jeudi 19 octobre 2017

Monde de l'Art (suite)

Artistes plasticiens : toute œuvre mérite-t-elle salaire ?


en réécoute sur France Culture 
Du Grain à Moudre
par Hervé Gardette


avec 

Nathalie Heinich 
sociologue, spécialiste de l'art, directrice de recherche au CNRS, 
Lauréate du Prix Pétrarque de l'essai 2017

Grégory Jérôme

anthropologue, responsable du service de formation continue de la Haute École des Arts du Rhin, et membre fondateur du collectif Économie Solidaire de l'Art

Caroline Schirman

juriste spécialisée en droit de la propriété intellectuelle, ancienne galeriste

Marion Verboom

artiste plasticienne-sculptrice

1ère diffusion de 18/10/2017 sur France Culture.fr


Pour lire : 
"Faut-il payer les artistes?", Le Courrier, par Emmanuelle Fournier-Lorentz, 25/08/17
"Hausse de la CSG : réduire les artistes-auteurs au silence et à la misère ?", ActuaLitté, 10/10/17


Changement de ton et de LA

La communication autour de la FIAC semble cette année être assez critique, ou pour le moins interrogative. Nous avons remarquer des "éléments de langage" qui reviennent d'un intervenant l'autre, d'une radio, d'un journal, d'une TV l'autre. "Il ne faut pas se plaindre (...), Paris a de beaux restes, (...) Paris a le plus grand nombre d'expositions (...) etc...","il y a tellement de bons artistes que nombre d'entre eux ne sont pas représentés...", autre élément de langage : "le but de la FIAC est de placer Paris sur la carte de l'art contemporain pendant une semaine et non pas de vendre". Actant de fait la disparition de Paris en tant que place internationale avec moins de 4% du marché pour l'un des commentateurs à moins de 1% pour l'autre suivant les catégories observées." art contemporain les français en seconde division" peut-on lire ici et là, les plus sévères déconseillent absolument l'achat d'œuvres d'art comme placement.. Dans l'ensemble pas ou peu de critiques sur ce que contenait la FIAC, quelques unes élogieuses tournées vers le patrimoine moderne, d'autres plus circonspectes en soulignent le manque de sens. 

L'ensemble des commentateurs notant un brin fataliste que 95% des œuvres vendus en France valaient moins de 5000 euros, que les artistes plasticiens sont au RSA et que le marché de l'art mondial, c'est un club de stars : " 11 artistes et 150 milliardaires" qui s'amusent à gagner à tous les coups à la loterie et à la roulette puisque les casinos leurs appartiennent.

La communication de la FIAC est confiée à la société basée à Londres Brunswick Arts, qui gère la communication de la Foire Asia Now, de la Fondation Pierre Bergé Yves St Laurent, de la Fondation Vuitton de la Fondation Carmignac, de la National Gallery Londres,  de Dubai Culture et du Louvre Abou Dhabi entre autres...






mercredi 18 octobre 2017

Monde de l'Art - Mode d'emploi

Il y a des nouvelles quelques fois qui disent tout haut ce que tout le monde sait tout bas, c'est à dire que le conservateur de musée fait acheter par son musée les œuvres de(s) l'artiste (s) qu'il défend à travers la galerie amie de longue date dont le dit conservateur a peut-être même des parts. Autrement dit, il y a des liens de connivences, familiaux, incestueux, oligarchiques, ploutocrates ou mafieux suivant la lecture que l'on veut se donner des différents acteurs Musée/Artiste/Galerie.  La conservatrice réputée du Stedelijk Muséum d'Amsterdam Beatrix Ruf (figure du top 10 des hit-parades du monde de l'art), vient de se faire gauler et donc  démissionne suite à l'enquête du journal néerlandais NRC Handelsblad (enquête reprise par Artnet en anglais), qui a montré les liens et les conflits d'intérêts entre la conservatrice et les donations/donateurs du musée. Dans le cadre d'une donation au Musée de 600 oeuvres dont des peintures et installations du peintre allemand Martin Kippenberger (1953-1997),  le collectionneur-donateur devait recevoir 1,5 million d'euros en contrepartie de sa donation, qui plus est assortie de clause de pénalités à hauteur de 250000 E si le catalogue n'était pas fait dans les temps et le rez-de-chaussée du Musée pas attribué à la présentation de la collection pour 4 mois. Il apparaît aussi que la conservatrice avait une société à Zurich (Suisse) de conseil en achat d'œuvres d'art, non déclaré en Hollande et qui est bénéficiaire. Et que deux des membres du Conseil d'administration du musée ont fait exposer leurs propres collections au sein du Musée... CQFD.

