samedi 17 mai 2014

IVe RN Hors Les Murs à CHAUDES-AIGUES


Répondant à l'invitation du Centre d'Art Contemporain de Chaudes-Aigues présidé par Laurent Bout, Réalités Nouvelles présente une sélection d'artistes sous le commissariat de Jean-Pierre Bertozzi, Laurent Bout et Olivier Di Pizio du 28 juin au 30 Août à la Chapelle des Pénitents avec Mohamed AKSOUH, Milija BELIC, Jean-Pierre BERTOZZI, Joël BESSE, Bernard BLAISE, Ania BORZOBOHATY, Laurent BOUT, Jeanne CHARTON, Sandrine COIGNARD, Robert DELAFOSSE, Olivier Di PIZIO, Michel-Jean DUPIERRIS, Rémi FAVIER, Friederike GIMALAC, Leslie GREENE, Héloïse GUYARD, Jenny HOLLOCOU, Erik LEVESQUE, Pascal MAHOU, Christian MARTINACHE, Chantal MATHIEU, Jean NAVAILH, Roland OREPUK, Paola PALMERO, Adine SAGALYN, Paul SAMSOVICI, Jun SATO, Sato SATORU, Bogumila STROJNA, Sandrine THIÉBAUD-MATHIEU, Thierry THOMEN et Sophie VILLOUTREIX-BRAJEUX.

Cette exposition bénéficie du soutien de la ville de Chaudes-Aigues, du Conseil général du Cantal ainsi que du Ministère de la Culture et de la DRAC Auvergne.Vernissage le 12 Juillet 2014.


vendredi 16 mai 2014

Disparition de Jean-Claude Lahumière

Le marchand d'art Jean-Claude Lahumière, que nous savions gravement malade, s'est éteint la semaine dernière.  Depuis 50 ans, il défendait l'abstraction historique des Réalités Nouvelles (Cahn, Gorin, Herbin, Dewasne, Honegger,Magnelli,  Vasarely …) mais également des artistes actuels du salon comme Charles Bézie, André Stempfel 
Nous présentons ici, nos condoléances à sa famille, sa femme et sa fille qui continuent l'aventure de la galerie.

Hommage à Momcilo Milovanovic (1921 – 2013)

Probablement comme tout art, la sculpture n’est pas contenue dans son résultat. C’est d’abord une relation active avec la nature, la physis. C’est un métier manuel où la rigueur et l’habileté se conjuguent. La sculpture concrétise un rapport de forces, de forces authentiques. L’œuvre de Milovanovic nous fait bien toucher cette réalité-là. S’il cherche pour chaque objet une forme géométrique, c’est sans doute un mode de sacralisation simple qui indéfiniment lui semble la meilleure empreinte de l’Homme sur la Nature.
Il dresse des statues aux formes épurées, harmonieuses, des totems. On ne le remarque au début, mais les dessins, les lignes, les creusements, les saillies, apparemment, rien n’agresse, tout a trouvé son équilibre. Je me suis longtemps demandé se que signifiaient ce respect, cette absence de trouble, cette intemporalité. Je crois qu’en définitive, c’est une offrande. Ce n’est pas une manie de l’ordre. C’est un hommage discret, un salut. Les choses sont en place. L’homme a planté une œuvre élémentaire au milieu du monde. Rien n’est rompu. Tout demeure. Il offre ainsi un point de correspondance, de ralliement, de référence, dans un espace plus vaste, qu’il s’agisse d’un site pittoresque ou d’un ensemble urbain.

