mercredi 11 juin 2014

Le cinéma peut-il être abstrait ?

Interrogation (autour et) avec l'abstraction dans le dernier film de Jean-Luc Godard "Adieu au Langage". Les questions de la nature de l'image ayant toujours taraudé JLG : "qu'est ce qu'une image ? qu'et ce qu'une bonne image ? qu'est qu'une image juste ?" et les problèmes de la peinture (De Stael dans Pierrot le fou, Cézanne) ... par celui qui fut un critique acerbe du salon des Réalités Nouvelles et de l'abstraction ... la peinture renonce à être elle-même écrivait-il dans Arts dans les années 50…. Couleurs saturées, contrastes exagérés et simultanés, formes cassées, effets informels, déréglage volontaire de la correction gamma, sur/sous-exposition alternée, 3D explosée,  le grand broyage des codes de l'Image… Un film apologie de la peinture, langage cinétique et métaphore 

Bande-Annonce officielle : combien de citations de peintres saurez-vous reconnaître ? Grand Nu descendant l'escalier ? Ciel ? Tache ? De Stael ? Duchamp ? Cézanne ? Courbet ? Mathieu ? Hartung ?...

Extrait de l'interview donné à Philippe Dagen et Franck Nouchi dans le Monde du 10 Juin 2014 :
Jean-Luc Godard : « Le cinéma, c'est un oubli de la réalité »

PD/ FN : Dans Adieu au langage, à un moment, il y a une boîte de couleurs, de l'aquarelle. Faut-il en déduire que, pour vous, peindre, c'est un des derniers langages qui existent ?
JLG : J'avais fait cela en espérant que quelqu'un, pour lui-même, penserait qu'il y a là quelqu'un qui a un encrier et de l'encre – le noir, l'impression –, et puis, de l'autre, il y a une boîte de couleurs. Penserait que, d'un côté, il y a le texte, et de l'autre, l'image. Ici, si on était tous les deux, je prendrais plutôt une boîte de couleurs, et puis, vous, je vous laisserais l'encrier. Les gens me demandent ce que ça veut dire. Moi, je filme un état de fait.
PD/ FN : Dans les « Cahiers du cinéma », vous aviez interrogé Robert Bresson sur l'importance de la forme. La première chose qu'il vous a dite, c'est : « Je suis peintre »…
JLG : Il était peintre, oui. Je n'ai jamais vu ses peintures. (…) J'aime utiliser l'image de plonger et de remonter à la surface. On part de la surface et on va au fond. On remonte ensuite… Des choses comme ça…
PD/ FN : Pialat aussi avait pensé qu'il allait devenir peintre…
JLG : Son Van Gogh est un très très beau film. Le seul, sans doute, qu'on ait pu faire sur l'art. Je n'aime pas tout chez lui, et puis il était difficile de caractère. Souvent, quand les cinéastes essaient de filmer les peintres, c'est une catastrophe ! (…) C'est l'histoire de la nature et de la métaphore. La métaphore n'est pas une simple reproduction, une image, c'est autre chose.
PD/ FN : Dans le film, à de nombreuses reprises, vous faites des expérimentations techniques sur l'image. Ce que font les artistes vidéo, ça vous intéresse ? 
Bill Viola, vous allez le voir au Grand Palais ?
JLG : Non, je déteste. Tout comme Bob Wilson. C'est du scénario. Du texte écrit, mis en image, souvent brillant…







mardi 10 juin 2014

RN invité d'honneur de AAA à New York

AAA - American Abstract Artists , l'Association d'Artistes Abstraits new yorkais a invité une délégation du Salon des Réalités Nouvelles, pour  son exposition annuelle qui cette année  se tient à la Slideshow Gallery du 17 Juin au 13 Juillet.  AAA rend hommage à leur président honoraire Leo Rabkin (95 ans) dont plusieurs vidéos (en anglais) peuvent être vu sur vimeo. Né en 1919, il fut un proche de William Baziotes (RN 1948).
A l'invitation du président de AAA, Dan Hill.  Olivier di Pizio, président des RN, Erik Levesque, Bogumila Strojna et Richard Van der Aa membres du comité des RN présentent une oeuvre chacun et représentent le salon parisien et son activité dans toute sa diversité. esthétique.
Nos remerciements à nos amis américains qui furent les invités du Salon RN 2012 pour cet échange fructueux. Ici l'interview de Don Voisine de AAA en 2012 réalisé au salon.




