mardi 21 février 2012

3/4 - Wiki-Histoire des Réalités Nouvelles - La permanence de l’Abstraction

- ¾  La permanence de l’Abstraction  (1981-2000)
Par Erik Levesque

À partir de 1980 sous l’impulsion de Jacques Busse (président de 1981-1994), le salon devient un lieu dédié à « la Permanence de l’Abstraction », comme un lieu de stabilisation, de passage, de découverte et de rencontre au risque d’un devenir musée. Les statuts de l’association sont rénovés. Jacques Busse insiste beaucoup sur la défense « catégorielle » des artistes français soit au sein de la FAAP, soit au sein des RN. Après l’élection de Mitterand, le ministère Lang octroie alors une subvention payant la location du lieu ce qui permet au salon de se tenir annuellement.  Dés 1984, le salon propose de participer à la valorisation des artistes des années 50 et de trouver une articulation avec le marché en parallèle avec celui-ci. Il propose aux artistes de cette génération de revenir exposer au salon en accrochant côté à côté un tableau de jeunesse des années 50 et un tableau des années 80 des mêmes artistes. L’action sera efficace et le salon commence à organiser son territoire avec vente aux enchères ou lien renforcé avec des galeries. 

Dans sa préface au catalogue de 1984 intitulé « Presque le bonheur ! » Jacques Busse remercie chaleureusement la FAAP et ses membres dont Mac Avoy et Yves Brayer. Il ajoute : « Donc nous nous réjouissons bien haut de pouvoir aujourd’hui remercier les responsables gouvernementaux de la culture, d’avoir porté leur regard sur nos viviers ». S’amusant du mot de Jack Lang « on ne cultive pas les artistes comme des légumes », Busse file la métaphore : « Il n’y a pas qu’un seul terreau sélectionné, d’appellation Beaubourg, qui convienne à cette culture. Le terreau sélectionné Beaubourg est en effet parfaitement adapté aux orchidées du moment, même si parfois, comme dans les grandes surfaces, on y trouve des orchidées à bas prix ». On le voit les relations, avec l’institution, sont toujours aussi compliquées voir mauvaises. Le comité d’honneur du salon est constitué de 14 membres dont Georges Boudaille, de Pierre Brisset, d’Eugéne Ionesco, le comité d’artiste est constitué de 28 membres dont Abboud, Aksouh, Augereau, Calos, Gemignani, Granier, Planet, Stempfel… Parmi les exposants Philippe Charpentier, Damien Cabanes, Bouqueton, Licata, Messagier, Pelayo, Thibaut de Reimpré, Wakako, Saint Cricq…  A la demande de Jacques Busse, Henri Prosi vient organiser la section de l’abstraction géométrique et lui donner plus d’ampleur. Elle retrouve une section autonome au sein du salon. La sélection des jeunes artistes se tient au café Conti à St Germain des Prés, ou le comité Margerie, Busse, Nallard assis sur une banquette devant une table, voit passer un à un les candidats, tableaux sous le bras qui font image d’Epinal germanopratine, la queue dans la rue de Buci. Les débats internes dans l’association et le salon tournent autour des questions des arts visuels et de leur rapport à la peinture. L’admission de la vidéo et de la photo, des performances étaient rejetées dans le temps du salon. Le salon définissant son champ d’action comme celui d’un collectif et son territoire autour de l’abstraction, de la peinture, de la sculpture et de la gravure suivant en cela les préceptes que Fontené avait énoncé "la peinture en sa spécificité".
Le salon comptait 252 participants en 1980, en 1984 il en compte 372. En 1987, le salon compte 487 exposants dont John Levee, Serge Helias, Dorny, Delmas, Claude Gillet, Chen Zhen, Nino Calos, Erik Levesque, Baron Renouard, Tanguy, Rocher, Perget ou Fernando Lerin…

Le salon se veut alors un musée éphémère dédié à l’abstraction et il se tient en même temps que la FIAC sur les coursives du Grand Palais – pari risqué. Les débats concernent la place des jeunes artistes au sein du salon. Les échanges sont parfois vifs et houleux entre Jacques Busse et la nouvelle génération des Joël Trolliet et Olivier di Pizio ! Cependant conscient des risques liés à la valorisation du passé, le comité tente des ouvertures comme celle d’accueillir par exemple en 1991 une exposition d’enfants autistes. Le salon se tient à l’espace Nesle (82-83), au Grand Palais (1984-1993)… Le prix d’entrée du salon pour le public est en 1988 de 20 frs (3 euros) tarif réduit 10 frs (1,5 euro) et en 1994  de 40 frs (6 euros)  et de 25frs (3,5 euros).

