dimanche 31 mai 2015

Jean Paul Moscovino chez Sand et Isabelle Malmezat à Chambéry

Le Centre des Monuments Nationaux a proposé à Jean Paul Moscovino d'exposer dans le parc de NOHANT (Indre) de juin à septembre 2015 . 8 grandes sculptures ont été installées autour de la demeure de George SAND, et le sculpteur vous invite à venir vous imprégner de ce lieu magique.

Vernissage le samedi 6 juin dans le cadre des manifestations "Rendez-vous au jardin"

Bon été à tous !

































La peintre Isabelle Malmezat expose à la Galerie Ruffieux-Bril à Chambéry.

30 rue Basse du Château- Chambery (73)
Exposition du 18 Juin au 18 Juillet 2015
Vernissage le jeudi 18 juin 2015







Créer des Liens

La fin du voyage

Retour de la pêche

vendredi 29 mai 2015

Blaise à Dreux, Valentin à Zabu



Venez inaugurer avec nous l'installation BLAISE & Co / Ar(t)chéologie 2501, à Dreux 28.
le 5 juin prochain à partir de 17h30.
Et vous pourrez vous y rendre jusqu'au 30 août.







Invitation de l' ÉTÉ à l' USINE à ZABU
du 20 juin au 13 septembre … Vernissage samedi 20 juin à 18 h
Nous sommes 21 exposants … Nous vous attendons dans l'amitié
À Saint-Germain-des-Angles 27930
http://www.lesamisdelespaceculturel.fr/
Nicole Valentin : http://www.nicolevalentin.fr/

mercredi 27 mai 2015

Du rififi dans le port franc

Un Suisse sous contrôle judiciaire à Monaco... et une guerre judiciaire... et des suites improbables...  

Mise à jour du 18 Novembre 2015

Guerre judiciaire, appel, contre-appel, et dix de der... enfin presque parce que ce n'est pas vraiment fini...  La Suisse adopte une loi qui prévoit que les oeuvres dans les ports-francs ne peuvent y être stationnés plus de deux ans (à suivre...)

Mise à jour du 27 Mai 2015

Bon,  y'a un moment, même le commissaire San-Antonio, n'y retrouverait pas ses petits suisses de Genève...
Des tableaux de Picasso volés sont identifiés et retrouvés sur les photos de l'appartement de l'oligarque russe.. Une héritière de Picasso porte plainte pour vols et recel on parle de 60 dessins et peut-être de 400 autres disparus. Le bras droit d'Yves Bouvier, Olivier Thomas président du Conseil d'administration du port franc de Luxembourg est impliqué dans cette seconde affaire née de la précédente... Mais là, la Zahia apparait dans " des soirées libertines pour hommes d'affaires et galeries ayant pignon sur rue" selon Le Point a l'insu de son plein gré...
Alors, mon pauvre Béru, toi qu'à toujours des trainées de beurre et jambon sur ta chemise et des idées arrêtées sur tout... dis, mon grand,  tu penses quoi de la FIAC' OFF ?

pour les épisodes précédents...

Et Sylvestre Vint…

Sylvester Stallone expose au Musée d’Art Moderne de Nice ….

Figure singulière de l’hystérie masculine ( « J’ai-de-gros-sterno-cléido-mastoïdiens »), qui donnerait raison aux partisanes de la théorie du genre qui voit dans toute peinture expressionniste une forme du machisme granguignolesque …  Bodybuildé, voix grave, notre Commandant Sylvestre (Bon’arh, moi aussi !) à la mâchoire carrée sous stéroïde pratique la peinture en amateur éclairé et doué dans un style exacerbé qui n’est pas sans rappeler les années 80 de David Salle, Francisco Clemente, Julian Schnabel, Eye of Tiger et les heures de la Transavantgarde… vous vous souvenez ?
Selon l’article très élogieux que lui consacre Harry Bellet du Monde : « C’est peint ! ».