mardi 3 juin 2014

Pierre Soulages Musée Rodez


A une heure de Chaudes-Aigues, le Musée Soulages à Rodez…

Cube a gauche l'administration et le restaurant Bras
Cube à droite au fond les salles d'exposition




L'entrée du musée… 60000 visiteurs depuis l'ouverture


Un contraste simultané sur l'acier Corten de l'entrée…


visite guidée avec Soulages


et petite restauration au café du musée


 




Un regret, il n'y a pas de librairie...



une vidéo tirée de Youtube où Soulages esplique sa façon...






lundi 2 juin 2014

Anne Commet, Delphine de Luppé, Léon Zack

Anne Commet et Delphine de Luppé sont présentes dans l'exposition  : Le bleu de l'été

Galerie Lionelle Courbet
du 12 juin au 19 juillet 2014
vernissage le 11 juin à partir de 18h30

avec les peintures de Anne Commet, François Lannes, Young Sé Lee, Delphine de Luppé, Anne Slacik, Léon Zack le Photographe Eric Emo et lebCéramiste Karen Swami

Galerie Lionelle Courbet
13 rue Oudinot - 75007 Paris
tel : +33 1 56 58 11 63
www.galerielionellecourbet.com
mardi-samedi : 14h-19h et sur RDV



dimanche 1 juin 2014

Carmen Herrera…. 101 ans témoigne...

article publié le 1 juin 2014

Voici le témoignage de Carmen Herrera (1915-), 99 ans, qui participa au Salon des Réalités Nouvelles de 1948 à 1952, publié dans Blouin Art Info dans un article de Julie Baumgartner le 31/05/14 extrait :

Black and White 1952 présenté
aux Salons des Réalités Nouvelles
de 1952 aujourd'hui au MOMA !
Le tableau Black and White de 1952,  fait d'un jeu optique de lignes noires et blanches qui forment des triangles, est aujourd'hui présenté au Moma de New York. De 1949 à 1952, les oeuvres de Carmen Herrera étaient présentés au Salon des Réalités Nouvelles, une sélection de l'abstraction en Europe. Cette participation a été un tournant pour Herrera. 
" Pour participer au Salon des Réalités Nouvelles, on devait apporter son tableau a un groupe de personnes* qui décident si ils le prennent ou non" explique-t-elle, "Je suis allée montrer mon travail, et le type a dit : "Je l'aime beaucoup, madame. Il y a tant de peintures ici, et trop dans chaque." 
Et cela a été pour moi, le début d'un processus d'éveil."  
Herrera et Lowenthal (son mari) ont vécu à Paris de 1948 à 1953.  A Paris, le couple sympathisait avec Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir, et faisait visiter la ville à Mark Rothko. "Je n'ai jamais rencontré quelqu'un d'aussi dépressif" dit Herrera de Rothko; "On a tout essayé ! L'emmener au théâtre, à diner, à notre maison pour lui montrer comment vivait un artiste; aucune réaction. Il semblait complètement déprimé."
De retour à New York, Willem de Kooning, Philip Pavia, Newman et Rothko " n'avaient aucune réaction à mon travail" dit-elle.  "J'aimais pas trop ce qu'ils faisaient. Ils ne voulaient pas savoir ce que je faisais. Une Cubaine ? Une femme ? Pfeuh ..."
* (note indicative des Cahiers des RN2,14 : le président du Jury devait être Auguste Herbin entouré de del Marle, Lempereur-Haut, Fontene, Pevsner, Valensi…)

Extrait de la V.O : 
extrait de la photo de Kristine Larsen
(…) Carmen Black and White, 1952, optical black-and-white stripes that form triangles, now held by the Museum of Modern Art in New York. From 1949
to 1952, Herrera’s work was included in the Salon des Réalités Nouvelles, a juried survey of abstraction in Europe. Participation was a turning point for Herrera. “In order to be in Réalités Nouvelles, you had to bring your work to a group of people who would decide if they will take it or not,” she explains. “I went to show the work, and this guy said, ‘I like it very much, madame. There are many paintings here, but there is too much in one painting.’ And that was the beginning of the awakening process.”
Herrera and Lowenthal lived in Paris from 1948 to 1953. (…) In Paris, the couple socialized with Jean-Paul Sartre and Simone de Beauvoir and showed American friends like Mark Rothko around town. “I’ve never met anyone so depressed" Herrera says of Rothko. “We tried everything! Take him to the theater, to dinner, to our house to show him how an artist lived—no reaction to anything. Completely like he was in black.”
Back in New York, Willem de Kooning, Philip Pavia, Newman, and Rothko “had no reaction to my work” she says. “I didn’t go for what they were doing. They didn’t want to know what I was doing. A Cuban? A woman? Feh.” (…)