Y a-t-il un secret dans l’œuvre de Milovanovic? Sans doute, mais pas plus qu’en toutes choses, semble-t-elle témoigner. Elle nous donne des clés cependant. Mais les clés sont partout. Elle nous rappelle plus profondément que les serrures sont la vie elle-même, la matière même de la vie et il m’a fallu longtemps pour parvenir à la conviction que la matière dominait la sculpture, non point qu’elle l’écrasait, mais qu’elle la manifestait. La sculpture nous parle de la matière. Elle ne fait pas que l’utiliser comme langage. Elle nous renvoie à elle en silence. Et si la matière respire, nous nous interrogeons parfois comme amateurs sur notre propre respiration, ç son contact. Nous sommes alors à deux doigts de penser que la sculpture a manqué le message de l’Homme - vaniteux que nous sommes...
Par l’intervention humaine qu’elle suppose, la sculpture dispense un surcroît de sens humain. Elle n’a rien à perdre à livrer la vérité de son matériau, à la mettre à nu, à taire les artifices, les fioritures, à retrouver le galbe et le grain, renouvelés sous tous les angles par la patiente persévérance du sculpteur - celui-là même que des jeux apparents de répétition semblent avoir peu à peu effacé dans l’œuvre elle-même.
Cette dimension est bien au cœur de l’œuvre de Milovanovic, avec des déclinaisons, ses motifs inversés. Pourtant, pas de suite monotone, mais un ensemble, une articulation d’impression qui font un tout et c’est avec une force déconcertante que les masses, les unités, s’imposent, comme si les sculptures étaient vouées aux volumes qu’elles occupent, aux proportions qu’elles ont prises. Avec Milovanovic, nous comprenons qu’il y a une justesse à chaque échelle.
C’est ainsi : Milo n’a pas besoin de tourmenter la matière d’idées “originales”. S’il y a une pensée chez lui, elle est faite de petits riens, dénués de toute prétention. C’est d’abord l’accord de l’Homme avec la nature. La visée de l’artiste est d’accueillir ce qu’il transforme. Et c’est sans avoir l’air que les sculptures de Milo se gravent comme des emblèmes dans notre imaginaire et nous gardons en mémoire leur silhouette, leurs traits, leurs masses, comme s’il s’agissait d’un peuple familier qui doit habiter nos lieux.
Avec Milovanovic, on ne peut pas fuir, on ne peut pas élucubrer. Il n’y a pas d’espace pour l’anecdote. Il n’y a pas non plus de refus, de protestation, d’extravagance. On sent la poigne ferme du sculpteur. On sent la présence simple de l’objet. Et tant pis pour nous si nous ne savons plus admettre l’art qu’à condition d’épater le bourgeois et de spéculer sur l’éphémère! Et tant pis pour nous si nous ne savons plus considérer l’artiste comme un membre de notre communauté, sans avoir besoin d’étrangler quelques sottises entre deux petits fours ! Viennent ceux, nombreux viennent ceux qui savent s’asseoir sur un banc à la promenade du soir, qui regardent leurs semblables sans ciller. Toute en poursuivant leurs paisibles conversations, ceux-là jetteront un regard tranquille sur l’orbe ou le monolithe que Milo aura déposé dans un jardin public, dans la cour d’une école ...
Christian ROBLIN

jeudi 15 mai 2014

Marcel Bouqueton à la galerie Marie-Robin

Marie Robin expose dans sa galerie aux espaces multipliés par un agencement étonnant une vingtaine d’œuvres de Marcel Bouqueton. François Callu-Mérite a orchestré cet ensemble en sélectionnant soigneusement des œuvres importantes des années 50. 
Les premières toiles de l’exposition, de 1952, sont composées de larges aplats aux couleurs vibrantes articulées par un travail subtil des interstices où se mêlent des gris, des ocres et des noirs. Ces circulations savantes dans une géométrie souple intensifient le flamboiement des couleurs. Le raclage et le lissage des aplats au couteau laisse sur la toile une matière mince et intense sous laquelle se devinent d’autres passages. 