Dans quelques temps la critique du film " The Square",  palme d'or au festival de Cannes,  de Ruben Östlund, qui se moque de l'Art Contemporain, de ses musées et de ses conservateurs qui ont la Carte,  bancaire... 






dimanche 15 octobre 2017

Entrée gratuite pour RN dans le Parc Floral !

Attention ! Munissez-vous d'une impression du carton d'invitation pour le salon des Réalités Nouvelles. L'accès en est libre et gratuit. Mais le parc floral de Paris-Vincennes est devenu lui payant (!?!) avec ce carton, les vigiles doivent vous laisser passer librement sans problème dans le cadre du plan Vigipirate. Merci de votre compréhension.


Hommage à Louis Nallard (1918-2016)

Le salon rend hommage à Louis Nallard (1918-2016) qui exposa au Salon à partir de 1948.
En 2012, Erik Levesque avait filmé le peintre visitant le salon en pleine rénovation, il y exprimait son sentiment après sa visite attentive à ses amis-peintres Joël Trolliet et Jean-Pierre Bertozzi.
Deux documents filmés avec un téléphone en rush.







 DON DES ARCHIVES MANTON ET NALLARD A L’INHA




L’Institut national d’histoire de l’art a accepté la donation de l’Association des Réalités Nouvelles, de la bibliothèque et des archives des ateliers de Maria Manton (1910-2003) et de Louis Nallard (1918-2016).

Les agendas de Maria Manton... une vie comme un roman
Constitué de catalogues d'expositions d'artistes des galeries parisiennes, qui couvrent les années 1950 – 1990, avec environ 300 catalogues, introduction d'expositions et plusieurs centaines de cartons d’invitation consacrés à l'abstraction parisienne organisant ainsi un panorama riche de la scène française et algérienne.

On y trouve aussi bien les catalogues de Pierre Soulages, Vieira da Silva,  André Marfaing et de tant d'autres moins connus, que ceux consacrés aux artistes algériens proches de Marcel Camus ou de Jean Sénac, comme Khadda, Mohammed Aksouh ...

Cette collection singulière trouve sa place à L'INHA pour y être étudiée, et compléter le fonds consacré à l'abstraction parisienne des années 1950-1990, mis à la disposition des chercheurs et universitaires.

Parallèlement les archives de l’Association des Réalités Nouvelles conservent les documents concernant le secrétariat du Salon par Maria Manton entre 1960 et 1990, ainsi qu’un descriptif général du fonds donné.

vendredi 13 octobre 2017

Réalités Nouvelles 2017 - vernissage le 14 octobre 2017




Avec les hommages aux artistes Jean-François Guzranyi, Louis Nallard, Myriam Permuter, Jacques Zivy, Geer Van Fastenhout. 

Egalement début Octobre dans tous les Kiosques le numéro spécial 
ART ABSOLUMENT - REALITES NOUVELLES










Rencontre avec l'ADAGP au Salon des Réalités Nouvelles

Rencontre avec l'ADAGP sur la gestion des droits d'auteur.

Avec Mesdames

Catherine Costanzo, responsable droits 
de reproduction étranger de l'ADAGP
et
Sana M’nasri, service multimédia 
et suivi des adhérents de l'ADAGP


Le vendredi 20 octobre de 15h00 à 16h30.
 (45 min d’intervention + 30 min de questions/réponses)
Salon des Réalités Nouvelles
Parc Floral de Paris Vincennes 


Nous sommes heureux d’accueillir au Salon des Réalités Nouvelles, le vendredi 20 Octobre de 15h00 à 16h30, l’ ADAGP représentée par Madame Catherine Costanzo, responsable droits de reproduction étranger de l'ADAGP et Madame Sana M’nasri, service multimédia  et suivi des adhérents de l'ADAGP,  autour de la question des droits d'auteurs des artistes plasticiens. L' ADAGP est la "société des artistes dans les arts graphiques et plastiques", dont l’acronyme veut dire "l’Association pour la diffusion des arts graphiques et plastiques". Cette association d’auteurs fondée en 1953, est la société française de perception et de répartition des droits d’auteur dans le domaine des arts graphiques et plastiques.

L’ ADAGP a été fondée par les artistes eux-même, à travers les salons parisiens pour en renforcer les liens amicaux et professionnels.  son conseil d’administration reflète cette histoire d’artistes et d’ayants-droits  : son président Christian Jaccard , Anaïd Derebeyan, sa vice-présidente , son vice-président Gustave De Stael, Alberola, Baude, Buren, Di Rosa, Garouste, Manessier, Martin, Meyer, Peynet, Peyrolle, Poliakoff, Miro, Ramette, sont nommés pour trois ans.

