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jeudi 9 mai 2013

Hommage à Knez, sculpteur des RN à Belgrade


L’Hommage à KNEZ (1923-1992) par Caroline Lee sculptrice.

Knez nous a quittés le 8 Mars 1992. Caractère fort, âme forte, un mélange d’inventivité, d’intellectualité et de spiritualité, liées par un humour distancié sur les êtres et les choses, il occupait une place unique dans le cœur de ses amis. La sculpture absorbait toutes ses forces vitales. Autant il était perfectionniste pour la sienne, autant il était attentif à celle des autres. Son sens des difficultés de l’état de sculpteur le rendait profondément généreux dans ses échanges avec ses confrères. La reconnaissance de son honnêteté et de son enthousiasme le fit appeler au comité des Réalités Nouvelles en 1973.

Radivoye Knezevic naquit à Belgrade en 1923 dans une famille d’universitaires. Très jeune, il suivit des cours de mathématique et de physique, ainsi que de peinture. Sa bipolarité scientifique et artistique a caractérisé sa vie de créateur.  Pendant la seconde guerre mondiale, l’occupant ayant fermé toutes les écoles, sauf les Beaux-Arts, ce fut tout naturellement qu’il entra à l’Académie de Belgrade, dont il fut diplomé en 1948. Il commença à exposer en 1951 à Belgrade et Novi-Sad.
Après un voyage d’étude en Italie en 1952, il s’installa en France en 1953 poursuivant  son étude de la peinture monumentale dans l’atelier de Ducos de La Halle à l’école des Beaux-Arts de Paris. En dehors de séjours en Yougoslavie, notamment pour le symposium de Véla-Lukà en 1970 et 1971, sa vie fut désormais liée à Paris.

Sa connaissance de la technique de la fresque, son intérêt pour les matériaux naturels rencontrés en Corse, où il se retirait pour peindre et vivre près de la mer qu’il aimait tant, l’amenèrent à abandonner la peinture figurative pour une expression abstraite informelle. Il composait alors des paysages poétiques rares : le sable, le cuivre, l’étain, le plomb, des clous étaient à la fois couleurs et formes de sa palette, devenue sombre et métallique. Peu à peu, ces matériaux provoquèrent la déformation des surfaces, chargeant les minces contreplaqués d’un volume bombé, en déformant le rectangle, menacé d’éclatement. 
Son engagement dans la sculpture était devenu inévitable.

De 1964 à 1967, Knez produisit une série de sculptures en bronze pour la galerie Michel Cachoux, utilisant la technique, toute nouvelle alors, du polystyrène perdu. En outre, il incorporait dans le bronze des cristaux bruts, des ammonites fossiles ou d’autres pierres rares, conférant à ses œuvres , ce sel particulier, dû à son aptitude littéraire. A partir de 1968, il ne cessa d’élargir sa technique du bronze, aux bois tropicaux, à l’acier inoxydable, pour enrichir des formes devenues plus organiques, mais qui dans le contexte abstrait qui était définitivement le sien.

Nourri du souvenir des tours isolées et des phares de la côte corse, des formations immuables du basalte, son intérêt se déplaça de l’organique à de l’architecturé, vers des paysages fortifiés, des donjons immobiles, construit par l’homme pour abriter sa méditation. Ce fut à Port-Bacarès en 1970, avec un totem en bois en bois d’Irocco de huit mètres de haut, que Knez s’épanouit dans la sculpture monumentale. Son aptitude pour la grande échelle se confirma quand il fut en 1971, co-lauréat du concours pour une fontaine monumentale, organisé par la Caisse des Dépôts et Consignations. D’autres commandes ont suivis, parmi les plus récentes en 1988-1990 : Pour France-Télécom, à Vitry Le paratonnerre, une colonne pour un groupe scolaire avenue de Choisy. Il n’a jamais interrompu sa participation aux expositions et aux  Salons. Certaines de ses oeuvres ou projets monumentaux ont été acquis par le Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris, le Musée Véla-Luka en Yougoslavie, le futur Musée du Dessin du Val-de-Marne. Il est également représenté dans des collections particulières en Europe et aux Etats-Unis.

Une vie de travail, dont les sculptures ont marqué comme des phares les étapes vers cette clarté éblouissante qui était au bout de la vision de Knez.
Caroline Lee.

Caroline Lee est une sculptrice américaine née en 1932 vivant à Paris. Knez était son homme.