Plus si vous êtes intéressé : 

http://www.theguardian.com/lifeandstyle/2010/feb/20/carmen-herrera-artist 
et un film en préparation : http://alisonklayman.com/carmen-herrera

Nouveau témoignage de Carmen Herrera sur Réalités Nouvelles et Fredo Sidés  dans lejournal en ligne de  FRIEZE (http://www.frieze.com/issue/article/the-whole-thing/) interview de David Batchelor :
DB Your earlier work, in the 1940s, often only used three colours. And it was more informal, perhaps. Did you make a conscious decision one day to say: ‘ok, that’s it, two colours maximum’?
CH In 1948, I was supposed to bring a painting to Fredo Sidès, who was with the Salon des Réalités Nouvelles. He had a beautiful place in Paris. I went there and I showed him my canvas. ‘Ah’, he said, ‘ah, how beautiful’, and so on and so forth. And then he said ‘Madame, we’re going to show it!’ But then he said: ‘One thing; you have many paintings in this painting.’ And I felt very gratified but as I walked away, I realized what he was saying and said to myself: ‘Oh God, what he’s telling me is that I have too much in it.’ He gave me my first big lesson.

samedi 17 mai 2014

IVe RN Hors Les Murs à CHAUDES-AIGUES


Répondant à l'invitation du Centre d'Art Contemporain de Chaudes-Aigues présidé par Laurent Bout, Réalités Nouvelles présente une sélection d'artistes sous le commissariat de Jean-Pierre Bertozzi, Laurent Bout et Olivier Di Pizio du 28 juin au 30 Août à la Chapelle des Pénitents avec Mohamed AKSOUH, Milija BELIC, Jean-Pierre BERTOZZI, Joël BESSE, Bernard BLAISE, Ania BORZOBOHATY, Laurent BOUT, Jeanne CHARTON, Sandrine COIGNARD, Robert DELAFOSSE, Olivier Di PIZIO, Michel-Jean DUPIERRIS, Rémi FAVIER, Friederike GIMALAC, Leslie GREENE, Héloïse GUYARD, Jenny HOLLOCOU, Erik LEVESQUE, Pascal MAHOU, Christian MARTINACHE, Chantal MATHIEU, Jean NAVAILH, Roland OREPUK, Paola PALMERO, Adine SAGALYN, Paul SAMSOVICI, Jun SATO, Sato SATORU, Bogumila STROJNA, Sandrine THIÉBAUD-MATHIEU, Thierry THOMEN et Sophie VILLOUTREIX-BRAJEUX.

Cette exposition bénéficie du soutien de la ville de Chaudes-Aigues, du Conseil général du Cantal ainsi que du Ministère de la Culture et de la DRAC Auvergne.Vernissage le 12 Juillet 2014.


vendredi 16 mai 2014

Disparition de Jean-Claude Lahumière

Le marchand d'art Jean-Claude Lahumière, que nous savions gravement malade, s'est éteint la semaine dernière.  Depuis 50 ans, il défendait l'abstraction historique des Réalités Nouvelles (Cahn, Gorin, Herbin, Dewasne, Honegger,Magnelli,  Vasarely …) mais également des artistes actuels du salon comme Charles Bézie, André Stempfel 
Nous présentons ici, nos condoléances à sa famille, sa femme et sa fille qui continuent l'aventure de la galerie.

Hommage à Momcilo Milovanovic (1921 – 2013)

Probablement comme tout art, la sculpture n’est pas contenue dans son résultat. C’est d’abord une relation active avec la nature, la physis. C’est un métier manuel où la rigueur et l’habileté se conjuguent. La sculpture concrétise un rapport de forces, de forces authentiques. L’œuvre de Milovanovic nous fait bien toucher cette réalité-là. S’il cherche pour chaque objet une forme géométrique, c’est sans doute un mode de sacralisation simple qui indéfiniment lui semble la meilleure empreinte de l’Homme sur la Nature.
Il dresse des statues aux formes épurées, harmonieuses, des totems. On ne le remarque au début, mais les dessins, les lignes, les creusements, les saillies, apparemment, rien n’agresse, tout a trouvé son équilibre. Je me suis longtemps demandé se que signifiaient ce respect, cette absence de trouble, cette intemporalité. Je crois qu’en définitive, c’est une offrande. Ce n’est pas une manie de l’ordre. C’est un hommage discret, un salut. Les choses sont en place. L’homme a planté une œuvre élémentaire au milieu du monde. Rien n’est rompu. Tout demeure. Il offre ainsi un point de correspondance, de ralliement, de référence, dans un espace plus vaste, qu’il s’agisse d’un site pittoresque ou d’un ensemble urbain.