La société gère aujourd’hui les droits patrimoniaux d’environ 130 000 auteurs grâce à un réseau de 50 sociétés sœurs à travers le monde, (droit de suite, droit de reproduction, droit de représentation, droits collectifs), pour tous les modes d’exploitation : livre, presse, publicité, produits dérivés, enchères, vente en galerie, télévision, vidéo à la demande, sites internet, plateformes de partage entre utilisateurs… dans toutes les disciplines des arts visuels : peinture, sculpture, photographie, architecture, design, bande dessinée, manga, illustration, street art, création numérique, art vidéo…

L’ADAGP conduit une action culturelle en soutenant financièrement des projets propres à valoriser les arts visuels et à en assurer la promotion auprès du public à l'échelle nationale et internationale. C'est ainsi que l’ADAGP soutient le Salon des Réalités Nouvelles et est le partenaire des Cartes Blanches, en aidant à la découverte des Jeunes Artistes des Ecoles D’Arts, avec cette année : Kenia Alamaraz Murillo, Eliott Causse, Chloé Bocquet, Luka Hair, Romain Jaccoud, Nicolas Rodriguez-Sol.


Cette intervention a pour but de présenter les grand principes du droit d’auteur (droits de reproduction, droit de suite et droits collectifs) et leur gestion par l’ADAGP (perception et répartition des droits d’auteur et défense du droit d’auteur en France et à l’international).



L’intervention sera suivie d’un temps d’échange avec le public.


Avec le salon des RN - #51 INDOOR 2



#51

INDOOR 2


Kenia ALMARAZ MURILLO / Elliott CAUSSE
Chloé BOCQUET
Luka HAIR
Romain JACCOUD
Nicolas RODRIGUEZ-SOL

INDOOR 2


Vernissage jeudi 19 octobre de 18h à 21h

Exposition du 18 au 21 octobre 2017

ouvert du mercredi au samedi de 14h à 19h



5 rue des Immeubles-Industriels

75011 PARIS

jeudi 12 octobre 2017

David Antin at Beaubourg

BIBLIOTHÈQUE KANDINSKY
Musée national d'art moderne/CCI, Centre Pompidou

18 OCTOBRE 2017
CYCLE CNAP-BK

Le Centre national des arts plastiques (Cnap) et la Bibliothèque Kandinsky du Musée national d'art moderne/CCI, Centre Pompidou sont heureux de vous inviter à la conférence de Camille Pageard intitulée «David Antin parmi Freud et Diderot. Critique d’art, narration et postmodernisme». La conférence sera accompagnée par une sélection de documents à travers les collections de la Bibliothèque Kandinsky.

Mercredi 18 octobre 2017, à partir de 18h30
Bibliothèque Kandinsky
Centre Pompidou
Niveau 3
Entrée libre sur réservation à : reservation.bibliothequekandinsky@centrepompidou.fr
      
Poète, performeur et linguiste américain, David Antin (1932-2016) improvisait des poèmes parlés (talk poems) à l’invitation de musées ou d’universités. À partir du milieu des années 1960, il publie parallèlement des textes critiques sur l’art et la littérature dans des catalogues ou des revues telles que ArtforumArt Newsboundary 2 ou Kulchur. Dans son œuvre critique, se croisent des poèmes parlés (talk poems), des études monographiques (sur Andy Warhol, Allan Kaprow, Marcel Duchamp, George Brecht…), et des essais sur la poésie ou sur Wittgenstein.

Les publications de talking, en 1972, et de parler aux frontières, en 1976, sont pour David Antin le signe d’un tournant décisif dans son œuvre. Elles offrent aux lecteurs une réflexion poétique qui s’élabore à partir de la fin des années 1960 et qui mènera aux  talk poems : improvisations devant une assemblée de discours poétiques ensuite enregistrés puis transcrits afin d’en saisir les aspérités, la fluidité et les digressions. Il s’agit aussi de la période où l’activité de critique d’art de David Antin est la plus dense et pendant laquelle il dirige le département d’art de l’Université de Californie (San Diego). Dans ses textes critiques comme dans ses performances et ouvrages poétiques, Antin passe aisément d’un champ à l’autre, tout à la fois observant le modernisme littéraire et artistique et proposant des lectures d’œuvres qu’il définit comme postmodernes.