Mais en 1990, lors de deux réunions l’une à la FAAP, l’autre devant le comité des Réalités Nouvelles, Jacques Busse vient annoncer de façon formelle, l’acte de décès du marché de l’art parisien, suite à l’effondrement de la bourse de 1989 et son déplacement vers Londres. Cette annonce semble laisser Busse (par ailleurs rédacteur en chef du Bénézit) perplexe sur l’attitude à adopter. D’une certaine manière ce faire-part clôt son action.
En 1994, Guy Lanoë est nommé président de l’association. Ce codicologue et archiviste, cet ami des peintres (il a bien connu Gaston Chaissac entre autres … ) vient tenter de prolonger l’action du salon et de le sortir de ses querelles intestines ! Son action efficace ouvre une nouvelle période et marque le rétablissement économique du Salon et une nouvelle réception de l’abstraction dans la société. En 2000 une étudiante de Serge Lemoine, est nommée archiviste : Domitille d’Orgeval. Elle présentait sa thèse sur les premières années du salon. Le rôle d’archiviste était tenu auparavant par un membre du comité depuis 1939. Le salon a toujours organisé de manière directe sa propre historicité. Face à la généralisation du phénomène des foires commerciales, le salon devient un lieu de transmission et de questionnement. Il se tient à l’Espace Eiffel-Branly (1994-2000) et à l’Espace Auteuil (2001-2003) avant de rejoindre les serres du Parc Floral de Vincennes.

Publié le 21/02/2012

( à suivre ... 4/4 - Une Wiki-histoire du Salon des Réalités Nouvelles - Esthétique du flux ou se transformer à l’âge d’Internet - depuis 2000)

mardi 7 février 2012

2/4 - Wiki-Histoire du Salon des Réalités Nouvelles – La Transition - 2eme Partie/4 - Décès d'Antoni Tapies - Exposition Alberto Burri

Une Histoire du Salon des Réalités Nouvelles.
par Erik Levesque

2/4 - La Transition

Résumé de l'épisode précédent : né en 1947, et après avoir participé à imposer l'abstraction dans les années 50, le salon des Réalités Nouvelles est remis en question et exclu du Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris en 1970.
  
En 1969, le comité « peinture » du Salon publie un manifeste signé de Nallard (qui y expose tous les ans depuis 1948), Chastel, Louttre.B, Debré. Ils y réaffirment la doctrine de Robert Delaunay, de la lumière, des contrastes simultanés. Tout en débutant leur texte par la question du gros plan photographique de la peinture : la question du champ, il se termine par ses mots : « les conflits actuels de civilisation se situant bien moins aux niveaux de la stagnation (anti-traditionelle par nature) et du progrès, qu’ils ne donnent à choisir entre l’évolution ou la rupture, nous retenons la première ». Le comité d’Art Concret par la voix de Luc Peire insiste lui sur les fondamentaux du Salon «abstrait, géométrique » et du cas unique que représente le Salon. Le salon perd une centaine d’exposants entre 1967 et 1969, avec160 sur une cimaise plus étroite. Pour le moins sceptique et incrédule face à la vague des théorisations post-structuralistes et des vocabulaires marxisants des différents « maoïsme » français des années 70, le salon et son association vont se recentrer sur les problématiques de la Peinture et la continuité de l’avant-garde en réponse aux théories de la mort de la peinture en France. En 1971 Le salon s’installe au Parc Floral. Max-Pol Fouchet, un homme de média, critique et écrivain prend la relève de Fontené avec pour comité  Contreras-Brunet, Abboud, Nallard, Louttre B, Peire, Pelayo, Hélias... 
Le siège social de l’Association est  à « La Galerie » rue St André des Arts, lieu que gère Maria Manton et Louis Nallard. Le salon compte 295 participants dont Isabelle Waldberg ou Saturo Sato qui vient inaugurer d’une certaine manière la délégation japonaise qui sera d’année en année plus nombreuse.  
archives RN-IMEC
Les Réalités Nouvelles exposent au parc floral de Vincennes pour la troisième fois du 5 avril au 13 mai 1973, le comité sous la présidence de Fontené et de son vice–président Louis Nallard est composé de Abboud, Adam-Tessier, Bozzolin, Caloe, Hélias, Humair, Lélio, M.A Louttre, Marcel-Petit, Antoine de la Margerie, Jean Miotte, P. Palut et Signovert… L’affiche du salon est réalisé par Nino Calos et Jean Miotte, parmi les exposants Aurélie Nemours, Alan Davie, Olivier Debré, di Sciullo, Le Brocquy, on y voit également les sculptures magnétiques de la californienne Alice Hutchins et …. Eugène Leroy (1910-1999)  dont on trouve l’adresse dans le catalogue : Tourcoing - 53 rue Faidherbe - 59290 – Wasquehal - Peinture à l’huile. Ou encore Rudi Baerwind, grande figure allemande de la résistance antinazie et militant homosexuel qui venait de publier son autobiographie « Ich bin ein Maler und basta… » (Je suis un peintre et basta...).  Du 5 avril au 5 mai aux floralies de Vincennes le salon des Réalités Nouvelles présentait également l’exposition « Haricots, haric, ar » que l’on ne doit pas prononcer « haricot un ricard »,  mais « haric... Art » …. Exposition dédoublée aux rencontres internationales d’art contemporain à la Rochelle du 12 au 21 avril 1973 arts plastiques, 45 peintres rue du temple… Exposition qui partait en tournée en province. Organisé par Hervé Fischer, celui-ci tient à préciser dans la préface, après avoir remercié le comité d’accueillir l’exposition « haricot, hari, ar » qu’il ne songe pas « le moins du monde  à cautionner l’institution du salon ou son contenu, Cela ne nous a d’ailleurs pas été demandé ». (sic) mais il conclue son édito par ses mots « Mais ici dans le parc, le Haricot, c’est l’hygiène du salon ! » re(sic) ! 
Parti de province l’exposition entend démontrer l’impact du travail de Claude Viallat qui publie un court texte théorique post-structuraliste, à l’aune de Support-Surface qui commence par ses mots : « L’histoire de l’art jusqu’à nous a été l’histoire des clivages qu’un type de fonctionnement social a imposé pour affirmer sa mainmise spirituelle, idéologique »…
Le texte de Viallat
Voulant sortir la peinture à l’extérieur de la galerie, du musée, ils souhaitent mettre la peinture dans la rue, le paysage…. On trouve les noms de Bec, Michel Bertrand, Biga, Bohm, Bort,  Bouzat, Da Rocha, Desbouiges, Noel Dolla, FanconyGrandjean, Grataloup, Le Groupe 70 , Le Groupe Texturation, Le Groupe Tournis, Le Groupe Toulouse, Christan Jaccard,  Pascal Mahou,  et de tant d’autres. De cette liste Pascal Mahou est aujourd’hui membre du comité du salon. Les deux catalogues sont une merveille rare du XXe siècle, témoignage d’une époque vintage, le choix de la typo, la rhétorique post-soixante-huit d’un siècle passé… mais ou se croisaient dans une même salon Leroy et Viallat ! 
La page de Pascal Mahou à droite
En 1973 la fréquentation du salon s’établit à 6000 visiteurs ! Pour Fontené la mission du salon est de donner une information a un public le plus large possible, le salon n’a alors aucune subvention: il est un lieu et un temps non commercial, ce qu’il est toujours. Il s’agit pour les artistes de confronter librement son travail à ceux de ses pairs. 

