mardi 3 avril 2012

4/4 - Une Wiki-histoire du Salon des Réalités Nouvelles - Esthétique du flux ou se transformer à l’âge d’Internet (depuis 2000)

Esthétique des flux
par Erik Levesque

Sous la présidence des peintres Michel Gemignani (2005-2007), puis Olivier di Pizio (2008- …), le salon se diversifie, s'ouvre à de nouveaux horizons, augmente le nombre de participants qui passent de 260 à 400, montrant s’il en était besoin l’actualité de l’abstraction suivant la « définition majeure du salon et fondamentale du salon, de la création et de l’identité du salon des RN, c’est à dire les expressions plastiques de l’abstraction ».
Le salon revenu au Parc Floral Vincennes devient gratuit pour le public. Le nombre d’entrée public passe ainsi de 3500 visiteurs à 10000 ! En 2006, le salon fête ses 60 ans avec Soulages, les anglais John Hoyland, Albert Irvin, et d’autres artistes venus du monde entier !
Hélas ! Les relations avec les grandes institutions sont toujours aussi mauvaises, le salon désirant rendre hommage à Aurélie Nemours décédée en 2005 et qui fut toujours partie prenante du salon, demande un prêt d’œuvres qui nous fut vertement rejetée…
Tournant avec 100 nouveaux noms chaque année le salon se renouvelle en permanence organisant une des plus grandes bases de données de noms et des catalogues accessible sur le web. Il suffit de comparer ce qu’était le salon en 1960, disons, et aujourd’hui pour en voir les évolutions, les transformations du goût et les différentes réceptions de l’abstraction. Le salon au XXIe siècle dialogue entre la section à la géométrie affine et la section peinture où dominent les structures anamorphosées, vortex et autres canevas de fractals. Ce dualisme hérité de l’histoire du salon est pondéré par la sculpture, la gravure et la photographie. Les esthétiques de l’abstraction qui traversent le salon sont nombreuses : concret, géométrique, numérique, constructal, expressionniste, décorative, hybride, musicalisme, figuration allusive, matiériste …
Si la génération historique des fondateurs et des disciples disparaît, le salon reste un lieu de débat profondément marqué par la place de la peinture et de l’abstraction dans la société. Tout autant que par l’économisme triomphant, les contre-coups de la décolonisation, les effets de mai 1968 ou par la crise économique, en fait par tous les désengagements successifs et les renoncements d’un Etat perdant ses triples A. La place de Paris, capitale internationale des Arts, appartenant maintenant à un passé doré révolu, il faut apporter de nouvelles stratégies. Le développement du marché de l’art par Internet au travers de galeries créatives ou décoratives permet aux artistes et aux œuvres de trouver leur place dans un marché globalisé, mais impose une réflexion sur l’esthétique des flux esthétiques et d’esthésies.

La nouvelle génération d’artistes qui prend les commandes du salon, le conçoit comme un collectif  d’artistes, selon le mot de Jacques Busse. Il n’est pas innocent que le président de l’association Olivier di Pizio soit habitué à se positionner dans le champ social, il est particulièrement attentif aux différentes problématiques de la monstration de l’art. Cet ami de Louise Bourgeois tente de renouveler le dialogue avec les écoles d’art, invitant des étudiants post-diplômés à exposer. Il est attentif à rejeter toute forme de communautarisme et de closure de l’association sur elle-même comme lieu de l’Abstraction, Olivier di Pizio souhaite confronter l’association et par là l’Abstraction à la société française dans toutes ses composantes. Aussi  il proposera de reprendre les expositions itinérantes RN  hors de Paris; plusieurs sélections d'artistes issus du Salon exposeront ainsi à Troyes, Pont de Claix ou encore Belgrade. Joel Trolliet est le secrétaire du Salon, peintre il y expose depuis 1973. Comme secrétaire il en est aussi un garant historique porteur de l’histoire mouvementée des années 70 et des combats théoriques ainsi que d’une forme d’identité de la peinture aux couleurs parisiennes. A partir de 2014, il devient responsable du Commissariat Général, alors que Chantal Mathieu prend en charge le secrétariat. Autour de Martin Bissière se retrouve un groupe de jeunes peintres fortement marqués par la gestuelle de l’expressionnisme abstrait que l’on retrouve aujourd’hui dans différentes galeries parisiennes. Concevant le salon et le temps de l’exposition  comme un lieu de rivalité et de violences assumées, Martin Bissière désirait faire du salon un lieu de compétition « sportive » annuelle. Il quitte le comité en 2010. Autour des peintres Françoise Delmas et Christian Martinache s’établit une réflexion bachelardienne sur la peinture et la réalité jouant de couleurs grisées et de textures travaillées. Béatrice Bonnafous propose elle une réflexion sur sa place de femme dans la société (donc dans le salon) tout offrant une méditation sur les liens Occident/Orient. Dont les écoles japonaises autour de la figure de Saturo Sato donnent un exemple, grâce en particulier, à son musée  d’Art Construit de Tomé au Japon où sont accrochés de nombreux peintres des Réalités Nouvelles. La section géométrique emmenée par les peintres Henri Prosi, Pascal Mahou et Roland Orepük, agit et réagit comme une cellule qui tenterait de résister aux flux des images avec une volonté affirmée d’être un amer. Les écoles allemandes, danoises et italiennes jalonnent le salon. La section sculpture est menée par Bernard Blaise et Thomas Lardeur qui tente d’apporter une attention particulière sur la commande publique et invite cette année dix sculpteurs danois. La section de la gravure et la lithographie est conduite par la graveuse Jeanne Charton. Erik Levesque voudrait interroger les flux esthétiques qui traversent le salon autant du point de vue de la création que dans leurs réceptions. L’artiste dans cette problématique n’existe pas comme individu mais existe au travers d’une communauté qui donne écho à son travail. Lors de deux colloques seront analysées comment transformer le réseau essentiellement francophone des RN et comment jouer avec une esthétique hollywoodienne de l’Art qui s’impose à nous tous les jours.   Mais parmi ses idées rejetées par le comité était celle de basculer entièrement le salon sur le web à travers le site, d’en faire un salon virtuel. Le comité refuse d'indexer le catalogue en ligne du site Réalités Nouvelles sur Artprice.

