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vendredi 11 avril 2014

Marché en panne ou marché fictif ?

Les constats sur le marché de l'art tombent comme les giboulées en cette saison, par averses de statistiques. Selon le rapport du CVV, les résultats des ventes aux enchères ont progressé en France de 0,6% sur 2013, pour atteindre un montant de 2,44 milliards d'euros (hors frais) emportés par les ventes de... chevaux (+ 18%), alors que les voitures d'occasion perdaient 2%. Les résultats des ventes d'oeuvres d'art et de collection progressaient de 3,3% environ suivant la tendance décennale. Les deux-tiers des ventes se font sur Paris et en île de France : un tiers des résultats des ventes pour Sotheby's, Christie's et Artcurial et un tiers pour Drouot ! Ce rapport confirme la baisse tendancielle, lisible dans le rapport de Janvier d' Artprice  sur l'Art Contemporain en 2013 ou l'on constate que Paris représente 2,75% des ventes d'Art Contemporain loin derrière les Usa et la Chine 30 % et les 20% de l'Angleterre pour un marché de l'Art Contemporain qui représente lui 13 % de la part globale du Marché de l'Art mondial dont 70 % est produit par les modernes et les années 50... Marché mondial en hausse de 13% sur un an pour atteindre 12 milliards de dollars !  Comme le remarque Catherine Chadelat du CVV , la France paye cher son absence dans le secteur de l'Art Contemporain... sans savoir y remédier.
Mais toutes ces belles statistiques, semblent ignorer le taux d'impayés en Chine particulièrement, on parle de 50 % de transactions fictives et de 30 % de transactions de gré à gré chez Sotheby's…
A lire donc les deux articles de Vincent Noce paru dans Libération le 27 Mars 2014 qui offre un regard pour le moins décapant sur ces statistiques internationales. Il y décrit un marché scindé en deux avec une dizaine de stars internationales... et le reste claudiquant.... A la question  de Vincent Noce : "Comment expliquer que certains ont prétendu que, dans ces conditions, la Chine soit le leader mondial ?" Une spécialiste de l'économie de l'art, Clare McAndrew répond : Je ne me l’explique pas : la base de données est la même pour tous. Même en triturant les chiffres dans tous les sens, en utilisant des euros ou des dollars, en enlevant les ventes privées ou l’art décoratif, il est impossible de parvenir à ce résultat. "