En 1974 Le nombre de d’exposants atteint 546 !  

En 1976, le futur secrétaire des Réalités Nouvelles, Joël Trolliet y expose pour la première fois.

Les œuvres circulent en province Clermont-Ferrand, Billom. En 1976 le maire de Billom écrit dans le catalogue « l’Etat n’est pas là pour diriger l’art mais pour le servir ». Fontené précise le sens de l’abstraction comme celui de la nécessité intérieure, lui donner sa chance et contribuer à la maintenir : La peinture en – sa- spécificité : la peinture nue. En 1978, le critique d’art Giuseppe Marchiori appelle à la nécessité d’affirmer l’universalité de Paris comme centre d’art mondial d’art, centre libre dont le salon des Réalités Nouvelles est le dernier témoignage ! Incapable cependant de rester dans le Parc Floral, Jacques Busse s’interroge dans son éditorial en 1979 « Pourquoi Survivre ? » alors que le salon a lieu au Musée du Luxembourg. Il insiste sur la dimension d’autogestion et démocratique de l’instance du salon à la différence des galeries, Foires d’art ou centres d’art. Mais il regrette aussi que les artistes les plus reconnus n’acceptent plus de prêter leur travail à cause de leurs marchands et de leurs contrats d’exclusivité. 

L’art abstrait triomphe dans les musées et les galeries à travers le monde.

En 1972 la FAAP avait été crée, la Fédération des Associations des Arts Graphiques et Plastiques Assurant la liaison avec les Pouvoirs Publics à laquelle participe Réalités Nouvelles et dont l’archiviste était Jacques Busse. De fait les Réalités Nouvelles étaient les archivistes de la Fédération. Cette fédération est mandatée pour négocier, représenter les artistes auprès des autorités publiques après le désengagement du Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris qui abritait les salons jusqu’alors. Il s’agit de trouver de nouveaux lieux d’expositions pour les salons comme la Jeune Peinture, Réalités Nouvelles, le Salon d’Automne, le Trait, Salon des Femmes Artistes, Union des femmes peintres et sculpteurs, Salon Violet, le salon de l’art libre… etc…  travaillant sous la présidence de Mac Avoy, la FAAP avait interrogé, rencontré Bernard Anthonioz, Délégué aux Arts Plastiques du ministère de la culture en de nombreuses occasions, expliquant la situation sociale des artistes, recherchant des solutions, pour trouver un lieu pour les salons. La FAAP est un interface entre les artistes et l’administration de l’Etat qui va au-delà des problèmes des salons. Elle agit,  se mobilise comme dans le cas de l’expulsion d’Antonio Saura, finalement annulée, grâce à la défense de Mac Avoy ou bien dans le cas de la création de la Maison des Artistes. 