Il fut choisi par le comité d’une part de déposer l’histoire du salon et pour ce faire rendre les archives accessibles par leurs dépôts à L’IMEC, d’autre part de rechercher des interlocuteurs internationaux comme l’abstraction anglaise, pour mettre les Réalités Nouvelles face à leurs nouveaux horizons…
Si certains applaudissent à ses transformations d’autres affirment "ne plus reconnaitre leur salon" ou sont déçus de ces transformations. Ainsi André Rouillé, dans un éditorial de ParisArt du 14 Avril 2011, reproche au salon de vouloir être un lieu d’art contemporain, d’autres réactions sont plus polémiques comme celles de M.C « incroyablement mauvais, que du déjà vu, des œuvres dans la majorité primaire, aucune recherche, dignes d’élèves de CM2 qui sont les membres du comité de sélection ??? Critiques d’art ??? Artistes ??? On expose ses copains… En fait, il n’y a pas de mots pour décrire votre salon, Vous pensez vraiment attirer des amateurs d’art. Sans doute ceux qui se baignent dans leur fosse septique ».
Comme quoi on ne peut pas plaire à tout le monde ! Le Salon des Réalités Nouvelles n’est pas un lieu tranquille, c’est un lieu de débats passionnés, de polémiques, autour de l’abstraction et de sa place dans la société. On y vient pour confronter son travail à celui des autres artistes, on y vient pour rencontrer des peintres, des sculpteurs, sortir de l’atelier, c’est un lieu vivant, risqué ou une communauté se rassemble échange. 
L’aventure continue…

Texte publié le 03/04/2012 dernière modification le 29/05/2013.

NB : Erik Levesque fut l'administrateur du blog du 04/2011 à 31/12/2014.





mardi 27 mars 2012

Erik Levesque, peintre

L'oeil mystérieux - acrylique/toile- 2010
A l’occasion de l’exposition d’une quinzaine de peintures de Erik Levesque au siège d’ACMNVIE filiale du Groupe Crédit Mutuel du Nord Europe (CMNE), et à l’occasion de la publication d’un article de Erik Levesque « Rendre la peinture vivante, la technique de la couleur de Pacheco à Velasquez » consacré à la technique de Diego Velasquez, ses pigments et ses liants dans l'ouvrage collectif "Les Couleurs dans l’Espagne du siècle d’or," sous la direction de Yves Germain et Araceli Guillaume-Alonso, aux Presses Universitaires de Paris-Sorbonne,


Erik Levesque répond au questionnaire des Réalités Nouvelles.


Red Medusas - 2008 


Pouvez-vous décrire brièvement votre travail ?

Des taches de couleurs singulières, assemblées, mises en contradiction par une trace de pinceau, une dégoulinade, un caducée, … comme flottant dans la toile pour créer un suspens de la perception.

Qu'est-ce qui vous motive pour créer ?

La peinture est une expression si efficace. Il me faut trouver une forme surprenante, différente à chaque fois. Et puis il y a le plaisir, c’est incroyable ce que c’est agréable de peindre… C’est un bonheur absolu… la peinture vous réconcilie avec la vie. Les images naissent, grandissent, vivent, prennent leur autonomie. Quand on pense à la difficulté pour un cinéaste pour s’exprimer… C’est une chance de pouvoir contempler un bleu outremer qui se transforme en turquoise mais c’est aussi une interrogation… La peinture c’est une idée du monde dont l’imagination est la force.

Pouvez-vous nous parler de votre pratique au jour le jour ?

Eh bien c’est très simple, je travaille de 9h à 12h et de 13h 30 à 17h. Je dessine, je peins, j’essaie sur mon ordinateur, des images, des dessins, des textures, des formes, des couleurs, je compare des pigments nouveaux et des couleurs anciennes ou l’inverse !

Depuis quand travaillez-vous de cette manière ?

J’ai toujours travaillé très régulièrement. J’ai une théorie invérifiable, pour les artistes c’est exactement comme pour les sportifs entre la meilleure performance et la plus basse il n’y a pas 3% d’écart. Mais ce petit décalage il faut arriver à le surmonter… et ce n’est pas si facile ! En fait je détruis beaucoup de choses… J’attends en général un an avant de sortir un tableau de l’atelier. Le revoir à froid… L’esprit reposé… pour savoir s’il tient encore la route !

Quels sont les artistes qui vous ont le plus influencés ?

Tous sauf trois … La peinture anglaise a été une révélation depuis le grand prix de la Biennale de Venise pour Howard Hodgkin 1984, j’ai alors découvert Frank Auerbach, puis Albert Irvin et John Hoyland avec qui il y a une rencontre magnifique… vraiment étonnante. Il avait une telle capacité à exprimer clairement ce qu’il faisait, à parler de peinture si simplement et de toute la peinture par seulement la contemporaine mais aussi la moderne, la classique… toujours attentif… râlant… d’une mauvaise fois merveilleuse…. Beaucoup d’humour… C’était vraiment impressionnant... La peinture anglaise à une légèreté, une assurance simple, elle est à l’aise, libre. Les artistes espagnols de la movida  quand je vivais en Espagne… ils étaient sombres, fiers et ombrageux… ils prenaient la vie à pleine dent ! Madrid m’a tué !

Qu'est ce qui en dehors des arts visuels fait évoluer votre travail ?

La musique a été importante mais elle l’est de moins en moins en partie parce que je deviens dur de la feuille. La poésie chinoise, des paroles de chansons, Baudelaire, « Cette vie est un hôpital ou chaque malade est posséder du désir de changer de lit. Celui-ci voudrait souffrir en face du poële, et celui-là croit qu'il guérirait à côté de la fenêtre » Et comme mes filles sont des cavalières de compétition, je passe des heures à dessiner des chevaux et des poneys en mouvement, je ne sais absolument pas comment cela m’influence mais  …. Blague à part je passe aussi beaucoup de temps à lire de la Théorie de l’Art et de l’Histoire de l’Art, classique et contemporaine. Je viens d’ailleurs de publier un article sur le matériel utilisé par Velasquez tel qu’il est décrit dans les résultats physico-chimiques de Jonathan Brown et Carmen Garrido du Prado en le comparant aux recettes décrites dans l’Arte de la Pintura de Francisco Pacheco, le maître de Vélasquez.
Sinon il y a le cinéma, cet art du XXe siècle qui vient de mourir sous nos yeux tué par le numérique, et en particulier Apocalypse Now (version longue avec la scène française… géniallissime)…

Comment souhaitez-vous que le public reçoive votre travail ?