Camille Pageard a reçu, en 2017, un soutien à la théorie et critique d’art du Cnap pour une recherche intitulée « This is postmodern stuff. David Antin en Californie ». À partir des archives personnelles du poète et critique d’art déposées au Getty Research Institute, il rendra compte de l’articulation que David Antin opère, au cours des années 1980, entre Denis Diderot et Sigmund Freud. La convergence de ces deux auteurs permit d’abord à Antin de résoudre des questions relatives à la définition de la notion de narration, mais également de réarranger certaines propositions de ses textes critiques et plusieurs motifs de son œuvre : mémoire, photographie et perception visuelle. Lors de cette soirée, Camille Pageard présentera également l’ouvrage « David Antin. Essais choisis sur l’art et la littérature » qu’il a traduit avec Jean-François Caro et publié, avec le soutien du Cnap, chez <o> future <o>.

Camille Pageard est historien d’art. Enseignant à l’erg (Bruxelles) et à l’ensba (Lyon), son travail lie l’histoire de l’art, de l’édition et de la poésie contemporaine. Ses recherches se concentrent autour de l’œuvre du poète et critique d’art David Antin. Il a traduit avec Jean-François Caro deux de ses recueils : parler aux frontières (Vies parallèles, 2017) et Essais choisis sur l’art et la littérature – 1966-2005 (<o> future <o>, 2017). Il est co-fondateur de la maison d’édition <o> future <o>.




www.cnap.fr
www.centrepompidou.fr
https://carnetbk.hypotheses.org/

Prisca Temporal et Dan Hill

Prisca Temporal à Melun


L'exposition couvre 10 ans des travaux abstraits de l'artiste peintre Prisca Temporal. L'artiste y présente 36 peintures grands formats, issues d'une série qui en comprend 60 au total. La liberté comme horizon, la lumière et la nuit comme univers. Prisca Temporal nous dévoile ses œuvres comme autant d'odes à la liberté. Un thème qui la guide depuis toujours, qu'elle revendique comme condition à l'acte de peindre et qui s'exprime ici à travers ses horizons, ouvertures sur des espaces infinis. Animée par une attention pour les couleurs, Prisca nous livre une œuvre porteuse d'une charge émotionnelle et poétique.

Elle joue avec les effets de transparences et de traces picturales en demi-teinte. Mais cherche aussi à troubler notre perception visuelle en incrustant, imbibant par fragments des matières (colle, poudres) comme autant de traces de mouvement, d'instant, de vibration. Son travail soulève le principe de l'apparition et de la disparition de la couleur et des pigments, au cœur même de la toile. Inspirée par les jeux de clair-obscur, elle expose également, et pour la première fois, ses nouvelles compositions révélant une face cachée dans l'obscurité. Pour mieux vous imprégner de ce dialogue entre lumière et pénombre, une pièce sera entièrement plongée dans le noir à intervalles réguliers. Une expérience sensorielle unique...

Prisca réalise également des installations à partir de ses peintures fragmentées sur des feuilles de métal lumineuses. Elle vous présente ici sa grande fresque, Vibration, 2016. Cette incursion de plasticienne nous montre que l'émotion que suscite sa peinture dépasse le support et transcende la matière.


Exposition 14 octobre 2017 / 6 janvier 2018

du mardi au samedi de 13h à 18h

Vernissage / Performance contée 14 octobre / 18h30 à 20h30



Espace Saint-Jean
26, place Saint-Jean
77000 Melun 

espacesaintjean@ville-melun.fr




Dan Hill Objectivity

Please join guest curators Daniel G. Hill and Mary Schiliro for a conversation about the exhibition with participating artists, Jim Osman and Patricia Zarate.

Objectify, a group exhibition of international artists, presents work that defies categorization and moves in a space between painting and sculpture, image and object. Objects engage the corners of the gallery, unroll onto the floor and slide under the walls. Color palettes range from the austerely achromatic to the playful and intensely polychromed. Painted works are shaped, creased, folded, and formed.

Date/Time:
Tuesday, October 10 at 7 pm

The exhibition catalogue will be available for sale at a discounted price ($15, cash only). It is also available for purchase and preview on Blurb.com.

Trestle Gallery
850 3rd Avenue, Suite 411
Brooklyn, NY 11232
(btw 30th and 31st Streets)
(map)

Transit:
D/N/R to 36 St., R to 25 St., B37 bus to 3rd Ave/29 St.

Gallery Hours:
Monday, Wednesday, Friday, Saturday, 1:30-6:30 pm
The exhibition will remain on view through Saturday, November 4, 2017.