Le maire de Nice Christian Estrosi (ancien pilote moto qui semble tout droit sorti d’une bande dessinée de Jean Graton : Michel Vaillant) ne s’y est pas trompé… et a su soutenir cette exposition dont le musée ne voulait pas… Et voilà… La communication a été parfaite et de Paris Match à Fox News, en passant par le Monde et Le Figaro, l’événement niçois a été commenté pendant le festival de Cannes !
Le peintre Gérard Thupinier s’étrangle contre ce «  Rambo et con à la fois »…
au nom de l’école de Nice…
de la société du spectacle...  
Sylvestre fait scandale …
Le public vient nombreux . 
Et Nice a niqué Cannes ...
1 - 0.

Voilà, la pratique hollywoodienne a rempli les musées …  de Stallone à Jeff Koons.
Nous ne pouvons que constater l’avancée inexorable dans la pratique des musées français d’une esthétique médiatique (dont nous avions fait le sujet du colloque RN de 2008), et dont nous vous rappelons ici les deux fondements tels qu’ils ont été définis en 1920 par Victor Sjöstrom : « établir une moyenne mentale du public et sacrifier le progrès intellectuel au profit du renouvellement technique. » 

Dont Acte.

(Beu’arh, moi aussi !) 

Musée d’Art Moderne et d’Art Contemporain, à Nice jusqu’au 30 mai.

Commentaire :

Bonjour,
pour info, Estrosi faisait dans la moto et non l'auto, il fut effectivement un pilote de premier plan dans les années 70; et à Nice, il est connu comme le "motodidacte"; il est aussi connu pour son intérêt réel ou supposé pour l'art et l'art contemporain, ce qui avait été fait à Nice en 2013 autour de Matisse (expo dans 8 musées) était plutôt bien, et les expos du MAMN sont en général intéressantes (et gratuites) - bien cordialement, Philippe Herzog - RN2014


samedi 23 mai 2015

ANNE COMMET - EXIT

CODE COULEUR / ANNE COMMET

Galerie EXIT art contemporain / du 04.06 - 11.07 2015


Vernissage le 4 juin, 18h-22h
2, place Denfert Rochereau, 

Boulogne-Billancourt / 
M° Boulogne-Jean Jaurès

Communiqué de presse

 
Ni commencement ni fin. La surface de la toile n'est que le début, le peintre et la peinture sont sortis de la toile, ont débordé du cadre et dépassé les frontières de l'espace et du temps ...
Le travail d'Anne Commet allie des aspects physiques et émotionnels de l'expressionnisme abstrait avec la richesse d'éléments de la peinture gestuelle, du dessin et de l'écriture dans une formule exubérante et puissante. 

Expostion Collective avec Valéry

"Ce toit tranquille, où marchent des colombes,
Entre les pins palpite, entre les tombes;
Midi le juste y compose de feux
La mer, la mer, toujours recommencée
O récompense après une pensée
Qu'un long regard sur le calme des dieux!"




Paul Valéry a inspiré:



Raphaëlle BOUTIE

Catherine-Maria CHAPEL

Anne COMMET

Bénédicte DUSSERE

Claude HASSAN

Delphine de LUPPE

Anne SLACICK 

exposent du 3 juin au 11 juillet 2015 à la galerie Lionelle Courbet 
13 rue Oudinot 75007 Paris, 

01 56 58 11 63 

mardi 19 mai 2015

Deux expositions de Don Voisine

Deux expositions pour Don Voisine, que RN a eu le plaisir d'exposer à Paris en 2012 avec "American Abstract Artists"


A New York chez McKenzie Fine Art
McKenzie Fine Art May 10 - June 14, 2015




puis à Denver 
Chez  Robischon Gallery, Denver, CO
May 14 – July 3, 2015




samedi 16 mai 2015

Sandrine et Benoit Coignard Cérémonie du Thé


Chers amis,


Nous savons que vous êtes pour la plus-part trop loin pour que notre invitation soit raisonnable…
Mais soyons fous et imaginons que des bottes de sept lieux puissent vous emmener jusque là-bas… 

Cela nous ferait tellement plaisir de partager avec vous ce moment de création. 