Beaubourg à peine sorti de terre, inquiète et comme l’écrit dans un appel le 13 janvier 1977, le Salon de la Jeune Peinture et le Salon des Femmes-Peintres : cette institution « se préparait à rejeter, dans la confusion, le présent et l’avenir de l’art ».
Idée qui allait rester pendant de nombreuses années dans les esprits. En effet à cette date une réunion à Créteil entre Pontus Hulten et Leproux conseiller technique de Françoise Giroud alors secrétaire d’état à la Culture de Valery Giscard d’Estaing et les associations d’artistes s’était fort mal passée … son verbatim n’est même pas connu, tellement il semble confus… ! Le 24 Mars 1977, Edouard Mac Avoy et Jacques Busse ont ainsi rencontré Pontus Hulten, alors directeur de Beaubourg assisté de Eschappasse et Plaquement (sans doute Alfred Pacquement) qui leur avait déclaré qu’il ne souhaitait pas supprimer les salons, mais combler les manques et les lacunes historiques du Musée d’Art Moderne du Centre en achetant en particulier les artistes américains. La porte était ainsi ouverte à AAA qui allait tenir le haut du pavé dans l’institution française d’autant que le marché de l’art avait quitté Paris depuis la crise de 1973.
Verbatim de la rencontre avec Pontus Hulten 
Finalement en 1981, la ville de Paris octroie une subvention aux Réalités Nouvelles. Le salon expose entre autres, Sylvie Fanchon et Licata, Piet Moget, Aurélie Nemours, Albert Feraud, Shirley Jaffe parmi 242 exposants. Le salon est présidé par Jacques Busse et son secrétariat mené par Maria Manton. 1982 le salon  est « itinérant » se passe au Centre d’art Rive Gauche. Idem en 1983 alors que Jacques Busse propose que Réalités Nouvelles s’appellent « Réalités Nouvelles – Permanence de l’Abstraction » et qu’ils se considèrent non plus comme un salon mais comme un collectif. 
Une autre histoire commençait ! 
Publié le 07/02/2013

(à suivre 1980/2000 La Permanence de l'Abstraction )

Décès d'Antoni Tapies (1923-2012) - (RN 1966)

Antoni Tapies en 2010
Le célèbre peintre catalan Antoni Tàpies est décédé à l'age de 88 ans. Débutant sa carrière après la guerre civile espagnole, il est d'abord influencé par le surréalisme, puis après avoir fondé à Barcelone le collectif Dau al Set il monte à Paris dans les années 50 où il découvre la peinture abstraite de la scène parisienne. Son oeuvre matiériste se caractérise par l'utilisation raffiné des textures amples, sablés, torturés en fit une des figures de l'art Informel européen. Célèbre internationalement à partir du milieu des  années 50 ( le magazine américain Life lui consacre un article), Antoni Tapies vivait isolé dans son atelier barcelonais où il constituait une oeuvre ample à base de collage, de peinture, de sculpture, d'écritures, de graffitis et de tags et de divers traitements de l'objet. Antoni Tapies est également l'auteur de livres de théories et de critiques dont "La pratique de l'Art". Son oeuvre à profondément influencé la jeune peinture espagnole des années 80 et 90 comme les peintres José Manuel Broto, Anton Lamazares ou Barcelo, jusqu'à devenir un forme de poncif hispanique.

Alberto Burri à Londres
Oeuvre d'Alberto Burri "Sac et Rouge" de 1954
Les oeuvres matiéristes d'Alberto Burri (RN 1958) sont exposés à Londres (GB) dans la Estorick Collection pour sa première rétrospective anglaise. Alberto Burri participa trés réguliérement au Salon des Réalités Nouvelles, où il exposait une oeuvre matiériste qui a profondément influencé l'Arte Povera.

lundi 30 janvier 2012

Héloïse GUYARD, Sandrine MATHIEU, Christian MARTINACHE, Manu RICH et Erik LEVESQUE

Héloïse Guyard présente ses oeuvres dans le cadre de l'exposition "JEUNES CREATEURS VOYAGEURS OBSTINES" avec Lan Hungh, Baptiste Gilloz et Tiéri Rivière du 31 janvier au 17 mars 2012, au lieu Les Passerelles 17, rue Saint-Clair / Pontault-Combault.77000. Vernissage samedi 4 février à 12h.
renseignements au 01 70 05 47 18  et sur www.pontault-combault.fr




Sandrine Mathieu, Christian Martinache et Manu Rich vous convient à l'exposition " UNE RAISON EN ENFER " à l'Amarage 88 rue des Rosiers 93 400 Saint Ouen du 4 février au 20 février 2012. Exposition ouverte les samedis, dimanches et lundis de 14 h à 19 h. Vernissage samedi 4 février de 14h à 19h.


