jeudi 27 septembre 2012

Sandrine Mathieu




27/092012 - Sandrine Mathieu et Christian Martinache interviennent dans les écoles


Sandrine Mathieu, dont on peut voir le portrait dans la revue  "Entre" de septembre -octobre, Onirisme, (p36) expose avec Christian Martinache  dans deux écoles primaires du 20ème arrondissement de Paris sur le thème de la littérature enfance-jeunesse. Autour d'Arthur Rimbaud, dont les initiales A-R sonnent comme un Aller-Retour entre les deux artistes : " nous avons choisit les lettres de l'alphabet à tour de rôle et nous nous sommes répondus plastiquement; ce qui a donné 52 petites peintures carrées 25x25 cm et 4 grands formats de 2 m utilisant la peinture en bombe." 
Les peintures sont exposées respectivement dans l'Ecole Primaire de la Plaine de 1er cycle (cp et ce1) et de 2ème cycle (ce2, cm1, cm2) jusqu'en décembre, au 9 et 11 Plaine, 75020.
Une initiative remarquable pour que l'art entre toujours dans les écoles... même par la petite porte !

mardi 25 septembre 2012

]RN Structures[ Hors les murs à Pont de Claix... La video


Une video de Jean-Pierre Bertozzi (que l'on aperçoit à la 5' 34 minutes dans un reflet ! ) sur le transport, l'accrochage et le vernissage de l'exposition accompagnée d'une visite virtuelle de l'exposition de Pont de Claix ...

Jean-Pierre Bertozzi

Dans le cadre des Portes Ouvertes d'Ivry sur Seine (les 28, 29, 30 septembre de 14h à 20h),le magasin Leroy Merlin et l'association SansTitre proposent l'exposition "Rouge et noirs" 
A cette occasion,Jean-Pierre Bertozzi accroche cinq toiles d'une longueur totale de 11 mètres intitulées "Le bois était une mer agitée dans le calme".

dimanche 23 septembre 2012

Des Réalités Nouvelles... encore plus réussies que prévu !

A lire sur le Dauphine.com, le compte-rendu de l'exposition !



Le Vernissage à Pont de Claix


Les artistes des RN en pleine discussion...
devant l'oeuvre de Joel Besse !


Olivier di Pizio, président des Réalités Nouvelles présente l'association des artistes à la Ville de Pont de Claix,à
ses édiles et à l'intercommunalité grenobloise !

Le public devant la sculpture de Milija Belic et
 la peinture "Pink" de Erik Levesque !


La délégation des Artistes des Réalités Nouvelles venus "accrocher" entourant le premier adjoint chargé de la culture de Pont de Claix  Sam Toscano ...


mercredi 5 septembre 2012

Anne Commet, peintre

Traverses xv
vegetal



A l'occasion de l'exposition d'Anne Commet à la galerie du Crous de Paris intitulée "Paysages Antérieurs", du 25 septembre au 6 octobre 2012, l'artiste répond au questionnaire des Réalités Nouvelles.


Pouvez- vous décrire brièvement votre travail ?


Je travaille sur l’allusion, l’intime et la mémoire. Ce que je recherche c’est créer une vibration colorée singulière et proposer à travers mes toiles une expérience physique et sensible du paysage.

 Avec le temps, mon travail s’est structuré en deux séries : la première caractérisée par les touches et la matière tandis que la seconde est réalisée en glacis. Dans les deux cas, les toiles résultent d’un même processus alliant construction et effacement. L’évolution de chaque série vient nourrir l’autre.


Qu'est-ce qui vous motive pour créer ?

Le plaisir d’être dans la peinture. L’expérience physique du grand format est absolument jubilatoire.


Pouvez-vous nous parler de votre pratique au jour le jour ?

Je travaille presque tous les jours sur plusieurs toiles à la fois et toujours en musique. J’aime particulièrement peindre plusieurs formats en polyptique. Et puis, je regarde aussi beaucoup de peinture figurative et abstraite.

  
Depuis quand travaillez vous de cette manière ?

Toujours

Quels sont les artistes qui vous ont le plus influencé ?

Entre autres : Vermeer, Bonnard et les Nabis, Matisse, Monet , Joan Mitchell, Rothko, Christopher Wool, Katarina Grosse, Bernard Frize


Qu'est-ce qui en dehors des arts visuels fait évoluer votre travail ?

