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jeudi 15 mai 2014

Marcel Bouqueton à la galerie Marie-Robin

Marie Robin expose dans sa galerie aux espaces multipliés par un agencement étonnant une vingtaine d’œuvres de Marcel Bouqueton. François Callu-Mérite a orchestré cet ensemble en sélectionnant soigneusement des œuvres importantes des années 50. 
Les premières toiles de l’exposition, de 1952, sont composées de larges aplats aux couleurs vibrantes articulées par un travail subtil des interstices où se mêlent des gris, des ocres et des noirs. Ces circulations savantes dans une géométrie souple intensifient le flamboiement des couleurs. Le raclage et le lissage des aplats au couteau laisse sur la toile une matière mince et intense sous laquelle se devinent d’autres passages. 


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Puis Marcel Bouqueton réduit sa palette à des ocres, des gris et des blancs animés de bleus et de rouges sourds suivant ainsi le conseil de Bissière : 
« Un ton n’est beau que quand il est suggéré. ». Il quitte le couteau pour reprendre le pinceau, les formes sont moins définies, la touche creuse l’espace. Sa peinture évolue alors vers un paysagisme abstrait qui perdurera jusque dans les années 60. Si la peinture de Bouqueton est incontestablement imprégnée des couleurs et de la lumière de l’Algérie, nous pouvons aussi admirer dans cette exposition quelques représentations abstraites de Peniscola, village espagnol où il allait travailler les mois d’été en compagnie notamment de Nallard, Maria Manton et Jean Sénac. 
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Marcel Bouqueton est né en 1921 en Algérie qu’il quittera en 1953. Il exposera notamment avec Nallard, Maria Manton, Jean de Maisonseul et Fiorini. Le critique d’art Roger van Gindertaël et le poète Jean Sénac le soutiendront avec constance. Il exposera au Salon des Réalités Nouvelles à partir de 1956. Son œuvre relève classiquement de la seconde école de Paris dans les années 50, puis évolue vers une figuration transposée. La palette restera toujours somptueusement travaillée chez ce coloriste né. Il reste encore certainement beaucoup à découvrir dans le travail de cet homme discret. Et notamment des compositions abstraites réalisées avec de lourdes pierres enduites de peinture à l’huile marquées sur des papiers. L’effet de la force de ces empreintes avec la fragilité du papier est subjuguant. 
A notre connaissance, cette importante et significative partie de l’œuvre n’a pas encore été montrée. Ses dernières expositions ont été présentées par la galerie 
Callu-Mérite et par la galerie Marie Demange. Il aura, à la fin de sa vie, connu un immense succès 
auprès des collectionneurs qui se sont arraché ses toiles dont les prix sont restés très modestes. La galerie Marie-Robin présente aujourd’hui sa première exposition personnelle depuis sa mort en 2006 à Fayence.
Virginie Duval


Galerie Marie-Robin 18 rue de Montmorency 75003 Paris
ouverture du mercredi au samedi de 14 h à 19 h et sur rendez-vous (06 80 26 74 04) 
métro Rambuteau ou Arts et Métiers, bus 29 38 47, parking Beaubourg.





Jusqu’au 15 juin.