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dimanche 8 janvier 2012

Carmen Herrera (1915) bon pied bon œil, John Chamberlain (1927-2011), Helen Frankenthaler (1928-2011) au paradis, et Nat Tate dans le virtuel…

Deux grands américains nous ont quittés en ce début d’hiver. Le sculpteur américain John Chamberlain est décédé le 21 décembre 2011. Ses sculptures faites de tôles froissées, de pare-chocs tordus évoquent les tensions d’un William de Kooning dont il fut un proche. Inclassable, Chamberlain est un de ses artistes abstraits qui transcendent les frontières de la critique, expressionniste-abstrait pour les uns, membre du pop art pour les autres, c’est ainsi qu’il était présenté d'ailleurs dans l’exposition sur le Pop-art à Beaubourg. La peintre Helen Frankentahler est décédée le 27 décembre 2011. Autre grande figure féminine de l’expressionnisme abstrait avec Joan Mitchell, sa peinture est faite de vaste dilution d’huile mélangée à la térébenthine dont la tache est déversée au sens propre sur la toile peu apprêtée : la tache fuse suivant la porosité du support et la densité du mélange déversé, puis l’essence de térébenthine s’évapore dégageant des terpènes puissants, laissant l’huile s’imbiber dans le canevas de la toile. Son influence dans ces dernières années fut remarquable au sein des RN ou de nombreuses toiles usaient de ses trouvailles formelles en en jouant, en les déformant. Ces deux artistes étaient membres de AAA.
John Chamberlain - Kore - Tate Gallery
Helen Frankenthaler - Mountains and Sea

Colloque(s) en Suède pendant l'année 2012 à Stockholm sur les devenirs de l’abstraction au Centre d’Etude de la Mode avec au programme entre autres les interventions de Doug Ashford, Claire Barclay, José León Cerrillo, Yto Barrada, Matias Faldbakken, Priscila Fernandes, Zachary Formwalt, Liam Gillick/Anton Vidokle, Goldin+Senneby, Wade Guyton, Iman Issa, Gunilla Klingberg, Dorit Margreiter, Åsa Norberg/Jennie Sundén, Mai-Thu Perret, Falke Pisano, Walid Raad, Emily Roysdon, Tommy Stöckel… À partir des approches formelles que sont la peinture, la sculpture, la video ou les installations, le colloque s’interroge sur la relation économique de l’art abstrait au marché, à l’internet, à la globalisation et à la commercialisation du monde de l’art, donc à la relation difficile qui s’établit entre perception et production de l’art.

Enfin Carmen Herrera (1915) poursuit son comeback époustouflant avec une exposition à Londres annoncé à la Lisson Gallery du 1 février au 3 Mars 2012 après sa présentation à la FIAC parisienne 2011. Cette sociétaire des Réalités Nouvelles dès 1953 y exposait alors n°377 éléments divers, n°378, morceaux de plaisir, n°379 composition claire. Elle y avait déjà exposé en 1951 n°248 conquête de l’Air, n°248 éléments divers n°250 éléments clairs. Carmen Herrera est généralement considérée comme l'une des figures à l’origine du minimalisme. Elle réside à New York depuis 1955.

Carmen Herrera - Rouge et Triangle Blanc- 1961
En 1998, l'écrivain anglais William Boyd publiait : "Nat Tate Un Artiste Américain 1928-1960" la biographie illustrée (photo et tableaux) d'un artiste méconnu et héroïque des années 50 New Yorkais, apparenté à l'expressionnisme abstrait. La biographie suit les préceptes de description de toutes les vies d'artistes que l'on connait dans les catalogues d'exposition.
La présentation de l'oeuvre et de la biographie a eu lieu dans l'atelier de Jeff Koons lors d'une soirée huppée. Mais la plaisanterie que voulait organiser William Boyd avec la complicité de la rock-star David Bowie et de conservateurs de musée tourna au vinaigre. En effet plusieurs personnes prétendirent l'avoir connu et commencèrent à proposer à la vente des oeuvres de Nat Tate... La supercherie fut découverte par un critique qui accusa William Boyd d'être un faussaire aigre-fin. William Boyd dût alors prouver sa bonne foi, qu'il avait voulu faire une plaisanterie, et qu'il était dépassé par son invention. Il expliqua qu'il avait fait les oeuvres de Nat Tate (pour NATional et TATE Gallery) reproduites dans le livre et que Nat Tate n'existait pas. Le 17 Novembre dernier, dans le cadre d'une vente de charité au profit de l'Association d'entr'aide des artistes déshérités fondé par William Turner, Sotheby’s a vendu pour 11 000 dollars une des oeuvres de Nat Tate avec le consentement et le désarroi de William Boyd !
Une oeuvre de Nat Tate alias William Boyd