 Les rencontres et la musique

Comment souhaitez-vous que le public reçoive votre travail ?

 Comme une invitation à la contemplation, un instant de quiétude

Qu'est-ce qui vous passionne actuellement ?

Mes 2 volumes de Vitamin P


Dans quel sens selon vous doit évoluer l'art abstrait ?

 Traquandi

mercredi 29 août 2012

Expositions à venir ...

Alberto Magnelli sera présent à la Galerie Lahumière - Paris du  12 octobre au 22 décembre 2012.

La galerie ParisConcret présente une sélection d'oeuvres entre Sydney et Paris à partir du 1 septembre avec les artistes Nadya Bertaux, Joël Besse, Christine Boiry, Anne Brochot, Tony Harding, Danielle Lescot, Federica Nadalutti, Antoine Nelen, Roland Orépük, Myrianne Perelmuter, Jacek Przybyszewski, Paul Raguenes, Jocelyne Santos, Patrick Sauze, Bogumila Strojna, Thierry Thomen, Marie Thurman, Richard van der Aa, Jacques Weyer.



Une sélection d'artistes des Réalités Nouvelles hors ses murs exposent à Pont de Claix près de Grenoble à partir du 22 Septembre au 13 octobre prochain. Une exposition produite par )RN structure( et la ville de Pont de Claix.

Faut-il voir les oeuvres pour les connaître ?

Les musées d'Art Contemporain offrent des parcours didactiques, historiques  autour de la peinture, de la sculpture, de la photo, des films et des archives du XXe siécle. Les parents attentifs et disciplinés suivent le parcours sagement qui leur est proposé, les enfants "rebelles" attendent assis sagement devant la porte de sortie, puisque disent-ils avec sérieux la nature ontologique de l'oeuvre d'art est esthétique conceptuelle et immatérielle... alors pourquoi la voir,  puisqu'on la connait déjà ?

jeudi 9 août 2012

8 - Jean Leppien (1910-1991), Biographie

Suite et fin de l'article de Madame Denise Vernerey-Laplace consacré à trois figures des Réalités Nouvelles.

Jean Leppien (1910-1991)

Du Bauhaus à Paris

Fils d’entrepreneurs protestants des environs de Hambourg, Kurt Leppien interrompt en 1929 ses études secondaires et rejoint le Bauhaus de Dessau. Elève de Josef Albers, Wassily Kandinsky et Joost Schmidt, il fréquente Paul Klee. Lorsque le régime nazi nomme Mies van der Rohe directeur du Bauhaus, il part pour Berlin et s’initie à la photographie auprès de Lucia Moholy. Membre du parti communiste, il fuit en 1933 et rejoint Paris; il adopte alors le prénom de « Jean » et survit de petits boulots qui ne lui laissent aucun loisir pour créer. Sa femme Suzanne Ney, juive hongroise, est dénoncée en mars 1944 et déportée à Auschwitz. Jean Leppien est condamné à la réclusion dans la forteresse de Bruchsal. Libéré en 1944, il retrouve Suzanne, survivante. Le couple s’installe à Cagnes-sur-Mer et Jean Leppien « commence - selon ses propres mots - à peindre » auprès du groupe des « peintres de Provence » venus de tous horizons. Il décline dans des dessins à l’encre une grammaire de hachures sérielles inspirée de la cartographie aérienne que ses amis allemands, Springer, Davring et Reichel l’incitent à faire évoluer. La joie de la création s’exprime dès lors en courbes élégantes que leur tension installe dans la descendance de Kandinsky. Ses allers et retours entre le midi - il a acquis une maison-atelier à Roquebrune - et Paris influencent sa palette chromatique. Il renoue avec ses camarades du Bauhaus, se rapproche de Henri Nouveau, Hans Hartung, Henri Goetz, se lie avec Jean Deyrolle et César Domela, fait la connaissance du marchand Wilhelm Uhde, des critiques Hertha Wescher et Charles Estienne qui organise sa première exposition parisienne en 1947 à la galerie des Deux-Îles. Jean Leppien prend pied sur la scène artistique parisienne. Il sera un exposant fidèle du Salon des Réalités Nouvelles dès 1946.