Artists:
Richard van der Aa (NZ, FR), Robert Burnier (US), Iemke van Dijk (NL), Daniel G. Hill (US), Emma Langridge (AU), Laura Nillni (AR, FR), Jim Osman (US), Mary Schiliro (US), Bogumila Strojna (PL, FR), Guido Winkler (NL), Patricia Zarate (US)

mardi 3 octobre 2017

Claude Rutault et Marie-Hélène Breuil - Bibliothèque Kandinsky - Beaubourg

BIBLIOTHÈQUE KANDINSKY
Musée national d'art moderne/CCI, Centre Pompidou
5 Octobre 2017

« Il a fallu longtemps pour reconnaître la toile nonpeinte comme une des plus belles peintures de paysage. il a fallu que la toile peinte de la même couleur que le mur lui indique le chemin, en avant-garde. Il a fallu se planter devant un des modèles les plus anciens de la peinture, l’ouverture, l’entrée de la caverne, la fenêtre, reconnaître qu’une nouvelle étape pouvait être franchie, sauter le pas » (Claude Rutault, dé-finitions/méthodes 1973-2016, relire [sans bégayer] – réécrire [sans recopier] – repeindre [sans imiter])

La Bibliothèque Kandinsky du Musée national d'art moderne/CCI, Centre Pompidou est heureuse de vous inviter pour rendre hommage à Marie-Hélène Breuil, à son travail sur l’œuvre de Claude Rutault et sur la restauration d’art contemporain à l’occasion de la présentation des éléments des archives de Claude Rutault et de l’ouvrage « dé-finitions/méthodes 1973 – 2016 », Genève, Mamco, 2016

Jeudi 5 octobre, à partir de 18h30
Bibliothèque Kandinsky
Centre Pompidou
Niveau 3
Entrée libre sur réservation obligatoire à : reservation.bibliothequekandinsky@centrepompidou.fr

Une table ronde en présence de Claude Rutault, David Kidman, cinéaste, et époux de Marie-Hélène Breuil, Thierry Davila, responsable des éditions au Mamco, Genève, Jean-Philippe Billarant, collectionneur et mécène, Jeanne Gailhoustet, artiste et directrice de l’École nationale des beaux-arts de Limoges, Emilie Parendeau, artiste, Marc Kopylov, éditeur aux Éditions des Cendres, Paris, Cécile Dazord, conservatrice et chercheuse au Centre de recherche et de restauration des musées de France (c2rmf), Agnès Cascio, restauratrice, Adriana Blendea, restauratrice.

Marie-Hélène Breuil est disparue le 1 avril 2016. 
Son intérêt pour le travail de Claude Rutault date de plus de vingt ans, mais la collaboration s’est intensifiée avec le travail sur la publication de Claude Rutault, dé-finitions/méthodes le livre, Paris, Productions Flammarion 4, 2000, livre entièrement réalisé par les Éditions des Cendres. Elle a publié de nombreux articles par la suite, organisé des expositions et également écrit quatre livres sur l’ensemble et sur les aspects spécifiques du travail de Claude Rutault : claude rutault, le jeu de la peinture sur une grille de marelle, 2009-1971, Paris, Bernard Chauveau Editeur, 2009. « Entretien écrit avec Claude Rutault », dans Michel Gauthier, Marie-Hélène Breuil, Claude Rutault, Paris, Flammarion, 2011, Claude Rutault, peinture, écriture, sociabilité´, Rennes, Presses Universitaires de Rennes, 2014 (le sujet de sa thèse de doctorat, soutenu en 2009), Claude Rutault, L’Inventaire, Genève, Mamco, 2015. 
Sa contribution à la compréhension et à l'interprétation du travail de Claude Rutault est largement reconnue et saluée. En 2015, elle a travaillé sur les archives de Claude Rutault en vue de leur donation à la Bibliothèque Kandinsky. Une sélection à partir du fonds d’archives conservé à la Bibliothèque sera présentée lors de la soirée.

En parallèle du travail sur Claude Rutault, Marie-Hélène Breuil a enseigné l’histoire de l’art au département de la restauration des œuvres sculptées à l’École supérieure des beaux-arts de Tours, en tant que co-coordinatrice du cycle ces dernières années, où elle a proposé, puis mené des études sur la restauration des œuvres contemporaines. Elle a mené des programmes de recherche sur des questions sur les possibilités de restauration des œuvres, compliquées par la conception, les matériaux, les technologies et leur obsolescence de ces travaux. Un croisement inévitable avec le travail de Claude Rutault s’est opéré. Un nouveau film en hommage à Marie-Hélène sera projeté lors de la soirée ainsi que son film portrait, réalisés par David Kidman.