Y a-t-il un secret dans l’œuvre de Milovanovic? Sans doute, mais pas plus qu’en toutes choses, semble-t-elle témoigner. Elle nous donne des clés cependant. Mais les clés sont partout. Elle nous rappelle plus profondément que les serrures sont la vie elle-même, la matière même de la vie et il m’a fallu longtemps pour parvenir à la conviction que la matière dominait la sculpture, non point qu’elle l’écrasait, mais qu’elle la manifestait. La sculpture nous parle de la matière. Elle ne fait pas que l’utiliser comme langage. Elle nous renvoie à elle en silence. Et si la matière respire, nous nous interrogeons parfois comme amateurs sur notre propre respiration, ç son contact. Nous sommes alors à deux doigts de penser que la sculpture a manqué le message de l’Homme - vaniteux que nous sommes...
Par l’intervention humaine qu’elle suppose, la sculpture dispense un surcroît de sens humain. Elle n’a rien à perdre à livrer la vérité de son matériau, à la mettre à nu, à taire les artifices, les fioritures, à retrouver le galbe et le grain, renouvelés sous tous les angles par la patiente persévérance du sculpteur - celui-là même que des jeux apparents de répétition semblent avoir peu à peu effacé dans l’œuvre elle-même.
Cette dimension est bien au cœur de l’œuvre de Milovanovic, avec des déclinaisons, ses motifs inversés. Pourtant, pas de suite monotone, mais un ensemble, une articulation d’impression qui font un tout et c’est avec une force déconcertante que les masses, les unités, s’imposent, comme si les sculptures étaient vouées aux volumes qu’elles occupent, aux proportions qu’elles ont prises. Avec Milovanovic, nous comprenons qu’il y a une justesse à chaque échelle.
C’est ainsi : Milo n’a pas besoin de tourmenter la matière d’idées “originales”. S’il y a une pensée chez lui, elle est faite de petits riens, dénués de toute prétention. C’est d’abord l’accord de l’Homme avec la nature. La visée de l’artiste est d’accueillir ce qu’il transforme. Et c’est sans avoir l’air que les sculptures de Milo se gravent comme des emblèmes dans notre imaginaire et nous gardons en mémoire leur silhouette, leurs traits, leurs masses, comme s’il s’agissait d’un peuple familier qui doit habiter nos lieux.
Avec Milovanovic, on ne peut pas fuir, on ne peut pas élucubrer. Il n’y a pas d’espace pour l’anecdote. Il n’y a pas non plus de refus, de protestation, d’extravagance. On sent la poigne ferme du sculpteur. On sent la présence simple de l’objet. Et tant pis pour nous si nous ne savons plus admettre l’art qu’à condition d’épater le bourgeois et de spéculer sur l’éphémère! Et tant pis pour nous si nous ne savons plus considérer l’artiste comme un membre de notre communauté, sans avoir besoin d’étrangler quelques sottises entre deux petits fours ! Viennent ceux, nombreux viennent ceux qui savent s’asseoir sur un banc à la promenade du soir, qui regardent leurs semblables sans ciller. Toute en poursuivant leurs paisibles conversations, ceux-là jetteront un regard tranquille sur l’orbe ou le monolithe que Milo aura déposé dans un jardin public, dans la cour d’une école ...
Christian ROBLIN

jeudi 15 mai 2014

Marcel Bouqueton à la galerie Marie-Robin

Marie Robin expose dans sa galerie aux espaces multipliés par un agencement étonnant une vingtaine d’œuvres de Marcel Bouqueton. François Callu-Mérite a orchestré cet ensemble en sélectionnant soigneusement des œuvres importantes des années 50. 
Les premières toiles de l’exposition, de 1952, sont composées de larges aplats aux couleurs vibrantes articulées par un travail subtil des interstices où se mêlent des gris, des ocres et des noirs. Ces circulations savantes dans une géométrie souple intensifient le flamboiement des couleurs. Le raclage et le lissage des aplats au couteau laisse sur la toile une matière mince et intense sous laquelle se devinent d’autres passages. 