phVD
Puis Marcel Bouqueton réduit sa palette à des ocres, des gris et des blancs animés de bleus et de rouges sourds suivant ainsi le conseil de Bissière : 
« Un ton n’est beau que quand il est suggéré. ». Il quitte le couteau pour reprendre le pinceau, les formes sont moins définies, la touche creuse l’espace. Sa peinture évolue alors vers un paysagisme abstrait qui perdurera jusque dans les années 60. Si la peinture de Bouqueton est incontestablement imprégnée des couleurs et de la lumière de l’Algérie, nous pouvons aussi admirer dans cette exposition quelques représentations abstraites de Peniscola, village espagnol où il allait travailler les mois d’été en compagnie notamment de Nallard, Maria Manton et Jean Sénac. 
ph VD



Marcel Bouqueton est né en 1921 en Algérie qu’il quittera en 1953. Il exposera notamment avec Nallard, Maria Manton, Jean de Maisonseul et Fiorini. Le critique d’art Roger van Gindertaël et le poète Jean Sénac le soutiendront avec constance. Il exposera au Salon des Réalités Nouvelles à partir de 1956. Son œuvre relève classiquement de la seconde école de Paris dans les années 50, puis évolue vers une figuration transposée. La palette restera toujours somptueusement travaillée chez ce coloriste né. Il reste encore certainement beaucoup à découvrir dans le travail de cet homme discret. Et notamment des compositions abstraites réalisées avec de lourdes pierres enduites de peinture à l’huile marquées sur des papiers. L’effet de la force de ces empreintes avec la fragilité du papier est subjuguant. 
A notre connaissance, cette importante et significative partie de l’œuvre n’a pas encore été montrée. Ses dernières expositions ont été présentées par la galerie 
Callu-Mérite et par la galerie Marie Demange. Il aura, à la fin de sa vie, connu un immense succès 
auprès des collectionneurs qui se sont arraché ses toiles dont les prix sont restés très modestes. La galerie Marie-Robin présente aujourd’hui sa première exposition personnelle depuis sa mort en 2006 à Fayence.
Virginie Duval


Galerie Marie-Robin 18 rue de Montmorency 75003 Paris
ouverture du mercredi au samedi de 14 h à 19 h et sur rendez-vous (06 80 26 74 04) 
métro Rambuteau ou Arts et Métiers, bus 29 38 47, parking Beaubourg.





Jusqu’au 15 juin.









mercredi 14 mai 2014

vendredi 9 mai 2014

Morituri te salutant

C'est avec tristesse et gravité que nous saluons le Salon de Mai (1943-2014), qui fut compagnon de cordée des Réalités Nouvelles pendant de nombreuses années. Le Salon de Mai s'arrête dimanche 11 Mai 2014, Espace Commines, Paris.

Dernier message en forme de testament sur une histoire et une époque :

Le Salon de Mai s'arrêtera en 2014.

Il ne meurt pas. Il se retire simplement d'un champ artistique qui ne laisse guère d'espace, dans tous les sens du terme, à la mission que les artistes rassemblés par Gaston Diehl il y a 67 ans s'étaient donnée: mélanger toutes les générations et les expressions dans ce qu'ils considéraient comme le meilleur à exposer.Son histoire témoigne de sa pertinence et de son dynamisme. Mais, vertueux ou non, un salon est un organisme vivant, sensible au bonheur d'une époque comme à sa dureté, et les années que nous vivons sont cruelles à ceux qui veulent échapper au spectacle permanent de la promotion et de la "starisation" événementielles et aux contraintes financières.
Le salon a témoigné de son époque avec la générosité et la sensibilité des artistes exposants et de ses comités successifs. Son retrait témoigne d'une façon évidente de notre temps.
Notre mission se termine. Nous ne regrettons rien.

Le 64ème et dernier SALON de MAI se tiendra à l'Espace Commines (75003 Paris)
du 6 au 11 mai 2014. Ouverture de 14 h à 20 h, entrée libre.

Ce sera un salon particulier. Il rendra hommage à ceux et celles qui ont contribué à sa renommée et qui continuent leur activité artistique aujourd'hui: les artistes qui ont été membres du Comité et les exposants "fidèles" du Salon de Mai.
Il rendra symboliquement hommage aux 5 000 artistes qui ont montré leurs oeuvres au cours de ces 67 ans et à tous les visiteurs qui les ont soutenus par leur présence.

