma Ting, Yang Jinmin, Jiang Shanqing, Jiang Shiying, Ye Xingquian nous montrent la vitalité de l'abstraction en Chine continentale. Ils travaillent des techniques qui nous semblent classique: encre de chine, noir et blanc, sceau rouge pour un trait de pinceau unique. Mais loin du bruit des artistes du “neoréalisme-socialocapitaliste chinois” dont nos médias sont friands, ils fondent l’abstraction (et ce tel que l’avait défini  Wihlem Worringer) comme forme fondamentale de la nécessité pour chaque individu de faire de l’Art, par le fluidité, l’écoulement, la transparence et le flou.  Au croisement de nos deux mondes occident et orient, ils nous rappellent le lien intime qui se crée entre écriture/dessin/poétique par l’universalité de l’écriture folle.  
Bienvenue à cette réalité nouvelle chinoise !

2 - La Nouvelle Abstraction Serbe - (Dans l'allée ... )
Une sélection d'artistes serbes présente également la vitalité de l'abstraction à Belgrade où une sélection des artistes des RN ont exposé et ont été accueillis chaleureusement en Mai 2013 .
"La nouvelle génération d’artistes serbes accepte une expression abstraite non contextuelle et non utopique, sans complexe ni préjugé. Manifestant la cohérence d’une vision qui transcende le réel, elle est à la recherche moins d’une perfection conceptuelle que d’une sorte de l’absolu métaphysique incarné dans la plasticité « pure », selon l'artiste serbe Milija Belic.


3 - Croisements- (48)
Des artistes femmes franco américaines : Bottrell, Cantrick, de Cicco et Greene.... Les quatre peintres sont réunies dans le cadre du projet  Crossroad. Elles vivent et travaillent en France et sont membres des Réalités Nouvelles. Leur convergence au sein de Réalités Nouvelles reflète une aventure qui mène non seulement au-delà des limites du national mais veut dépasser les frontières biculturelles. Elles nous proposent de trouver des liens entre les oeuvres qui se développent en rhizome dans/et hors le salon.

Susan Cantrick reçoit le prix de la revue (Art Absolument) ex aequo avec Raphaëlle Boutié.



4 - Hommage à Louttre.B - (8)

Le Veilleur d'Horizon 
Membre du Salon, le peintre Louttre.B (1929-2012) est décédé l'année dernière. Le salon lui rend hommage à travers la présentation de quatre toiles dont "Le Veilleur d'Horizon", grande toile qui présente la figure allusive des arbres comme carte à jouer. Usant d'un vocabulaire figuratif, en tout cas allusif, Louttre.B brusque celui-ci par l'usage de texture à l'acrylique souvent mêlé de sable.







Louttre.B
Louttre.B est reconnu pour l’utilisation d’une palette haute en couleur et toujours renouvelée. Également apprécié comme graveur, il imprime en couleurs ses gravures sur bois, s’étant rapidement affranchi des pratiques traditionnelles. Sculpteur, il ponctue son parcours d’artiste de nombreuses réalisations. 









5 - Hommage à Van Offel 

Fenêtre- Acrylique sur toile -2012

Quentin Van Offel (1929-2012) est un peintre d’origine flamande né en France.  Sa peinture se situe dans le mouvement de l’abstraction lyrique des peintres américains des années 50. Sur la toile, les mouvements de couleurs s’entrechoquent et se répondent, les formats sont majestueux, parfois 2m 50 sur 2m.



Van Offel
Depuis 1988, Quentin Van Offel était membre du comité des Réalités Nouvelles où il exposait chaque année. Plusieurs de ses peintures ont été achetées par l’Etat via le Fond National d’Art Contemporain ou appartiennent à des collectionneurs privés en France, Belgique, USA. En 2004, à un journaliste qui lui posait la question de savoir ce qu’il voulait qu’on retienne de son travail, il répondait :
« Je voudrais simplement que l’on retienne de moi que je suis un peintre. Un vrai Peintre ».



On trouve non loin deux oeuvres, en  hommage à deux artistes qui ont participé aux RN Luis Arnal (1947-2011) et à Irène Zack (1918-2012).

6 - La Section Géométrique (vers 9)

Issu de Cercle-et- Carré, la section géométrique présente des oeuvres à la rigueur formelle du carré, du triangle, chaque oeuvre se veut une interpolation poétique, un jeu formel.
On remarquera l'oeuvre de Richard Van der Aa, artiste néo-zélandais  avec son oeuvre "Mere Formalities".
et celle du français Joel Besse, qui nous présente ici un ensemble de carré, en somme et en découpe.


7 - Sculptures

La section sculpture est répartie sur l'ensemble du Salon.  A l'extérieur à l'entrée du salon une sculpture monumentale en aluminium de Jean-Paul Moscovino qui joue du pliage et de la couleur bleue .
La sculpture rythme le salon au coeur de chaque alvéole et de chacune des allées ... oeuvre en pâte de verre de Bernard Blaise, acier martelé de Jacques Maistre...

