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dimanche 29 juillet 2012

5 - 1939 : Otto Freundlich et Etienne Béothy : Les trois expositions du Salon des Réalités Nouvelles

Cinquième partie et suite de l"article de madame Denise Vernerey-Laplace de l"EHESS, autour de la création des Réalités Nouvelles en 1947... aujourd'hui retour sur l'exposition de 1939.

Le questionnaire rempli par Kandinsky
Créé en 1939 à l’initiative de Fredo Sidès, marchand d’art et collectionneur et du critique Ivanhoë Rambosson, le Salon des Réalités Nouvelles. Les trois expositions qui se succèdent  galerie Charpentier, offrent aux artistes non-figuratifs une première occasion d’exposer dans un cadre officiel. Il voit le jour dans un climat de vifs débats pour une redéfinition de l’abstraction. Les organisateurs ont retenu comme discriminant la date de 1920 à laquelle ils situent l’apparition de l’ « art concret », par opposition à l’ « art abstrait ». Que convient-il d’entendre par « art concret » ? 


Le Néo -Plasticisme a joué un rôle essentiel en l’affaire. Selon Théo Van Doesburg qui veut évacuer les relents figuratifs attardés encore dans l’abstraction, l’œuvre d’art concret doit être, « la réalisation d’un concept spirituel, intellectuel » dont les acteurs essentiels sont les relations optiques du fond et des formes. Cette conception dynamique d’un espace pictural où le temps s’impose comme acteur est proche de la conception non-euclidienne de l’espace cultivée par Otto Freundlich, proche de Albert Einstein et sensible aux incidences de la Théorie de la Relativité sur l’œuvre d’art.

Les artistes « dont la tendance inobjective s’est volontairement arrêtée en 1920», Jean Arp, Robert et Sonia Delaunay, Albert Gleizes, les frères Villon et Marcel Duchamp sont invités à exposer les premiers. La deuxième exposition, du 30 juin au 15 juillet 1939, présente les tenants de l’art concret, Otto Freundlich aux côtés de Van Doesburg, Naum Gabo, Vassily Kandinsky, Kasimir Malevitch, Frantisèk Kupka, El Lissitzky, Kurt Schwitters, Georges Vantongerloo. Otto Freundlich -  ce sera sa dernière exposition avant son internement puis sa déportation -  présente une Composition de 1939, tempera sur papier, qui est présentée non loin de l’Arc Noir de Kandinsky. Etienne Béothy est appelé lors de la troisième exposition dans la section consacrée aux « artistes postérieurs à 1920 » engagés donc d’emblée sur la voie de l’art « concret ».
Fredo Sidès adresse aux artistes un questionnaire qui 
doit permettre d’ « établir des notices parfaitement documentées dans le catalogue ». A la question numéro 7 : « Dans quel sens doit, selon vous évoluer la peinture contemporaine ? », la plupart font référence à Cézanne, à Van Gogh, au cubisme voire à l’impressionnisme avec lequel selon Otto Freundlich, l’art contemporain n’aurait pas complètement rompu. Dans sa réponse, Otto Freundlich incite les artistes à sortir de leur isolement et à élaborer : « une nouvelle langue… ce que l’on peut dire sur l’art ‘abstrait’ et sur son advenir, c’est qu’on ne peut les séparer de l’avenir de toute histoire terrestre ».  Etienne Béothy répond tout aussi complètement. Il justifie sa tardive sortie de la figuration par l’atmosphère étouffante où il a vécu ses années de formation à Budapest: les « oeuvres abstraites étaient cotées comme art destructif. ». Puis il évoque son évolution après 1923, entre géométrie et abstraction:  Etienne Béothy a, en effet, entrepris en 1931 la création une série d’œuvres,  Flamme rythmo-plastique, Forme et rythme, Ryhmoplastique plastique  dont il ne théorisera la conception que dans les années cinquante, insistant sur l’ordonnancement rythmique, les proportions géométriques et le respect de la sectio aurea, le Nombre d’or qui préoccupent alors les artistes du groupe de Puteaux. Depuis 1928, Béothy se consacre à un seul matériau, le bois auquel peu à peu il adjoindra la couleur. Il prête quatre œuvres au Salon, Rythmes entrelacés, Essor, Trois Rythmes et la Mer qui sont proposés à la vente.


à suivre ...