Attraction - 2009


Plutôt bien que mal, qu’il s’en amuse, qu’il le goute, qu’il puisse s’établir une complicité ce serait parfait… Regardez un tableau, c’est comme prendre un verre avec quelqu’un, on passe un moment ensemble… c’est une rencontre ! 

Qu'est-ce qui vous passionne actuellement ?

L’évolution du matériel, l’arrivée de nouvelles couleurs, de nouveaux matériaux… On parle toujours des nouvelles technologies en parlant de la révolution numérique, mais l’évolution de la chimie des couleurs, c’est tout aussi étonnant. Je dois dire que je suis passionné par ce qui se passe avec et dans les Réalités Nouvelles. Ce salon, ce collectif va-t-il avoir la force de se sublimer, pour se transformer ou va-t-il mourir comme un taureau dans l’arène ?




Droséra - Acrylique sur toile - 2011
Dans quel sens, selon vous, doit évoluer l'art abstrait ?

A double sens … polysémique … C’est drôle, c’est la seule question que l’on peut garder du questionnaire de 1939 des Réalités Nouvelles, les autres questions du questionnaire étaient de pures formes de Curriculum Vitae artistique. Je trouve très surprenant d’ailleurs que Duchamp y ait répondu si sagement, date et lieu de naissance, première exposition, collection publique, bibliographie… etc… tout cela est charmant … bien qu’il propose le sens interdit ! Je suis très touché de la simplicité déconcertante avec laquelle  Mondrian, Kandinsky y répondent a 70 ans passés. Hélas les Delaunay eux n’y ont pas répondu… puisqu’ils posaient les questions !

mardi 13 mars 2012

Van der Aa vont des RN aux AAA

La galerie ParisCONCRET  que dirige Anna et Richard van der Aa expose une sélection d’œuvres des artistes américains de AAA (American Abstract Artists International) pour le 75eme anniversaire de cette organisation dont le but affirmé dans le catalogue de la seconde exposition annuelle de 1938 est de réunir les artistes abstraits résidants aux USA. Les artistes qui, au départ; se réunissent de manière informelle se retrouvent en 1937 pour une première exposition à la galerie Squibb sur la 57e rue. Réalités Nouvelles à Paris était fondé en 1939 et se substituait à « Abstraction-Création » de Michel Seuphor qui avait associé en 1931 les deux groupes Cercles et Carrés  et Art Concret . AAA et RN sont deux associations de part et d’autre de l’Atlantique aux buts similaires auxquelles participeront souvent les mêmes artistes Mondrian, Albers, Arp , Ben Nicholson, Carl Holty,, Hélion, Byrone Browne… etc… la liste est trop longue pour être citée ici…  La diversité esthétique des artistes d’AAA qui va de Sol Lewitt à Louise Bourgeois en passant par Brice Marden (pour citer trois noms qui parlent à tout le monde) peut être attribuée à une appétence pour l’art abstrait dans toutes ses variations.
Bien sur les noms des peintres contemporains de AAA, ne parleront pas de suite à un public français, mais la visite de cette excellente exposition permettra à chacun de concevoir comment la notion d’art concret n’est pas toujours la même en deçà et au-delà de l’océan Atlantique ! Disjonction bien intéressante à observer même si les œuvres sont de petits formats et essentiellement sur papier (pour cause de transport aérien) … mais on  imagine aisément ses oeuvres dans le Salon. Les organisations divergent 80 membres cooptés pour AAA et 392 exposants pour les RN, deux approches différentes pour des résultats étonnament similaires !




3 vues de l'exposition Galerie ParisCONCRET - courtesy ParisCONCRET



Les exposants : Richard Anuszkiewicz, Martin Ball, Siri Berg, Emily Berger, Susan Bonfils, Sharon Brant, Henry Brown, James O. Clark, Mark Dagley, Matthew Deleget, Ruth Eckstein, Gabriele Evertz, Heidi Gluck, James Gross, Lynne Harlow, Mara Held, Daniel G. Hill, Gilbert Hsiao, Phillis Ideal, Julian Jackson, James Juszczyk, Cecily Kahn, Steve Karlik, Marthe Keller, Victor Kord, Irene Lawrence, Mon Levinson, Jane Logemann, Vincent Longo, David Mackenzie, Stephen Maine, Katinka Mann, Nancy Manter, Rossana Martínez, Creighton Michael, Manfred Mohr  (RN 1971), Judith Murray, John Phillips, Lucio Pozzi, Leo Rabkin, David Reed, Ce Roser, Irene Rousseau, David Row, Edward Shalala, Richard Timperio, Clover Vail, Don Voisine, Merrill Wagner, Stephen Westfall, Jeanne Wilkinson, Mark Williams, Thornton Willis, Kes Zapkus, and Nola Zirin.
Profitons donc de l’occasion qui nous est offerte pour souhaiter à notre tour bon anniversaire à AAA et une belle longévité  !
Bienvenue !
Nous aurons l’occasion d’en reparler au moment du salon, puisque  Don Voisine, Daniel G.Hill, John Philipps et Phillis Ideal, tous trois membres de AAA sont invités au Salon. Nous souhaitons pouvoir établir à cette occasion avec AAA des liens cordiaux, de réflexions sur la place de l’Abstraction aujourd’hui mais aussi sur les évolutions nécessaires à nos types d’association à l’heure d’Internet. Cette rencontre impromptue a été rendue possible par l’intermédiaire  de la Galerie ParisCONCRET que dirige Anna et Richard van der Aa (RN 2012) et de Roland Orépuk (RN2012) que nous tenons à remercier chaleureusement !
La Galerie ParisCONCRET ouvrira exceptionnellement le Lundi 9 Avril de 14h à 18h, ce qui permettra aux amateurs de voir un panorama transatlantique presque complet de l'abstraction contemporaine en allant visiter le Salon (8-15 Avril - Parc Floral de Vincennes).
Galerie ParisCONCRET, 5 rue des Immeubles Industriels, 75012 Paris de 14h à 18h du Mercredi au Samedi jusqu'au 31 Mars.


mercredi 7 mars 2012

Expositions à voir...