Mots clefs/Liens : Jean Leppien. Bauhaus. Dessau. Josef Albers. Vassily Kandinsky. Joost Schmidt. Paul Klee. Mies van der Rohe. Lucia Moholy.Auschwitz. Bruchsal. Cagnes-sur-Mer. Roquebrune. La Provence et les peintres. Ferdinand Springer, Davring (Heintrich-Maria Davringhausen, dit Davring) et Hans Reichel. Henri Nouveau. Hans Hartung. Henri Goetz. Jean Deyrolle. César Domela. Wilhelm Uhde. Hertha Wescher. Charles Estienne. Galerie des Deux-Îles.


Retrouvez les chapitres de l'article de Madame Denise Vernerey-Laplace


7 - Etienne Béothy, (1897-1961) - Biographie

Suite de l'article de Madame Denise Vernerey-Laplace consacré à trois figures des Réalités Nouvelles

Etienne Béothy, (1897-1961)

Le sculpteur au Nombre d’or
Enfant d’une famille de l’aristocratie foncière hongroise, Istvàn Béothy manifeste très tôt sa détermination artistique. Jeune soldat en 1917, alors qu’il se remet à Budapest d’une blessure à la tête reçue sur le front italien, il élabore un programme plastique fondé sur les proportions remarquables inspirées par les courants théosophiques et para-scientifiques de son temps, la Série d’Or. Il demeure à distance de l’avant-garde hongroise conduite par Lajos Kassák. Après des études d’architecture et de sculpture à Budapest, un voyage à travers l’Europe, il rejoint en 1925 le groupe des artistes magyars de Paris. Il prend alors le prénom de « Etienne ». Ses premières œuvres parisiennes peinent à se dégager des influences de Maillol et Bourdelle. Mais, très vite, la fréquentation du roumain Brancusi l’amène à l’épure totale de la forme. L’exemple de Archipenko le mène aux formes du groupe du SurhommeFemme supérieure, Homme supérieur. Franc-maçon, Frère de la Loge Akademos au Grand-Orient, il traverse la seconde guerre au sein du groupe de la Résistance hongroise à Paris et continue à sculpter. Après guerre, il rejoint le groupe des Réalités Nouvelles dont il devient le vice-président et où il expose tous les ans de 1947 à 1956. Etienne Béothy est mort le 27 novembre 1961 dans son atelier de Montrouge.

à suivre : 8: Jean Leppien. 1910-1991. Du Bauhaus à Paris

Mots clefs/Liens :

Etienne Béothy. Théosophie. Nombre d’or. Série d’or. Lajos Kassák.Aristide Maillol. Antoine Bourdelle. Alexander Archipenko. Constantin Brancusi. Franc-maçonnerie. Grand-Orient.


mardi 7 août 2012

6 - Otto Freundlich (1878-1943) - Biographie

Suite de l'article de Madame Denise Vernerey-Laplace consacré à trois figures des Réalités Nouvelles.

Otto Freundlich 1878-1943,
Pionnier de l’abstraction, acteur des avant-gardes.

Fils d’entrepreneurs juifs poméraniens, Otto Freundlich, abandonne ses études de philosophie à Berlin, étudie la sculpture à Munich et arrive une première fois à Paris en 1907. Il y rejoint les Allemands de l’Ecole de Paris et vit au Bâteau Lavoir; dans l’atelier voisin, Picasso peint les Demoiselles d’Avignon. Malgré la camaraderie qui le lie au peintre catalan, Freundlich n’adhère pas à l’esthétique cubiste. Pionnier de l’abstraction au même titre que Kandinsky et Kupka, il peint une Composition abstraite dès 1911. Durant la première guerre, muté au service sanitaire des cuirassés allemands, il apporte son énergie créatrice aux groupes dadaïstes de Berlin, Cologne et Bonn. Passeur infatigable entre l’Allemagne et Paris de 1918 à 1933, il opère la synthèse entre un langage venu du symbolisme où formes géométriques et biomorphiques coexistent. Lorsque les nazis prennent le pouvoir, il émigre à Paris où il fréquente les groupes de l’abstraction « construite », Cercle et Carré, puis Abstraction-Création et le premier Salon des Réalités Nouvelles en 1939. En 1937, deux sculptures de Otto Freundlich ont été exposées à l’exposition de l’Art dégénéré à Munich: le Nouvel Homme, que les nazis choisissent pour illustrer la couverture du catalogue, et la Petite Tête. Il passe la guerre dans les camps d’internement. En mars 1943, à Drancy, il monte dans le train vers un camp d’extermination de Pologne, Lüblin-Maidanek ou, selon Serge Klarsfeld, Sobibor. Toute trace de lui disparaît. L’Arbre de Jessé, son dernier dessin,  est son testament.