Enfin pour les hispanophones Erik Levesque répond à Julia Saez-Angulo dans un long interview  intitulé "Erik Levesque, la Abstraccion como libertad del color en el Arte" (L'Abstraction comme liberté de la couleur) sur les sites espagnols d'informations culturelles  La Mirada Actual et de Arteshoy . Il y est question de peinture, de couleurs, de temps intérieur, du Salon des Réalités Nouvelles et de son association.







mardi 24 janvier 2012

Jean-Pierre Bertozzi, peintre

Très tôt s'amplifiait le sourire, Acrylique sur toile 50 x 50 cm, 2010


Surface inédite,
Acrylique sur toile
20 x 20 cm, 2010
Pouvez- vous décrire brièvement votre travail ?

La question m’arrange dans sa formulation. Mais que l’adverbe brièvement soit présent ou pas, je réponds non.

Qu'est-ce qui vous motive pour créer ?

L’occupation neuronale de faible intensité que cela nécessite ou tout du moins son impression.
Moins sérieusement, il faut me sentir exister par mes actes, transmettre manuellement des mots, des phrases, des pensées, des idées, des visions, des théories, pourquoi pas, relatives à ce que je suis.

Pouvez-vous nous parler de votre pratique au jour le jour ?

Par fainéantise ou par macération, je ne pratique pas au jour le jour. L’acte de peindre me demande de consulter un agenda en parfaite synchronisation avec un état d’âme. Le calendrier peut être fécond ou silencieux. Pour le dessin et les aventures à caractère religieux, je n’ai pas besoin d’alarme.

Depuis quand travaillez vous de cette manière ?

Dernièrement, dans une période active de dessin, le papier m’a mis en garde en ne réagissant jamais, d’une feuille à l’autre, de la même manière à mon trait. Je remercie tous ces matériaux qui m’absous d’une quelconque habitude.

Quels sont les artistes qui vous ont le plus influencé ?

Wojtek Siudmak, ce fut le premier. Et le seul aussi qui dépassa son quinquennat.

Qu'est-ce qui en dehors des arts visuels fait évoluer votre travail ?

Aligner mon pied, chaussé ou pas, sur les lignes que trace un carrelage, quel qu’il soit de préférence. C’est une impression confortable d’être proche de la rupture.

D'une graine: l'arbre, la fleur, l'herbe tendre
Acrylique sur toile,
triptyque, 38 x 46 cm x 3, 2010

Comment souhaitez-vous que le public reçoive votre travail ?

Par colis postal ou par un transporteur de renom, entouré de papier bulle et d’une caisse en bois fabriquée spécialement, j’aurai indiqué au dos, sur le châssis, le sens de l’accrochage, marqué là où le piton sera le plus efficace pour un équilibre parfait. En retour, j’aimerai recevoir de ce public, un chèque conséquent, pas forcément certifié, m’envisageant de rééditer l’expérience en toute sérénité. 

Qu'est-ce qui vous passionne actuellement ?

J’évite tout ce qui touche à la passion. Les gens passionnés sont, soient trop dangereux pour ma stabilité, soient trop ennuyeux. Je me suis même éloigné de la sphère footballistique.



Les sucs , Acrylique sur toile, diptyque 65 x 162 cm, 2011

Dans quel sens selon vous doit évoluer l'art abstrait ?

Vers une ambiguïté. Celle de l’être sans en avoir l’air tout en le restant. 



mardi 17 janvier 2012

1/4 - Wiki-Histoire des RN

Une Histoire du Salon des Réalités Nouvelles en quatre parties
1 - Des origines à Mai 1968 ...

