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mardi 24 mai 2011

Jacqueline « Vladimir » Pavlowsky à la Galerie 53.

La Galerie 53, 53 rue de Seine Paris 75006 présente du 19 mai au 25 juin 2011 une exposition de Jacqueline « Vladimir » Pavlowsky intitulé « Abstractions 1955-1968 ».


Peintures en aplat, découpes emboîtées, trapèzes de couleurs vives broyées à la tempera qui en adouci la saturation comme pour chercher une irisation protectrice semblent former la première période de sa vie de peintre.
La clef - 1964


À partir du milieu des années 60, Jacqueline Pavlowsly signe ses toiles et dessins d’un pseudonyme masculin « Vladimir Khasarovitch », un double, son alter ego. Elle reprend alors ses toiles, les corrige et les resigne. Les titres de ces peintures sont de plus en plus sibyllins, comme des messages plein de désarroi et rempli de gravité : « Dans un grand désert le ballon barbe-raide et les deux petits juifs (1961-1967) ». Chez Jacqueline Pavlowsky se combine, comme l’écrit Françoise Monnin, « Le bonheur, d’avoir survécu à la guerre, et la rage, d’y avoir perdu des êtres chers, génèrent l’impossibilité de représenter des corps mais le désir d’en exprimer la trace. Des lignes barbelées, plus grattées que dessinées, résillent la surface des toiles, en formulent la relative résistance. Broussailles (1959) s’intitule l’une d’entre elles. Brisure (1962) puis Plénitude (1963) viendront ensuite, soit autant de « hiéroglyphes de la douleur », ainsi qu’écrit alors l’écrivain André Malraux, à propos des toiles de Fautrier. « Les lignes, nuance Pavlowsky, les formes se chanfreinent, se caressent, se choquent, se brisent et s’embrêchent. La lumière s’inquiète et souffre ».
 Jacqueline Pavlowsky, in cat RN 1971. Archives RN

Née en 1921 à Vincennes de parents juifs russes et polonais émigrés en France, elle poursuit après guerre en parallèle ses études de chimie, tout en se consacrant à la peinture. Personnage entier, attachant, « Indépendante, provocante, festive, elle vit librement. Cheveu court, complet veston, cigarette, silhouette intimide. » Dans les années 1950, elle accueille de jeunes étudiants allemands à qui elle fait découvrir Paris. Femme émancipée, d’une énergie farouche, qu’un accident de voiture, en 1965 condamne à une vie calme, à des gestes restreints. Elle travaille alors le papier, le froisse, le colle pour en faire livres-objets tel Le Livre du Ah (1965 – 1967). « J’explorais l’illogisme jusqu’au désarroi » note-t-elle. En 1971, apprenant le décès de sa fille, Pavlowsky met fin à ses jours. 
« L’âme peut basculer sous la chiquenaude d’un désir de néant »…


Jacqueline Pavlowsky, in cat RN 1967. Archives RN
Peinture poignante, et exemplaire qui montre l’aptitude de la peinture à témoigner de l’existence. Dans les années 50 elle est une de ses femmes-peintres avec Vieira da Silva, Ida Karskaya, Jeanne Coppel, Anna Shanon, Greta Sauer qui ayant survécu à la guerre, à la déportation choisisse l’abstraction comme mode d’expression alors qu’on accusait les peintres abstraits d’abandonner le regard sur le monde sous prétexte de délaisser la ressemblance. Les contradicteurs n’ayant pas compris que les peintres abstraits peignent l’Etre. Peintre de l’existentiel, dans le sens et le non-sens, suivant les mots de Maurice Merleau-Ponty :  « L’artiste assume la culture depuis son début et la fonde à nouveau. Il parle comme le premier homme a parlé et peint comme si l’on avait jamais peint. L’expression ne peut alors pas être la traduction d’une pensée déjà claire, puisque les pensées claires sont celles qui ont déjà été dites en nous-mêmes ou par les autres. La conception ne peut précéder l’exécution. »

« Il n’y a rien à expliquer, disait Jacqueline Pavlowsky, l’artiste doit s’assumer en totalité. En toute solitude jusqu’à l’incommunicable ».
Catalogue RN 1971

Durant les années 50 et 1960 Jacqueline Pavlowsky (1921-1971) expose régulièrement au Salon des Réalités Nouvelles et à la Galerie La Roue. En 1971 le Salon lui rend hommage en exposant trois toiles, « Peintures 13 x 5 cm 1970 », « L’un qui voit l’autre qui regarde le soleil , 1969 », « Vivre et Mourir, 1970 ». À cinquante ans, elle laisse une œuvre considérable qui est alors dispersée en deux ventes publiques. Aujourd’hui son travail est redécouvert et présenté par la Galerie 53, Paris.