En même temps que la retrospective Matisse qui ne distinguait pas entre abstraction et figuration (cf Jazz)  que vous ne manquerez pas de voir, vous pouvez aussi voir à Beaubourg, Paris  "Josef Albers en Amérique oeuvres sur papier" du 8 février au 30 Avril 2012. Membre fondateur des Réalités Nouvelles et de AAA, Josef Albers (1888-1976) participa régulièrement au Salon ou il exposait régulièrement ses recherches empiriques issu de l’enseignement de Josef Itten et du Bauhaus sur la couleur (tout comme Hans Hofmann). La disjonction phénoménologique entre les équations physiques de la couleur RVB (x% R +x%V+x%B = 100% de n Blanc/Lux °K) et le ressenti, lui faisait affirmer que la couleur est en art le medium le plus subjectif. C’était avant l’invention des ordinateurs, des écrans plats et des restitutions en 16 millions de couleurs (Norme WUXGA, Norme QSXGA, Norme QUXGA) c’était au temps de la photographie argentique et du technicolor avant l’offset. La couleur est-elle toujours aussi subjective aujourd’hui alors que les progrès de la technique (ne serait-ce que par l’utilisation universelle de Photoshop ou Gimp) peuvent permettre un contrôle plus grand et non empirique de la couleur. Qu’aurait pensé Albers, le pédagogue de l’Université de Yale, le théoricien des "Interactions de Couleurs" des normalisations Pantone, HTML, ... du calibrage Pourpre ou du Colour Index ... qui en son temps étaient encore embryonnaires. On sait depuis que la couleur appartient à la géométrie topologique et riemannienne et que si on a le programme pour le faire la couleur se norme et alors comme la musique peut marcher au pas du marketing.

Fin de l'Exposition Gandur au musée Fabre de Montpellier  "Les sujets de l’abstraction, Peinture non figurative de la seconde école de Paris (1946-1962)". 
De Jean Fautrier à Nicolas de Stael ou Pierre Soulages, le musée Fabre de Montpellier présente depuis décembre jusqu'au 25 mars, 101 tableaux de la fondation suisse du grand collectionneur Gandur centré sur la seconde école de Paris abstraite des années 50 autour des figures de la peinture que sont Fautrier, Hartung, Mathieu, Schneider ou Soulages. L'exposition sera présentée ensuite à Oxford Grande Bretagne et dans une grande institution parisienne en 2013.
Expositions à Londres
John Loker
John Loker


 Arne Quinze

 Richard Smith

Cédric Christie
Oeuvre de Stephenson


Oeuvre de Stephenson à Londres
Nombreuses expositions en Angleterrre autour de l'abstraction, celle de John Cecil Stephenson (1890-1965) à la Durham Art Gallery (UK), rétrospective d’un pionnier de l’abstraction britannique, Exposition John Loker « Small is Beautiful » à la Flowers Gallery, de Londres dont  les œuvres du peintre sont inspirées par les icônes d’ordinateur. Exposition « maîtres de l’abstraction britannique » avec des œuvres de Richard Smith, John Hoyland ou Cédric Christie. Exposition Arne Quinze à la Vicky David Gallery, Exposition Lynda Benglis Thomas Dane Galery et enfin exposition Mary Hellman à la Galerie Hauser and Wirth.


Jean Gabriel Coignet - Galerie Lahumière - Paris
Exposition à Paris

Exposition  (image ci-dessus) à la galerie Galerie Lahumière des reliefs et sculptures sérielles de Jean Gabriel Coignet inspirées par l'architecture et les surfaces de couleurs lisses à voir du 15 mars au 28 avril 2012. 

"Tree " de Diane de Cicco
Exposition de Diane de Cicco (RN 2012) au Centre d'Art de l'Ancienne Synagogue, du 12 mars au 20 mai 2012, 28 bd Turenne - 77260 La-Ferté-sous-Jouarre intitulée : "Mais que disent les poètes ?" vernissage le 17 mars 2012 à 17 h. 

"Quand je peins, il faut qu’il y ait une mémoire, une émotion qui vienne s’inscrire dans l’inspiration qui est pour moi d’origine purement plastique…. Je m’inspire d’un paysage, d’un accord de couleurs glané au coin d’une rue. C’est un tremplin pour sauter dans l’inconnu. Ce qui m’intéresse, c’est chercher une certaine beauté, une signification, un nouvel accord, là où on ne les attend pas. J’aime me retrouver là où je n’imaginais même pas aller..." Diane de Cicco






samedi 3 mars 2012

LA BANDE-ANNONCE RN 2012


La bande-annonce du Salon des Réalités Nouvelles 2012, venez voir The Artists (AAA) et tous les gens du jardin au Parc Floral de Vincennes, vernissage le 7 Avril 2012 à 18h !

mardi 28 février 2012

Damien Hirst est mort, Boltanski se vend pour 10 euros par mois et de l'abstraction à Beaubourg

Damien Hirst et la galerie Gagosian organisent une exposition des « Spot Paintings », avec une offre marketing alléchante. Le premier visiteur qui fait le tour du monde et arrive le premier à tous les vernissages des Galeries Gagosian de Athenes, Beverly Hills, Londres (Britannia street, et Davies street), Genève, Hong-Kong, Moscou, New York, Paris et Rome  se verra offrir une peinture de l’artiste ! 
Selon le journal New Yorkais Le Village Voice du 18 janvier 2012 : « L'artiste le plus riche au monde (avec 332 millions de dollars de revenus selon le Sunday Times), businessman à plein-temps, collectionneur à temps partiel et quelques fois restaurateur, imitateur de  Barnum, et célèbre membre des Young British Artistes (YBAs), nichée de créateurs arrivée à maturité dans les années 1990, Damien Hirst est mort le 12 janvier dernier à New York des suites d’une diverticulose aiguë provoquée par une spéculation crapuleuse, grossièrement cynique, due à une constipation de l’effort intellectuel pour produire onze expositions de conneries rabâchées et coûteuses. Il avait 46 ans.»