En juillet 1946, a lieu le premier Salon des Réalités Nouvelles au Palais des Beaux-Arts de la Ville de Paris (aujourd’hui le Musée D’Art Moderne) avec pour objectif la promotion en France et à l'étranger d'expositions “ d'œuvres de l'art communément appelé: art concret, art non figuratif ou art abstrait, c’est-à- dire d'un art totalement dégagé de la vision directe de la nature ". 
Il est fondé par le marchand d’art et collectionneur Fredo-Sidès (1882-1952), (associé avant-guerre du marchand de tableaux René Gimpel (1881-1945) aux USA). Le salon de 1946 est le prolongement de l’exposition éponyme de 1939 à la galerie Charpentier dont il se veut la renaissance et la réplique. Ce millésime est dédié à la mémoire de Robert Delaunay,  Kandinsky, Mondrian … etc  qui avaient participé à l’exposition de 1939 et qui étaient disparus. Le salon est international ; on y expose venant du monde entier, d’Angleterre, d’Allemagne, Hollande, Argentine, etc… comme c’est toujours le cas aujourd’hui …. Internationalisation qui sera toujours la marque du salon. On y débat également, on y s’engueule également  comme cela continue aujourd’hui ! Réalités Nouvelles ne divergent pas dans son projet des associations d’artistes comme AAA - American Abstract Artist à New York qui depuis 1936 promeut et étudie l’art abstrait et non-objectif  avec souvent les mêmes artistes ! A cela près que le Salon des Réalités Nouvelles est alors organisé par un marchand et un conservateur Jean Leymarie du musée de Grenoble. 

Le questionnaire des RN de 1939 - archives RN
Dès 1947 une révision des statuts s’impose. La nouvelle association est animée par les artistes Auguste Herbin et Félix Del Marle avec pour comité Arp, Besançon, S. Delaunay, Dewasne, Gleizes, Gorin et Pevsner dont Fredo-Sidés reste le président-fondateur. Les conservateurs de musées critiques et amis sont associés à travers le comité d’honneur, mais ils ne sont plus directement présent dans l’association. L'arrivée d'Atlan, de Boumeester, de Bryen, de Hartung, de Matthieu ou de Poliakoff, et de tant d’autres va provoquer des débats houleux sur la (ou les) définition(s) de l'abstraction. A ces débats théoriques s‘ajoutent les désaccords d'ordre individuel, voir les affrontements idéologiques à ceux des enjeux esthétiques comme l’a démontré dans sa thèse  Domitille Le Barrois d'Orgeval – « Le Salon des Réalités Nouvelles
Les années décisives : de ses origines (1939) à son avènement (1946-1948) »  en histoire de l'art contemporain à la Sorbonne Paris-IV, sous la direction du professeur Serge Lemoine en 2007. Les débats polémiques, emportés seront la marque du Salon des Réalités Nouvelles comme lieu de débats démocratiques qui entraînent par exemple en 1948 les démissions de Sonia Delaunay et de Besançon, l'année suivante celles de Jean Arp et de Dewasne qui seront tour à tour remplacés par Fontené, Lempereur-Haut, Piaubert, Tamari et Valensi. Le Manifeste de Herbin en 1948 affirme l’art abstrait comme « non-figurative et non-objective » et il rompt aussi tout lien avec le parti communiste et le réalisme social. Selon George Coppel, le fils de Jeanne Coppel dans son Histoire Véridique du Salon des Réalités Nouvelles » ( p 42 à 44)  : « Tous les membres des Réalités Nouvelles n’avaient pas vécu la guerre de la même manière et cela apportait des tensions nouvelles et plus fortes… » 
archives RN

Au sein du Salon sont exposés au côté de l’art construit les argentins de Madi et Arte Concreto Invencion, Ellsworth Kelly, Jacobsen mais aussi Motherwell, Soulages, Barbara Hepworth, Hans Hofmann, Viera da Silva, Nallard, mais aussi de Clement Greenberg… mais aussi de Josef Albers, Cobra … etc
Le Salon est dédié exclusivement à l'abstraction, ce qui en constitue sa spécificité, et un de ces principaux mérites aura été de participer à imposer l’abstraction comme un courant artistique dominant dans la France de l’immédiat après-guerre. Mais en 1949, Fredo-Sides se plaint de ne plus être le seul à promouvoir l’abstraction, la Galerie Maeght a organisé « Les premiers maîtres de l’art abstrait » avec Michel Seuphor dont il se sentait trahi. Bref le succès du salon est rapide de 1946 à 1950, le nombre d'exposants passe de 89 à 248, mais l’art abstrait des années 50 a de nombreux défenseurs à travers différentes galeries Denise René, Colette Allendy, Arnaud,  ou des revues Art d'aujourd'hui, Cimaise démontrant la multiplicité des formes prisent par l’abstraction… Aussi le succès du salon n’est pas exempt de critique,  « académisme moderne » « abstraction datée de la 1er guerre mondiale », etc…. Nicolas de Stael refuse d’y participer malgré l’invitation formelle de Viera da Silva. « Le gang de l’abstraction avant » écrit-il avec ironie à Dorival. Au milieu des années 55, le monochrome orange Yves Klein y est refusé alors que (et parce que ?) sa mère Marie Raymond expose au salon. Godard voit au travers du salon, la mort de la peinture par le refus de la ressemblance. La mort de Fredo-Sidès autant que le succès de l’abstraction entraîne la nécessaire réorganisation du Salon, rebaptisé en 1956 « Réalités Nouvelles-Nouvelles Réalités » et présidé par Robert Fontené. Le Cahier des Réalités Nouvelles, un catalogue exceptionnel pour l’époque fait de reproductions noires et blanches accompagnées de textes, est arrêté au 9e numéro pour devenir le catalogue que l’on connaît. Ce faisant le salon devient celui de la présentation de la scène parisienne abstraite, tout le monde en est, rançon du succès, la liste des peintres y participant s’allonge de la fin des années 50 à 1970.  Depuis l’abstraction gestuelle américaine, Sam Francis, Joan Mitchell, se trouve présentée. Hans Haacke y participe .. etc.. . Shafik Abboud, Alechinsky, Genevieve Asse, Bissiere, Bitran, Cobra , Marcelle Kahn, Kallos, Kijno, Menton, Miotte, Music, Rustin, Bram Van Velde mais aussi bien Morellet, ou Rancillac, future figure du pop art français ! C’est une liste de plusieurs centaines de noms que vous trouverez sur Wikipedia ! Mais le plus curieux est que dans les catalogues de ces années les reproductions des œuvres tendent à disparaître au profit des portraits photographiques des artistes.
Jean Miotte de dos et Joan Mitchell en bas catalogue RN 1966