Signature de dépôt de Jacqueline Pavlowsky dans cat 1967. Archives RN

Jacqueline « Vladimir » Pavlowsky, Galerie 53, 53 rue  de Seine, 75006 Paris. 14h30/18h30 du  mardi au samedi. Jusqu’au 25 juin 2011.

A voir aussi :
Jean-Pierre Brazs expose ses installations au Site du Fourneau, Saint-Hubert-Nassage en Belgique du 28 mai au 30 novembre et au Centre National des Arts de la Rue, le Citron Jaune, Domaine de la Palissade en France, du 1 juin au 16 septembre.






mardi 17 mai 2011

Hommage à Henri Prosi à la Galerie Lahumière.

Figure du Salon des Réalités Nouvelles, Henri Prosi nous a quitté durant l’été 2010.
Après l’hommage du Salon 2011, la Galerie Lahumière, 17 rue du Parc 75003 à Paris, présente du 20 mai au 30 juin 2011, une nouvelle occasion de voir le travail de ce peintre de l'abstraction géométrique qui fut au cœur de la période du Salon que Jacques Busse définissait comme celle de la « Permanence de l’Abstraction ».

Salon des Réalités Nouvelles 2011, Hommage à Henri Prosi


Domitille d’Orgeval écrit à son propos pour le présenter dans le cadre de l’exposition : « Homme de conviction, Henri Prosi s'est engagé dans la défense de l'abstraction géométrique au sein du Salon des Réalités Nouvelles avec la même rigueur et exigence que celle qu'il mit à l'œuvre dans son itinéraire pictural. Participant depuis 1984 à ce salon, il fut amené à y exercer un rôle plus conséquent quatre ans plus tard, lorsque André Stempfel, soutenu par Jacques Busse (qui avait été professeur d'Henri Prosi à l'école des Beaux-Arts de Nancy), le sollicita pour prendre en charge la section géométrique. Celle-ci, effectivement, au cours des années 1970-1980, avait vu sa part diminuée face à la pluralité des développements de l'art abstrait, bien que le salon puisât ses racines dans les abstractions constructives de l'entre-deux-guerres. Fort de son autorité et de son énergie, Henri Prosi redonna progressivement à l'abstraction géométrique l'importance qui lui incombait, en exigeant notamment que les artistes de cette tendance soient présentés dans une section séparée et distincte des autres. Sélectionnant attentivement les nouveaux exposants, endossant tour à tour le rôle de commissaire d'exposition, de transporteur comme de manutentionnaire, il déploya un dynamisme sans limites qui le conduisit à être nommé au début des années 2000 vice-président du salon. À cette date, l'abstraction géométrique, qui était défendue au sein du comité également par André Stempfel et Jacques Weyer, rassemblait au Salon des Réalités Nouvelles plus de 70 artistes de nationalités et de générations différentes. Leurs présences au Salon des Réalités Nouvelles témoignent de la permanence de l'abstraction géométrique qui, tout comme au siècle dernier, constitue une des tendances artistiques les plus fécondes de notre temps. »


Salon des Réalités Nouvelles 2011,
le peintre Saturo Sato devant deux toiles de Henri Prosi


Ajoutons que selon Henri Prosi, l'art de la fin du XXe siècle ce caractérise par l'incertitude. Cela induit une recherche continuelle de renouvellement «où l'instable et l'aléatoire ont une place de plus en plus important »*. Prosi propose lui une forme de stabilité par la volonté de pratiquer « un métier à l’aide des  éléments les plus simples, formes, surfaces, couleurs primaires ».* Dés les années 70, il utilise les combinaisons et les associations possibles de ces éléments plastiques, jouant avec l’espace de la toile, aussi bien en volume qu’en fragmentation. Les derniers travaux s’appellent « contours », « structures », « figures » où l’espace de la toile se répète par fractionnements orthonormés. Une réflexion ouverte bâtie sur la continuité, la persistance et la transmission…

* Les citations de Henri Prosi sont extraites de son texte de présentation dans le catalogue RN en ligne.
Les photographies de Nicole Guyhart.

mardi 10 mai 2011

Rétrospective Bernard Blaise, Danielle Lescot et abstractions new-yorkaises

Bernard Blaise expose au Musée de Vernon dans l'Eure, avec le Macy (Mouvement des Artistes Contemporains en Yvelines), dans le cadre de l’exposition « Silence de Bêtes, Paroles d’Artistes » du 7 mai au 13 Novembre 2011. Il sera présent le vendredi 13 mai pour la présentation de sa Rétrospective de l’été 2011 dans les Jardins du Manoir de la Bonnerie, 61500 à Essay. Enfin il est invité d’honneur  du 43e Salon des Arts de la Ville de Beaugency du 11 juin au 26 juin 2011.
Autant donc d’occasion de découvrir son travail de formes emboîtées qu’elles soient en pâtes de verres translucides, ou à la quête d’une géométrie déconstruite née du maillage d’un grillage flottant dans le cours d’une rivière dénommée ... la Blaise.
Vous pouvez aussi consulter sur son site quelques photos et vidéos de son travail qui jouent de la sculpture et de l’installation et constater son goût des mots qui semble tout droit sorti d’un univers qui n’est pas sans évoquer Lewis Caroll !