Né en 1941 à Trois Moutiers (Vienne), Claude Rutault vit et travaille à Vaucresson (Hauts-de-Seine). En 1973, il énonce sa première « définition/méthode » (d/m) : « une toile tendue sur châssis peinte de la même couleur que le mur sur lequel elle est accrochée. sont utilisables tous les formats standard disponibles dans le commerce qu'ils soient rectangulaires, carrés, ronds ou ovales. l’accrochage est traditionnel. » Depuis, il en a proposé plusieurs centaines d'autres, qui ont toutes pour ambition de viser à une déconstruction générale des modes d'existence du tableau. 

dimanche 1 octobre 2017

Décès du critique Fernand Fournier



Fernand Fournier










Critique d'art 

Professeur de philosophie dans l'enseignement public, j'ai toujours été intéressé par l'histoire de l'art, ayant eu dès mes années de formation à l'université, la chance de rencontrer dans le milieu où je me trouvais des peintres et des sculpteurs.

J'en suis ainsi venu grâce à la fréquentation assidue des ateliers d'artiste, à écrire pour eux, soit pour des catalogues, soit pour leurs expositions. Cela fait plus de 20 ans que je pratique cette nouvelle activité, dans laquelle l'art contemporain a toute sa place.

Fernand est décédé le 29 Septembre 2017 après une longue maladie

En 2016, sa femme, Irène, avait réalisé un livre rassemblant ses textes sur 44 peintres dont 11 exposent au Salon des Réalités Nouvelles dans la section « Art Construit »: Fabrice Ainaut, Roger Bensasson, Joël Besse , Dominique Binet, Christine Boiry, Nathalie Delasalle, Gilles Drouin, Isabelle Gouyon de Matignon, Hiroshi Harada, Pierre Millotte et Suzuki Muneki.


PS: On peut se procurer le livre «Fernand Fournier Art Contemporain» sur Amazon 


vendredi 29 septembre 2017

Eric de Chassey - "L'abstraction avec ou sans raisons"

Lire “L’abstraction avec ou sans raisons “
de Eric de Chassey
avec les Réalités Nouvelles

par Erik Levesque



“ L’abstraction avec ou sans raisons"
Eric de Chassey
Coll. Art et Artistes
Gallimard Paris 2017
ISBN : 9782072693342
26 Euros.


Samedi 14 Octobre 2017
Signature au Salon des Réalités Nouvelles.
Parc Floral de Vincennes



L’essai “ L’abstraction avec ou sans raisons” de Eric de Chassey, historien de l’art et directeur de l’INHA, auteur du précédent “La Peinture efficace. Une histoire de l'abstraction aux États-Unis (1910-1960)” (2001) nous convie aujourd’hui à découvrir, comment l’abstraction est devenue durant la seconde moitié du XXe siècle un courant en soi de la peinture au même titre que la peinture d’histoire, le paysage ou la nature morte, passant ainsi du statut d’avant-garde à celui de courant général en vis-à-vis de la peinture figurative.

Selon Eric De Chassey, le XXe siècle des arts visuels est signé par l’invention de l’abstraction, définie comme en rupture avec l’ensemble des œuvres d’art antérieure du monde occidental : l’abstraction est “une libération, le triomphe de la liberté artistique comme possibilité, un suspens des références extérieures.” Ce faisant de Chassey change la définition de l’abstraction telle qu’elle avait été énoncée par Worringer en 1908 dans Abstraktion und Einfühlung (réédité en Allemagne en 1948 et 1959, traduit en anglais en 1953, et seulement en 1980 en français ! ) où le mot ne désigne pas une tendance de l'art mais plutôt une attitude de l'artiste, celle qui consiste à tenir la nature à distance, en la maîtrisant par des signes, au lieu de se laisser investir et maîtriser par elle. Historien de l’art Woringer voyait l’abstraction, comme une impulsion artistique originaire sans rapport avec l’imitation de la nature et reconnaissant cette volonté autant dans la feuille d’acanthe grecque que dans la peinture aborigène. De Chassey prend lui, le mot “abstraction” au sens philosophique français d’une représentation de la réalité, à la limite sans correspondance avec celle-ci. L’abstraction ainsi définie implique de manière dialectique une distance avec l’image et une immédiateté, distance avec la réalité extérieure, qui ne signifie pas une séparation mais implique un rejet à minima de la mimesis comme mode de production des images et repose sur l’identité du faire et de l’être. Elle se situe donc à l’intérieur d’une mimésis avec profondeur de champs et perspective (qui conçoit la peinture comme une fenêtre) ce qui lui permet de prendre comme référent-iconique central d’une esthétique abstraite française Nicolas de Staël, dont l’œuvre est constitué de paysage, de natures mortes ou de nus allusifs.