Alors rêvons encore et imaginons un jour qu’à proximité de chez vous une telle occasion se reproduise…
Depuis quatre mois déjà que nos théières ont envahi le musée de la céramique de Vallauris.

Ce fut une longue et heureuse rencontre esthétique avec les confrères céramistes et les visiteurs du musée, dans un lieu que nous connaissons bien et que nous aimons. 

L’exposition se termine donc dimanche soir.
Samedi, la « nuit des musées » en sera la soirée de clôture officielle. 


Benoit et Sandrine Coignard






jeudi 14 mai 2015

Inversement # 5 sur Tapis Rouge à Abstract Project par Jun Sato

Photographies Jun Sato



























Diane de Cicco sous le marteau de Pierre Cornette de Saint-Cyr pour Emmaüs

Diane de Cicco expose chez Emmaüs à Ivry-sur-Seine du 19 au 30 mai 2015.
Cette exposition se terminera par une vente aux enchères sous le marteau Pierre Cornette de Saint-Cyr le 30 mai à 18h précises.
Un pourcentage du produit des ventes sera reversé au profit d'Emmaüs.

#5 - "Inversement"


Inversement du sol au mur - #5 
 5ème exposition du Abstract Project.

"Inversement"


 défend son titre 
et 
renverse les situations


" Murmures accrocheurs la sculpture délivre sa substance sans socle ajouté.
Délaissant assurément le sens, la peinture s'élance, l'essentiel est son sel, l'ordonnée est soumise à une majestueuse invasion de l'abscisse. "
Bernard Blaise


Un nouveau site pour l'art minimal Britannique

Pour les artistes travaillant uniquement au Royaume-Uni et engagés dans l'Art Minimal, le Hard-Edge et le Géométrique et les Arts Systémique, un projet éditorial en-ligne avec commissariat d'exposition mené par Patrick Morrisey and Hanz Hancock : The Saturation Point.



mardi 12 mai 2015

Kevin Flinkea en Allemagne

L'exposition colective "Reliefreduktif" organisée par Edgar Diehl à Aschaffenburg présentera une oeuvre de Kevin Flinkea.

samedi 9 mai 2015

Inventer l'abstraction !

à regarder sur http://www.moma.org/interactives/exhibitions/2012/inventingabstraction/

Suite de Shémas interactifs



mais elle est où Sonia ?

Charles Pollock (1902-1988)

Du 23 Avril au 14 Septembre à la fondation Guggenheim Venise, Charles Pollock le frère ainé... (de kikonsait ! ), expose ses peintures abstraites. Né en  1902, venu vivre  à Paris (XXe) à partir des années 70, Il y décède en 1988. Il expose au Salon des RN en 1971.
Delta 1987

jeudi 7 mai 2015

Criss Cusson invité sur France Inter

Chers Amis,

J' ai l' honneur d' être l' invité d' Alain Maneval pour 2 émissions  d' 1 heure chacune, dans" l' album de Minuit " sur France Inter, ce  samedi de minuit à 1h et ce dimanche de minuit a 1h ...

A écouter en direct, podcast ou sur le site de France Inter " l'  Album de Minuit " ...
http://www.franceinter.fr/emission-lalbum-de-minuit-pinkys-dream

http://www.franceinter.fr/emission-lalbum-de-minuit-doolittle

Loin du monde libéral libertaire athé ... Nous y parlerons des  paillettes sacrés, des précheurs et des primitifs du " Rock n roll  ",  des Merveilles, du Maitre LF Céline, du cafard des Paras...

Bonne écoute ...

Criss Cusson

Leslie Greene, outremer entre Rêves et Résidences

Leslie Greene présente " Dreams and Dwellings" (Rêves et Résidences) au Lincoln City's Chessman Gallery jusqu'au 6 juin 2015.