VIVE LE SALON DE MAI.

Le comité du SALON de MAI
Patrick Devreux, Marc Giai-Miniet, Evelyn Gerbaud, Ayako David-Kawauchi, Joël David, Sylvie Giai-Miniet.

Février 2014


Espace Commines
17, rue Commines 75003 Paris
Métro Filles du Calvaire
du 6 au 11 mai 2014 de 14h à 20 h
entrée libre




mercredi 30 avril 2014

Un message de Anna et Richard van der Aa

P a r i s C O N C R E T
l'avenir - the future

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Chers artistes, amis et followers, (please scroll down for English)

Après une expérience réussie de cinq ans, nous avons pris la difficile décision de fermer l'espace ParisCONCRET. Il est tout simplement temps de retrouver nos soirées et week-ends pour nos propres projets.
Notre motivation initiale était d'encourager un dialogue international entre les artistes qui travaillent dans le domaine non-objectif, et c’est une grande satisfaction d’y avoir contribué.
ParisCONCRET Projects continuera d’organiser de temps en temps des expositions dans divers espaces. Nos coordonnées et l’adresse du site web restent inchangés.
Le vernissage de la dernière exposition au 5 rue des Immeubles Industriels se tiendra le samedi 7 juin 2014. Nous espérons que vous nous rejoindrez pour cet événement où nous lancerons un catalogue qui receuillera les nombreuses conversations visuelles qui ont eu lieu depuis janvier 2009.
Nous voulons profiter de cette occasion pour vous remercier tous d’avoir fait partie de cette histoire.

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Dear artists, friends and followers,

After five successful years we have made the difficult decision to close the ParisCONCRET space. It is simply time to reclaim our evenings and weekends for our own projects.
Our initial motivation was to encourage an international dialogue amongst artists working in the non-objective domain and it has been satisfying to see the outworking of this.
ParisCONCRET Projects will continue to organise exhibitions in various locations from time to time. Our contact details and website address will remain the same.
The final exhibition at 5 rue des Immeubles Industriels will open on Saturday 7th of June. We hope you will join us for this event where we will launch a catalogue documenting the many visual conversations which have taken place since January 2009.
We’d like to take this opportunity to thank you all for being part of the story so far.

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Warm regards/bien amicalement,
Anna & Richard van der Aa
 

vendredi 18 avril 2014

Jean-Pierre Bertozzi, Erik Levesque, Olivier di Pizio, Xing Qian Ye

Les toiles de Jean-Pierre Bertozzi, Erik Levesque, Olivier di Pizio et Xing Qian Ye seront présentes à Pékin pour la foire d'art contemporain Asia Art Expo à partir du 8 Mai prochain,  au Musée Art Yan Huang de Pékin, puis Xing Qian et Joelle Ye les emportent en tournée pour 8 mois en Chine,  puis à Beijing 79, Institut des Beaux-Arts de Tianjin,  puis à Shangai, Hongkong enfin en Afrique du Sud… en un mot  le Grand YE Tour 2014/15 !








lundi 7 avril 2014

In memoriam Alan Davie





Une video d'un des compagnons de route écossais des Réalités Nouvelles…. en anglais !


dimanche 6 avril 2014

Exposition CARREMENT


Belic ∙ Bensasson ∙ Besse ∙ Bézie ∙ Clolus ∙ Lovric ∙ Orépük ∙ Peugeot ∙ Satoru ∙ Strojna ∙ Weyer


Exposition du 12 au 27 avril 2014
Vernissage le mardi 15 avril 2014 de 18h à 21h
Ouverture tous les jours de 14h à 19h