Le livre de De Chassey est organisé en sept articles indépendants réunis en deux parties. Articles qu’il avait écrit et publié entre 1997 et 2014, en un temps où les archives des Réalités Nouvelles (les années 1960, 1970, 1980) n’avaient pas été encore mises à disposition des chercheurs à l'IMEC. Partie I - Motifs et principes, avec 1- La grille entre architecture et peinture, où il analyse le rôle de la grille cubiste structurant la peinture abstraite des années 1950 et 2 - Grâce de la pesanteur : une abstraction spiritualisante où il souligne l’importance du but spirituel, voire religieux, attribué à l’abstraction à travers l’exemple de Malevitch et Kandinsky. Dans la seconde partie intitulée Abstractions américaines et européennes 1944-1974, il aborde 3 - Après la table rase, où il revient sur le rôle demandé à l’art après la seconde guerre mondiale entre témoignage, balbutiement et automatisme 4 - Les sujets de l’abstraction : l’expressionnisme abstrait en France, où il décrit les peintres et les œuvres des artistes français 5 - L’impossible deuil de l’expressionnisme abstrait ou Comment être américain après Pollock, où il présente la situation aux USA avec la post-abstract painterly et Clement Greenberg dans les années 1960. 6 - Pas de deux : les artistes américains à Paris, après la seconde guerre mondiale, 1946-1960, moment où les jeunes artistes américains y profitent de bourses d’étude. 7 - L’expressionnisme abstrait à l’anglaise , semble vouloir démontrer l’échec relatif de l’école de St Ives. 8 - L’abstraction comme utopie rustique : Supports/Surfaces et le modèle rural où de Chassey démontre - de manière inattendue - comment les émules de Viallat sont des ouvriers agricoles de la seconde école de Paris. A travers cette suite d’articles, De Chassey entend faire jouer deux focales (donc avec deux perspectives centrales) une focale courte, nette et précise, avec une grande profondeur de champ qui décrit le panorama national (le plus souvent français), et une focale longue nette (mais cernée de flou) sans profondeur de champ, transnationale lié au style, en particulier l’expressionnisme abstrait qu’il considère comme le style universel international de l’après guerre et des années 50. Il se situe ainsi d’une part dans le prolongement de la proposition de Bernard Dorival et de l’exposition de 1946 du Whitney Museum de New York « Peintures en France 1939-1946 » qui tentait de démontrer l’existence d’un expressionnisme français combinaison de cubisme, de fauvisme et de surréalisme, et dont Clement Greenberg, élève de Hans Hofmann (membre des RN), en refusait les prémices dans une célèbre critique, d’autre part dans le prolongement de l’article de 1950 de “Charles Estienne : l’abstraction est-il un académisme ?” qui mit fin, comme nous le savons, à la première période du Salon des Réalités Nouvelles, financé par Peggy Guggenheim et une subvention du plan Marshall !

La dialecte de la double focale permet à l’auteur de présenter de manière dynamique le panorama de l’abstraction, d’en offrir une cartographie avec ses évolutions et ses arborescences de mouvements successifs ; depuis la scène artistique de l’abstraction lyrique, en passant par l’éphémère impressionnisme abstrait de Lawrence Alloway et/ou l’expressionnisme abstrait qu’il veut présenter ici à Paris, là à New York. L’analyse des styles des œuvres françaises, que propose De Chassey, est précise, à partir de la grille cubiste, celles de Manessier Bazaine Bissière est particulièrement bien vue, tout autant que le primitivisme de Atlan, le témoignage chez Debré et Fautrier, la construction chez De Stael, le Geste chez Hartung et le Non-geste chez Soulages,, le paysagisme chez Viera da Silva, Zack, et Zao Wu Ki, ainsi qu’une esthétique des ruines, autour de Marfaing, Degottex ou Hantai, le ruralisme de Support-Surface. De Chassey démontre la grande diversité d’une seconde école de Paris, faite de peintres venus d’Allemagne, d’Argentine, Brésil, d’Espagne, d’Italie, de Suède… etc .

Nous retrouvons alors décrit cette scène parisienne en un vaste panorama, de manière remarquable avec ses enjeux et ses artistes qui, nous le précisons, exposaient quasiment tous au Salon des Réalités Nouvelles de 1950 à 2000, véritable gardien du temple de l’abstraction. Le livre de De Chassey donne alors, à revivre les débats animés et violents des jurys du salon des Réalités Nouvelles des années 50 et 60 (sans avoir eu accès aux archives des RN !), et bien que ni Auguste Herbin ni Sonia Delaunay ne soient jamais cité.

Nous le savons bien le jury a refusé de nombreux artistes et nombres d’œuvres ont été recalés… parmi les fameuses une d’ Ellsworth Kelly, une œuvre de Loebdell qui a, bien sûr, été traité de “Porcherie… ou de Merde”… Yves Klein (dont les deux parents étaient au comité) a aussi été refusé C’est la Vie ! La vie d’artiste ! Des engueulades homériques et le ridicule des mots excessifs ! Les salons sont des lieux aussi de conflits ! Mais les œuvres des artistes acceptés ou refusés, ont été regardées et discutées, comme on peut le voir et le lire dans les bons souvenirs que Carmen Herrera conserve des RN. œuvres jugées violemment peut-être, aussi injustement que maladroitement sans doute. Mais les artistes français ne sont pas forcément des intellectuels.