phVD
Puis Marcel Bouqueton réduit sa palette à des ocres, des gris et des blancs animés de bleus et de rouges sourds suivant ainsi le conseil de Bissière : 
« Un ton n’est beau que quand il est suggéré. ». Il quitte le couteau pour reprendre le pinceau, les formes sont moins définies, la touche creuse l’espace. Sa peinture évolue alors vers un paysagisme abstrait qui perdurera jusque dans les années 60. Si la peinture de Bouqueton est incontestablement imprégnée des couleurs et de la lumière de l’Algérie, nous pouvons aussi admirer dans cette exposition quelques représentations abstraites de Peniscola, village espagnol où il allait travailler les mois d’été en compagnie notamment de Nallard, Maria Manton et Jean Sénac. 
ph VD



Marcel Bouqueton est né en 1921 en Algérie qu’il quittera en 1953. Il exposera notamment avec Nallard, Maria Manton, Jean de Maisonseul et Fiorini. Le critique d’art Roger van Gindertaël et le poète Jean Sénac le soutiendront avec constance. Il exposera au Salon des Réalités Nouvelles à partir de 1956. Son œuvre relève classiquement de la seconde école de Paris dans les années 50, puis évolue vers une figuration transposée. La palette restera toujours somptueusement travaillée chez ce coloriste né. Il reste encore certainement beaucoup à découvrir dans le travail de cet homme discret. Et notamment des compositions abstraites réalisées avec de lourdes pierres enduites de peinture à l’huile marquées sur des papiers. L’effet de la force de ces empreintes avec la fragilité du papier est subjuguant. 
A notre connaissance, cette importante et significative partie de l’œuvre n’a pas encore été montrée. Ses dernières expositions ont été présentées par la galerie 
Callu-Mérite et par la galerie Marie Demange. Il aura, à la fin de sa vie, connu un immense succès 
auprès des collectionneurs qui se sont arraché ses toiles dont les prix sont restés très modestes. La galerie Marie-Robin présente aujourd’hui sa première exposition personnelle depuis sa mort en 2006 à Fayence.
Virginie Duval


Galerie Marie-Robin 18 rue de Montmorency 75003 Paris
ouverture du mercredi au samedi de 14 h à 19 h et sur rendez-vous (06 80 26 74 04) 
métro Rambuteau ou Arts et Métiers, bus 29 38 47, parking Beaubourg.





Jusqu’au 15 juin.









mercredi 14 mai 2014

vendredi 9 mai 2014

Morituri te salutant

C'est avec tristesse et gravité que nous saluons le Salon de Mai (1943-2014), qui fut compagnon de cordée des Réalités Nouvelles pendant de nombreuses années. Le Salon de Mai s'arrête dimanche 11 Mai 2014, Espace Commines, Paris.

Dernier message en forme de testament sur une histoire et une époque :

Le Salon de Mai s'arrêtera en 2014.

Il ne meurt pas. Il se retire simplement d'un champ artistique qui ne laisse guère d'espace, dans tous les sens du terme, à la mission que les artistes rassemblés par Gaston Diehl il y a 67 ans s'étaient donnée: mélanger toutes les générations et les expressions dans ce qu'ils considéraient comme le meilleur à exposer.Son histoire témoigne de sa pertinence et de son dynamisme. Mais, vertueux ou non, un salon est un organisme vivant, sensible au bonheur d'une époque comme à sa dureté, et les années que nous vivons sont cruelles à ceux qui veulent échapper au spectacle permanent de la promotion et de la "starisation" événementielles et aux contraintes financières.
Le salon a témoigné de son époque avec la générosité et la sensibilité des artistes exposants et de ses comités successifs. Son retrait témoigne d'une façon évidente de notre temps.
Notre mission se termine. Nous ne regrettons rien.

Le 64ème et dernier SALON de MAI se tiendra à l'Espace Commines (75003 Paris)
du 6 au 11 mai 2014. Ouverture de 14 h à 20 h, entrée libre.

Ce sera un salon particulier. Il rendra hommage à ceux et celles qui ont contribué à sa renommée et qui continuent leur activité artistique aujourd'hui: les artistes qui ont été membres du Comité et les exposants "fidèles" du Salon de Mai.
Il rendra symboliquement hommage aux 5 000 artistes qui ont montré leurs oeuvres au cours de ces 67 ans et à tous les visiteurs qui les ont soutenus par leur présence.