Milija BELIC, Roger BENSASSON, Joël BESSE, Charles BÉZIE, Michel CLOLUS, Mirko LOVRIC, Roland ORÉPÜK, Christiane PEUGEOT, Sato SATORU, Bogumila STROJNA et Jacques WEYER revisitent l’héritage intellectuel et plastique de l’art construit, l’art concret et l’art minimal. Le vocabulaire visuel composé des formes géométriques élémentaires se voit enrichi par une approche originale et une touche personnelle. Les espaces musicaux se confondent avec les rythmes mathématiques, les équilibres et les symétries côtoient les dissonances dans une chorégraphie qui a pour fonction de créer des décalages et des instabilités. On est dans un univers poétique, où les tableaux et les objets ont pour caractéristique de dérouter nos regards, même partant des matériaux les plus ordinaires et des formes les plus simples. Basé principalement sur le carré et la ligne droite, qui ont toujours été compris comme un symbole du spirituel et qui risquent de devenir l’expression ultime de notre nouvelle ère numérique, passant aussi par le pouvoir émotionnel de la couleur, cet art rigoureux, audacieux et réductif est en quête permanente d’un langage autant universel que particulier, d’un espace vierge source de toute forme et de toute sensation, d’un lieu où se manifeste la plénitude de l’être, l’essence de l’existence, d’une image fidèle à un rêve, inachevé, de l’absolu.

Espace Christiane Peugeot
62 avenue de la Grande Armée
75017 Paris

M° Argentine / Porte Maillot
Tél. 01 45 74 32 53
www.espacechristianepeugeot.org

Une tribune de Milija BELIC

L’ART GÉOMÉTRIQUE : EST-IL MAL AIMÉ 
(OU MAL COMPRIS) EN FRANCE ? 

Bien que les manifestations du même genre (expositions, salons, biennales) se multiplient ces derniers temps, une question persiste : l’Art Géométrique est-il mal aimé, ou plutôt mal compris, en France ? 
Les admirateurs, sensibles à cet art réduit aux figures régulières et aux signes qui ne sont pas étrangers aux esprits mathématiques, ne manquent pas, mais ce public averti reste très minoritaire. Déjà l’Abstraction, en tant que mouvement avant-gardiste le plus radical, a eu du mal à être apprivoisé. Quelques rares artistes qui ont œuvré dans ce sens entre les deux guerres ont tardé à être reconnus et surtout compris. On a dû attendre l’an 2010 pour que le MNAM consacre une rétrospective d’envergure à l’un des pionniers de l’Art Géométrique, Piet Mondrian, qui a pourtant bien développé son art à Paris, sa nouvelle plasticité, avant de partir pour les Etats Unis en 1938.

Il y a aujourd’hui très peu de galeries en France consacrées à l’Art Géométrique, à l’Art Construit, à l’Art Concret : la Galerie Denise René, dont le rôle dans l’intégration de l’Art Géométrique et Cinétique est déjà reconnu historiquement, la Galerie Lahumière, la Galerie Gimpel&Müller, la Galerie Cour Carré ou l’espace ParisCONCRET, tous situés à Paris. Et bien que les collections des Musées Nationaux possèdent des œuvres de l’Art Géométrique, ces oeuvres ne sont pas présentées de manière à susciter une idée de l’importance de ce mouvement, devenu depuis longtemps une référence historique. De plus, à l’exception de l’Espace de l’Art Concret à Mouans-Sartoux (Donation Albers-Honegger), aucun musée en France, ni aucune institution, n’est consacré entièrement à l’Art Géométrique, comme c’est le cas en Allemagne (Musée d’Art Construit à Ingolstadt, ZKM à Karlsruhe), en Suisse (Museum Haus Konstruktiv à Zürich), en Hollande (Mondriaanhuis - Museum voor Constructieve en Concrete Kunst à Amersfoort), aux Etats Unis (Museum of Geometric and Madi Art à Dallas) ou au Japon (Musée Satoru Sato de Tome), pour ne citer que quelques exemples. Est-ce que la volupté baroque et les délices de la légèreté de l’être - même quand cette légèreté est « profonde » -  bien enracinés dans la tradition française, l’emportent toujours sur la rigueur, la sobriété et l’austérité de l’œuvre géométrique?  Pourtant, dans le même temps, la nouvelle ère numérique nous a habitués à observer le monde à travers les chiffres et nous a également familiarisés avec la panoplie du virtuel composée principalement de figures géométriques.