 Mots clefs/Liens :

Otto Freundlich. Ecole de Paris. Bâteau Lavoir. Pablo Picasso. Vassily Kandinsky. Frantisek Kupka.
Cercle et Carré. Abstraction-Création. Art dégénéré. Drancy. Lüblin-Maïdanek. Sobibor. Serge Klarsfeld.




dimanche 29 juillet 2012

5 - 1939 : Otto Freundlich et Etienne Béothy : Les trois expositions du Salon des Réalités Nouvelles

Cinquième partie et suite de l"article de madame Denise Vernerey-Laplace de l"EHESS, autour de la création des Réalités Nouvelles en 1947... aujourd'hui retour sur l'exposition de 1939.

Le questionnaire rempli par Kandinsky
Créé en 1939 à l’initiative de Fredo Sidès, marchand d’art et collectionneur et du critique Ivanhoë Rambosson, le Salon des Réalités Nouvelles. Les trois expositions qui se succèdent  galerie Charpentier, offrent aux artistes non-figuratifs une première occasion d’exposer dans un cadre officiel. Il voit le jour dans un climat de vifs débats pour une redéfinition de l’abstraction. Les organisateurs ont retenu comme discriminant la date de 1920 à laquelle ils situent l’apparition de l’ « art concret », par opposition à l’ « art abstrait ». Que convient-il d’entendre par « art concret » ? 


Le Néo -Plasticisme a joué un rôle essentiel en l’affaire. Selon Théo Van Doesburg qui veut évacuer les relents figuratifs attardés encore dans l’abstraction, l’œuvre d’art concret doit être, « la réalisation d’un concept spirituel, intellectuel » dont les acteurs essentiels sont les relations optiques du fond et des formes. Cette conception dynamique d’un espace pictural où le temps s’impose comme acteur est proche de la conception non-euclidienne de l’espace cultivée par Otto Freundlich, proche de Albert Einstein et sensible aux incidences de la Théorie de la Relativité sur l’œuvre d’art.

Les artistes « dont la tendance inobjective s’est volontairement arrêtée en 1920», Jean Arp, Robert et Sonia Delaunay, Albert Gleizes, les frères Villon et Marcel Duchamp sont invités à exposer les premiers. La deuxième exposition, du 30 juin au 15 juillet 1939, présente les tenants de l’art concret, Otto Freundlich aux côtés de Van Doesburg, Naum Gabo, Vassily Kandinsky, Kasimir Malevitch, Frantisèk Kupka, El Lissitzky, Kurt Schwitters, Georges Vantongerloo. Otto Freundlich -  ce sera sa dernière exposition avant son internement puis sa déportation -  présente une Composition de 1939, tempera sur papier, qui est présentée non loin de l’Arc Noir de Kandinsky. Etienne Béothy est appelé lors de la troisième exposition dans la section consacrée aux « artistes postérieurs à 1920 » engagés donc d’emblée sur la voie de l’art « concret ».
Fredo Sidès adresse aux artistes un questionnaire qui 
doit permettre d’ « établir des notices parfaitement documentées dans le catalogue ». A la question numéro 7 : « Dans quel sens doit, selon vous évoluer la peinture contemporaine ? », la plupart font référence à Cézanne, à Van Gogh, au cubisme voire à l’impressionnisme avec lequel selon Otto Freundlich, l’art contemporain n’aurait pas complètement rompu. Dans sa réponse, Otto Freundlich incite les artistes à sortir de leur isolement et à élaborer : « une nouvelle langue… ce que l’on peut dire sur l’art ‘abstrait’ et sur son advenir, c’est qu’on ne peut les séparer de l’avenir de toute histoire terrestre ».  Etienne Béothy répond tout aussi complètement. Il justifie sa tardive sortie de la figuration par l’atmosphère étouffante où il a vécu ses années de formation à Budapest: les « oeuvres abstraites étaient cotées comme art destructif. ». Puis il évoque son évolution après 1923, entre géométrie et abstraction:  Etienne Béothy a, en effet, entrepris en 1931 la création une série d’œuvres,  Flamme rythmo-plastique, Forme et rythme, Ryhmoplastique plastique  dont il ne théorisera la conception que dans les années cinquante, insistant sur l’ordonnancement rythmique, les proportions géométriques et le respect de la sectio aurea, le Nombre d’or qui préoccupent alors les artistes du groupe de Puteaux. Depuis 1928, Béothy se consacre à un seul matériau, le bois auquel peu à peu il adjoindra la couleur. Il prête quatre œuvres au Salon, Rythmes entrelacés, Essor, Trois Rythmes et la Mer qui sont proposés à la vente.