Plus de renseignements sur : lincolncity-culturalcenter.org

à lire sur http://www.oregoncoasttoday.com/oct/artsy/20150505/the-french-connection#






Dream Scape



Palette



Elixir





lundi 4 mai 2015

Markus Lüpertz, peintre abstrait ?

Markus Lupertz, le peintre et le doryphore


Abstraction ? 
Vous avez dit Abstraction ! 
Moi j’ai dit Abstraction ?
Je vous assure mon cher Cousin, vous avez dit Abstraction !

“Peintre européen et homme de paix” comme il aime à se définir, Markus Lüpertz présente sa première rétrospective au Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris, Palais de New York, jusqu’au 19 Juillet 2015.

Né en 1941, à Liberec en Bohême, (aujourd’hui en République Tchèque) dans une famille allemande de la “fameuse” minorité de la Tchécoslovaquie, les Sudétes, annexée au Reich par Hitler en 1938…Sa famille émigre en Bavière après la seconde guerre mondiale. Markus Lupertz rejoint Berlin en 1962, là il rencontre ce qui allait devenir “l’équipe de rêve” des peintres du miracle économique allemand : Baselitz, Penck, Immendorf … les nouveaux sauvages… le néo-expressionnisme allemand...

Réparti en 12 salles, la proposition de la commissaire Julia Garimorth entend démontrer que l'oeuvre de Markus Lüpertz est fondamentalement abstraite, pour ce faire elle opère une remontée dans le temps: partant de ses dernières oeuvres datées de 2014 pour remonter vers le début les années 60, à l’origine du monde lüpertzien, avec une toile emblématique un Donald Duck de pure abstraction qui clôt l’exposition.

L’abstraction est une énigme

La première salle nous présente, un bronze la sculpture d’un visage régulier peint de taches vives. La sculpture est entourée de toiles qui ouvrent la série des “Arcadies 2013-2015”. Opérant par fragmentation de motifs classiques, Markus Lüpertz présente ici, un visage régulier, là un corps de dos qui évoque une académie de David, ici une baigneuse ou une Venus accoudée, là une barque, un élément de branche, un casque et un escargot qui ensemble forment un paysage mental, scindé, morcelé, maladroit que Markus Lüpertz définit comme l’Arcadie; ce lieu mythique de la mythologie grecque chanté par la poésie bucolique antique où bergers et poètes vivent en harmonie avec la nature. Par ce jeu de citations et de désignation il s’agit pour Markus Lüpertz d’interroger et d’explorer les rapports entre figuration et abstraction en poussant sa peinture à la limite. Il opère en jouant de la variation, le peintre explore le motif. La variation inscrit la forme - répétée fidèlement d’une toile à l’autre, jusqu’à l’utilisation du contretype et du monotype- non pas en désignation du signe “Académie d’Homme dite de Patrocle”, mais inscrite en forme plastique plus ou moins molle et un peu jaune qui est associée à la forme du nu ou au contrepoint de l’éllipse de l’escargot auquel répond la forme sinistre et gauche du casque vert feltgrau de la Wehrmarht…
L’abstraction s’arrête-t-elle avec la Wehrmacht ?

Les signes donnés ainsi par le peintre forment une énigme, un rébus qui constitue selon l’artiste l’abstraction de l’oeuvre. Toutes les interprétations sont licites. Il n’y a pas de bonne lecture du rébus, de l’énigme. Il n’y a pas d’illustration, pas de narration, seulement des signes qui, en tant que tels ne sont pas identifiables à un portrait par exemple. Ils peuvent être indiciels, donnés une trace, une vague indication, et trouvent une neutralité symbolique d’ objets “idéologiquement amorphes”, nous affirme le peintre. Les tableaux sont un moyen de transmettre de l’information certes, mais ils ne communiquent plus de contenu, comme le faisait autrefois une peinture d’histoire genre “ Napoléon à Eylau” de Gros. La peinture n’a plus à transmettre de contenu comme elle le faisait avant parce que d’autres médias le font ...l’internet par exemple… La peinture est devenue une histoire pour elle-même par elle-même. La peinture ne veut et ne peut parler que d’elle-même. La peinture est auto-citation de sa propre histoire, porteuse d’un passé que nous connaissons par bribes et d’un futur inconnu qui dessine un présent non pas fondé sur le nouveau mais sur l’individuel.