C’est par ces mots que débute la critique acerbe de Christian Viveros-Faune du Village Voice intitulé « In memoriam ». Evidemment la méchanceté comique du canular fonctionne comme la critique de l’exposition itinérante extravagante des 331 « peintures point » (Spot Paintings) :  "The Complete Spot Paintings: 1986–2011" chez Larry Gagosian avec 3 expositions simultanées dans les seules galeries de New York ! Quelques mois avant sa rétrospective à la Tate Modern de Londres (début le 4 Avril) pour les Jeux Olympiques évidemment « l’annonce de sa mort soudaine surprend à la fois fans et critiques »,  puisque Damien Hirst est toujours vivant ! « Sur les 1400 « spot paintings » peintes à l’émail par une armée d’assistants seuls 5 le furent par le maître, il n’y a donc pas grand chose à annoncer sur de telles œuvres « qui sortent d’un cerveau conservé dans le formol ». L’article très drôle est bien envoyé !

A Beaubourg exposition impromptue sur l'abstraction intitulée «Les Mystères de l'Ouest» présentée par l'historien d'art spécialiste de l'abstraction Pascal Rousseau dans le cadre du Nouveau Festival...  qui explique sur le page web du centre  « À partir d'un épisode des Mystères de l'Ouest (1965) où un savant fou transfère des mercenaires dans des tableaux de maître au moyen d'un curieux diapason électromagnétique, une exposition fantaisiste sur l'abstraction comme odyssée spatio-temporelle. Entre quatrième dimension et physique quantique, les géométries abstraites d'hier et d'aujourd'hui inventent l'art de la téléportation.»  RRRondeDieu comme on dit dans Gaston Lagaffe ils auraient pas pu inviter aussi Igor et Grichka, les doubles mentons de l'ORTF !  
Exposition qui se veut cocasse des oeuvres, films et documents de : Claude Bragdon, Robert Breer, Bruce Conner, Alan Crosland Jr., Marcel Duchamp, Oskar Fischinger, Florian et Michaël Quistrebert, Charles Howard Hinton, František Kupka, John McCracken, Ib Melchior, Melvin Moti, Jean Painlevé, Gaston de Pawlowski, Maï Thu Perret, Christian Sampson, Fred Vaësen. 
"Tu dis Igor ?" " Qu'est ce qui faut pas faire, pour faire une exposition sur l'abstraction !»  "Non c'est moi Grichka !"" eh oui Igor ! Beaubourg est fatigué...»,  "Tu dis Grichka ?", "C'est une exposition épatante, Igor". "Ils sont à l'hopital, Grichka", "ils regardent "les Mystères de l'Ouest". Et encore Igor, y dort !! Merci Grichka ! 
En attendant que Beaubourg nous présente l'expressionnisme allemand avec Derrick, pour la téléportation,  il y a Youtube et donc  voici le générique (dit culte) de cette série (désuéte) pour samedis après-midis fatigués des années 1970, avec Garcimore (ça-marche-pas !) ou pour programmes d'occasion de chaine câblée... ou deux cow-boys très élégants et raffinés aux vestes cintrées campera et pantalons moulants vivent ensemble dans un wagon des aventures ... 




Si Damien Hirst est mort, Beaubourg transformé en hôpital, Christian Boltanski paraît mal en point. Il propose aux internautes d’acheter pour 10 euros par mois dix vidéos de 1 minute chaque de sa vie. Soit 120 vidéos par an pour 120 Euros. Sur le site artnet, il explique son projet warholien « Storage Memory » un site par abonnement où il vend 1 euro sa minute de vie. Il envoie aux abonnés des films intimes. Les heureux internautes abonnés recevront à la fin « une sorte de certificat montrant que cela constitue une œuvre ».
Kesako ce certificat? Il semble que Boltanski vive encore à l’air du minitel… Pourquoi a-t-il besoin d’un certificat ? Pour prouver que l’œuvre est constitué ? L’internaute abonné aura-t-il le droit de diffuser à son plaisir l’œuvre sur le web, de la partager ? Ou s’agit-il d’en interdire la diffusion ? S’agit-il de demander à des institutions, Fracs, Musée, Galerie une redevance de 120 Euros pour diffuser ses films ?
On aurait envie de lui conseiller de lire l’œuvre de Edmond Couchot : « L’Art Numérique, comment la technologie vient au monde l’art ». Théoricien de l’art Couchot fut un des premiers à théoriser la gratuité des échanges artistiques sur le Web dès les années 80 pour la raison que dans le monde numérique, le message transmis ne subit aucune déperdition entre l’émission et le réception (la copie est l’original !), ce qui n’était pas le cas n’en déplaise à Walter Benjamin dans le monde analogique où la copie n’est pas l’original, même pour la Joconde du Prado !



En attendant à 1 euro la minute de vie-Boltanski, cela fait 60 euros l’heure, 420 euros la nuit, 1440 euros la journée, 525600 euros l’année pour 4380 abonnés, au delà faut revendre deux fois les mêmes minutes de vie… Le calcul de Hirst semble cependant plus rentable, 1400 tableaux à 150000 euros pièce donne 210 millions d’euros ! Hirst 1 : Boltanki 0 ! Bon c’est vrai il faut aussi retirer les frais annexes salaires des assistants et honoraires de la galerie. 