8 - Les Oeuvres sur Papier (43-49-50-76-77)

Réunies en une section autonome, les oeuvres sur papier présente aussi  bien le dessin, la gravure et la lithographie. Elles présente également la photographie numérique présentée sur aluminium ou sous-verre.(57-68)  Il est souvent difficile de distinguer un tirage lithographique et une édition numérique. Du dessin au logiciel...

9 - Les Petits Formats  (en face de l'accueil - (5/6)

Le Salon des Réalités Nouvelles est une association d'artistes gérée par les artistes eux-même dans un but non lucratif pour défendre et faire découvrir l'Abstraction à tous les publics.  La cotisation que chaque artiste verse permet au salon de se tenir. Pour aider les artistes à rentrer dans leur frais, l'association donne la possibilité à chaque artiste exposant de présenter une petite oeuvre (en plus de la grande) vendue au prix de sa participation, ce qui peut ainsi lui permettre d'exposer gratuitement.

10 - Cluster de Bulles - (22)
Cette toile de Erik Levesque est presque un tableau gothique, ou hard rock...  Sur un fond rouge obscur ou presque noir pour l’observateur inattentif, douze bulles  jaune orangé vert semblent filer, s’échappent vers la droite,  bulles ou cercles ? 5 cercles bleus fluorescents ébauchés comme des coups de pinceaux tournent autour comme un suspens ... des bulles d’oubli, de bulles... C’est une forme de "all-over" dynamique en profondeur et extension, la peinture pourrait se prolonger au-delà...
Le tableau est conçu à la lumière des ordinateurs, sur cette réverbération de la lumière si particulière qui isole chaque élément de l'image... Peindre donc l’ordinateur, montrer ce qu’il nous donne et ce que l’on perd et peut-être concevoir le spectateur  dans les allées du salon comme dans un jeu "old-school" et classieux... Pacman ? .. portable à la main !

Bonne promenade !

Sur vos smartphones, n'oubliez pas de photographier les oeuvres qui vous intéressent ou pour lesquels vous souhaitez un renseignement sur l'auteur ou sa technique.  Importez l'image dans la recherche Google Image qui vous renverra vers le catalogue en ligne des Réalités Nouvelles à la page adéquate.

Bonne Découverte !




vendredi 20 septembre 2013

Evènements Réalités Nouvelles 2013

"Croisements" au sein des Réalités Nouvelles 2013 

par Françoise Caille


(48)
"Croisements" est une initiative qui met en lumière certains aspects de l’abstraction contemporaine, donnant une profondeur de champ au rassemblement diversifié des artistes qui se croisent au Salon des Réalités Nouvelles. Réunies autour d’une interrogation portée aujourd’hui par l’historienne de l’art Françoise Caille, Susan Cantrick, Diane de Cicco, Leslie Greene et Susan Bottrell réaffirment la validité du concept de “réalité nouvelle”, idée inépuisable par définition. La convergence de ces artistes au sein du salon dépasse toute frontière nationale ou biculturelle, menant ainsi à l'enrichissement multiculturel qui est l’un des éléments majeurs propres au rassemblement. Partant d’une attitude cosmopolite qui embrasse toute la diversité et la complexité du rhizome deleuzien, ces artistes célèbrent l'éclectisme stimulant des pratiques courantes de l’art abstrait tout en le situant dans l'hétérarchie des formes de l’art actuel. En dialogue avec Françoise Caille, elles affirment la valeur de l’abstraction en tant que ressource vitale et renouvelable à l'infini, tenant résolument sa place dans l’univers polymorphe des pratiques artistiques contemporaines. 
Susan Cantrick


Cantrick, de Cicco, Greene et Bottrell se croisent aux RN
par Françoise Caille

La notion de croisements mise en exergue par Susan Cantrick, Diane de Cicco, Leslie Greene et Susan Bottrell dans le cadre de Réalités Nouvelles offre une polysémie particulièrement riche. Elle évoque d’abord, et c’est le sens réel de Crossroads, l’image d’un point d’intersection, d’une convergence, qui n’est pas une fin, celle de quatre voies artistiques qui se croisent à un moment donné, avec une invitation à poursuivre. C’est un croisement multiculturel aussi, celui de quatre parcours artistiques initiés aux USA, puis menés en France, qui implique l’idée des chemins d’où l’on vient et ceux que l’on va emprunter. Yves Bonnefoy ouvrait son livre L’Arrière-pays par cet incipit : « J’ai souvent éprouvé un sentiment d’inquiétude, à des carrefours. Il me semble dans ces moments qu’en ce lieu ou presque : là, à deux pas sur la voie que je n’ai pas prise et dont déjà je m’éloigne, oui, c’est là que s’ouvrait un pays d’essence plus haute, où j’aurais pu aller vivre et que désormais j’ai perdu. »1 
La route d’un artiste est rarement linéaire. La peinture abstraite, plus encore, est une sorte de voyage intime, qui nécessite parfois de faire le point, de s’exposer au regard d’autrui et d’échanger avec ses pairs. La rencontre de Cantrick, de Cicco, Greene et Bottrell constitue, aujourd’hui, un moyen de réfléchir sur le sens de leurs travaux respectifs, de comprendre leur implication en tant qu’artistes dans la sphère de l’abstraction. 