6: Otto Freundlich. 1878-1943. Pionnier de l'abstraction, acteur des avant-gardes
7: Etienne Béothy. 1897-1961. Le sculpteur au nombre d'Or
8: Jean Leppien. 1910-1991. Du Bauhaus à Paris

mardi 24 juillet 2012

4 - Jean Leppien, un Bauhäusler aux Réalités Nouvelles

Quatrième partie et suite de l"article de madame Denise Vernerey-Laplace de l"EHESS, autour de la création des Réalités Nouvelles en 1947...

Jean Leppien rejoint le Salon des Réalités Nouvelles en 1946. Dès 1945, il a exposé au Movimento d’Arte concreta, cercle d’avant-garde italien. Le cénacle élitiste du Salon des Réalités Nouvelles réclame de ses adhérents qu’ils aient fait « preuve durant trois années successives de fidélité dans les arts non figuratifs.» S’il est une figure peu connue sur la scène parisienne, Jean Leppien atteste, en sa qualité d’ancien Bauhäusler, qu’il remplit cette condition. A la date du 5 juin 1946, on peut lire qu’il est « remonté à Paris en auto-stop: « Chez Kandinjskaia (Nina Kandinsky). Tableaux et dessins! » Vassily Kandinsky est mort en 1944 à Neuilly sur Seine. Aux yeux de sa veuve, Jean Leppien demeure l’élève du maître disparu. Entre le 1er et le 11 février, il se rend chez Fredo Sidès et lui laisse neuf gouaches, parmi lesquelles Sidès fera son choix pour le salon de 1946 qui doit se tenir du 19 juillet au 18 août. Le 9 juillet, Leppien n’a pas encore reçu d’invitation et s’en inquiète. Faute d’argent, il ne peut revenir à Paris pour le vernissage…

En 1948, il participe au troisième salon. Le 22 juillet de cette année, il a placé deux toiles chez Denise René; le Salon s’ouvre le 23. Il est cité dans le catalogue. C’est la première occasion qu’il a de présenter ses œuvres au public parisien, de sortir de l’anonymat. Il accompagne les expositions des Réalités Nouvelles en province. En 1947 à Lille ; en 1949 à Lyon. En 1948, il n’a pas été retenu pour l’exposition à Bordeaux et adresse une réclamation au trésorier, H.-M. Bérard : « Je vous prie de comprendre que je suis déjà assez handicapé par le fait d’habiter la province, mais mon absence de Paris ne devrait pas m’exclure de la possibilité d’exposer comme les autres peintres des R[éalités] N[ouvelles]. »

 Car la politique officielle, rétive à la non-figuration, offre peu d’occasion d’exposer aux artistes abstraits. La municipalité parisienne a mis à leur disposition l’actuel musée d’Art moderne, quai de Tokyo. Le Salon regroupe en 1948 dix-sept nationalités. Mais Auguste Herbin assortit cette année-là le catalogue d’un Manifeste dénonçant la tiédeur des institutions envers l’art moderne. Certains, Gilioli, Deyrolle, s’opposent à sa rédaction et préfèrent l’engagement actif. « Il me semble, écrit Deyrolle à Herbin, que la seule action possible soit la production d’œuvres valables. Ce ne sont pas les récriminations ni les jérémiades qui pourront changer n’importe quoi. » Mais le Manifeste se situe également en opposition contre le réalisme imposé officiellement en URSS par Andrei Jdanov, partisan de Staline. « Ce qui reste et restera toujours vivant dans les oeuvres, écrit Herbin, ce qui étonnait si fort Marx et ce qu’un matérialisme exclusif ne peut comprendre, c’est l’essence même de l’Art, c’est à dire l’expression de l’élément spirituel de l’homme par les moyens propres à l’art. «  Cette déclaration remporte l’adhésion enthousiaste de Jean Leppien, pourtant communiste comme Herbin et si proche de Deyrolle. « ça sonne assez stupide que de dire que j’étais ravi, enthousiasmé de ou que sais-je en lisant votre manifeste… et c’est avec approbation entière que je signe… Ce qui me tracasse [c’est] de voir l’incompréhension et l’hostilité du parti communiste envers la peinture abstraite. Je suis persuadé de faire un boulot révolutionnaire. Même s’il n’est pas admis et reconnu comme tel. Ce qui est encore plus grotesque encore, c’est que j’ai du quitter l’Allemagne en tant qu’élève du Bauhaus et en tant que peintre abstrait, donc persécuté, faisant du Kulturbolchewismus et que maintenant on sort les mêmes arguments stupides, agrémentés d’une autre sauce de l’autre côté. » Le communisme de Jean Leppien n’a certes jamais été celui d’un Herbin, ni d’un Aragon. Le temps du militantisme est en réalité révolu pour Jean Leppien. Le monde réel n’est désormais pour lui que celui de la création. Ni déçu, ni désabusé, il est seulement pressé d’accomplir son œuvre comme tous les artistes d’une génération que la guerre a amputés de leur jeunesse.