(NB : La video promotionelle de Christian Boltanski  est produite par StudioArtnet)

mardi 21 février 2012

3/4 - Wiki-Histoire des Réalités Nouvelles - La permanence de l’Abstraction

- ¾  La permanence de l’Abstraction  (1981-2000)
Par Erik Levesque

À partir de 1980 sous l’impulsion de Jacques Busse (président de 1981-1994), le salon devient un lieu dédié à « la Permanence de l’Abstraction », comme un lieu de stabilisation, de passage, de découverte et de rencontre au risque d’un devenir musée. Les statuts de l’association sont rénovés. Jacques Busse insiste beaucoup sur la défense « catégorielle » des artistes français soit au sein de la FAAP, soit au sein des RN. Après l’élection de Mitterand, le ministère Lang octroie alors une subvention payant la location du lieu ce qui permet au salon de se tenir annuellement.  Dés 1984, le salon propose de participer à la valorisation des artistes des années 50 et de trouver une articulation avec le marché en parallèle avec celui-ci. Il propose aux artistes de cette génération de revenir exposer au salon en accrochant côté à côté un tableau de jeunesse des années 50 et un tableau des années 80 des mêmes artistes. L’action sera efficace et le salon commence à organiser son territoire avec vente aux enchères ou lien renforcé avec des galeries. 

Dans sa préface au catalogue de 1984 intitulé « Presque le bonheur ! » Jacques Busse remercie chaleureusement la FAAP et ses membres dont Mac Avoy et Yves Brayer. Il ajoute : « Donc nous nous réjouissons bien haut de pouvoir aujourd’hui remercier les responsables gouvernementaux de la culture, d’avoir porté leur regard sur nos viviers ». S’amusant du mot de Jack Lang « on ne cultive pas les artistes comme des légumes », Busse file la métaphore : « Il n’y a pas qu’un seul terreau sélectionné, d’appellation Beaubourg, qui convienne à cette culture. Le terreau sélectionné Beaubourg est en effet parfaitement adapté aux orchidées du moment, même si parfois, comme dans les grandes surfaces, on y trouve des orchidées à bas prix ». On le voit les relations, avec l’institution, sont toujours aussi compliquées voir mauvaises. Le comité d’honneur du salon est constitué de 14 membres dont Georges Boudaille, de Pierre Brisset, d’Eugéne Ionesco, le comité d’artiste est constitué de 28 membres dont Abboud, Aksouh, Augereau, Calos, Gemignani, Granier, Planet, Stempfel… Parmi les exposants Philippe Charpentier, Damien Cabanes, Bouqueton, Licata, Messagier, Pelayo, Thibaut de Reimpré, Wakako, Saint Cricq…  A la demande de Jacques Busse, Henri Prosi vient organiser la section de l’abstraction géométrique et lui donner plus d’ampleur. Elle retrouve une section autonome au sein du salon. La sélection des jeunes artistes se tient au café Conti à St Germain des Prés, ou le comité Margerie, Busse, Nallard assis sur une banquette devant une table, voit passer un à un les candidats, tableaux sous le bras qui font image d’Epinal germanopratine, la queue dans la rue de Buci. Les débats internes dans l’association et le salon tournent autour des questions des arts visuels et de leur rapport à la peinture. L’admission de la vidéo et de la photo, des performances étaient rejetées dans le temps du salon. Le salon définissant son champ d’action comme celui d’un collectif et son territoire autour de l’abstraction, de la peinture, de la sculpture et de la gravure suivant en cela les préceptes que Fontené avait énoncé "la peinture en sa spécificité".
Le salon comptait 252 participants en 1980, en 1984 il en compte 372. En 1987, le salon compte 487 exposants dont John Levee, Serge Helias, Dorny, Delmas, Claude Gillet, Chen Zhen, Nino Calos, Erik Levesque, Baron Renouard, Tanguy, Rocher, Perget ou Fernando Lerin…

Le salon se veut alors un musée éphémère dédié à l’abstraction et il se tient en même temps que la FIAC sur les coursives du Grand Palais – pari risqué. Les débats concernent la place des jeunes artistes au sein du salon. Les échanges sont parfois vifs et houleux entre Jacques Busse et la nouvelle génération des Joël Trolliet et Olivier di Pizio ! Cependant conscient des risques liés à la valorisation du passé, le comité tente des ouvertures comme celle d’accueillir par exemple en 1991 une exposition d’enfants autistes. Le salon se tient à l’espace Nesle (82-83), au Grand Palais (1984-1993)… Le prix d’entrée du salon pour le public est en 1988 de 20 frs (3 euros) tarif réduit 10 frs (1,5 euro) et en 1994  de 40 frs (6 euros)  et de 25frs (3,5 euros).

Mais en 1990, lors de deux réunions l’une à la FAAP, l’autre devant le comité des Réalités Nouvelles, Jacques Busse vient annoncer de façon formelle, l’acte de décès du marché de l’art parisien, suite à l’effondrement de la bourse de 1989 et son déplacement vers Londres. Cette annonce semble laisser Busse (par ailleurs rédacteur en chef du Bénézit) perplexe sur l’attitude à adopter. D’une certaine manière ce faire-part clôt son action.
En 1994, Guy Lanoë est nommé président de l’association. Ce codicologue et archiviste, cet ami des peintres (il a bien connu Gaston Chaissac entre autres … ) vient tenter de prolonger l’action du salon et de le sortir de ses querelles intestines ! Son action efficace ouvre une nouvelle période et marque le rétablissement économique du Salon et une nouvelle réception de l’abstraction dans la société. En 2000 une étudiante de Serge Lemoine, est nommée archiviste : Domitille d’Orgeval. Elle présentait sa thèse sur les premières années du salon. Le rôle d’archiviste était tenu auparavant par un membre du comité depuis 1939. Le salon a toujours organisé de manière directe sa propre historicité. Face à la généralisation du phénomène des foires commerciales, le salon devient un lieu de transmission et de questionnement. Il se tient à l’Espace Eiffel-Branly (1994-2000) et à l’Espace Auteuil (2001-2003) avant de rejoindre les serres du Parc Floral de Vincennes.