Aujourd’hui, l’art abstrait n’est plus transgressif comme il l’a été au cours du XXe siècle où chaque nouvelle tendance rompait avec la précédente. Les mouvements étaient alors refermés sur eux-mêmes, chacun orienté vers une démarche, s’appuyant sur une théorie, développant un vocabulaire plastique interne à chaque groupe. L'abstraction, en ce début de XXIe siècle, est beaucoup plus éclatée, moins regroupée en chapelles, moins univoque. Le concept de croisement semble la caractériser pleinement, car la plupart des pratiques actuelles se sont enrichies de toutes celles du passé et se situent au carrefour de plusieurs d’entre elles. Il rejoint la pensée rhizomorphe de Gilles Deleuze, au sens où l’abstraction actuelle est une forme de réseau ramifié sans courants dominants, où n’importe quel point du rhizome peut être connecté à un autre. Cela conduit à une multiplicité tant à l’échelle de toutes les formes d’abstraction qu’à l’intérieur d’une pratique elle-même, comme le donne à voir le travail de ces quatre artistes.

Susan Cantrick construit des rapports spatiaux où le plein domine sur la sensation de vide. La dynamique des lignes et l’assemblage des structures, tel un transfert plastique de strates perceptives inconscientes, semblent créer des tensions qui trouvent leur résolution dans l’ancrage des compositions. L’espace s’emplit, construit une totalité, une plénitude structurelle. En paraphrasant Henri Michaux, on peut y percevoir une forme de « paix dans les brisements »2.

Diane de Cicco évolue dans les marges de l’art abstrait, à la limite entre un univers construit par des éléments organisés loin de tout référent objectif et des paysages parfois proches du réel. Un arbre « n’est pas volontairement un arbre, » écrit-elle, « mais il est là parce que ma pensée est structurée… habitée par les arbres. » Les indices du réel s’évanouissent… devant l’émotion qui émane des paysages imaginaires ; ne restent plus que la lumière ou la pénombre, le chaud ou le froid, le calme ou la tempête, des sensations physiques et psychiques qui font vibrer les œuvres.

Pour Leslie Greene, peindre est une recherche et une découverte, un dépassement de la réalité sociale pour laisser place aux images de l’inattendu. La technique n’agit que par l’expérience. Il en résulte une riche palette de couleurs et un vaste répertoire de formes, d’où émergent deux registres dominants : gestes spontanés et lignes orthogonales qu’elle tente de maîtriser en soulevant les bords du tableau ou simplement par des tracés au pinceau. Dans les deux cas, la fragilité du trait est perceptible. On saisit là ce que l’artiste nomme « la grande tension entre l’inconnu et la maîtrise », le risque de l’accident et l’incertitude du résultat confrontés en permanence au souci de l’équilibre.

Susan Bottrell explore un langage qui se veut pictural autant que scriptural. Des signes graphiques emplissent la toile d’une écriture automatique polymorphe. Parfois régulière et élégante, parfois aléatoire et désordonnée, fine comme un fil ou plus appuyée en rubans ou en traces épaisses, monochrome ou multicolore, cette écriture apparaît comme la projection d’un souffle intérieur, la musique d’une histoire personnelle indéchiffrable. 

Comme le donne à voir le travail de ces quatre artistes, l’abstraction embrasse des démarches multiples. On y rencontre différentes façons d’appréhender le support, de penser l’espace, d’entrer dans la profondeur ou de rester en surface, de se nourrir du concret pour l’effacer ou, au contraire, de faire émerger de la matière abstraite quelques bribes du réel. Elle brouille souvent les catégories et navigue entre peinture, photo, images numériques, collage, etc. L’acte artistique y résulte de deux impulsions : l’une soumise aux outils et à la technique, l’autre liée à une forme d’abandon, d’oubli des mots et des images, même lorsque l’œuvre s’inspire d’émotions ou de faits réels. L’œuvre abstraite est ainsi le résultat d’une expérience intérieure et favorise une projection plus ou moins vive de l’inconscient, même lorsqu’elle aboutit à une simplification extrême des formes. Elle révèle une façon d’être au monde et de s’interroger sur le mystère de la vie, laissant le champ ouvert sur une infinité de possibles.

copyright Françoise Caille 2013

1. Yves Bonnefoy, L’Arrière-pays, Gallimard, Paris, 1972, p. 9.
2. Henri Michaux, L’Espace du dedans,Gallimard, 1966, p. 361

Hommage à Louttre.B (1926-2012)

Actualités 2015 :


Exposition "le printemps des poètes" : Musée de Gajac - Villeneuve-sur-Lot (Lot-et-Garonne) du 6 Mars au 19 Avril 2015.