A quelques exceptions près, Jean Leppien participera à toutes les expositions des Réalités Nouvelles. En 1959 et 1960, il est dans la section « Géométrie ». En 1960, il joint à l’exposition de son œuvre une citation du Philèbe de Platon : « Ce que j’entends ici par la beauté de la forme, n’est pas ce que le commun entend généralement sous ce nom, par exemple celle des objets vivants ou de leur reproduction, mais quelque chose de rectiligne et de circulaire et les surfaces et corps solides composés avec le rectiligne et le circulaire au moyen du compas, du cordeau, de l’équerre. »

En 1975, Jean Leppien entre au comité des Réalités Nouvelles - où il retrouve l’idée de l’internationalisme à laquelle il est attaché depuis le Bauhaus - et y côtoie Etienne Béothy, alors vice-président. Il revient certes en Allemagne, dans sa famille, pour exposer.

Membre du Movimento d’Arte concreta, en raison de ses relations avec le peintre italien Joseph Jarema, rencontré en Provence, il adhère au groupe Espace, créé par André Bloc et Etienne Béothy et se rapproche encore de l’abstraction géométrique sud-américaine, des artistes du groupe MADI.

à suivre .... 5: 1939: Otto Freundlich et Etienne Béothy: les trois expositions du Salon des Réalités Nouvelles



Bibliographie :

-        Catalogue des réalités Nouvelles, 1946-1955, Galerie Drouart, Paris 2011

-        Abstraction-Création, Art concret, art non figuratif, Réalités Nouvelles de 1946 à 1965, Galerie Drouart, Paris 2008-2009

-        L’envolée lyrique, Musée du Luxembourg, Paris, SKIRA, 2006

-        Paris, capitale des Arts, 1900-1968, Paris, Hazan, 2002

-        Otto Freundlich, 1878-1943, Musée de Pontoise, 2009

-        Otto Freundlich, Führer des Rheinischen Landesmuseum Bonn, Retrospektive, 1979                                 

-        Etienne Béothy et la mystique du Nombre, Musée des ducs de Würtemberg, 2004

-        Etienne Beothy, Krisztina Passuth, Galerie Le Minotaure, Enciklopedia Kiado, Paris, 2011

-        Jean Leppien et la Côte d’Azur, Peintures, 1947-1977, Château-musée Grimaldi, Hauts de Cagnes, 2005

-        Abstractions en France et en Italie, autour de Jean Leppien, Strasbourg, Musée de l’Ancienne Douane, 1999


Mots clefs/Liens :

Etienne Béothy : http://www.etienne-beothy.com/ ,
Groupe Espace, Henri Laurens : http://fr.wikipedia.org/wiki/Henri_Laurens,
Henri Nouveau
Le Corbusier (Charles-Edouard Jeanneret)







Jacques Maistre à l'Orangerie du Sénat

A partir du 1 août, Jacques Maistre (RN 2012) expose ses sculptures à l'Orangerie du Sénat à Paris dans le cadre de l'exposition Sillon, avec Veronique Mir Nezan, Catherine Wintznrieth et Marc Vernier sous le commissariat de Françoise Mauduit.

Orangerie du Sénat - Jardin du Luxembourg - Paris 6e - Metro RER Luxembourg, Odeon, Rennes
Ouvert tous les jours de 11h à 20 h, du 1 au 12 Août et vernissage le 2 Août.

lundi 16 juillet 2012

Actualités : Delphine de Luppé en Italie

Delphine de Luppé (RN 2012) expose en Italie avec le groupe Comparaisons en trois lieux durant l'été

UN
27 juin - 8 juillet 2012
Milan, Galleria Zamenhof

DEUX
11 juillet - 5 août 2012
Lecce, Château de Charles V

TROIS
19 - 29 août 2012
Venise, Palais Zenobio



Actualités : Bernard Blaise à la galerie In Situ de Label Friche


Bernard Blaise ne fait pas partie de ses artistes qui anticipent, qui font des plans… Son art, il jaillit de l'imprévu, de ce « second regard qui est souvent le plus déraisonnable. » Ce message, il le transmet dès samedi et jusqu'au 25 août en s'installant dans la galerie In Situ de l'association Label Friche.