Publié le 21/02/2012

( à suivre ... 4/4 - Une Wiki-histoire du Salon des Réalités Nouvelles - Esthétique du flux ou se transformer à l’âge d’Internet - depuis 2000)

mardi 7 février 2012

2/4 - Wiki-Histoire du Salon des Réalités Nouvelles – La Transition - 2eme Partie/4 - Décès d'Antoni Tapies - Exposition Alberto Burri

Une Histoire du Salon des Réalités Nouvelles.
par Erik Levesque

2/4 - La Transition

Résumé de l'épisode précédent : né en 1947, et après avoir participé à imposer l'abstraction dans les années 50, le salon des Réalités Nouvelles est remis en question et exclu du Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris en 1970.
  
En 1969, le comité « peinture » du Salon publie un manifeste signé de Nallard (qui y expose tous les ans depuis 1948), Chastel, Louttre.B, Debré. Ils y réaffirment la doctrine de Robert Delaunay, de la lumière, des contrastes simultanés. Tout en débutant leur texte par la question du gros plan photographique de la peinture : la question du champ, il se termine par ses mots : « les conflits actuels de civilisation se situant bien moins aux niveaux de la stagnation (anti-traditionelle par nature) et du progrès, qu’ils ne donnent à choisir entre l’évolution ou la rupture, nous retenons la première ». Le comité d’Art Concret par la voix de Luc Peire insiste lui sur les fondamentaux du Salon «abstrait, géométrique » et du cas unique que représente le Salon. Le salon perd une centaine d’exposants entre 1967 et 1969, avec160 sur une cimaise plus étroite. Pour le moins sceptique et incrédule face à la vague des théorisations post-structuralistes et des vocabulaires marxisants des différents « maoïsme » français des années 70, le salon et son association vont se recentrer sur les problématiques de la Peinture et la continuité de l’avant-garde en réponse aux théories de la mort de la peinture en France. En 1971 Le salon s’installe au Parc Floral. Max-Pol Fouchet, un homme de média, critique et écrivain prend la relève de Fontené avec pour comité  Contreras-Brunet, Abboud, Nallard, Louttre B, Peire, Pelayo, Hélias... 
Le siège social de l’Association est  à « La Galerie » rue St André des Arts, lieu que gère Maria Manton et Louis Nallard. Le salon compte 295 participants dont Isabelle Waldberg ou Saturo Sato qui vient inaugurer d’une certaine manière la délégation japonaise qui sera d’année en année plus nombreuse.  
archives RN-IMEC
Les Réalités Nouvelles exposent au parc floral de Vincennes pour la troisième fois du 5 avril au 13 mai 1973, le comité sous la présidence de Fontené et de son vice–président Louis Nallard est composé de Abboud, Adam-Tessier, Bozzolin, Caloe, Hélias, Humair, Lélio, M.A Louttre, Marcel-Petit, Antoine de la Margerie, Jean Miotte, P. Palut et Signovert… L’affiche du salon est réalisé par Nino Calos et Jean Miotte, parmi les exposants Aurélie Nemours, Alan Davie, Olivier Debré, di Sciullo, Le Brocquy, on y voit également les sculptures magnétiques de la californienne Alice Hutchins et …. Eugène Leroy (1910-1999)  dont on trouve l’adresse dans le catalogue : Tourcoing - 53 rue Faidherbe - 59290 – Wasquehal - Peinture à l’huile. Ou encore Rudi Baerwind, grande figure allemande de la résistance antinazie et militant homosexuel qui venait de publier son autobiographie « Ich bin ein Maler und basta… » (Je suis un peintre et basta...).  Du 5 avril au 5 mai aux floralies de Vincennes le salon des Réalités Nouvelles présentait également l’exposition « Haricots, haric, ar » que l’on ne doit pas prononcer « haricot un ricard »,  mais « haric... Art » …. Exposition dédoublée aux rencontres internationales d’art contemporain à la Rochelle du 12 au 21 avril 1973 arts plastiques, 45 peintres rue du temple… Exposition qui partait en tournée en province. Organisé par Hervé Fischer, celui-ci tient à préciser dans la préface, après avoir remercié le comité d’accueillir l’exposition « haricot, hari, ar » qu’il ne songe pas « le moins du monde  à cautionner l’institution du salon ou son contenu, Cela ne nous a d’ailleurs pas été demandé ». (sic) mais il conclue son édito par ses mots « Mais ici dans le parc, le Haricot, c’est l’hygiène du salon ! » re(sic) ! 
Parti de province l’exposition entend démontrer l’impact du travail de Claude Viallat qui publie un court texte théorique post-structuraliste, à l’aune de Support-Surface qui commence par ses mots : « L’histoire de l’art jusqu’à nous a été l’histoire des clivages qu’un type de fonctionnement social a imposé pour affirmer sa mainmise spirituelle, idéologique »…
Le texte de Viallat
Voulant sortir la peinture à l’extérieur de la galerie, du musée, ils souhaitent mettre la peinture dans la rue, le paysage…. On trouve les noms de Bec, Michel Bertrand, Biga, Bohm, Bort,  Bouzat, Da Rocha, Desbouiges, Noel Dolla, FanconyGrandjean, Grataloup, Le Groupe 70 , Le Groupe Texturation, Le Groupe Tournis, Le Groupe Toulouse, Christan Jaccard,  Pascal Mahou,  et de tant d’autres. De cette liste Pascal Mahou est aujourd’hui membre du comité du salon. Les deux catalogues sont une merveille rare du XXe siècle, témoignage d’une époque vintage, le choix de la typo, la rhétorique post-soixante-huit d’un siècle passé… mais ou se croisaient dans une même salon Leroy et Viallat ! 
La page de Pascal Mahou à droite
En 1973 la fréquentation du salon s’établit à 6000 visiteurs ! Pour Fontené la mission du salon est de donner une information a un public le plus large possible, le salon n’a alors aucune subvention: il est un lieu et un temps non commercial, ce qu’il est toujours. Il s’agit pour les artistes de confronter librement son travail à ceux de ses pairs. 

En 1974 Le nombre de d’exposants atteint 546 !  

En 1976, le futur secrétaire des Réalités Nouvelles, Joël Trolliet y expose pour la première fois.