Le parcours artistique de Marc-Antoine Bissière, dit Louttre B. (1926–2012), graveur sur bois, est intimement lié à l'histoire du Musée de Villeneuve-sur-Lot et de ses collections. 
Deux tableaux ainsi qu'une gravure monumentale ont été acquis par la Ville dans les années 70 et 80. À la suite d'un protocole d'accord entre l'artiste et la ville, 266 gravures ont été données au Musée par phases successives de 1977 à 1989. 
Louttre B. voyait le monde en poète. Les sujets et leurs titres enchanteurs et facétieux nous invitent à un voyage onirique. 

Pour des raisons de fragilité et de conservation, les oeuvres sur papier, dont les gravures de Louttre B., ne peuvent être présentées de façon permanente. 


Louttre.B (1926-2012) est un peintre français reconnu pour l’utilisation d’une palette haute en couleur et toujours renouvelée. Également apprécié comme graveur, il imprime en couleurs ses gravures sur bois, s’étant rapidement affranchi des pratiques traditionnelles. Sculpteur, il ponctue son parcours d’artiste de diverses réalisations, surtout à Boissiérettes, lieu emblématique de son œuvre.


"Veilleur d'horizon " 2012 -Acrylique /Toile  150 x 150 cm


PEINDRE NATURELLEMENT


Ce qui frappe au premier regard devant les tableaux de Louttre.B, c’est la force de leur évidence, leur immédiateté et le plaisir qu’ils expriment. Louttre.B ne peint pas en partant de concept, projet ou convention de ou sur l’acte de peindre. Il peint du dedans de la peinture. Comme si ce médium était pour lui un mode d’expression aussi naturel pour exprimer l’être au monde, que peut l’être la parole, une procédure aussi simple que le fait de marcher. (…)
On a, de nombreuses fois, écrit que ses tableaux s’enracinaient dans les paysages de son Quercy natal. Il y a peu de chance cependant que le ciel du Quercy soit rouge ou jaune comme de la paille et que les sols soient bleus comme la mer. Si ciels ou sols il y a dans ses toiles. La référence de ces « paysages» serait plutôt intérieure. Même pas des paysages d’ailleurs qui resteraient aux plus près d’un souvenir, mais bien plutôt l’expression d’une poésie du sensible, de l’émotion. Les figures : silhouettes d’arbres ou de fleurs, quelques traits qui dessinent une maison, la rondeur possible d’une pomme ou l’ovale d’un citron, la courbe d’une colline, empruntent à des formes primitives, qui les conceptualisent. Elles ne se veulent pas évocatrices de sens ou assurer un rapport médiat au réel. Ce sont des stimuli qui partent de l’intérieur de la peinture, dont ils empruntent des codes : des facilitateurs d’émotions, des porteurs d’imaginaires. (…)
Jean-Paul Blanchet, 2009

extrait du communiqué de presse, exposition Louttre.B, galerie Bernard Ceysson, Paris, janvier 2010



Elément d'une biographie de  LOUTTRE B (1926-2012) 

Présentation
Louttre.B en 1982 timprimant une gravure
Peintre et graveur - Louttre B. a notamment élaboré une technique de gravure très personnelle avec une grande variété de couleurs, parfois de très grand format. La peinture de Louttre B. a la force de l’abstraction - c’est-à-dire le chemin vers l’essentiel avec des formes simples, des couleurs vivantes et chaleureuses - mise au service d’une figuration allusive. Ses œuvres expriment un sentiment de plénitude, une atmosphère picturale particulière qui nous permet d’adhérer à un fragment d’éternité du monde.






Louttre.B, est né le 15 juillet 1926 à Paris, où il passe son enfance dans une ambiance artistique qui modèle son esprit. Roger Bissière, son père, participe activement à la vie artistique de l’époque, notamment en étant une figure de l’académie Ranson, et côtoie des artistes comme Georges Braque, Henri Laurens, Louis Latapie et Amédée Ozenfant dans le cadre du Square Montsouris (Paris XIVe) où, à la fin des années 20, ils ont construit leurs habitations.

En 1938, les Bissière quittent définitivement Paris pour s’installer à Boissiérettes, près de Cahors (Lot), où ils vont vivre au plus près de la nature. Au cours de la guerre, nombre d’amis artistes viennent leur rendre visite à Boissiérettes, parfois s’y réfugient, alors que Bissière a cessé de peindre et que Louttre.B s’adonne à des travaux agricoles pour subsister.