Il existe actuellement, chez les adeptes de l’Art Géométrique, en dehors d’un écho lointain de l’enseignement de l’école du Bauhaus, une nouvelle sensibilité, une ouverture d’esprit qui cherche à s’exprimer dans les arts plastiques, l’architecture ou le design, en réunissant aussi bien les pouvoirs émotionnels que les données scientifiques, et en menant inéluctablement vers l’œuvre, tant rêvée, d’un art total. L’art a depuis longtemps dépassé le besoin de représenter les choses. Il crée un univers propre à lui. Les outils géométriques ne sont que les moyens spirituels pour construire ce nouveau monde. L’intelligence des sens ne doit pas nécessairement passer par les mécanismes rationnels. Les objets géométriques ou mathématiques les plus abstraits peuvent devenir la source des émotions esthétiques les plus nobles.  

Dans la richesse de la scène artistique en France, il semble que l’Art Géométrique n’ait pas encore la place qu’il mérite. Puisse la présente exposition combler en partie ce manque et offrir un vrai sujet de réflexion.


Milija BELIC


Commissaire de l’exposition « Carrément » 
Exposition du 12 au 27 avril 2014
Vernissage le mardi 15 avril 2014 de 18h à 21h    

mardi 1 avril 2014

"Les 10 Gagas" aux Réalités Nouvelles 2014 !

Performances et nouvelles technologies percutent le salon 2014 et les pratiques artistiques de l'Abstraction au sein des Réalités Nouvelles. Le salon des Réalités Nouvelles se met à l'heure du lifestyle et du normcore. Et nec plus ultra le fooding fait son coming in pour un automne qui s'annonce décoiffant. 
Explications : 

Un collectif d'artistes confirmés, issu du salon a demandé à exposer cette année au Salon des Réalités Nouvelles sous l'acronyme : "Les 10 Gagas"Ces artistes abstraits dont on ne connaissait pas, avouons-le, jusqu'à ce jour ni le goût ni l'admiration qu'ils vouaient à la divine Lady Gaga veulent rendre hommage à la reine arty de Twitter. On ne présente plus la talentueuse chanteuse pop autodestroy et postpunk qui collabore avec le sémillant sculpteur kitch Jeff Koons,  celle qui se met à nue pour la performeuse Marina Abramovic, ou qui est mise en scène par le démiurge du théâtre contemporain Robert Wilson, dont on a pu admirer la collaboration avec la star au Louvre en décembre dernier. 
D'âge canonique, ces "little monsters" des RN veulent rendre hommage à l'icône pop de la culture globale qui cite si souvent les artistes d'art contemporain et de créateurs de mode dans ses clips comme "Bad Romance" ou "Eh eh" ou encore "RARARARA AAA" et aujourd'hui G.U.Y

Il y eut de nombreux débats dans la communauté RN. 
Devait-on accepter ? 
Et si oui, pourquoi Lady Gaga et pas Madonna ? Débats houleux, voir clivants, Lady Gaga est-elle vraiment abstraite ?  
Certains étaient vraiment contre, la concevant comme purement figurative, voir un "fake". A la limite Madonna, passe encore mais Lady Gaga… Les opposants ont voulu démissionné, avant de se raviser face à la question théorique si pertinente - oui si pertinente - que ce collectif d'hipsters posait de la nouvelle monstration de l'abstraction dans son contexte glamour. 
La proposition a donc été accepté à l'unanimité moins une voix qui voulait rendre hommage à Orlan ! 

