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mardi 3 septembre 2013

A lire .. "La critique porte l'échec de la démocratisation culturelle"

Télérama publie le 26/08 une lettre ouverte intitulée : "Radicalité artistique versus démocratisation culturelle" de Bertrand Faivre d'Arcier sous le titre : "La critique porte l'échec de la démocratisation culturelle, selon l'ex-directeur du Festival d'Avignon".

Administrateur civil (HEC, Sc.Po, ENA) du ministère de la Culture, Bernard Faivre d'Arcier est le directeur du Festival d'Avignon de 1980 à 84, puis de 1993 à 2003. Il est président des Biennales de Lyon. 
Dans cette lettre, il dresse un constat sévère de l'échec de la démocratisation artistique dû à la connivence entre critique et institution :

"Car, en effet, pour apprécier les arts d’aujourd’hui, il faut être connaisseur. Les grandes manifestations artistiques comme les festivals ne sont pas uniquement des moments de convivialité (comme le sont tant de festivals de musiques actuelles). Il faut une solide motivation et quelques moyens financiers pour aller au contact des artistes contemporains. C’est bien d’ailleurs l’enjeu de l’éducation artistique et culturelle qui est déclarée premier souci du ministère de la Culture.

Mais d’un autre côté, les mêmes médias ne cessent d’appeler à la radicalité et au renouvellement des formes. Cette radicalité devient un concept en soi. Elle est d’ailleurs typique du monde occidental et de notre époque car ce n’est pas, de loin, un concept universel.

Cet appel à la radicalité fait d’ailleurs du critique le juge de celle-ci et renforce sa position et son pouvoir. Les directeurs artistiques sont alors sommés de concevoir des expositions radicales, de présenter des spectacles radicaux, de proposer des partis pris intransigeants sous peine d’être taxés d’ennui, de conservatisme, ou de « déjà vu », sentiments ressentis et exprimés par le critique."


"La critique parisienne, peut-on lire dans le préambule rédigé par Télérama à la lettre, est responsable d’une radicalisation de la création qui coupe parfois les artistes de leur public pour… mieux plaire à ces critiques justement, qui servent trop souvent de repères au ministère de la Culture quand il accorde ses subventions, nomme à la tête de ses institutions."