En 1944, démobilisé, il retrouve Boissiérettes et son père, qui se remet à peindre. S’ouvre alors une période marquante pour Louttre.B au cours de laquelle les deux hommes sont inséparables, le père suivant son fils dans les travaux des champs ou de débardage de bois. En peinture, ils partagent le même atelier dans des recherches à quatre mains et, en octobre, il expose pour la première fois à la galerie de France à Paris avec Bissière et plusieurs de ses amis.

En 1947, il présente une œuvre au tout jeune Salon de mai et ne tarde pas à s’installer à Paris où il vit grâce à des travaux de peinture en bâtiment. Là, il côtoie peu le milieu artistique de l’immédiat après-guerre. Il se lie avec Nicolas de Staël. Il revient très régulièrement à Boissiérettes, seul endroit où il peut peindre sereinement. Sa démarche s’inscrit alors dans des recherches abstraites dans lesquelles les rapports colorés sont sa principale préoccupation.

À partir de 1955, Louttre.B expose régulièrement, à la fois dans les salons (Salon de mai, Salon des réalités nouvelles, Salon d’octobre), et également dans plusieurs galeries parisiennes (Nina Dausset [1955], John Craven [1955], Pierre Loeb [1957], Jeanne Bucher [1959]).

En 1961, il est lauréat de la deuxième Biennale de Paris et la galerie Jeanne Bucher présente sa première exposition personnelle l’année suivante, reprise à la galerie Beyeler à Bâle, et accompagnée d’un catalogue préfacé par Jacques Lassaigne.

À ce moment de son parcours, Louttre.B éprouve le besoin de faire évoluer sa manière. Il assombrit sa palette et réintroduit des figures sommaires dans ses toiles. Dans le même temps, il découvre, avec Marcel Fiorini, la gravure sur bois de fil où toutes les couleurs sont ancrées sur une seule plaque de bois contrairement à la gravure sur cuivre qui demande un passage en presse par couleur. Il en résulte des tirages aux couleurs lumineuses, dont chaque épreuve est différente.

En octobre 1962, à la mort de Mousse, sa mère, il revient s’installer à Boissiérettes auprès de son père qui décède deux ans plus tard (décembre 1964). Louttre.B cesse alors de peindre durant près de deux ans et investit un bois proche de la maison familiale où il installe un groupe de sculptures monumentales en béton dont les figures rappellent celles de ses derniers tableaux.

Dans le même intervalle, il restaure la chapelle de Boissiérettes : il recouvre le sol d’une mosaïque de galets, peint le plafond, réalise des vitraux et installe une tapisserie composée de fils de laine brodés derrière l’autel en béton sculpté.

De retour d’un séjour au Portugal, Louttre.B reprend la peinture et introduit du sable dans ses toiles. La figuration s’affirme, tout en restant allusive, la couleur se simplifie. Mais c’est par la gravure qu’il diffuse son travail, notamment en étant lauréat de plusieurs biennales internationales (Tōkyō et Grenchen en 1967, Épinal en 1971), ce qui l’amènera à expérimenter le tirage de très grandes planches (200 x 300 cm) qu’il exposera à la galerie Jeanne Bucher en 1970.

Revenu s’installer à Paris en 1968, sa vie se partagera dès lors entre Paris et Boissiérettes.

Bientôt, Louttre.B entreprend le cycle des Enseignes dans lequel il fait ouvertement référence à l’art populaire. C’est à cette époque qu’il monte un stand de gaufres au Salon des réalités nouvelles (1972), qu’il réalise des jeux de cartes (Le Tarot des familles, 1976) ou qu’il installe ses Girouettes à Boissiérettes (1978).

À partir de 1976, Louttre.B peint à l’acrylique des tableaux de format carré sur lesquels l’application de jus successifs, souvent poncés, donne un caractère lisse et transparent à ses toiles. Des paysages à peine suggérés, encadrés dans la couleur, accentuent la nature intemporelle de la peinture, seuls les titres en forme de calembour semblant rétablir un lien avec la réalité. Dès lors, Louttre.B présente régulièrement son travail dans plusieurs galeries à Paris, chez Fabien Boulakia en 1979 avec un catalogue préfacé par François Mathey, et à la galerie Le Troisième Œil (Bordeaux et Paris) depuis 1988.

En 1983, Louttre.B fête ses vingt ans de gravure avec la parution d’un livre qui répertorie les quelque 442 planches réalisées depuis ses débuts. Dans le même temps sa peinture évolue. Toujours au format carré, les tableaux hauts en couleur sont formés de plans imbriqués liés par un réseau de hachures.

Au début des années 90, dans une ruine en contrebas de Boissiérettes, appelée la Villa Dominique, Louttre.B réalise une mosaïque, un vitrail et une fresque et y installe plusieurs sculptures en béton. Il tire de nouvelles grandes gravures.