Et pourtant, ce sont les lignes géométriques qui inspirent l'artiste, résidant à Maillebois, en Eure-et-Loir. Quoi de plus contraignant ? Il répond : « Il faut des règles sinon il n'y a plus rien à transgresser et le sens même de l'art se meurt. J'aime la contrainte, pour pouvoir m'en libérer. » 
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Bernard Blaise se plaît tout autant à jouer avec l''il du public qui sera à coup sûr dérouté par cette exposition intitulée "Patrimoine, mais presque". Essentiellement des sculptures où l'artiste travaille le carton, le grillage, le verre, le plomb… Une colonne de pierre est taillée dans le carton, une pièce de carton moulée devient verre… Le royaume de la déraison !
« Je suis en perpétuelle recherche de l'harmonie. Je cherche à aller au fond des choses, à pousser les concepts jusqu'à l'extrême pour inviter le public à passer derrière le miroir. »
" Patrimoine, mais presque", exposition de Bernard Blaise, à la galerie In Situ de Label Friche, 5 rue du Pâty jusqu'au 25 août. Visite tous les vendredi et samedi, de 15 à 18 heures ou sur rendez-vous au Tél. 02.37.53.97.54. Entrée libre.
Gw. B.

Etienne Béothy, vice-président des Réalités Nouvelles :

Deuxième partie et suite de l"article de madame Denise Vernerey-Laplace de l"EHESS, autour de la création des Réalités Nouvelles en 1947...

Etienne Béothy, vice-président des Réalités Nouvelles :

Le rôle de Etienne Béothy, membre fondateur des Réalités Nouvelles, est au début modeste. Depuis 1928, il est proche de Auguste Herbin nommé président du salon en 1951, Felix Del Marle est alors vice-président. Etienne Béothy est commissaire aux comptes en même temps que César Domela.  
Après guerre, l’abstraction géométrique est enfin reconnue. Dès 1944, Denise René lui consacre la galerie qu’elle ouvre avec le soutien de Victor Vasarely. En novembre Vasarely, Gilioli, Pevsner, Jacobsen, Béothy, Brancusi, Arp, Laurens y sont exposés… La galerie de René Drouin relaye les efforts de Denise René. Jeanne Bucher ouvre quant à elle une nouvelle galerie Boulevard du Montparnasse où sont présentés Picasso, Jacques Lipchitz, Georges Hugnet, Jean Lurçat, Vassily Kandinsky, Henri Laurens. 
Le Salon des Réalités Nouvelles offre aux artistes une occasion nouvelle d’exposer annuellement, de publier dans la revue, de faire connaître leur œuvre. En 1946, Etienne Béothy présente Rythmes plastiques, Opus 79. Il le montrera encore l’année suivante sous le titre Rythmoplastique. L’œuvre, un bois sculpté, illustre l’article de Béothy dans la Revue des Réalités Nouvelles : « La conquête de la réalité ». En 1947 le Salon acquiert sa « véritable identité », selon Domitille d’Orgeval.[1] En 1947 et 1948, Etienne Béothy a organisé, au sein du Salon, la participation de certains membres du Groupe des Artistes abstraits hongrois avec lesquels il avait exposé en 1939 à la Galerie Tamàs à Budapest : Laszlo Moholy-Nagy, Henri Nouveau, Alfred Reth, Nicolas Schoeffer, Victor Vasarely. La plupart continuent de vivre en Hongrie où ils sont membre du Groupe des Artistes abstraits. En deux ans, le nombre d’exposants passe de 89 à 366. Dix-sept nationalités sont représentées au Salon de 1948. Mais la chute du rideau de fer sonne le glas de la présence des artistes d’Europe de l’est, des Hongrois aux Réalités Nouvelles.

En 1949, Béothy expose Don Quichotte ou l’Homme d’esprit, sculpture en bois d’amarante, opus 99. En 1949, ce sera Elan et Chute, un acajou haut de 72 cm. En 1950, il publie un article dans la revue. En 1950, le Salon - et la revue - s’ouvrent à l’architecture. La salle Espace lui est consacrée. Les fondateurs du groupe Espace sont René Bloc, Sonia Delaunay, Etienne Béothy. Cette année-là, le critique Charles Estienne attaque l’esprit du salon dans un article demeuré célèbre : « L’art abstrait est-il un académisme ? ». 