On annonce même la reprise de la performance de la gracieuse artiste anglaise Millie Brown qui vomit la couleur (au lait) sur le carré blanc sur fond blanc, toute de noir vêtue sur ses talons aiguilles hype. Une performance haute en couleurs, qui questionnera la relation heuristique de la place de la femme dans la pertinence du regard machiste dans la pratique de l'abstraction expressionniste gestuelle et la persistance de l'expressionnismuskeit dasein !

Autre innovation, la restauration du salon est-elle même totalement repensée, un fooding jeune, cool remplira les assiettes de caviar Béluga des Andes servi sur leur lit d'algues de Malaisie en chemise. On annonce également des émincés de truites de Transnitrie dans leurs sauces au vert servies avec leurs ribouldingues de saison qui joueront à n'en point douter du sucré et du salé, du cuit et du cru, le tout servi par les artistes du salon. Les vins de Pomeranie occidentale accompagneront ces plats fins et raffinés que le chef international ouzbek Ayri Xlayvaëck a promis de nous servir. 

C'est un véritable plaisir d'esthète post-structuraliste qui nous attend au salon 2014 au Parc FloralEt, last but not least, le clou de cette mise à jour du salon dans le bois de Vincennes, devrait être l'élégant robot de l'artiste américain Jordan Wolfson qui devrait ouvrir la danse pour le soir du vernissage !


C'est sans aucun doute une annonce des plus sidérantes de ce début de XXIe siècle dans l'histoire du salon parisien de l'Abstraction qui n'arrête pas, on le voit de se rajeunir, mais où s'arrêteront-ils ?


Oläf Arsse




mercredi 26 mars 2014

Jean Dewasne chez Lahumière à Art Paris

Pour faire écho à l’exposition organisée par le Musée Départemental Matisse au Le Cateau-Cambrésis sur l’œuvre de Jean Dewasne « La couleur construite. De l’antisculpture à l’architecture» du 22 mars au 9 juin 2014, le thème de la Galerie Lahumière à Art Paris cette année est ‘Autour de Jean Dewasne’.

« La production de Jean Dewasne est jalonnée de nombreux chefs-d’œuvre figurant d’ores et déjà au chapitre des œuvres-phares de la seconde moitié de XXème siècle : « Apothéose de Marat » (1951), « Tombeau d’Anton Webern » (1952), « La longue marche » (1968), « Habitacle rouge » (1972), « Jet-Underground » (métro de Hanovre, 1975). Il est au sommet de son art avec les Quatre Murales de la Grande Arche de la Défense en 1985, esquisse, bien avant l’échéance, de la geste artistique du millénaire futur par leur monumentalité visionnaire. Aujourd’hui qu’elle offre tout son déroulement à notre mémoire, la carrière de Jean Dewasne semble ne s’être accomplie que sous le signe d’une interrogation fondamentale et persistante : « Comment faire évoluer l’art abstrait ? ».
Extrait d’un texte de Patrice Deparpe, commissaire de l’exposition au Musée Matisse

Série des 'Antisculptures' est ainsi nommée par l'artiste en référence à ses recherches sur la peinture plane appliqué à des formes courbes. Au départ Jean Dewasne utilisait des carrosseries de voitures et camions puis comme cette oeuvre des carénages de motos. Le nombre d’œuvres avec des carénages de moto est assez modeste, nous en avons recensé environ une dizaine.

En parallèle à la galerie vous pouvez visiter l’exposition en cours « Poids et mesures » dessins de sculpteurs et sculptures exposition qui regroupe les artistes suivants : Bauduin, Etienne Béothy, Jean-Gabriel Coignet, Nathalie Delasalle, Emile Gilioli, Jean Gorin, Timo Nasseri, Denis Pondruel et André Stempfel.

Hors les murs deux expositions à visiter absolument : « Vasarely – Die Wiederentdeckung des Malers » au Haus Konstruktiv à Zürich, Suisse du 27 février au 18 Mai

English Version

In response to a show being organized by the Musée Matisse in Le Cateau-Cambrésis on the work of Jean Dewasne, titled Couleur Construite: From Anti-sculpture to Architecture (March 22 – June 9, 2014), at Galerie Lahumière the Art Paris fair this year will adopt the theme of “On and Around Dewasne.”