À la même période, après un bref retour à la peinture à l’huile, Louttre.B réintroduit le sable dans sa pratique picturale. Outre la matière, il donne à ce grain une profondeur en mélangeant sable et pigments, dans des compositions où le paysage laisse place à des formes toujours en phase avec une nature rêvée. L’exposition « Pages de sable » au Centre d’art contemporain de Mont-de-Marsan (1991) illustre cette évolution qui prend tout son sens lors de la rétrospective organisée en 1996 par la maison des arts Georges Pompidou à Cajarc.

Se succèdent alors des séries de tableaux comme Campagnes de l’an II (2001) ou Les Licornes (2003) dans lesquelles la figure ne semble plus être qu’un prétexte à la superposition de plans colorés. Cette dernière série est présentée largement lors de l’exposition de 2003 au musée de Sens à qui, dans le même temps, l’artiste fait donation de 458 de ses gravures, couvrant la période allant de 1983 à 2003.

Depuis 2009, Louttre.B expose à la galerie Bernard Ceysson, à Paris et au Luxembourg, des peintures où le grand format lui permet de déconstruire les éléments formels du paysage en de violents assemblages de couleurs.

Il s'éteint le 6 Avril 2012 à Paris.


NB : L'ensemble des textes cités sont extraits de la page Louttre.B de la Galerie Bernard Ceysson.
Courtesy Galerie Bernard Ceysson


Retrouvez la video du film de Marc Christian (prod FR3 Reg) de 1976 Louttre.B entre le Père et la Terre, ici.
Le 29 octobre 1976
Rencontre avec Marc-Antoine BISSIÈRE, dit LOUTTRE, peintre, graveur et sculpteur, interviewé dans la maison familiale de Boissierette dans le Lot où son père, le peintre BISSIERE, prit sa retraite volontaire et laissa les signes de sa présence. Après nous avoir parlé de l'influence que son père a exercée sur lui, LOUTTRE nous livre sa conception de l'art, sa passion pour l'imagerie populaire et ses propres recherches artistiques. Dans le petit bois de chênes, près de la maison familiale, il nous présente une étrange sculpture de mégalithes, symbole de son désir inconscient de lutte contre l'angoisse de la disparition. Tantôt au volant d'un tracteur en train de transporter des pierres, tantôt dans son atelier, il poursuit toujours sa recherche picturale personnelle, colorée, ironique et amusée. Nous pouvons voir, entre autres, le plafond de la chapelle qu'il a décoré et de nombreux plans sur ses sculptures, peintures et gravures. 

Images d'archive INA /Institut National de l'Audiovisuel.


Et le film de 2013 de Loup Lebreton, son petit-fils Louttre.B à St Libéral là.


d'après le reportage de Corrèze-TV (2007) - image de Patrick Petit et Christine Jubertie.

jeudi 19 septembre 2013

Dentelle d'Eiffel

PARIS SUR QUAIS - Adine SAGALYN
Cinq compositions photographiques en mouvement à la station Franklin D. Roosevelt

Pour voir le film d'Adine Sagalyn, Dentelle d'Eiffel :   http://youtu.be/IGMRR36cCU8.


L’artiste photographe et plasticienne Adine Sagalyn, d’origine américaine, mène une expérience artistique avec la lumière comme matière, la ville comme sujet, l’innovation technique comme nécessité. Dans son nouveau projet, ‘Paris sur Quais’, projections numériques animées, ses compositions photographiques sont mises en mouvement comme dans un kaléidoscope. On perd ainsi de vue le cadre rectangulaire des photos pour découvrir à la place un univers en mouvement ludique et poétique. Cette démarche est d’autant plus étonnante qu’elle porte sur des éléments que nous pensions connaître : des lieux emblématiques de Paris, ainsi que des éléments du paysage urbain souvent ignorés car faisant partie intégrale de notre quotidien.

Les séquences sont diffusées sur 10 écrans, 5 sur chaque quais. Les reflets sur les portes palières en verre et sur les métros qui rentrent en station, créent l’effet d’une animation en 3 dimensions. L’univers visuels du quai en est complètement transformé.

Éphémère et intemporel, le Paris d’Adine Sagalyn se déploie et se redécouvre sous nos yeux, sur les quais du métro.

‘Paris sur quais ‘ comprend cinq séquences originales qui sont diffusées sur les Quais de la station Franklin D. Roosevelt depuis de février 2013 et seront diffusées à intervalles irréguliers tout au long de l'année 2013-14. Cette séquence "Dentelle d’Eiffel" est la deuxième de la série, commanditée par la RATP.

Premières séquences : “ À mon tour Eiffel ! “, “ Dentelle d’Eiffel “ .
Troisième : «  Vélogo », Quatrième : « Virevolte », Cinquième : « Métroviseur ».

Criss Cusson s'exporte

Criss Cusson  (RN 13) vous invite au Beishan Jazz Festival International 2013 , pour lequel il a réalisé les billets ... 

Ses grandes peintures " Le Bord du Monde " seront visibles du 21 septembre au 21 octobre au Beishan Theatre a Zhuhai City China. 