En 1951, Etienne Béothy expose Solfège et le reproduit sous ses quatre angles dans la revue, expliquant « l’œuvre d’art doit présenter toutes les caractéristiques d’un individu, comme unité significative. » En 1952, il présente une sculpture polychrome, une peinture, une « maquette polychrome ». La mort de Fredo Sidès et de Del Marle provoquent un changement dans la direction du groupe. Henri Valensi et Etienne Béothy en assurent la vice-présidence à partir de 1956. Ces années là, on abandonne la discrimination abstrait/concret pour intégrer à l’art abstrait les différentes tendances des courants éclos après guerre. En 1954, dans le neuvième numéro de la Revue, l’article de Etienne Béothy Abstraction et Architecture confirme son engagement au sein du groupe Espace. Intégrant l’architecture à l’art abstrait, il évoque une « polyphonie plastique », significative de l’un et de l’autre.
En 1956, dans le dixième numéro de la Revue, Béothy ne publie pas. Dans l’introduction, le président René Fontené explique le changement survenu : les Réalités Nouvelles sont devenues les Nouvelles Réalités. Certes, les Réalités Nouvelles se sont créées en fidélité aux principes de Abstraction-Création, il est néanmoins temps, à présent, de changer principes et méthodes. Désormais, les artistes doivent accepter d’être jugés pour pouvoir exposer.

De 1947, à 1960, Etienne Béothy a participé à tous les Salons des Réalités Nouvelles. Il a pu maintenir le contact avec les artistes hongrois, mener des expériences parallèles aux Réalités Nouvelles et au salon du Groupe de la Série d’or ou « Groupe de Puteaux » que fréquentent Matyla Ghyka et Le Corbusier.
Le glossaire animal a fait apparition dans son œuvre. Arrière-pensée d’un Hibou, Matou nocturne, Guêpe, Mouette, Biche en attestent. Les mobiles prennent le titre de Formes nucléaires. La dernière sculpture de Etienne Béothy est demeurée sans titre. Un numéro, Opus 151, lui a été attribué. Cet immense plâtre vrillé sur lui-même, troué en son centre d’un orifice semble une ultime main tendue à la figuration. Sur le faire-part de décès de Etienne Béothy est inscrit Vice - président des Réalités Nouvelles.

à suivre...  4 -Jean Leppien, un Bauhäusler aux Réalités Nouvelles






[1] D’Orgeval, Domitille, in Catalogue des Réalités Nouvelles, Galerie Drouart, Paris, 2011

mardi 10 juillet 2012

Trois figures des Réalités Nouvelles par Madame Denise Vernerey-Laplace (EHESS)

Madame Denise Vernerey-Laplace, Docteur en Histoire et Civilisation et Art du xx siècle a soutenu sa thèse : "Regards de l'est sur l'Abstraction. Otto Freundlich, Etienne Béothy, Jean Leppien" à l'Ecole des Hautes Etudes (EHESS) de Paris le 4 janvier 2012, thèse qu'elle avait préparée sous la direction de Michael Werner (Centre de Recherches Interdisciplinaire Franco- Allemandes). 
Le jury était présidé par Monsieur Eric Michaud (EHESS), assisté de Bernard Fauchille ( Directeur honoraire des musées de Montbéliard) et de deux rapporteurs, Rémi Labrusse ( Paris-Ouest-La Défense) et Alain Clavien( Université de Fribourg, Suisse).
Elle nous a fait parvenir un article ou elle explique et résume sa thèse qui éclaire d'un jour nouveau trois figures fondatrices des Réalités Nouvelles et la naissance de notre association.

L'article par sa longueur sera découpée en deux ou trois chapitres sur ce blog, que l'on pourra retrouver dans leur intégralité dans un onglet, en voici le plan :

1: Introduction : Otto Freundlich, Etienne Béothy, Jean Leppien, Acteurs des Réalités Nouvelles

5: 1939: Otto Freundlich et Etienne Béothy: les trois expositions du Salon des Réalités Nouvelles

6: Otto Freundlich. 1878-1943. Pionnier de l'abstraction, acteur des avant-gardes
7: Etienne Béothy. 1897-1961. Le sculpteur au nombre d'Or
8: Jean Leppien. 1910-1991. Du Bauhaus à Paris



"REGARDS DE L'EST SUR L'ABSTRACTION. OTTO FREUNDLICH, ETIENNE BEOTHY, JEAN LEPPIEN".


