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mardi 2 août 2011

John Hoyland au paradis

Aujourd'hui vous pouvez retrouvez JOHN HOYLAND sur son site officiel : 

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Le 31 juillet 2011, John Hoyland nous a quitté des suites d’une complication cardiaque.
Cet ami des Réalités Nouvelles reconnu comme un des plus grands artistes abstraits britanniques, défendait la centralité de l’abstraction dans l’histoire de l’art moderne. 

« La non-figuration a le potentiel du sens et du sentiment le plus fort pour moi » aimait-il à dire.

La peinture devait être pensée pour transmettre une puissante charge d’énergie visuelle, mentale et émotionnelle, sans avoir recours à des clichés figuratifs préétablis. Comme le note Mel Gooding dans le Guardian du 1er Août 2011, « La force expressive venait de son engagement dans la couleur, l’échelle et la forme abstraite plutôt que de toute expression directe d’un sentiment personnel. » 

Né a Sheffield en 1934, dans une famille de la classe-ouvrière, il débute la peinture à 11 ans, et pour son exposition de fin d’études à la Royal Academy de Londres, son président l’en exclu! Alors avec l’aide de Lawrence Alloway, John Hoyland et d’autres peintres abstraits organisent une exposition de grands tableaux abstraits. Peintre le plus jeune de cette exposition, sa carrière démarre ; il est alors signé par la Galerie Marlborough, l' exposition à Whitechapel qui suit en fait une figure de proue de la peinture abstraite britannique. Il vit à New York de 67 à 73, rencontre Greenberg découvre le travail de Hans Hofmann  dont il est le curateur de la rétrospective à la Tate Gallery de Londres en 1988. 
D’une grande gentillesse, d’un esprit acerbe et caustique, il avait très heureux d’être invité aux Réalités Nouvelles en 2006, il était revenu en 2007. La France étant le pays ou il n’avait jusqu’alors jamais exposé, ni eu aucun retour. Passant dans les allées appréciant le talent de chacun, savourant tels œuvres et regrettant le bon goût de certaines autres. « En fait le problème ! c’est qu’il y a trop de bons peintres ! » plaisantait-il ! « Mais Merde ! Bougez votre  cul ! Secouez-vous ! » grommelait-il !  « Faites-savoir ce que vous faites, c'est superbe ! ».

Désirant revenir, mais déjà malade, il nous avait écrit une lettre, où il mettait ses réflexions sur ce qu’était l’art abstrait : une réalité nouvelle dont voici un extrait : 

«  La peinture propose une réalité nouvelle.
  
Les peintures flottent largement au-dessus des écueils de la réalité, elles peuvent contenir l'informel et l'irrationnel, unis dans la spontanéité et l'inconnu. L’artiste doit plonger dans les mystères.
  
Dans mon propre travail, j’essaie d'accepter les forces de la nature, et la
puissance de l'esprit humain, ils m'ont permis d’expérimenter une vision
synthétique de la simplicité et de l'immense complexité de la nature et l'homme.

C’est d’oser imaginer qu’il n'existe pas de réponses simples, même si rêver est
peut-être une illusion, ce qui rend l'art si passionnant. 

L'Homme est seul avec ses joies et ses peines son courage et sa peur face à la
nature, sa beauté la puissance de ses éléments. Il glorifie la nature et il reste
enfantin, en présence de son impressionnante majesté, avec sa peur de l'inconnu, mais toujours en recherche. 

Essayer de créer un sens du magique, essayer de transformer le banal en réel,
pour en faire le paradis. »