Et de ce point de vue l’école de New York fut bien plus philosophique et réflexive ; d’ailleurs Greenberg n’a-t-il pas lui même été caricaturé en un moine byzantin “Montagne Verte” par Tom Wolfe ! Et dans un chapitre très réjouissant, De Chassey montre les nombreux échanges et les liens qui unirent dans les années 1950 les jeunes artistes étudiants américains et français à Paris en particulier autour de Matisse et des soirées parisiennes de Georges Duthuit ! Mais il n’y avait pas à Paris de conférences de peintres comme le faisaient les peintres new-yorkais au Club qui travaillaient durs la théorie de l’art ! Peut-être à trop vouloir résumer les peintres de l’abstraction lyrique à un expressionnisme abstrait parisien pendant de celui de New York, il soumet ceux-ci à ceux-là, alors que De Chassey dénonce justement le syndrôme de la “rivalité mimétique” d’une école de Paris, focalisé pour ne pas dire obnubilé par une école new yorkaise naissante, fière et ayant soi-disant “voler l’idée d’art moderne” suivant le fameux mot de Serge Guilbaut. Certes la distinction communément admise chez les historiens de l’art entre Jean-Paul Riopelle, canadien vivant à Paris relevant de l’Ecole de Paris et Joan Mitchell, américaine vivant à Paris relevant elle de l’Ecole de New York alors qu’ils étaient mari et femme, travaillant dans le même atelier parisien, est vraiment un pur jeu d’esprit pour le moins étrange. Comme De Chassey le démontre les peintres américains ne vivaient pas en vase clos à Paris hors-sol et nous ajouterons que nombres d’artistes des Réalités Nouvelles étaient aussi membre de l’association AAA : American Abstracts Artists de New York. Les artistes français les estimaient ou les détestaient, voire les considéraient comme des envahisseurs (le fameux “Ce n’est pas pour nous”). Mais le problème de la langue fut essentiel comme le démontre le cas de l’école anglaise de St Ives (qui exposait tous au RN également), dont les membres à travers le peintre anglais Patrick Heron, francophone, pouvaient lire les critiques américaines et françaises, voire les textes allemands sur l’abstraction, ce que les peintres français ne pouvaient pas faire ! A partir des années 1960, l’édition d’art se déplace de la Suisse francophone à l’anglophone New York. Le marché était aux USA, (tout comme aujourd’hui puisque les règles fiscales n’ont jamais été les mêmes), et de plus nombre d’artistes français travaillaient - essentiellement - pour les dommages de guerre, en particulier les artistes catholiques pour les vitraux d’églises. Mais par exemple Shirley Jaffe a exposé aux Réalités Nouvelles pendant 25 ans, et tous les artistes américains qui sont cités par De Chassey, y ont été invités soit en école nationale, soit individuellement... ! On regrette alors de ne pas suivre plus en avant le cas du peintre Jules Olitski (1922-2007) qui sut passer de l’école de Paris à l’école de New York, ardemment défendu par Greenberg, le critique qui aimait comparer la peinture de Georges Mathieu à celle de Jackson Pollock ou celle de Pierre Soulages à celle de Franz Kline a de la grande cuisine snob contre un simple steak frites ! Et Greenberg défendait par principe le steak frites, et “pis c’est tout ” ! Il reste que dans les années 50 et 60, le panorama français - dans sa singularité idiosyncratique - est profondément divisé entre catholiques et communistes, (voir l’expérience de Motherwell aux RN et son commentaire), par la décolonisation ( les peintres abstraits français et algériens réunis autour de Marcel Camus), par l’existentialisme ... La notion d’”événement”, introduite par Motherwell, la notion d’”Action”, par Rosenberg, le “all-over” de Greenberg, etc… introduisent ainsi des différences de concepts fondamentales entre les différents acteurs d’une même époque.

“L’abstraction avec ou sans raisons” est un livre riche, réjouissant, dynamique, qui questionne les enjeux historiques d’une scène artistique abstraite parisiennne des années 1950 et 1960, qui trouve son prolongement dans les œuvres contemporaines de Callum Innes, Piffaretti, Viallat ou Schnabel… et de tant d’autres dans et hors du Salon des Réalités Nouvelles.


A lire donc, impérativement, pour tous les exposants, amis et membres des Réalités Nouvelles.