INTRODUCTION
Otto Freundlich, Etienne Béothy, Jean Leppien
Acteurs des Réalités Nouvelles

Les vies et oeuvres de Otto Freundlich, Jean Leppien, et Etienne Béothy, acteurs des avant-gardes allemande et hongroise autant que française illustrent une page de la création exilée au XXè siècle. 
Ces acteurs « discrets » des transferts artistiques entre l’est et l’ouest ont creusé leurs sillons dans les différents groupes de l’abstraction, Cercle et Carré puis Abstraction-Création pour Otto
Freundlich, le plus âgé. L’exposé de leur activité au sein du Salon des Réalités Nouvelles, pour tous trois, offre l’occasion de jeter un regard pertinent sur la constitution des réseaux d’immigrés au sein de groupes artistiques où ils ont croisé bon nombre de compatriotes et rencontré les artistes français.

1945 : LES DEBATS DE L'ABSTRACTION

Après la guerre, le surréalisme, le lettrisme, le musicalisme, l’abstraction « froide » de tendance géométrique et l’abstraction « chaude » dite lyrique coexistent à Paris qui demeure la phare de la modernité artistique. La refondation du Salon des Réalités Nouvelles va-t-elle apaiser ces querelles ?
Les statuts reprennent à peu de mots près ceux de Abstraction-Création. Mais l’article I propose une nouvelle définition de l’abstraction : « Art abstrait » cède la place à « art concret, art non figuratif ou art abstrait, c’est à dire un art totalement dégagé de la vision directe et de l’interprétation de la nature ».
Le président du Salon, Andry Farcy, conservateur du musée de Grenoble, entend ancrer l’abstraction dans la tradition. Le Salon des Réalités Nouvelles dont Sonia Delaunay est la secrétaire, est créé dans la fidélité à l’esprit et aux principes de Abstraction - Création. Parmi les nouveaux venus, on remarque Felix Del Marle, directeur de la revue Vouloir, revenu à l’abstraction après un bref retour à la figuration, et Henri Valensi, président de l’Association des Artistes musicalistes. En 1946, la première
exposition rend un hommage posthume à Robert Delaunay, Raymond Duchamp -Villon, Otto Freundlich, Vassily Kandinsky, El Lissitzky, Kasimir Malevitch, Piet Mondrian, Yvanhoe Rambosson, Sophie Taueber-Arp, Georges Valmier disparus durant les années de guerre. Parmi les artistes qui rejoignent alors les Réalités Nouvelles, un grand nombre vient de Abstraction-Création :
César Domela, Albert Gleizes, Jean Gorin, Auguste Herbin, André Heurtaux, Frantisèk Kupka, Antoine Pevsner, Jeanne Kosnick-Kloss - la compagne de Otto Freundlich .




Mots clefs/Liens : 
Otto Freundlich. Jean Leppien. Etienne Béothy. Cercle et Carré. Abstraction-Création. Surréalisme. Lettrisme. Musicalisme. Abstraction géométrique. Abstraction lyrique. Andry Farcy. Sonia Delaunay. Réalités Nouvelles. Abstraction-Création. Felix Del Marle. Henri Valensi. Robert Delaunay. Raymond Duchamp-Villon. Otto Freundlich. Vassily Kandinsky. El Lissitzky. Kasimir Malevitch. Piet Mondrian. Yvanhoe Rambosson. Sophie Taueber-Arp. Georges Valmier. César Domela. Albert Gleizes. Jean Gorin. Auguste Herbin. André Heurtaux. Frantisèk Kupka. Antoine Pevsner. Jeanne Kosnick-Kloss.


Nota Bene : Madame Denise Vernerey-Laplace a publié dans le Journal des Arts, numéro 369 du 11 au 24 mai 2012, à la rubrique "Actualité de la Recherche" (p. 33) une présentation de sa thèse. 
















mardi 3 juillet 2012

Le cercle et autour... une proposition de Daniel G.Hill

Si Picasso affirmait : "JE ne cherche pas, JE trouve", au sens étymologique où chercher veut dire "casser le cercle" alors que trouver signifie "chanter un poème" à la manière d'un troubadour ou d'un trouvère.  L'artiste New-Yorkais, Daniel G.Hill,, propose une réflexion ouverte et rayonnante sur le Cercle dans l'Art Concret à la Galerie ParisCONCRET intitulée Raisonnement circulaire. Daniel G.Hill (membre de AAA et dont on a pu voir le travail au dernier Salon des Réalités Nouvelles) se plaçant lui-même au centre de la problématique,  prend la tangente des lignes de fuite. 