Il sera présent pour le vernissage le 26 sept a partir de 18 h ,Beishan Theatre, 57 Zhengjie , Zhuhai avenue, Nanaping Town , Zhuhai City, il vous y attend !

Annonce partage-atelier à Boulogne-Billancourt

"Nous souhaitons partager à trois un atelier de 100 m2 à Boulogne Billancourt , il nous manque un artiste, la participation de chacun est de 330 Euros. Appeler le 06 82 84 45 91".

lundi 16 septembre 2013

De Margerie chez Gimpel&Mùller


Ania Borzobohaty expose

Ania Borzobohaty expose avec l'Espace Meyer Zafra à la foire de Miami à partir du 3 décembre 2013.








Ania Borzobohaty expose à l'Espace Meyer Zafra
du 17 septembre au 18 octobre 2013
Espace Meyer Zafra 
4 rue Malher 75004 Paris  
www.espace-zafra.com


L’Espace Meyer Zafra présente l’oeuvre dans l’espace, une exposition réunissant Francisco Salazar et Ania Borzobohaty, 
deux artistes abstraits, géométriques et constructivistes qui ont dévoué leur travail à la fragmentation de la forme pure et à 
l’architecturation des phénomènes optiques. 

D’une part, Francisco Salazar, ancien élève de l’artiste Alejandro
Otero, s’intéresse depuis plus de cinquante ans aux phénomènes optiques. Son oeuvre, carrée, est dévouée à la lumière et à l’infinité des variations que produisent la confrontation des deux éléments du tableau: le blanc pur et le carton ondulé. 
Au-delà de son effet visuel, le travail de Salazar imprègne 
un récit conceptuel sur son matériau de prédilection qu’est 
le carton choisi par l’artiste pour sa banalité et pour l’élever 
ensuite à un domaine de l’esthétique, par ailleurs hors de sa 
portée préconçue; il annoblit la matière de façon à révéler 
le jeu omniprésent de la lumière et de l’ombre de sorte qu’il 
organise un élément libre et dynamique dans un système : 
la lumière et l’ombre sont étroitement juxtaposées afin de 
dévoiler les infinies variations produites et le champ de vision 
du spectateur. Le travail fusionne deux mesures du temps, 
mesure subjective, ou de la conscience du spectateur, et 
mesure monumentale emprise de la lumière naturelle. C’est
un travail qui se dévoile au spectateur comme une méditation, 
un travail phénoménologique qui se recrée et ne peut être 
compris perpétuellement qu’à partir de la prise de conscience
de chaque spectateur.

D’autre part, Ania Borzobohaty, jeune artiste d’origine
polonaise, dont l’oeuvre s’empare de plans, d’acier marié 
à de l’aluminium recouvert d’epoxy, parfois de plexiglas, ou 
encore holographiques. Elle les articule entre eux, ouvrant ainsi des espaces avec des éléments plus petits, parfois perforés, 
souvent pleins, perpendiculaires ou parallèles. 

Très architecturales, ces deux oeuvres prennent plaisir à décaler
la forme, à l’ouvrir ou à la fermer afin de potentialiser la force de sa construction. Sortir des supports traditionnels hérités de la Renaissance, tel est l’axe de recherche à la base du travail de Ania Borzobohaty et Francisco Salazar. 
Loin d’être ésotériques, les travaux de ces deux artistes 
que plusieurs générations séparent poursuivent le même 
esprit: l’esthétisation et la dramatisation de matériaux puis le 
déploiement des images associées à chaque œuvre. L’apparent 
ascétisme des formes cache en réalité la foison d’évènements 
visuels qui vont naître du déplacement du spectateur. La lumière 
fait vibrer les reliefs : ils se multiplient, les angles se déploient et les ombres mouvantes en tandem avec la lumière projetée donnent aux œuvres une dimension sur plusieurs octaves, de sorte que la pureté et la noblesse l’emportent sur l’expérience visuelle 

dimanche 15 septembre 2013

Robert Delafosse expose

"Naturalisme abstrait et figuration hors les normes" c'est sous ce titre que Robert Delafosse (RN 13) partage son exposition avec Philippe Tykoczinski du 5 au 27 octobre à la galerie La Source de  Fontaine-lès-Dijon.




4 rue de la Source -21121 Fontaine-lès-Dijon
Tél. : 03 80 58 13 03 • lasource.galerie@orange.fr

jeudi 5 septembre 2013

Scénario pour une comédie américaine

Il y a toujours quelque chose de réjouissant dans les histoires de faux, peut-être est-ce le sentiment du spectateur  devant un vaudeville ou celui d'un dénouement heureux après un suspens complice et cocasse et où la morale est sauve comme il se doit. Le faux en art c'est de la vraie fiction ... ou du moins que l'on pense-t-elle !