à suivre ...

6: Otto Freundlich. 1878-1943. Pionnier de l'abstraction, acteur des avant-gardes
7: Etienne Béothy. 1897-1961. Le sculpteur au nombre d'Or
8: Jean Leppien. 1910-1991. Du Bauhaus à Paris

mardi 24 juillet 2012

4 - Jean Leppien, un Bauhäusler aux Réalités Nouvelles

Quatrième partie et suite de l"article de madame Denise Vernerey-Laplace de l"EHESS, autour de la création des Réalités Nouvelles en 1947...

Jean Leppien rejoint le Salon des Réalités Nouvelles en 1946. Dès 1945, il a exposé au Movimento d’Arte concreta, cercle d’avant-garde italien. Le cénacle élitiste du Salon des Réalités Nouvelles réclame de ses adhérents qu’ils aient fait « preuve durant trois années successives de fidélité dans les arts non figuratifs.» S’il est une figure peu connue sur la scène parisienne, Jean Leppien atteste, en sa qualité d’ancien Bauhäusler, qu’il remplit cette condition. A la date du 5 juin 1946, on peut lire qu’il est « remonté à Paris en auto-stop: « Chez Kandinjskaia (Nina Kandinsky). Tableaux et dessins! » Vassily Kandinsky est mort en 1944 à Neuilly sur Seine. Aux yeux de sa veuve, Jean Leppien demeure l’élève du maître disparu. Entre le 1er et le 11 février, il se rend chez Fredo Sidès et lui laisse neuf gouaches, parmi lesquelles Sidès fera son choix pour le salon de 1946 qui doit se tenir du 19 juillet au 18 août. Le 9 juillet, Leppien n’a pas encore reçu d’invitation et s’en inquiète. Faute d’argent, il ne peut revenir à Paris pour le vernissage…

En 1948, il participe au troisième salon. Le 22 juillet de cette année, il a placé deux toiles chez Denise René; le Salon s’ouvre le 23. Il est cité dans le catalogue. C’est la première occasion qu’il a de présenter ses œuvres au public parisien, de sortir de l’anonymat. Il accompagne les expositions des Réalités Nouvelles en province. En 1947 à Lille ; en 1949 à Lyon. En 1948, il n’a pas été retenu pour l’exposition à Bordeaux et adresse une réclamation au trésorier, H.-M. Bérard : « Je vous prie de comprendre que je suis déjà assez handicapé par le fait d’habiter la province, mais mon absence de Paris ne devrait pas m’exclure de la possibilité d’exposer comme les autres peintres des R[éalités] N[ouvelles]. »