Oeuvres de Mary Schilliro, Mary Judge, David Henderson et Nathalie Delasalle

Autour de peintures, de sculptures et de dessins contemporains réalisés par un groupe d’artistes internationaux cette exposition explore un large éventail d’approches de la forme circulaire ou radiale comme autant de propositions où les artistes utilisent le cercle en tant que forme première et créatrice afin d’explorer l’épistémologie, la couleur, les matériaux, les formes et l’espace négatif ou positif dans des oeuvres qui font écho au monde de la nature et à l’étendue de l’expérience humaine. Ainsi pour Daniel G.Hill, le cercle revêt une signification spirituelle intemporelle. Symbole cosmique dans l’art occidental ou dans l’art oriental et forme géométrique explorée dans l’art non-objectif depuis cent ans.


Selon Ralph Waldo Emerson, cité par Daniel G.Hill le commissaire d'exposition : 


"L’oeil est le premier cercle; l’horizon qu’il forme est le second cercle; et dans la nature, cette forme première se répète à l’infini. Il s’agit du symbole le plus important au monde. ... Notre vie est une quête de la vérité qui nous permet de dessiner un cercle autour d’un autre cercle; que la nature est infinie, mais que chaque fin est un début; que midi voit toujours le jour, et que sous chaque abysse s’ouvre un abysse plus profond."


Oeuvres de Iemke van Dijk, Catherine Winsnes et Richard van der Aa

Les artistes sélectionnés sont Richard van der Aa (NZ/Fr), Nathalie Delasalle (It/Fr), Iemke van Dijk (Nl), Julie Gross (Ca/Usa), David Henderson (Us), Mary Judge (Usa), Marlene Sarroff (Au), Mary Schiliro (Usa) et Cathrine Winsnes (No/Fr).  Une sélection d'oeuvres et une problématique qu'il serait certainement passionnant de voir se développer et rayonner au sens du Salon des Réalités Nouvelles et au-delà en y adjoignant par exemple des oeuvres de Richard Serra, de Jeanne Coppel et d'autres ... 


Galerie ParisConcret du 16 Juin - 7 Juillet, 2012 Ouvert du mercredi au samedi 14h–18h 5 rue des Immeubles Industriels, 75011 Paris, France www.parisconcret.org    Metro: Nation


ParisCONCRET presents Raisonnement circulaire (Circular Reasoning) curated by Daniel G. Hill (us). The exhibition includes contemporary paintings, sculptures and drawings by a group of international artists who explore a wide range of approaches to the circular or radial form. The artists include Richard van der Aa (nz/fr), Paul Corio (us), Nathalie Delasalle (it/fr), Iemke van Dijk (nl), Julie Gross (ca/us), David Henderson (us), Mary Judge (us), Marlene Sarroff (au), Mary Schiliro (us) and Cathrine Winsnes (no/fr).The circle has had spiritual significance for thousands of years, has been a symbol of the cosmos in both eastern and western art, and a geometric form explored in non-objective art for the past 100 years. The eye is the first circle; the horizon which it forms is the second; and throughout nature this primary figure is repeated without end. It is the highest emblem in the cipher of the world. ...Our life is an apprenticeship to the truth, that around every circle another can be drawn; that there is no end in nature, but every end is a beginning; that there is always another dawn risen on mid–noon, and under every deep a lower deep opens. – Ralph Waldo Emerson In "Raisonnement circulaire", the artists have employed the circle as a primary and generative form to explore issues of epistemology, color, materiality, pattern, and positive/negative space in work that is resonant of the natural world and the breadth of human experience. Daniel G. Hill is an artist living and working in New York City. He is an Assistant Professor at Parsons The New School for Design and the Coordinator of Visual Arts at The New School for Public Engagement. He has been a member of American Abstract Artists since 1997 and is associated with MINUS SPACE in Brooklyn, New York. He recently exhibited at the Instituto de Artes Gráficas de Oaxaca Alcalá in Oaxaca, Mexico and at the Salon des Réalités Nouvelles in Paris.