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mardi 17 mai 2011

Hommage à Henri Prosi à la Galerie Lahumière.

Figure du Salon des Réalités Nouvelles, Henri Prosi nous a quitté durant l’été 2010.
Après l’hommage du Salon 2011, la Galerie Lahumière, 17 rue du Parc 75003 à Paris, présente du 20 mai au 30 juin 2011, une nouvelle occasion de voir le travail de ce peintre de l'abstraction géométrique qui fut au cœur de la période du Salon que Jacques Busse définissait comme celle de la « Permanence de l’Abstraction ».

Salon des Réalités Nouvelles 2011, Hommage à Henri Prosi


Domitille d’Orgeval écrit à son propos pour le présenter dans le cadre de l’exposition : « Homme de conviction, Henri Prosi s'est engagé dans la défense de l'abstraction géométrique au sein du Salon des Réalités Nouvelles avec la même rigueur et exigence que celle qu'il mit à l'œuvre dans son itinéraire pictural. Participant depuis 1984 à ce salon, il fut amené à y exercer un rôle plus conséquent quatre ans plus tard, lorsque André Stempfel, soutenu par Jacques Busse (qui avait été professeur d'Henri Prosi à l'école des Beaux-Arts de Nancy), le sollicita pour prendre en charge la section géométrique. Celle-ci, effectivement, au cours des années 1970-1980, avait vu sa part diminuée face à la pluralité des développements de l'art abstrait, bien que le salon puisât ses racines dans les abstractions constructives de l'entre-deux-guerres. Fort de son autorité et de son énergie, Henri Prosi redonna progressivement à l'abstraction géométrique l'importance qui lui incombait, en exigeant notamment que les artistes de cette tendance soient présentés dans une section séparée et distincte des autres. Sélectionnant attentivement les nouveaux exposants, endossant tour à tour le rôle de commissaire d'exposition, de transporteur comme de manutentionnaire, il déploya un dynamisme sans limites qui le conduisit à être nommé au début des années 2000 vice-président du salon. À cette date, l'abstraction géométrique, qui était défendue au sein du comité également par André Stempfel et Jacques Weyer, rassemblait au Salon des Réalités Nouvelles plus de 70 artistes de nationalités et de générations différentes. Leurs présences au Salon des Réalités Nouvelles témoignent de la permanence de l'abstraction géométrique qui, tout comme au siècle dernier, constitue une des tendances artistiques les plus fécondes de notre temps. »


Salon des Réalités Nouvelles 2011,
le peintre Saturo Sato devant deux toiles de Henri Prosi


Ajoutons que selon Henri Prosi, l'art de la fin du XXe siècle ce caractérise par l'incertitude. Cela induit une recherche continuelle de renouvellement «où l'instable et l'aléatoire ont une place de plus en plus important »*. Prosi propose lui une forme de stabilité par la volonté de pratiquer « un métier à l’aide des  éléments les plus simples, formes, surfaces, couleurs primaires ».* Dés les années 70, il utilise les combinaisons et les associations possibles de ces éléments plastiques, jouant avec l’espace de la toile, aussi bien en volume qu’en fragmentation. Les derniers travaux s’appellent « contours », « structures », « figures » où l’espace de la toile se répète par fractionnements orthonormés. Une réflexion ouverte bâtie sur la continuité, la persistance et la transmission…

* Les citations de Henri Prosi sont extraites de son texte de présentation dans le catalogue RN en ligne.
Les photographies de Nicole Guyhart.