Lüpertz interprète la peinture, la joue, la chante. De son point de vue les formes abstraites sont épuisées. En les réinventant, en leur donnant une autre intensité, une autre temporalité, donc une autre forme, il crée quelque chose qu’il pense être radicalement nouveau. Paradoxe il faut à l’artiste revenir à ce qu’il sait déjà c’est à dire revenir à un futur, qui est une tradition. La peinture commence là et ici, quand le sujet est graphiquement abstrait à savoir là où il a été prémâché, là où il est poncif et dessin préparatoire. La peinture commence par l’utilisation d’une image préexistante. L’abstraction n’est alors pas opposé au figuratif.

“J’étais tellement possédé par l’abstraction que je ne ressentais pas l’abstrait comme opposé au figuratif, mais comme allant de soi autant qu’une table. Je voulais, dans l’abstraction de ma conscience, créer des correspondances figuratives, donc un concept abstrait-figuratif.”  Markus Lûpertz

Markus Lüpertz instaure une double lecture. De ce point de vue il n’est pas si éloigné des peintres des années 50 qui cherchaient à donner à la figuration les qualités de l’abstraction, comme avec Nicolas de Stael. Le degré d’abstraction d’une image naît d’un jeu ludique stimulé par des images peintes, lues et retranscrites, défigurées, analysées, décortiquées, à l’heure de la reproductabilité technique de l’image… encore Internet…

L’abstraction est une conscience

Cependant pour Markus Lüpertz le point fondamental de l’abstraction, c’est la définition qu’il en donne comme “d’une tare fondamentale de l’artiste”, de son "égocentrisme" qui lui fait ressentir la pression du pouce de haut en bas et qui le force à peindre. Le Toucher. Un toucher qui est proprement stupéfiant de qualité et d'invention d'empreintes. L’abstraction comme psychologie de la forme, proprement Gestalltiste et comportementale. A cette aune, la peinture rend visible le monde par le toucher, parce que l’oeil voit par la touche les temps et les mesures. La peinture est une pensée abstraite qui fait concevoir “des mondes et des intermondes” et fait ainsi échapper à l’ordre de la consommation du monde. Pourtant l’oeuvre que nous découvrons de toiles en toiles, naît de l’échec, de la frustration et de l’insatisfaction de l’artiste à achever une oeuvre l’autre à mesure que les réfèrences s’enchaînent dans les salles et sa vie.

“Ce que je peins est une chaîne de choses. D’un travail naît le prochain. Un détail dans un tableau, par exemple une goutte qui coule, peut devenir le sujet principal du tableau suivant.” ML

Nus de dos, puis hommes sans femmes, Parsifal 1993-1994, Lüpertz tente une approche wagnérienne de la sensualité, la question fondamentale de la peinture selon lui, celle du toucher, de la présence immanente de la peinture dans la conscience.

“Il n’y a de tableaux qu’abstraits. Le tableau est un produit abstrait et ce n’est qu’à travers le spectateur qu’il raconte une histoire. “ nous rappelle l’Artiste.

Dans les années 90, il peint le thème de la guerre avec une interrogation goyesque sur la guerre de l’ex-Yougoslavie. Il reprend la composition-citation celle du Dos de Mayo de Goya, de l’éxècution de Maximilien par Manet, ou de Massacre en Corée de Picasso… composition poncif en "déjà vu" qui appelle votre mémoire à faire long feu !