Mais les relations avec les conservateurs des Musée de la Ville de PARIS (et l’administration des Beaux-Arts en général) se tendent.  A partir de 1963, l’avant-propos de Fontené au catalogue est claire : « l’administration elle-même nous donna à choisir entre une acceptation « ne varietur » et le renoncement pur et simple à notre manifestation… ». En 1966 la longueur de la cimaise dédiée au salon a subi une diminution d’un tiers… en 1967 la préface du catalogue commence par « les salons de peinture sont attaqués de toutes parts, leur existence même est mise en jeu… » En 1966 Daniel Buren (RN 1965 sous le nom de Daniel Meyer de Buren) dans un manifeste envoyé au salon et soigneusement conservé dans les archives avait associé le salon « à la peinture », à ce qu’il y a de plus « archaïque et réactionnaire. » 
Cette "déclaration de guerre pré-soixante huitarde " marquera profondément le salon.
En 1970, les salons et les Réalités Nouvelles sont expulsés du Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris bien que le nombre d’exposants soit toujours aussi impressionnant… L’existence même du salon (et de son association) est en jeu !

publié le 17/01/2012

pour continuer à lire :









A suivre dans les semaines prochaines… en attendant un peu d'actualités...



Raphaëlle Boutié et Jonathan Lasker





Jonathan Lasker - photographie Fabrice Kucharz 2012
Raphaëlle Boutié était invitée du plateau de "Thé ou Café" sur France 2, samedi 14 Janvier avec Benabar, l'émission peut être regardé sur le site de l'émission. Jonathan Lasker était lui présent au vernissage de son exposition à la galerie Thaddaeus Ropac à Paris ou  est présentée sa recherche formelle autour de la peinture, avec de lourds empätements architecturés auquels répondent des  enchevêtrements de ligne jusqu'au 2 février.

lundi 2 janvier 2012

Béatrice Bonnafous, peintre

Méteore 162 x130 cm 2009
Méteore 162 x130 cm 2010


Pouvez- vous décrire brièvement votre travail ?

Tout d’abord c’est de la peinture à l’huile. Je suis dans le champs de la couleur, de la matière et du geste.  Le sentiment de la terre et l’appartenance au monde méditerranéen ne me quittent jamais. Ma peinture est abstraite mais jamais détachée . On peut dire que les  Verticales , Ascendantes, Météores et Circulations  sont plutôt une non- figuration où l’émergence de la nature est fondamentale  ;  forces telluriques et puissances cosmiques. L’objet  n‘y a pas sa place . Par contre les formes totémiques des femmes archaïques et des coupes qui, elles, sont figuratives s’inscrivent dans le même sentiment de la Terre. En cela, je revendique d’aller et de venir comme bon me semble de l’abstraction à la figuration.

Qu'est-ce qui vous motive pour créer ?

Je peins depuis  presque toujours.  Je peins et je dessine. Donc je regarde. Donc le rapport étroit entre la main, l’œil et le cerveau me passionne.




Circulation 162 x130


Pouvez-vous nous parler de votre pratique au jour le jour ?

Quand je suis à l’atelier, je mets assez longtemps avant de pouvoir agir. Bien entendu si la toile est vierge mais aussi  si la toile a déjà un début de sonorité. Comme je travaille la surface peinte ,sa profondeur et la montée de la couleur ,sa réfraction, il me faut être très concentrée et pour cela il faut attendre.
Aussi il m’a fallu trouver mon chemin technique. La connaissance du « comment peindre » est très importante pour moi . je fais attention au devenir de mes peintures et donc au comment et avec quoi je les peins .Mais en même temps je ne veux pas être prisonnière d ‘un savoir car je peux sans hésiter casser la surface si je le veux .En effet certains tableaux parmi les plus récents sont plus gestuels et plus agressifs parfois.       

