Follow by Email

dimanche 23 mars 2014

Jérôme Benitta - Prix Arthur Piza 2014

Le jury du Fonds de Dotation Piza a décerné à l’unanimité le Prix Arthur Piza pour l’année 2013-2014 au peintre Jérôme Benitta.  Ce prix consiste en un voyage au Brésil.
Le peintre Jérôme Benitta dans son atelier 
- courtesy VD

Après des études d’environnement architectural, puis deux années à la Glacière, Jérôme Benitta a obtenu le diplôme national d’expression plastique (mention très bien) de l’Ecole des Beaux-Arts de Rennes en 2009. A cette époque on pouvait voir aux Réalités Nouvelles de grandes compositions qui portaient non seulement les caractéristiques de l’atelier de Martin Bissière – abstraites, touches franches, couleurs lumineuses – mais aussi de grandes plages sombres de brun lisse ou de vert éteint parfois coupés de traits à la bombe fluo. Son travail était déjà orienté vers un univers composite. Actuellement, un dessin noir, où le trait tient plus de l’entaille que de la trace du pinceau a fait naître un monde foisonnant difficilement contenu par les bords de la toile. Il procède de la bande dessinée, du tag, de la publicité, de la rue, le tout mêlé à une mythologie personnelle et à des bijoux égyptiens. Les figures s’enchevêtrent dans des damiers, se défont derrière des pyramides, s’ensevelissent dans des murailles grises aux reflets zinzolin. C’est déconcertant. On cherche la sortie. On ne peut pas : l’œil reste coincé au détour d’une feuille en forme de fer de lance qui troue un camaïeu de bleu d’une tendresse ahurissante, dérape sur le jaune hurlant des joues d’un lion-soleil, percute les ailes oranges d’une chauve-souris, s’accroche aux éclats d’un blanc laiteux des mâchoires d’une panthère hiératique. On ne veut finalement plus quitter ce voyage.

Parallèlement à la peinture, Jérôme Benitta sculpte de lourdes plaques de bois qu’il enduit de peinture noir brillant pour les presser sur des papiers jaunes. L’incision le taraude. Il travaille actuellement sur des dessins au trait d’une finesse minutieuse. Il va les tatouer.


Virginie Duval