La série suivante s’inspire de l’Adam et Eve des quatre saisons de Nicolas Poussin, dont il ne conserve qu’un bras droit (Eve) et un bras gauche (Adam), un pied peut-être… Toiles qui font écho à Rodin qui souhaitait faire dévaler ses sculptures du haut en bas des montagnes pour que tout le superflu s’en échappe par une mise en morceau.

La série des années 1985 possède une ampleur de pâte, un toucher assez allègre autour de la question du sourire mycénien des kouroï crétois. Primitif et moderne, ils sont assemblés en un étrange ballet dans de grandes compositions cubistes et post-modernes.

Cette allusion a un univers primitif trouve leur ampleur dans la série précédente Congo, qui joue des motifs ethniques et primitifs, semble être une rencontre de Courbet et de Derain autour de la figure d’Arlequin assis sur une chaise. Mais nous suggère une interrogation ne cherche-t-il pas à masquer le vide d’une proposition en la remplaçant par un costume de collage ?

La série précédente Peintures de Style 1977-78 est la période la plus abstraite puisqu’il renonce alors au motif par son alternance dans la composition, (en particulier le motif de la palette ), comme l’affirme le peintre “la forme est devenue le motif lui-même”, redoublant dans ses toiles les même signes qui étaient apparus dans la série des “Motifs Allemands”.

Les “Motifs Allemands” 1970-1976 sont liés a à l’histoire de l’Allemagne et de la seconde Guerre Mondiale, ou on retrouve des triomphes baroques d’uniformes de la Wehrmacht (casques, casquettes,...) dans des champs de blés qu’il associe à des objets "idéoloqiquement amorphes" comme moule à gâteaux, palette, croix ou les escargots…. Il en résulte une tension presque comique entre la forme d’un casque vert-de-gris et un escargot, dans le rapprochement de leur abstraction formelle de coquilles vides. 

Travail analogue que l’on retrouve dans les années 60, dans les “peintures dithyrambiques “ où l’exagération de la plasticité conduit l’artiste à imposer aux objets préexistant une construction. Les objets peints, tente, hangar poteau électriques, casques, traces de pneu sortis de leur contexte, acquièrent de ce fait une qualité abstraite que Markus Lûpertz peint à la détrempe. Mais la peinture est fragile, trop montée, la détrempe empâtée craque et donne le sentiment imminent de la catastrophe. Un sentiment égal vous envahit devant certaines toiles, est-ce un souvenir ou certaines toiles comme "Congo" ont-elles fanées, blanchies ?

Les signes du théâtre

La sculpture serait née des oeuvres peintes, les personnages s’en seraient échappés. Que voit-on ? Un porteur de lance aux jambes trop courtes,marchant, couverts de peinture, des arlequins sur des sièges...des Mozarts clownesques pour des mises en scène de Cosi fan tutte ! Toutes ces statues seraient nées de Maillol, d’une soirée de beuverie dans les jardins des Tuileries sous la lune à Paris… dans le souvenir de Dian Verny et de Maillol. Aristide Maillol que Hitler collectionnait personellement et le professeur de Arno Brecker (le sculpteur du Reich, ndlr) , … Scupture de Dina Verny, reprise avec précision dans une des toiles des “motifs allemands” entre un cheval et un costume à grands carreaux avec écrit en rouge MAILLOL…

Les sculptures de Marküs Lüpertz sont faites de boules énormes aglutinées, plus ou moins polies, l’une évoque aussi bien Hercule que l’autre ”Le doryphore* de Polyclète, mais le corps et le visage tuméfié, peint et grotesque… comme des nains de jardin ou des autoportraits de l’artiste !