VIVE LE SALON DE MAI.

Le comité du SALON de MAI
Patrick Devreux, Marc Giai-Miniet, Evelyn Gerbaud, Ayako David-Kawauchi, Joël David, Sylvie Giai-Miniet.

Février 2014


Espace Commines
17, rue Commines 75003 Paris
Métro Filles du Calvaire
du 6 au 11 mai 2014 de 14h à 20 h
entrée libre




mercredi 30 avril 2014

Un message de Anna et Richard van der Aa

P a r i s C O N C R E T
l'avenir - the future

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Chers artistes, amis et followers, (please scroll down for English)

Après une expérience réussie de cinq ans, nous avons pris la difficile décision de fermer l'espace ParisCONCRET. Il est tout simplement temps de retrouver nos soirées et week-ends pour nos propres projets.
Notre motivation initiale était d'encourager un dialogue international entre les artistes qui travaillent dans le domaine non-objectif, et c’est une grande satisfaction d’y avoir contribué.
ParisCONCRET Projects continuera d’organiser de temps en temps des expositions dans divers espaces. Nos coordonnées et l’adresse du site web restent inchangés.
Le vernissage de la dernière exposition au 5 rue des Immeubles Industriels se tiendra le samedi 7 juin 2014. Nous espérons que vous nous rejoindrez pour cet événement où nous lancerons un catalogue qui receuillera les nombreuses conversations visuelles qui ont eu lieu depuis janvier 2009.
Nous voulons profiter de cette occasion pour vous remercier tous d’avoir fait partie de cette histoire.

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Dear artists, friends and followers,

After five successful years we have made the difficult decision to close the ParisCONCRET space. It is simply time to reclaim our evenings and weekends for our own projects.
Our initial motivation was to encourage an international dialogue amongst artists working in the non-objective domain and it has been satisfying to see the outworking of this.
ParisCONCRET Projects will continue to organise exhibitions in various locations from time to time. Our contact details and website address will remain the same.
The final exhibition at 5 rue des Immeubles Industriels will open on Saturday 7th of June. We hope you will join us for this event where we will launch a catalogue documenting the many visual conversations which have taken place since January 2009.
We’d like to take this opportunity to thank you all for being part of the story so far.

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Warm regards/bien amicalement,
Anna & Richard van der Aa
 

vendredi 18 avril 2014

Jean-Pierre Bertozzi, Erik Levesque, Olivier di Pizio, Xing Qian Ye

Les toiles de Jean-Pierre Bertozzi, Erik Levesque, Olivier di Pizio et Xing Qian Ye seront présentes à Pékin pour la foire d'art contemporain Asia Art Expo à partir du 8 Mai prochain,  au Musée Art Yan Huang de Pékin, puis Xing Qian et Joelle Ye les emportent en tournée pour 8 mois en Chine,  puis à Beijing 79, Institut des Beaux-Arts de Tianjin,  puis à Shangai, Hongkong enfin en Afrique du Sud… en un mot  le Grand YE Tour 2014/15 !








lundi 7 avril 2014

In memoriam Alan Davie





Une video d'un des compagnons de route écossais des Réalités Nouvelles…. en anglais !


dimanche 6 avril 2014

Exposition CARREMENT


Belic ∙ Bensasson ∙ Besse ∙ Bézie ∙ Clolus ∙ Lovric ∙ Orépük ∙ Peugeot ∙ Satoru ∙ Strojna ∙ Weyer


Exposition du 12 au 27 avril 2014
Vernissage le mardi 15 avril 2014 de 18h à 21h
Ouverture tous les jours de 14h à 19h