L'histoire du procès new-yorkais (en cours). que raconte Patricia Cohen et William Rashbaum dans le New York Times du 15 Août dernier est à la fois exemplaire et drôle :

F for Fake d'après Pollock... fin du XXe siècle
Pendant quinze ans, des faux des plus grands peintres de l'école de N.Y, De Kooning, Rothko, Kline ou Motherwell ont été vendus pour plusieurs dizaines de millions de dollars... Au total 63 tableaux peints dans un garage du Queen par un peintre inconnu, vendus pour 80 millions de dollars ! Le peintre dont l'identité n'est pas révélé, n'a d'ailleurs pas été inculpé. Il avait été élève dans une école d'art de Manhattan  et vendait son travail personnel sur les trottoirs de New York dans les années 90, quand il fut contacté par un couple de galeristes, travaillant sur le second marché à Chelsea le quartier branché de NY. Il était payé  de 5400 dollars à 7000 pour une peinture. Mais ce n'était pas lui qui imitait le dos des tableaux, les châssis faits selon les méthodes propres de chaque artiste, les étiquettes des expositions passées et des galeries anciennes collées au dos des toiles (neuves)... ni lui qui les vieillissait prématurément  avec la pluie, le soleil ou le froid ...
Les toiles ainsi préparées  étaient ensuite revendues, entre autres, dans une prestigieuse galerie  new yorkaise et historique de l'Expressionnisme Abstrait qui prétend aujourd'hui avoir été dupé par des aigrefins. Le pot aux roses fut finalement découvert quand un investisseur belge basé à Londres voulu revendre son Pollock, qui n'apparaissait dans aucun catalogue raisonné (et pour cause), et dont deux pigments après expertise étaient postérieurs aux années 70 !!!!!

La question reste entière, comment le petit monde de l'Art, ses connaisseurs, ses amateurs et ses professionnels, ont-ils pu se laisser berner par cette histoire de collectionneur oublié dont les héritiers voulaient conserver la discrétion et dont les tableaux apparaissaient à la commande  pendant quinze ans ?

F for Fake d'après Motherwell  - "Elégie"- début du XXI e siècle !















Un businessman new-yorkais, après avoir acheté un De Kooning (faux qu'il croyait vrai), souhaitait s'offrir une "petite élégie à la République Espagnole" de Motherwell. La galerie lui dit que c'était trop difficile à trouver, impossible... 6 mois plus tard , "La Petite Elégie" était devant lui... il ne l'acheta pas... La galerie fermait le trafic découvert et la toile soi-disante "de Motherwell" était toujours référencée dans un inventaire d'invendus !!!!

Robert Motherwell ne disait-il pas déjà dans les années 50 que l'accrochage dans un musée n'était qu'une histoire de vaudeville..  placard, amant, maîtresse et mari jaloux !

mardi 3 septembre 2013

A lire .. "La critique porte l'échec de la démocratisation culturelle"

Télérama publie le 26/08 une lettre ouverte intitulée : "Radicalité artistique versus démocratisation culturelle" de Bertrand Faivre d'Arcier sous le titre : "La critique porte l'échec de la démocratisation culturelle, selon l'ex-directeur du Festival d'Avignon".

Administrateur civil (HEC, Sc.Po, ENA) du ministère de la Culture, Bernard Faivre d'Arcier est le directeur du Festival d'Avignon de 1980 à 84, puis de 1993 à 2003. Il est président des Biennales de Lyon. 
Dans cette lettre, il dresse un constat sévère de l'échec de la démocratisation artistique dû à la connivence entre critique et institution :

"Car, en effet, pour apprécier les arts d’aujourd’hui, il faut être connaisseur. Les grandes manifestations artistiques comme les festivals ne sont pas uniquement des moments de convivialité (comme le sont tant de festivals de musiques actuelles). Il faut une solide motivation et quelques moyens financiers pour aller au contact des artistes contemporains. C’est bien d’ailleurs l’enjeu de l’éducation artistique et culturelle qui est déclarée premier souci du ministère de la Culture.

Mais d’un autre côté, les mêmes médias ne cessent d’appeler à la radicalité et au renouvellement des formes. Cette radicalité devient un concept en soi. Elle est d’ailleurs typique du monde occidental et de notre époque car ce n’est pas, de loin, un concept universel.

Cet appel à la radicalité fait d’ailleurs du critique le juge de celle-ci et renforce sa position et son pouvoir. Les directeurs artistiques sont alors sommés de concevoir des expositions radicales, de présenter des spectacles radicaux, de proposer des partis pris intransigeants sous peine d’être taxés d’ennui, de conservatisme, ou de « déjà vu », sentiments ressentis et exprimés par le critique."


"La critique parisienne, peut-on lire dans le préambule rédigé par Télérama à la lettre, est responsable d’une radicalisation de la création qui coupe parfois les artistes de leur public pour… mieux plaire à ces critiques justement, qui servent trop souvent de repères au ministère de la Culture quand il accorde ses subventions, nomme à la tête de ses institutions."