Les œuvres circulent en province Clermont-Ferrand, Billom. En 1976 le maire de Billom écrit dans le catalogue « l’Etat n’est pas là pour diriger l’art mais pour le servir ». Fontené précise le sens de l’abstraction comme celui de la nécessité intérieure, lui donner sa chance et contribuer à la maintenir : La peinture en – sa- spécificité : la peinture nue. En 1978, le critique d’art Giuseppe Marchiori appelle à la nécessité d’affirmer l’universalité de Paris comme centre d’art mondial d’art, centre libre dont le salon des Réalités Nouvelles est le dernier témoignage ! Incapable cependant de rester dans le Parc Floral, Jacques Busse s’interroge dans son éditorial en 1979 « Pourquoi Survivre ? » alors que le salon a lieu au Musée du Luxembourg. Il insiste sur la dimension d’autogestion et démocratique de l’instance du salon à la différence des galeries, Foires d’art ou centres d’art. Mais il regrette aussi que les artistes les plus reconnus n’acceptent plus de prêter leur travail à cause de leurs marchands et de leurs contrats d’exclusivité. 

L’art abstrait triomphe dans les musées et les galeries à travers le monde.

En 1972 la FAAP avait été crée, la Fédération des Associations des Arts Graphiques et Plastiques Assurant la liaison avec les Pouvoirs Publics à laquelle participe Réalités Nouvelles et dont l’archiviste était Jacques Busse. De fait les Réalités Nouvelles étaient les archivistes de la Fédération. Cette fédération est mandatée pour négocier, représenter les artistes auprès des autorités publiques après le désengagement du Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris qui abritait les salons jusqu’alors. Il s’agit de trouver de nouveaux lieux d’expositions pour les salons comme la Jeune Peinture, Réalités Nouvelles, le Salon d’Automne, le Trait, Salon des Femmes Artistes, Union des femmes peintres et sculpteurs, Salon Violet, le salon de l’art libre… etc…  travaillant sous la présidence de Mac Avoy, la FAAP avait interrogé, rencontré Bernard Anthonioz, Délégué aux Arts Plastiques du ministère de la culture en de nombreuses occasions, expliquant la situation sociale des artistes, recherchant des solutions, pour trouver un lieu pour les salons. La FAAP est un interface entre les artistes et l’administration de l’Etat qui va au-delà des problèmes des salons. Elle agit,  se mobilise comme dans le cas de l’expulsion d’Antonio Saura, finalement annulée, grâce à la défense de Mac Avoy ou bien dans le cas de la création de la Maison des Artistes. 

Beaubourg à peine sorti de terre, inquiète et comme l’écrit dans un appel le 13 janvier 1977, le Salon de la Jeune Peinture et le Salon des Femmes-Peintres : cette institution « se préparait à rejeter, dans la confusion, le présent et l’avenir de l’art ».
Idée qui allait rester pendant de nombreuses années dans les esprits. En effet à cette date une réunion à Créteil entre Pontus Hulten et Leproux conseiller technique de Françoise Giroud alors secrétaire d’état à la Culture de Valery Giscard d’Estaing et les associations d’artistes s’était fort mal passée … son verbatim n’est même pas connu, tellement il semble confus… ! Le 24 Mars 1977, Edouard Mac Avoy et Jacques Busse ont ainsi rencontré Pontus Hulten, alors directeur de Beaubourg assisté de Eschappasse et Plaquement (sans doute Alfred Pacquement) qui leur avait déclaré qu’il ne souhaitait pas supprimer les salons, mais combler les manques et les lacunes historiques du Musée d’Art Moderne du Centre en achetant en particulier les artistes américains. La porte était ainsi ouverte à AAA qui allait tenir le haut du pavé dans l’institution française d’autant que le marché de l’art avait quitté Paris depuis la crise de 1973.
Verbatim de la rencontre avec Pontus Hulten 
Finalement en 1981, la ville de Paris octroie une subvention aux Réalités Nouvelles. Le salon expose entre autres, Sylvie Fanchon et Licata, Piet Moget, Aurélie Nemours, Albert Feraud, Shirley Jaffe parmi 242 exposants. Le salon est présidé par Jacques Busse et son secrétariat mené par Maria Manton. 1982 le salon  est « itinérant » se passe au Centre d’art Rive Gauche. Idem en 1983 alors que Jacques Busse propose que Réalités Nouvelles s’appellent « Réalités Nouvelles – Permanence de l’Abstraction » et qu’ils se considèrent non plus comme un salon mais comme un collectif. 
Une autre histoire commençait ! 
Publié le 07/02/2013

(à suivre 1980/2000 La Permanence de l'Abstraction )

Décès d'Antoni Tapies (1923-2012) - (RN 1966)

Antoni Tapies en 2010
Le célèbre peintre catalan Antoni Tàpies est décédé à l'age de 88 ans. Débutant sa carrière après la guerre civile espagnole, il est d'abord influencé par le surréalisme, puis après avoir fondé à Barcelone le collectif Dau al Set il monte à Paris dans les années 50 où il découvre la peinture abstraite de la scène parisienne. Son oeuvre matiériste se caractérise par l'utilisation raffiné des textures amples, sablés, torturés en fit une des figures de l'art Informel européen. Célèbre internationalement à partir du milieu des  années 50 ( le magazine américain Life lui consacre un article), Antoni Tapies vivait isolé dans son atelier barcelonais où il constituait une oeuvre ample à base de collage, de peinture, de sculpture, d'écritures, de graffitis et de tags et de divers traitements de l'objet. Antoni Tapies est également l'auteur de livres de théories et de critiques dont "La pratique de l'Art". Son oeuvre à profondément influencé la jeune peinture espagnole des années 80 et 90 comme les peintres José Manuel Broto, Anton Lamazares ou Barcelo, jusqu'à devenir un forme de poncif hispanique.

Alberto Burri à Londres
Oeuvre d'Alberto Burri "Sac et Rouge" de 1954
Les oeuvres matiéristes d'Alberto Burri (RN 1958) sont exposés à Londres (GB) dans la Estorick Collection pour sa première rétrospective anglaise. Alberto Burri participa trés réguliérement au Salon des Réalités Nouvelles, où il exposait une oeuvre matiériste qui a profondément influencé l'Arte Povera.