Milija BELIC, Roger BENSASSON, Joël BESSE, Charles BÉZIE, Michel CLOLUS, Mirko LOVRIC, Roland ORÉPÜK, Christiane PEUGEOT, Sato SATORU, Bogumila STROJNA et Jacques WEYER revisitent l’héritage intellectuel et plastique de l’art construit, l’art concret et l’art minimal. Le vocabulaire visuel composé des formes géométriques élémentaires se voit enrichi par une approche originale et une touche personnelle. Les espaces musicaux se confondent avec les rythmes mathématiques, les équilibres et les symétries côtoient les dissonances dans une chorégraphie qui a pour fonction de créer des décalages et des instabilités. On est dans un univers poétique, où les tableaux et les objets ont pour caractéristique de dérouter nos regards, même partant des matériaux les plus ordinaires et des formes les plus simples. Basé principalement sur le carré et la ligne droite, qui ont toujours été compris comme un symbole du spirituel et qui risquent de devenir l’expression ultime de notre nouvelle ère numérique, passant aussi par le pouvoir émotionnel de la couleur, cet art rigoureux, audacieux et réductif est en quête permanente d’un langage autant universel que particulier, d’un espace vierge source de toute forme et de toute sensation, d’un lieu où se manifeste la plénitude de l’être, l’essence de l’existence, d’une image fidèle à un rêve, inachevé, de l’absolu.

Espace Christiane Peugeot
62 avenue de la Grande Armée
75017 Paris

M° Argentine / Porte Maillot
Tél. 01 45 74 32 53
www.espacechristianepeugeot.org

Une tribune de Milija BELIC

L’ART GÉOMÉTRIQUE : EST-IL MAL AIMÉ 
(OU MAL COMPRIS) EN FRANCE ? 

Bien que les manifestations du même genre (expositions, salons, biennales) se multiplient ces derniers temps, une question persiste : l’Art Géométrique est-il mal aimé, ou plutôt mal compris, en France ? 
Les admirateurs, sensibles à cet art réduit aux figures régulières et aux signes qui ne sont pas étrangers aux esprits mathématiques, ne manquent pas, mais ce public averti reste très minoritaire. Déjà l’Abstraction, en tant que mouvement avant-gardiste le plus radical, a eu du mal à être apprivoisé. Quelques rares artistes qui ont œuvré dans ce sens entre les deux guerres ont tardé à être reconnus et surtout compris. On a dû attendre l’an 2010 pour que le MNAM consacre une rétrospective d’envergure à l’un des pionniers de l’Art Géométrique, Piet Mondrian, qui a pourtant bien développé son art à Paris, sa nouvelle plasticité, avant de partir pour les Etats Unis en 1938.

Il y a aujourd’hui très peu de galeries en France consacrées à l’Art Géométrique, à l’Art Construit, à l’Art Concret : la Galerie Denise René, dont le rôle dans l’intégration de l’Art Géométrique et Cinétique est déjà reconnu historiquement, la Galerie Lahumière, la Galerie Gimpel&Müller, la Galerie Cour Carré ou l’espace ParisCONCRET, tous situés à Paris. Et bien que les collections des Musées Nationaux possèdent des œuvres de l’Art Géométrique, ces oeuvres ne sont pas présentées de manière à susciter une idée de l’importance de ce mouvement, devenu depuis longtemps une référence historique. De plus, à l’exception de l’Espace de l’Art Concret à Mouans-Sartoux (Donation Albers-Honegger), aucun musée en France, ni aucune institution, n’est consacré entièrement à l’Art Géométrique, comme c’est le cas en Allemagne (Musée d’Art Construit à Ingolstadt, ZKM à Karlsruhe), en Suisse (Museum Haus Konstruktiv à Zürich), en Hollande (Mondriaanhuis - Museum voor Constructieve en Concrete Kunst à Amersfoort), aux Etats Unis (Museum of Geometric and Madi Art à Dallas) ou au Japon (Musée Satoru Sato de Tome), pour ne citer que quelques exemples. Est-ce que la volupté baroque et les délices de la légèreté de l’être - même quand cette légèreté est « profonde » -  bien enracinés dans la tradition française, l’emportent toujours sur la rigueur, la sobriété et l’austérité de l’œuvre géométrique?  Pourtant, dans le même temps, la nouvelle ère numérique nous a habitués à observer le monde à travers les chiffres et nous a également familiarisés avec la panoplie du virtuel composée principalement de figures géométriques.

Il existe actuellement, chez les adeptes de l’Art Géométrique, en dehors d’un écho lointain de l’enseignement de l’école du Bauhaus, une nouvelle sensibilité, une ouverture d’esprit qui cherche à s’exprimer dans les arts plastiques, l’architecture ou le design, en réunissant aussi bien les pouvoirs émotionnels que les données scientifiques, et en menant inéluctablement vers l’œuvre, tant rêvée, d’un art total. L’art a depuis longtemps dépassé le besoin de représenter les choses. Il crée un univers propre à lui. Les outils géométriques ne sont que les moyens spirituels pour construire ce nouveau monde. L’intelligence des sens ne doit pas nécessairement passer par les mécanismes rationnels. Les objets géométriques ou mathématiques les plus abstraits peuvent devenir la source des émotions esthétiques les plus nobles.  