“Je m’approche de la reproduction de la figure humaine principalement à travers des images. Chaque image possède un début artificiel. Car il n’ y a pas plus abstrait qu’une image peinte, sauf sa reproduction qui est encore plus plate. Mais ce n’est pas le peintre qui me stimule, c’est davantage la reproduction du tableau peint, sa disponibilité, Je (soit un point et une majuscule, soit virgule et bas de casse)Point+ Moi, je peux manipuler l’oeuvre d’art, la défigurer, l’éplucher? Une telle utilisabilité augmente la stimulation ludique et le degré d’abstraction.” ML


Le peintre ”porteur de lance” prend alors les habits précieux et théâtraux du poète du “Gran Hôtel Budapest”. Il se rêve élégant et dandy en pied-de-coq. Il revêt les parures à rayures noire et jaune du poète de la Mittel Europa d’avant 1933, et sur la scène de la vie déclame que la forme (l’abstraction) est le style (la figuration). Fier de ses poèmes auxquels il oeuvre tous les matins, il soigne sa prosodie comme ses vétêments. Ecouter parler Marküs Lüpertz de peinture, d’art entre conférences et rencontres, c’est écouter quelqu’un qui a “bel et bien beaucoup bossé”.  Grand, il impose sa silhouette de l'acteur des Arts. Ses interviews sont préparés et écrits. La phrase est travaillée sans improvisation, articulée et juste. Markus Lüpertz se veut exemplaire, conscience morale de son époque. Il a été professeur et recteur des Beaux Arts de Düsseldorf. Il use de tous les artifices de la rhétorique et de la fable pour se faire comprendre et apparaître au public tel l’Artiste en son essence divine. Il a publié recueils de poèmes et manifestes picturaux. Il s’est essayé à la mise en scène de film, au décor d’opéra, à la musique. Mais cette volonté de faire style de tout, d’exagération de la plasticité, de jeu de références, d’un nombrilisme théâtral, n’en font-ils pas un Falstaff de la peinture ? L’artiste autoproclamé n’est-il plus qu’un Polichinelle ? Un histrion à la manière de Dali ou plus tragique, un Orson Welles faisant la danse de l’ours au son du cymbalum du Troisième Homme à la télévision américaine à la fin de sa vie ?

Et nous voici, devant la première oeuvre de Markus Lüpertz, des cercles bleus et rouges, emboîtés les uns dans les autres avec deux taches jaune violemment placées en diagonales à droite comme un bec. Avec l’humour et dérision le jeune Markus Lüpertz a donné le titre humoristique de “Donald Duck” à cette toile de 1962 qui évoque la contradiction du projet du jeune peintre pris entre constructivisme et bande dessinée. Et l’on revisite, mais cette fois dans l'ordre chronologique, toute l’exposition entre abstraction et narration, entre sérieux et grotesque, entre sacré et profane, entre devoir de mémoire et comedia dell’Arte, entre expressionnisme et classicisme, entre réussi et foutraque. L’abstraction virtuose et consciente de Markus Lüpertz serait-elle une forme cultivée et inconsciente de Pop Art ? Une forme de “painterly pop-art ”, de pop-art peint ?

Au mur on lit alors l’extrait d’un dialogue entre Michael Werner, son galeriste et Markus Lüpertz, l’artiste et le professeur, où transparaît toute la volonté et toutes les contradictions de l’artiste :

- “ La peinture peut-elle s’apprendre ?

- Non ! Sans l’infirmité congénitale, ça ne marche pas. Mais par un travail assidu on peut beaucoup obtenir et approcher, par ce qu’on fait soi-même, la grande peinture.”



Erik Levesque

Note :  

1 - Par un curieux hasard on publie en français, les Mémoires de Werner Lange "Les artistes en France sous l'Occupation" aux Editions du Rocher. Lieutenant de la Propagandastaffel à Paris entre 1940 et 44 chargé des artistes français, il raconte l’amitié profonde qui unissait Maillol et Brecker…

2 - Pour nos amis francophones, mais qui ne le savent pas forcément :

Le doryphore (ou porteur de lance) est une sculpture grecque de Polyclète (IVe siècle avant JC), canon de l’art classique.

En argot parisien, le doryphore est un soldat allemand mangeur de pommes de terre  désigné par analogie avec un insecte à dos rayé noir et jaune qui mange les patates !