 Car la politique officielle, rétive à la non-figuration, offre peu d’occasion d’exposer aux artistes abstraits. La municipalité parisienne a mis à leur disposition l’actuel musée d’Art moderne, quai de Tokyo. Le Salon regroupe en 1948 dix-sept nationalités. Mais Auguste Herbin assortit cette année-là le catalogue d’un Manifeste dénonçant la tiédeur des institutions envers l’art moderne. Certains, Gilioli, Deyrolle, s’opposent à sa rédaction et préfèrent l’engagement actif. « Il me semble, écrit Deyrolle à Herbin, que la seule action possible soit la production d’œuvres valables. Ce ne sont pas les récriminations ni les jérémiades qui pourront changer n’importe quoi. » Mais le Manifeste se situe également en opposition contre le réalisme imposé officiellement en URSS par Andrei Jdanov, partisan de Staline. « Ce qui reste et restera toujours vivant dans les oeuvres, écrit Herbin, ce qui étonnait si fort Marx et ce qu’un matérialisme exclusif ne peut comprendre, c’est l’essence même de l’Art, c’est à dire l’expression de l’élément spirituel de l’homme par les moyens propres à l’art. «  Cette déclaration remporte l’adhésion enthousiaste de Jean Leppien, pourtant communiste comme Herbin et si proche de Deyrolle. « ça sonne assez stupide que de dire que j’étais ravi, enthousiasmé de ou que sais-je en lisant votre manifeste… et c’est avec approbation entière que je signe… Ce qui me tracasse [c’est] de voir l’incompréhension et l’hostilité du parti communiste envers la peinture abstraite. Je suis persuadé de faire un boulot révolutionnaire. Même s’il n’est pas admis et reconnu comme tel. Ce qui est encore plus grotesque encore, c’est que j’ai du quitter l’Allemagne en tant qu’élève du Bauhaus et en tant que peintre abstrait, donc persécuté, faisant du Kulturbolchewismus et que maintenant on sort les mêmes arguments stupides, agrémentés d’une autre sauce de l’autre côté. » Le communisme de Jean Leppien n’a certes jamais été celui d’un Herbin, ni d’un Aragon. Le temps du militantisme est en réalité révolu pour Jean Leppien. Le monde réel n’est désormais pour lui que celui de la création. Ni déçu, ni désabusé, il est seulement pressé d’accomplir son œuvre comme tous les artistes d’une génération que la guerre a amputés de leur jeunesse.

A quelques exceptions près, Jean Leppien participera à toutes les expositions des Réalités Nouvelles. En 1959 et 1960, il est dans la section « Géométrie ». En 1960, il joint à l’exposition de son œuvre une citation du Philèbe de Platon : « Ce que j’entends ici par la beauté de la forme, n’est pas ce que le commun entend généralement sous ce nom, par exemple celle des objets vivants ou de leur reproduction, mais quelque chose de rectiligne et de circulaire et les surfaces et corps solides composés avec le rectiligne et le circulaire au moyen du compas, du cordeau, de l’équerre. »

En 1975, Jean Leppien entre au comité des Réalités Nouvelles - où il retrouve l’idée de l’internationalisme à laquelle il est attaché depuis le Bauhaus - et y côtoie Etienne Béothy, alors vice-président. Il revient certes en Allemagne, dans sa famille, pour exposer.

Membre du Movimento d’Arte concreta, en raison de ses relations avec le peintre italien Joseph Jarema, rencontré en Provence, il adhère au groupe Espace, créé par André Bloc et Etienne Béothy et se rapproche encore de l’abstraction géométrique sud-américaine, des artistes du groupe MADI.

à suivre .... 5: 1939: Otto Freundlich et Etienne Béothy: les trois expositions du Salon des Réalités Nouvelles



Bibliographie :

-        Catalogue des réalités Nouvelles, 1946-1955, Galerie Drouart, Paris 2011

-        Abstraction-Création, Art concret, art non figuratif, Réalités Nouvelles de 1946 à 1965, Galerie Drouart, Paris 2008-2009

-        L’envolée lyrique, Musée du Luxembourg, Paris, SKIRA, 2006

-        Paris, capitale des Arts, 1900-1968, Paris, Hazan, 2002

-        Otto Freundlich, 1878-1943, Musée de Pontoise, 2009

-        Otto Freundlich, Führer des Rheinischen Landesmuseum Bonn, Retrospektive, 1979                                 

-        Etienne Béothy et la mystique du Nombre, Musée des ducs de Würtemberg, 2004

-        Etienne Beothy, Krisztina Passuth, Galerie Le Minotaure, Enciklopedia Kiado, Paris, 2011

-        Jean Leppien et la Côte d’Azur, Peintures, 1947-1977, Château-musée Grimaldi, Hauts de Cagnes, 2005

-        Abstractions en France et en Italie, autour de Jean Leppien, Strasbourg, Musée de l’Ancienne Douane, 1999


Mots clefs/Liens :

Etienne Béothy : http://www.etienne-beothy.com/ ,
Groupe Espace, Henri Laurens : http://fr.wikipedia.org/wiki/Henri_Laurens,
Henri Nouveau
Le Corbusier (Charles-Edouard Jeanneret)