A lire aussi dans le numéro 377 d’Art Press d’Avril 2011, l’article de Gwenael Kerlidou - « LE TABLEAU : l'abstraction française et ses affinités ».
Peintre abstrait résidant à Brooklyn, Kerlidou y défend l’idée que la peinture abstraite française de la seconde école de Paris annonce et inspire la scène abstraite américaine contemporaine dépassant l’opposition classique avec l’école de New York. A lire donc ...

La sculpteur et céramiste Danielle Lescot et la peintre Véronique Pirlot, ouvrent leurs ateliers, le vendredi 27, samedi 28, dimanche 29 mai de 14h à 20h, 37 rue de Fécamp, 72012 Paris.
L'occasion de retrouver le travail construit de briques vernissées que l'on a pu voir au Salon et sur son site.


Enfin sur le site Hana Gumo de Marc Michiels vous pouvez retrouver la première de cinq interviews de photographes ayant exposés au Salon des Réalités Nouvelles cette année.  

mardi 3 mai 2011

Diane de Cicco au travail, trace sa route

Diane de Cicco expose à la galerie Peinture Fraîche 29 rue de Bourgogne – 75007 à Paris du 3 mai au 21 mai 2011, après son exposition "Traversée" à la  Galerie Kartner La Cardinale Paris, de mars à avril 2011.

Diane de Cicco pratique une abstraction gestuelle, généreuse et ample que l’on a pu voir au Salon 2011. L’écrivain et critique littéraire Michel Crépu de la Revue des Deux Mondes et du Masque et la Plume sur France Inter, et que nous ne savions pas si féru de peinture, a écrit une introduction à la peinture de Diane de Cicco « Storm », dont voici trois extraits qui retiennent notre attention:

En tout cas, ce qui frappe ici, c’est la constance de Diane de Cicco à aller chercher le tableau au-dedans de lui-même. Tel est le « brainstorming » : non pas une recherche de l’ « idée » fondatrice, ni même la recherche d’un quelconque signe qui serait envoyé du Dehors. Ici, tout arrive au contraire du Dedans, comme d’un cratère où les explosions ne préviennent pas. Suivant quel mot d’ordre, qui pourrait le dire ? Le peintre est là comme un sourcier qui tâtonne. Dans la peinture de Diane de Cicco, les choses ont partie liée avec la couleur, avec les mouvements de la couleur, comme on dit les mouvements de la marée. Pensons par exemple à cette explosion rose qui a l’air de gifler la toile ; pensons à ces brusques gestes d’effacement si paradoxalement affirmatifs : s’agit-il de protéger un mystérieux arrière-fond, ou bien au contraire s’agit-il d’attirer sur lui l’attention ?  Et encore, ces constellations brusques qui semblent nous prévenir d’on ne sait quel événement : il y a là une vitesse du geste, une façon de prendre de court les menaces qui pèsent, de conjurer un alourdissement possible de la matière. Il est bien curieux et très beau que l’espace pictural se mette ainsi à produire du temps pur : sauver les lourdeurs de l’espace par la vitesse du geste.  (…)

 Summertime - 2010 - Acrylique sur toile 180x180

Il y a là du danger, de l’imprévisible, de l’accident mystérieusement logique. Quand les choses viennent à se révéler d’elles-mêmes, le temps se transforme, la lumière n’est plus la même, le dieu n’est pas loin, nul ne connaît son nom. (…)

Et si tout à coup, telle grâce florale semble en jaillir comme un idéogramme de passage, on comprend bien que cette grâce est le résultat d’un combat d’arrière-fond, un combat de silence et d’atelier. Ce qui s’appelle, en somme : le travail."

Michel Crépu   

GALERIE PEINTURE FRAICHE - 29 RUE DE BOURGOGNE - 75007 PARIS
Tel : 01 45 51 00 85 - Mail : peinturefraiche@wanadoo.fr - Site : http:/www.galeriepeinturefraiche.fr/
EXPOSITION du 3 au 21 mai 2011
Du mardi au vendredi de 12h30 à 19h. Les lundis et  samedis de 14h à 19h