Dans la richesse de la scène artistique en France, il semble que l’Art Géométrique n’ait pas encore la place qu’il mérite. Puisse la présente exposition combler en partie ce manque et offrir un vrai sujet de réflexion.


Milija BELIC


Commissaire de l’exposition « Carrément » 
Exposition du 12 au 27 avril 2014
Vernissage le mardi 15 avril 2014 de 18h à 21h    

mardi 1 avril 2014

"Les 10 Gagas" aux Réalités Nouvelles 2014 !

Performances et nouvelles technologies percutent le salon 2014 et les pratiques artistiques de l'Abstraction au sein des Réalités Nouvelles. Le salon des Réalités Nouvelles se met à l'heure du lifestyle et du normcore. Et nec plus ultra le fooding fait son coming in pour un automne qui s'annonce décoiffant. 
Explications : 

Un collectif d'artistes confirmés, issu du salon a demandé à exposer cette année au Salon des Réalités Nouvelles sous l'acronyme : "Les 10 Gagas"Ces artistes abstraits dont on ne connaissait pas, avouons-le, jusqu'à ce jour ni le goût ni l'admiration qu'ils vouaient à la divine Lady Gaga veulent rendre hommage à la reine arty de Twitter. On ne présente plus la talentueuse chanteuse pop autodestroy et postpunk qui collabore avec le sémillant sculpteur kitch Jeff Koons,  celle qui se met à nue pour la performeuse Marina Abramovic, ou qui est mise en scène par le démiurge du théâtre contemporain Robert Wilson, dont on a pu admirer la collaboration avec la star au Louvre en décembre dernier. 
D'âge canonique, ces "little monsters" des RN veulent rendre hommage à l'icône pop de la culture globale qui cite si souvent les artistes d'art contemporain et de créateurs de mode dans ses clips comme "Bad Romance" ou "Eh eh" ou encore "RARARARA AAA" et aujourd'hui G.U.Y

Il y eut de nombreux débats dans la communauté RN. 
Devait-on accepter ? 
Et si oui, pourquoi Lady Gaga et pas Madonna ? Débats houleux, voir clivants, Lady Gaga est-elle vraiment abstraite ?  
Certains étaient vraiment contre, la concevant comme purement figurative, voir un "fake". A la limite Madonna, passe encore mais Lady Gaga… Les opposants ont voulu démissionné, avant de se raviser face à la question théorique si pertinente - oui si pertinente - que ce collectif d'hipsters posait de la nouvelle monstration de l'abstraction dans son contexte glamour. 
La proposition a donc été accepté à l'unanimité moins une voix qui voulait rendre hommage à Orlan ! 

On annonce même la reprise de la performance de la gracieuse artiste anglaise Millie Brown qui vomit la couleur (au lait) sur le carré blanc sur fond blanc, toute de noir vêtue sur ses talons aiguilles hype. Une performance haute en couleurs, qui questionnera la relation heuristique de la place de la femme dans la pertinence du regard machiste dans la pratique de l'abstraction expressionniste gestuelle et la persistance de l'expressionnismuskeit dasein !

Autre innovation, la restauration du salon est-elle même totalement repensée, un fooding jeune, cool remplira les assiettes de caviar Béluga des Andes servi sur leur lit d'algues de Malaisie en chemise. On annonce également des émincés de truites de Transnitrie dans leurs sauces au vert servies avec leurs ribouldingues de saison qui joueront à n'en point douter du sucré et du salé, du cuit et du cru, le tout servi par les artistes du salon. Les vins de Pomeranie occidentale accompagneront ces plats fins et raffinés que le chef international ouzbek Ayri Xlayvaëck a promis de nous servir. 

C'est un véritable plaisir d'esthète post-structuraliste qui nous attend au salon 2014 au Parc FloralEt, last but not least, le clou de cette mise à jour du salon dans le bois de Vincennes, devrait être l'élégant robot de l'artiste américain Jordan Wolfson qui devrait ouvrir la danse pour le soir du vernissage !


C'est sans aucun doute une annonce des plus sidérantes de ce début de XXIe siècle dans l'histoire du salon parisien de l'Abstraction qui n'arrête pas, on le voit de se rajeunir, mais où s'arrêteront-ils ?


Oläf Arsse