“Dewasne’s oeuvre contains numerous masterpieces already recognized as key works of the latter half of the twentieth century: The Apotheosis of Marat (1951), The Tomb of Anton Webern(1952),The Long March (1968), Red Abode (1972), and Jet-Underground (Hanover Subway, 1975). His art reached a zenith in 1985 with Four Murals for the Grande Arche de la Défense outside Paris, whose visionary monumentality was an early pointer to future millennial practices. Dewasne’s career, now that our memories can encompass it all, seems to have pivoted around a crucial, persistent question—“How can abstract art go forward?”
Excerpted from an article by Patrice Deparpe, exhibition curator, Musée Matisse

The serial so called ‘Antisculptures’ by the artist is a reference to his researches on colour fields above curbed surfaces. To start Jean Dewasne employed coachworks from cars and trucks and then, as this work, fairings of motorcycles. These motorcycles fairings are part of a small production in Jean Dewasne’s work, we found out about 10 pieces.

In the meantime at the gallery you may visit our current exhibition Weights & Measures – Sculptors’ Drawings and Sculptures a group show with the following artists : Bauduin, Etienne Béothy, Jean-Gabriel Coignet, Nathalie Delasalle, Emile Gilioli, Jean Gorin, Timo Nasseri, Denis Pondruel et André Stempfel.

Outside our walls an exhibition to visit absolutely :
« Vasarely – Die Wiederentdeckung des Malers » at Haus Konstruktiv in Zürich, Switzerland until May 18th.





dimanche 23 mars 2014

Jérôme Benitta - Prix Arthur Piza 2014

Le jury du Fonds de Dotation Piza a décerné à l’unanimité le Prix Arthur Piza pour l’année 2013-2014 au peintre Jérôme Benitta.  Ce prix consiste en un voyage au Brésil.
Le peintre Jérôme Benitta dans son atelier 
- courtesy VD

Après des études d’environnement architectural, puis deux années à la Glacière, Jérôme Benitta a obtenu le diplôme national d’expression plastique (mention très bien) de l’Ecole des Beaux-Arts de Rennes en 2009. A cette époque on pouvait voir aux Réalités Nouvelles de grandes compositions qui portaient non seulement les caractéristiques de l’atelier de Martin Bissière – abstraites, touches franches, couleurs lumineuses – mais aussi de grandes plages sombres de brun lisse ou de vert éteint parfois coupés de traits à la bombe fluo. Son travail était déjà orienté vers un univers composite. Actuellement, un dessin noir, où le trait tient plus de l’entaille que de la trace du pinceau a fait naître un monde foisonnant difficilement contenu par les bords de la toile. Il procède de la bande dessinée, du tag, de la publicité, de la rue, le tout mêlé à une mythologie personnelle et à des bijoux égyptiens. Les figures s’enchevêtrent dans des damiers, se défont derrière des pyramides, s’ensevelissent dans des murailles grises aux reflets zinzolin. C’est déconcertant. On cherche la sortie. On ne peut pas : l’œil reste coincé au détour d’une feuille en forme de fer de lance qui troue un camaïeu de bleu d’une tendresse ahurissante, dérape sur le jaune hurlant des joues d’un lion-soleil, percute les ailes oranges d’une chauve-souris, s’accroche aux éclats d’un blanc laiteux des mâchoires d’une panthère hiératique. On ne veut finalement plus quitter ce voyage.

Parallèlement à la peinture, Jérôme Benitta sculpte de lourdes plaques de bois qu’il enduit de peinture noir brillant pour les presser sur des papiers jaunes. L’incision le taraude. Il travaille actuellement sur des dessins au trait d’une finesse minutieuse. Il va les tatouer.


Virginie Duval