Ma palette est souvent celle des terres et des rouges et celle de la nuit mais les couleurs acides, violentes  ou encore le travail des blancs  qui jouent un  rôle de plus en plus important. Le travail de la matière se poursuit jusqu’à la présence physique de la toile. De nombreuses couches se superposent jusqu’à une saturation chromatique . Parfois je travaille très longtemps une toile, parfois je la reprends des années après. Parfois elle vient vite et simplement.



Ascendante-Vaudou  2010

Depuis quand travaillez vous de cette manière ?

Avec le temps mon travail est devenu très centré. Il me faut donc être en phase avec cette attente et en même temps avoir l’ impulsion nerveuse. Mon geste et ma position physique très centrée font que je ne dépasse pas ce que j’appelle ma propre envergure, plus ou moins deux mètres. Dans l’évolution de mon travail, ce qui est complexe à vivre, c’est la liberté du geste tout en gardant la concentration. 
C’est une donne et c’est passionnant.           

Quels sont les artistes qui vous ont le plus influencé ?

Les artistes qui m’influencent sont ceux qui gardent une part primitive.
Je voudrais prendre en eux ce pouvoir que bien sûr j’ai perd

Les œuvres de la « préhistoire »  animaux et signes. 
Représentation humaine .
Les mégalithes .
Les pierres sculptées et gravées .
Les venus archaïques.
Le moyen  orient  et les cultes solaires.
La sculpture gauloise
Les primitifs italiens  et en particulier Fra  Angelico et Sasseta
Rembrandt
Goya
Souter
Rothko
certains Fautrier
Bissière
Penone
Scully
Twombly
Kirkeby




Ascendante

Qu'est-ce qui en dehors des arts visuels fait évoluer votre travail ?


La musique et plus encore le concert est un moment d’inspiration et de concentration sur la peinture. La fusion avec la nature, peut-être presque rien… un peu de vent. Juste la présence et le silence.  La pratique du Yoga et le travail de la respiration et des circuits énergétiques. Je crois que l’évolution a lieu quand c’est le moment. Auparavant on reçoit sans pressentir une nouvelle logique interne . Mais tous les éléments accumulés  vont servir et c’est pour cela que la mémoire les a gardés .


Comment souhaitez-vous que le public reçoive votre travail ?

Alors que précédemment je ne sentais pas l’interêt des séries, celles-ci se sont imposées naturellement par l’exploration de la même forme. Celle-ci devient vecteur d’énergie , le geste de peindre accompagne et anticipe ce qui est peint.  Montagnes puis Ascendantes et Verticales déclinent cette tension. La terre est toujours présente, tout vient d’elle et tout y retourne. Dans la série des Circulations  le spectateur quand il s’agit d’une grande toile fait partie de l’expérience, face à l’énergie qui monte,va au plus haut et redescend à la terre et remonte et ….  Enfin, détachées de l’attraction terrestre, les Météores que je décline dans la même quête d’immensité sur de tous petits formats ou de très grands. L’immense peut être aussi l’intime. Il ne faut pas oublier la forme totémique de la  femme archaïque, première..  Longtemps seule , elle se multiplie et elles occupent la surface. Elles, on les a trouvées dans la terre. Les Papiers déchirés  et Généalogie restent figuratives, déclinant un signe du ventre et parfois un signe du phallus.
La peinture est aussi le vecteur de la sensualité et d’une séduction qu’elle exerce sur les sens par l’effet de certaines couleurs qui en même temps peuvent vous conduire à la  gravité.  C’est bien  cette alliance  que je cherche instinctivement.  C’est sans doute là que je peux trouver parfois  un aboutissement à ma peinture.


J’aimerai que celui qui regarde le tableau rentre dedans comme hypnotisé et que cela devienne très important pour lui. Mais déjà , si il s’arrête et ne regarde que lui, je suis contente.   

Qu'est-ce que vous avez vu récemment qui vous a marqué ?


La conjonction de trois œuvres : le dernier film de Nuri Ceylan, les photos de Diane Arbus et les tableaux de fra Angelico . . . C’est cela très récemment qui m’a marqué et  cette empathie me passionne. A l’exposition de Fra Angelico, chacun y allait de sa leçon en lisant chaque élément du tableau comme un rébus. Quel saint, quel miracle etc…. mais personne ne semblait voir le magnifique travail de la couleur. Je  me suis dit que j’étais contente d’être une peintre absraite. Il y a moins d’écrans  entre l’effet de la peinture et celui qui la regarde.


Dans quel sens selon vous doit évoluer l'art abstrait ?
Pas de réponse...

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