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lundi 4 avril 2016

3 B à Châtillon...


















Le travail de Roger Bensasson, Charles Bézie et Joël Besse se situe dans la mouvance actuelle de l'Art Construit. L'extrême rigueur qui caractérise l'approche de ces trois artistes confirmés, d'abord au niveau conceptuel, pour ne pas dire spirituel, et ensuite dans la réalisation visuelle et picturale, et même dans la matérialisation pratiquement impeccable de l'œuvre-objet, n'empêche pas, pourtant, une forte émotion d'apparaitre et de se manifester. En dehors d'une certaine « beauté du nombre », d'une pensée ordonnatrice pas très loin de l'esprit mathématique et ainsi scientifique, qui comprend non seulement une dimension esthétique, mais qui impose aussi une certaine mesure d'exactitude se plaçant entre la logique et la probabilité, c'est cette émotion créatrice qui est même à la base de l'aventure artistique. Dans la recherche d'une certaine perfection et la netteté du langage plastique, on reconnait avant tout une forte aspiration vers l'absolu, dans tous les sens : artistique, philosophique et inévitablement éthique. L'œuvre de Roger Bensasson s'exalte dans l'infinitude de variations d'un seul signe plastique, devenu depuis longtemps la signature personnelle reconnaissable de l'artiste, pour s'épanouir dans une incroyable diversité, pourtant jamais dépourvue d'intérêt, d'enthousiasme et de sens. L'histoire de Charles Bézie est intimement liée avec les nombres. Après avoir exploité la suite de Fibonacci et sa représentation picturale, l'artiste se lance dans une nouvelle série pour explorer l'équilibre subtil des orthogonales dans un jeu dynamique rectangulaire des couleurs primaires sur un fond noir et gris. Les monochromes de Joël Besse, souvent présentés sous forme de losanges, enrichis par les rythmes minutieux des trames de figures géométriques en bas-reliefs, par leur dimension méditative renvoient à une certaine « philosophie du vide » et un mysticisme se transcendant et se fondant dans la lumière pure.    

Milija Belic