Follow by Email

vendredi 27 juin 2014

Hodgkin, Oehlen, Zimmermann, Scully à Paris

Abstraction en gloire chez Gagosian, Heltzer, Lelong et Perrotin

A la Galerie Gagosian, la première exposition parisienne de Sir Howard Hodgkin né en 1982, dont le travail est décrit comme abstrait ou semi abstrait. Sa peinture est en effet faite de bloc de sensations, de bloc d'affects en coups de brosse, touches et couleurs peints sur bois. Les allusions figuratives sont Illisibles au spectateur. Pourtant ce sont elles qui la constituent aux yeux de Howard Hodgkin le point de départ de l'oeuvre ::évoquer un ami par exemple, un moment de bonheur. Elles  sont aussi le point d'arrivée quand Hodgkin reconnaît avoir déposé ce "moment" sur le bois du support. « Je suis un peintre de la représentation, mais pas un peintre des apparences. Je peins des images qui représentent des moments d’émotions » déclare Howard Hodgkin. La carrière de Howard Hodgkin a démarré dans l'orbite du pop art anglais dans les années 60 avec David Hockney ou Patrick Caufield, avec des couleurs vives et des scènes de genre identifiables, puis le geste s'est de plus en plus ouvert pour ne plus laisser apparaître que la peinture, explosant le dessin analogique. Le catalogue de l'exposition Gagosian présente enfin en français le texte que Susan Soontag lui a consacré, ainsi qu'un interview du photographe Jeff Wall grand admirateur de Hodgkin, par Jean-Pierre Criqui. Enfin un texte de Julian Barnes sur le silence du peintre grand admirateur de Degas et de Seurat..


Ici Howard Hodkin présenté à Toulouse


Extrait de l'introduction par la galerie Gagosian - Paris :

Explorant l’essence de la peinture en tant que langage construit et expression spontanée, Hodgkin ignore les polarités classiques du passé et du présent, de l’abstraction et de la représentation, de la surface et du cadre. Des gestes affirmés et denses, une palette riche et l’inversion dynamique entre la lumière et l’obscurité sont autant de traits de son style particulier. Hodgkin intègre le cadre dans la surface peinte, transmettant des expressions naturelles et réfléchies qui maintiennent un sentiment profond d’objectivité. Avec leurs coups de pinceaux extrêmes et leurs couleurs saturées, ses peintures au format intime ressemblent à des bijoux tandis que les œuvres plus grandes sont somptueuses et théâtrales.

Embrassant la spontanéité et le caractère direct et, dans une pareille mesure, les processus de réflexion et de capitulation, il peut falloir à Hodgkin jusqu’à une année pour préparer et exécuter son premier coup de pinceau. La qualité, en apparence décontractée et urgente de ses peintures, occulte le fait que la plupart ont été peintes, reconsidérées puis repeintes. Les œuvres traduisent la relation entre la main, l'œil et la mémoire qui conduit leur processus, la structure visuelle, et l’ardeur émotionnelle.

Dans chaque peinture, le sujet d’Hodgkin constitue une présence plus ressentie qu’appréhendée, et qui demeure allusive et fragmentaire. Les nouvelles œuvres réalisées entre Londres, la Normandie, et Bombay, révèlent des traces vibrantes de lieux et d’expériences—des transcriptions de rencontres quotidiennes et des souvenirs qui se superposent dans des textures richement colorées.

Alors que Ganges (2005–13) évoque le mouvement rapide du fleuve, l’œuvre fait également référence à son implication mythologique et à sa place centrale au cœur de la culture indienne en tant que véhicule de la vie, source de bien-être dans la mort. Dans Indian Waves (2013–14), des coups de pinceaux entremêlés apparaissent, tandis que les espaces dépouillés soulignent la réalité physique de l’œuvre, celle d’une peinture à l’huile sur un panneau de bois. Le panneau et le cadre de Out of the Window, Bombay (2012–14) sont submergés de points fluorescents rappelant des pétales colorés; dans Autumn in Bombay (2010–14) des marques rouges, oranges, jaunes et noires se répandent.

Enrichissant ses premières impressions à travers une réflexion intime en plusieurs temps, Hodgkin peint des œuvres qui sont à la fois composées, des ensembles autonomes et des synecdoques d'une plus grande réalité esthétique au-delà du cadre.


Howard Hodgkin est né à Londres en 1932. Il a étudié à la Camberwell School of Art et à la Bath Academy of Art, Corsham. Parmi ses expositions muséales personnelles on compte « Paintings 1975–1995 » au Metropolitan Museum of Art, New York (1995, exposition itinérante présentée également au Modern Art Museum de Fort Worth; au Kunstverein de Düsseldorf; et à la Hayward Gallery de Londres); l’Irish Museum of Modern Art de Dublin (2006, exposition itinérante présentée également à la Tate Britain de Londres et au Museo Nacional Centro de Arte Reina Sofía, Madrid); « Paintings: 1992–2007 » au Yale Center for British Art, New Haven (2007, exposition itinérante présentée au musée Fitzwilliam de Cambridge); « Time and Place, 2001–2010 » au Museum of Modern Art Oxford (2010, exposition itinérante présentée également au De Pont Museum of Contemporary Art, Tilburg, Pays-Bas; et au San Diego Museum of Art) et « Howard Hodgkin » à la Fondation Bemberg, Toulouse, France (2013).

Hodgkin vit et travaille à Londres.

A la Galerie, Lelong on verra avec bonheur une série de grandes toiles de Sean Scully qui continue à tracer sa route impertubablement depuis les années 80 avec ses rectangles de noir, de gris et d'ocre aux couleurs de sa chemise ! Travail impeccable !

       P.Zimmermann 
                 par F.Kucharz

       Sean Scully
                par F.Kucharz


Enfin à la Galerie Perrotin on peut voir les travaux de la jeune star allemande Peter Zimmermann qui nous offre une sorte de remix pop astucieux de toute l'avant garde ! Le tout à l'époxy et à l'acrylique et bien plus saturée...  On reconnait ici Bonnard, Morris Louis, etc...
un genre de Post-Post-Abstract-Painterly !

Enfin chez Max Heltzer, galerie berlinoise venue à Paris, on a pu pendant le mois de juin Albert Oehlen voir ici ! (avec dans le catalogue un texte de….  Jean-Pierre Criqui…)

EL